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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 20:20
lundi 22 août 2016 Par Union des Familles Laïques http://www.ufal.org

 

Au contraire ? Parions que les arrêtés anti-burkinis seront jugés illégaux par le juge administratif, quand il se prononcera sur le fond. Il est donc à craindre que les islamistes et leurs alliés bénéficient demain d’une victoire juridique de plus.

 

Disons-le clairement : l’UFAL est résolument opposée aux injonctions visant à contraindre les femmes par le corps, qu’elles se prévalent ou non de la religion, même quand elles ne recourent pas à la violence physique, et même si certaines femmes disent s’y plier de leur plein gré. Le burkini et les tenues présentées comme « islamiques » en général sont à ce titre, non pas de simples expressions de la « liberté de religion », mais des ennemis de l’émancipation humaine. Ils doivent être dénoncés et combattus comme symboles d’une offensive politique communautariste dirigée contre l’universalisme républicain : mais par quels moyens ?

Peut-on exiger une mesure juridique d’interdiction chaque fois qu’un comportement nous paraît contraire à nos conceptions de la liberté, de l’égalité, et de la fraternité républicaines ? Non ! Ce serait renier nos principes mêmes. À ce compte-là, puisque les curés d’extrême-droite de la Fraternité Saint Pie X portent la soutane, il faudrait prendre des arrêtés interdisant le port de la soutane… comme celui pris le 10 septembre 1900 par le maire du Kremlin-Bicêtre, annulé par le Conseil d’État (certes, c’était avant la loi de 1905, et il s’agissait de tourner en dérision le concordat). Le ridicule de tels arrêtés n’est pas moindre que celui des tenues dites « religieuses ».

Ce n’est pas avec des arrêtés anti-burkini qu’on arrêtera l’islamisme !

Certes, l’on peut légitimement tenir la liberté de porter une tenue discriminante et claustrante comme moins importante que les libertés républicaines, menacées par les offensives communautaristes, y compris symboliques. Mais toute stratégie de prohibition au coup par coup (qu’elle vienne de la droite réactionnaire ou, malheureusement, de certains républicains de gauche) est contre-productive, car vouée à l’échec juridique. C’est que le problème n’est pas juridique, mais bien politique et idéologique.

La force des islamistes, c’est qu’ils ont deux niveaux d’intervention qui ne se rencontrent jamais : un niveau privé, fait de pressions communautaire et religieuse dans la famille, le quartier, etc., où se déploie toute leur rhétorique patriarcale et liberticide ; un niveau public, où des associations comme le CCIF, s’érigent en gardiens de la liberté et du droit pour disqualifier toute tentative de dénoncer le premier niveau de leur action au nom des droits fondamentaux.

Il faut comprendre qu’ils y sont aidés par le cadre juridique français et international, notamment la jurisprudence : outre notre Conseil d’État, la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) considère la liberté de religion comme supérieure à toutes les autres. Pour eux, le principe d’égalité femmes-hommes n’a ni portée juridique suffisante ni application concrète recevable : ainsi, la liberté d’une seule personne voilée « volontairement » l’emporte sur le droit des femmes en général1.

L’islamisme est donc mis en mesure de retourner le droit contre la République ! Face à lui, une bataille exclusivement juridique est à coup sûr perdante. C’est au niveau de la société civile, dans les rapports privés, qu’il nous faut nous aussi intervenir : car la bataille est politique et culturelle. À force de répéter que la laïcité ne serait pas une « opinion comme les autres », on a perdu de vue que la République ne peut vivre sans l’action des militants armés de leurs convictions laïques et républicaines. C’est à cela également que l’UFAL s’emploie : la rejoindre est plus efficace que n’importe quel arrêté municipal.

Published by Alternative Citoyenne de la Manche - dans Laïcité
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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 10:27
Sarkozy. Un programme pour les riches payé par les pauvres

Vu sur http://www.humanite.fr/sarkozy-un-programme-pour-les-riches-paye-par-les-pauvrehttp://

Nicolas Sarkozy est officiellement candidat à droite pour l’élection présidentielle de 2017. Très à droite même à en juger par les extraits de son livre programme qui annonce aussi une volonté de surexploitation et de précarisation des salariés au travail, la réduction des indemnités de chômage et le passage à 64 ans de l’âge donnant droit à la retraite.

Lundi soir, tous les journaux télévisés avaient produit des sujets sur la crise laitière et l’action menée par les producteurs à proximité du siège de Lactalis pour tenter d’obtenir une augmentation du prix du lait du plus grand groupe privé français. Mais, dès ce mardi, les paysans risquent d’être jetés aux oubliettes par les médias audiovisuels en raison de l’annonce attendue, mais préparée comme une surprise pour le 20 heures d’hier soir, de la candidature de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle de 2017.

Le candidat Sarkozy a fait coïncider cette annonce avec la parution d’un nouveau livre dont le titre « Tout pour la France » (1) aurait pu être « Tout pour les riches » à en juger par les extraits que certains journaux ont publié. Dans un « verbatim » que publie le Figaro , Nicolas Sarkozy explique en substance que François Hollande a été son préparateur physique pour cette troisième candidature après 2007 et 2012 quand il écrit : « Rarement les conditions auront été ainsi réunies pour proposer des changements de si grande ampleur avec de véritables chances de réussite. Après les quatre années que nous venons de vivre, où le mensonge, l’immobilisme, le cynisme ont tant pénalisé notre pays, les Français sont prêts à entendre et à accepter des remises en causes et des avancées qui auraient été inimaginables dans le passé ».

Bref, se sont les reniements de François Hollande au regard de ses engagements de campagne en 2012 qui permettent à Nicolas Sarkozy de pencher toujours plus à droite et d’espérer être à nouveau le président des riches. Le livre nous annonce la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), « une baisse de 10% de toutes les tranches de l’impôt sur le revenu » et « pas de taxation des successions en ligne directe jusqu’à 400.000€ ». Voilà qui n’est déjà pas mal.

Mais Nicolas Sarkozy veut dans le même temps les enrichir les exploiteurs de main d’œuvre salariée. Il propose donc une « exonération totale des charges au niveau du SMIC, qui diminuerait pour s’annuler progressivement à 1,6 SMIC ». Une mesure que le candidat imagine « couplée à la transformation du CICE en une véritable baisse de charges, permanente, gravée dans le marbre, ciblée sur les bas salaires ». Voilà de quoi faire remonter le taux de profit. Du coup, « la transmission d’entreprise fera l’objet d’une exonération de 85% , voire d’une exonération totale, si l’activité est maintenue pendant cinq ans au minimum, avec le maintien de la majorité des emplois correspondants» . Ce qui laisse supposer que l’on pourra déjà en délocaliser jusqu’à 49% de ces emplois dans les pays à bas coûts de main d’œuvre !

Mais alors comment et par qui seront financés ces cadeaux au patronat comme aux riches héritiers ? En facilitant les licenciements et en exigeant toujours plus de ceux qui travaillent. Cité par Les Echos, le livre de Sarkozy nous dit que, dans chaque entreprise, « le seul motif de la réorganisation devra constituer une raison suffisante au licenciement (…) Le rôle du juge sera non de juger de la pertinence d’un licenciement économique, mais de contrôler la matérialité de son fait générateur ». Les Echos précisent aussi que « Nicolas Sarkozy promet de plafonner les montant des indemnités de licenciement en cas d’absence de cause réelle et sérieuse», tandis que le « compte pénibilité sera supprimé ».

On fera aussi suer le burnous pour reprendre une expression qui remonte au temps des colonies. Ainsi, « Il n’y aura pas de durée unique du travail hebdomadaire. Chaque entreprise aura désormais le droit de déterminer librement le temps de travail de ses salariés, et donc le moment où l’on passera des heures normales aux heures supplémentaires ». Les heures normales seront-elle au nombre de 40 ou 48 par semaine? Sarkozy ne le dit pas mais il ne s’agira pas des 35H que l’ex président de la République qualifie de « plus grande erreur économique », depuis la seconde guerre mondiale.

Il convient enfin de savoir qui pâtira le plus des nouveaux transferts de fonds au profit du patronat. Les demandeurs d’emplois sont les premiers ciblés par Nicolas Sarkozy qui préconise « la dégressivité des indemnités de chômage » en donnant les précisions suivantes : « Au bout de douze mois d’indemnisations, celles-ci diminueront de 20% , au bout de 18 mois, elle diminueront de nouveau de 20% » Enfin, les effectifs de la fonction publique connaîtront 300.000 suppressions d’emplois sur la durée du quinquennat , tandis que le régimes spéciaux de retraites seront alignés sur le régime général , l’âge de départ à la retraite étant porté à 63 ans en 2020 et à 64 ans en 2025.

Selon le Figaro, Nicolas Sarkozy souhaite réguler les « marchés des matières premières et des produits agricoles » au niveau du G20. Voilà qui ne mange pas de pain mais ne doit pas faire oublier que le même Nicolas Sarkozy a fait voter en 2008 une Loi dite de modernisation économique (LME) qui donne aux grandes surfaces et à l’agro-industrie de type Lactalis les armes juridiques pour sous payer les fournisseurs de denrées brutes que sont les paysans. Rappelons aussi , pour mémoire, qu’Emmanuel Macron participa à ce sale boulot en 2007-2008 comme rapporteur final de la Commission Attali pour fournir des arguments au législateur sur la meilleure façon de piller les paysans.

Published by Alternative Citoyenne de la Manche - dans Présidentielles 2017
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 05:41
Que faire et ne pas faire contre le terrorisme islamiste ?

Vu sur Marianne.blog par Elie Arié

Je serais curieux de savoir ce que proposent ceux qui estiment que, face aux attentats islamiques, le gouvernement n'en fait pas assez, et exigent la démission de Hollande, de Valls, de Cazeneuve et de tous ceux qui sont apparentés, de près ou de loin, au pouvoir en place.

Bien entendu, si des failles dans la sécurité ont été commises à Nice, il faut en tirer toutes les conséquences pour qu'elles ne se renouvellent plus, au lieu de tenter de les dissimuler comme semble vouloir le faire si maladroitement le gouvernement...sans s'imaginer, pour autant, qu'il était possible ce soir du 14 juillet, de sécuriser au même moment tous les lieux de toutes les villes, villages et hameaux de France où des gens s'étaient assemblés pour regarder des feux d'artifice ou pour des bals de rue; et en sachant qu'il en ira de même, pendant de nombreuses années, pour tous les 14 juillet à venir, quels que soient la couleur politique et les propos musclés des gouvernements en place ce jour-là.

La stratégie de Daech consiste à dresser tous les Français non-musulmans contre les musulmans vivant en France, de façon à ce que ceux-ci , en réaction, se radicalisent, et à provoquer ainsi un climat de guerre civile : pourquoi donc se mettre au service de leur stratégie (comme le fait le blogueur Corto74, qui invite à cracher sur toutes les femmes voilées... )? L'Europe a déjà connu des groupes mettant l'assassinat au service de leur idéologie (Action Directe, bande à Baader, etc.) : ils ont tous échoué, parce que la population ne les a pas soutenus; est-il utile de faire basculer les musulmans de France dans le salafisme, pour que les djihadistes s'y retrouvent comme "un poisson dans l'eau" - ce qui n'est pas le cas aujourd'hui ?

Emprisonner tous les "fichés S", c'est-à-dire les musulmans jugés trop religieux (où commence le "trop"?); pour combien de temps : à vie?

Expulser tous les musulmans de France ? Pour les envoyer où ? Leurs pays d’origine sont variés ( les trois pays du Maghreb, plusieurs pays d’ Afrique subsaharienne, la Turquie, plusieurs pays du Moyen-Orient... ) : combien de pays, même musulmans, voudraient les accueillir ? Sinon, pas d'expulsion possible : on ne les laisserait pas descendre de leur avion.

Eh bien : même si toutes ces mesures avaient été mises en œuvre... cela n'aurait pas empêché l'attentat de Nice, effectué par un Tunisien qui n'avait comme passif qu'une condamnation (bien sévère, à mon avis) de 6 mois de prison avec sursis pour une bagarre entre automobilistes...et dont on pouvait douter qu’il soit musulman : le rapport avec l'islam semble, cette fois, assez éloigné; cela évoque plutôt le cas de Andreas Lubitz, le pilote de la Germanwings ( le fait que Daesh l'ait revendiqué 36 heures plus tard ne suffit pas : seule l'enquête pourra l'établir, et cela ne changera rien à la psychopathologie du tueur.): car, enfin, en quoi quelqu'un dont on sait qu'il suivait un traitement psychiatrique, mais qu'il n'allait pas à la mosquée, n'observait pas le ramadan, ne mangeait pas hallal, buvait de l'alcool et consommait des drogues peut-il être considéré comme musulman ?

Ajoutons que la radicalisation-éclair, maintenant évoquée par le ministre de l' Intérieur, chez un sujet jusque-là non pratiquant, n'a rien d'un phénomène religieux à la Paul de Tarse trouvant son chemin de Damas, et relève aussi d'un trouble psychique.Il n'est "devenu musulman " ( en réalité, pas plus que vous et moi) que lorsqu'il a décidé de préparer sa tuerie et a eu besoin de soutiens logistiques- et peu importe la date réelle de cette pseudo-illumination religieuse, qui a suivi, et non précédé, le projet meurtrier et, surtout, suicidaire.

Il faut lire les thèses très intéressantes d' Olivier Roy , qui parle non pas de « radicalisation de l'islamisme» (en quoi il a tort, parce qu'il s'agit d'un phénomène majeur à l'échelle planétaire )mais d'« islamisation de la radicalité ».( en quoi il a raison, décrivant un processus trop ignoré ). Il donne l'exemple de tous ces jeunes qui, comme aux Etats-Unis, commettent une tuerie sans raison majeure, puis se suicident; Daesh donne à ces jeunes une raison, une cause pour le faire, ce qui éveille beaucoup de vocations chez ceux qui y étaient prédisposés pour des raisons psychopathologiques, même chez des musulmans non pratiquants comme celui de Nice qui ne s'est radicalisé que pour passer à l'acte, ou de non-musulmans qui ne se convertissent à l'islam que pour aller s'entraîner en Syrie (25 % des Français partis en Syrie sont des convertis de fraiche date.) Il est curieux que je sois ici le premier à évoquer le tueur de masse norvégien Anders Brievik, qui se réclamait, lui, du nazisme, mais qui aurait aussi bien pu le faire du Coran sans que cela n'étonne personne (à la différence près que lui, ne croyant pas au paradis d' Allah et à ses vierges, n'envisageait nullement de se suicider ); quant au tueur de Munich, d'après ce que l'on en sait aujourd'hui : pas de lien connu avec le djihadisme, admiration pour la technique de tuerie de Brievik sans partager du tout son idéal nazi, mais par contre, suicide final, comme les tueurs non-musulmans des Etats-Unis ... Bref, tout ceci illustre bien le fait que les causes dont tous ces tueurs aveugles se réclament ( lorsqu'il y en a une, ce qui n'est pas toujours le cas) ne sont que des prétextes pour le passage à l'acte d'individus au psychisme très particulier.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 06:46
MRAP50 : ÊTRE A LA HAUTEUR DE TOUS LES ENJEUX

Mouvement contre le Racisme et pour l' Amitié entre les Peuples

Comité de la Manche

Mairie de Saint-Lô. Place Général de Gaulle. BP330. 50010 Saint-Lô Cedex

http://mrap50.free.fr/

Par delà la colère et la douleur, le nouvel attentat de Nice, une des villes les plus sécurisée de France, méritait une période de deuil et de silence. Lors des hommages rendus dans le département aux victimes, mais aussi lors de la commémoration des crimes racistes et antisémites de l’État français, les mots ont redit, une fois encore, la compassion, la nécessité d'entretenir la mémoire, de ne rien céder sur les valeurs fondamentales de la République, de manifester responsabilité et unité.

Certes, mais cela suffit-il ? La barbarie déshumanisante qui déferle et diffuse la peur et la mort doit être dénoncée avec la même énergie qu'elle frappe à Nice ou ailleurs (Paris, Copenhague, Bruxelles, Bagdad, Dacca...) et quels qu'en soient les auteurs. Les choses ne sont plus comme avant. La société a été radicalement modifiée par le libéralisme qui a détruit les solidarités et engendré des conduites morbides. La France souffre. L'autre est perçu trop souvent comme un concurrent, comme une menace, pas comme un semblable. L'état d'urgence a montré sa portée limitée. Et pourtant la France va s'installer de façon durable dans une situation qui marginalise chaque jour davantage le rôle du juge judiciaire, garant des libertés individuelles, au profit du pouvoir exécutif. Au nom des droits de l'Homme, contester le tout répressif et le tout sécuritaire, c'est se faire accuser de naïveté ou pire de complicité avec les criminels. Il est donc essentiel de souligner qu'il n'y a pas à choisir entre sécurité et liberté, sauf à entrer dans un marché de dupe qui, à terme, ne garantira ni l'une, ni l'autre.

Dans un contexte de terrorisme qui va perdurer, où s'inscrivent des psychopathes, une parole raciste de plus en plus libérée risque de conduire à une la fracturation de notre société définitivement multiculturelle et à une poudrière. La plus grande vigilance est indispensable pour éviter toute globalisation artificielle mortifère et toute utilisation de tragédies à des fins racistes et chauvines. Ne faisons pas au terrorisme djihadiste le cadeau de nos divisions. La pente des mesures restrictives aux libertés et de l'ordre autoritaire ne mettra pas un terme aux déchirures françaises, à la forte xénophobie dans le pays, au drame d'une partie de la jeunesse confrontée à une logique inhumaine. En temps de crise une communauté nationale traumatisée peut commettre des actes effrayants.

Face à des hommes politiques irresponsables qui jouent avec la peur, générant amalgame, discriminations et fractures au sein d'une société légitimement inquiète et choquée, celle -ci doit trouver en elle les ressources pour maintenir la paix civile. Le pays doit d'urgence réfléchir sur la réponse collective à apporter au terrorisme, se rassembler autour d'une mobilisation citoyenne qui renforce la solidarité, les libertés et les valeurs portées par la démocratie. Plutôt que de nouvelles dispositions législatives ou une pérennisation de l'état d'urgence, interrogeons-nous sur ce qui, depuis des années, a abouti à l'horreur et sur les réponses qui n'ont pas marché. Des assassins de masse ont été façonnés par la société française.

Posons aussi le débat sur toutes les causes de la situation : stratégies d'accaparement des richesses de la planète par les grandes firmes multinationales et d'exploitation des peuples ; idéologie de domination financière et économie spéculative creusant les inégalités et la misère ; redoublement d'une guerre de dimension mondiale qui écrase les nations : Syrie, Irak, Libye, Palestine et d'autres encore... avec des destructions massives, des populations ravagées et chassées de leurs pays, ce qui débouche inévitablement sur l'exil et l'aggravation du sentiment d'insécurité dans le notre. Le combat dans la durée contre le terrorisme fanatique doit également être accompagné d'une lutte déterminée contre ceux qui le fabrique, contre les responsables de la montée de l'intégrisme islamique, contre son terreau. La France ne doit pas se contenter de bombarder, elle doit agir fortement pour des solutions politiques et pacifiques conformes aux valeurs universelles qui furent les siennes en promouvant un projet de justice et d' émancipation pour le monde arabo-musulman.

Les condoléances, les hommages, les soutiens aux victimes, les incantations ne suffiront pas. Il convient de dépasser le stade des mots. Ne pas regarder la vérité en face, ne pas être à la hauteur de tous les enjeux, c'est demain lors de nouveaux deuils, de nouvelles catastrophes, faire apparaître que la démocratie et la République seraient plus faibles que la haine, la violence, la barbarie et le terrorisme. C'est et ouvrir un boulevard à tous les extrémisme et à tous les populismes. Pour en finir avec les massacres, il faut avoir l'ambition de changer de monde.

A Saint-Lô le 25 juillet 2015

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 08:26
Lutter contre le terrorisme exige une autre stratégie

DIEGO CHAUVET ET VADIM KAMENKA

Jeudi, 21 Juillet, 2016

Humanité Dimanche

Depuis les attentats de janvier 2015, le pouvoir oppose le même discours sécuritaire et guerrier au terrorisme. Ce qui n’a pas empêché la tuerie de Nice. Quelques voix s’élèvent pourtant pour proposer d’autres pistes de sortie de ce piège, que ce soit en termes de politique intérieure ou de politique étrangère.

Sans les dizaines de victimes et la gravité de l'acte, les réactions des politiques à l'attentat de Nice pourraient presque paraître lassantes. Depuis le 14 Juillet, c'est une sorte de mauvais cauchemar qui s'est rejoué sous nos yeux. Avec les mêmes postures, les mêmes discours, les mêmes gesticulations et les mêmes fausses solutions. Le président de la République, le premier ministre ont, à l'unisson, rejoué la partition de l'état d'urgence, de la France en guerre, de la fatalité quant à la possibilité de nouveaux attentats et d'une action militaire accrue de la France en Syrie... La droite, en face, a joué dans la surenchère, oubliant cette fois toute union nationale pour charger l'exécutif.

UNE FUITE EN AVANT

Pourtant, ce nouveau massacre est en soi la démonstration de l'échec de la politique française en matière de lutte contre le terrorisme. Quelques voix, au milieu du concert sécuritaire et guerrier du week-end dernier, ont tenté de faire entendre autre chose. « La France est en guerre contre l' "État islamique", soit », écrivait ainsi dans « Libération » l'écrivain marocain-néerlandais Fouad Laroui, « mais ce n'est pas une raison pour tout voir par le prisme de cette guerre-là ». Avant même la revendication publiée par DAECH, tous les politiques, tous les commentateurs médiatiques ont affirmé voir la main de l'« État islamique » derrière l'attentat de Nice. Il y a, certes, quelques raisons objectives de le penser... Pour autant, l'enquête n'a toujours pas établi de lien entre le passage à l'acte de l'auteur de cette tuerie et l'organisation « État islamique ». Le communiqué de revendication est luimême peu explicité en la matière, ainsi que le rappelle l'islamologue Gilles Kepel : « On n'est même pas sûr qu'il y ait eu un lien ou des instructions », rappelle-t-il dans « Ouest-France ».

Cessons de tout voir à travers le prisme d'une guerre contre DaeCh. De sacrifier les libertés à la sécurité.

« D'une certaine façon, c'est terrible. Cela fait naître du soupçon partout. Cela montre que les instruments de l'État, làdessus, sont inefficients. » De ce fait, le discours officiel du pouvoir n'est-il pas plus dangereux qu'autre chose ? Dans « Libération », le politologue Jean-François Bayart estime que le « tout-sécuritaire sert ceux qui nous frappent ». « Il serait temps de suspendre cette fuite en avant, affirme-t-il. De réviser la politique étrangère qui nous a conduits là où nous en sommes, et dont les choix stratégiques tantôt ont enclenché la machine infernale,

tantôt empêchent de la désamorcer. De renoncer aux politiques néolibérales qui ont déchiré le tissu social et au discours culturaliste qui a communautarisé le pays, sous prétexte d'en exalter l'identité nationale. Et, dans l'immédiat, d'en revenir à une police de renseignement, de proximité et d'infiltration, dès lors que la très dispendieuse surveillance numérique s'avère vaine. » Pour la Ligue des droits de l'homme (LDH), il faut refuser cette logique qui restreint les libertés au nom de la sécurité : « Alors que les pouvoirs publics ont fait voter des dispositions extrêmement graves pour les libertés au prétexte qu'il fallait organiser une sorte d'état d'urgence sans l'état d'urgence, voici qu'ils conjuguent ces textes répressifs et l'état d'urgence. Une telle attitude, à laquelle s'ajoutent les propos démagogiques d'une grande partie de l'opposition, ne permet nullement de lutter efficacement contre les actes de terrorisme, mais porte atteinte à tous les ressorts de la vie démocratique. » Le sociologue Farhad Khosrokhavar, spécialiste de l'islam et de la radicalisation, laisse même entendre que l'environnement créé par les attentats de masse (et donc la réaction des autorités et des politiques) pourrait favoriser le passage à l'acte de déséquilibrés dont DAECH ne serait que la couverture. « Son cas relève de la psychiatrie, pas de l'idéologie », dit-il à propos du tueur de Nice. « C'est une radicalisation par mimétisme : il imite ce qu'il se passe car il est psychologiquement instable. S'il avait vécu en Grande-Bretagne, où aucun attentat majeur n'a été commis depuis 2005, il aurait peutêtre agi autrement », estime le chercheur dans « l'Express ».

OPÉRATIONS MILITAIRES

La politique étrangère de la France, qui répond donc par la guerre en dehors de son territoire, alimente ce climat. Sur le plan diplomatique, les discours martiaux de la majorité des élus et dirigeants politiques laissent peu de doute sur la volonté de mener des opérations militaires en Irak et en Syrie. Depuis le mandat de Nicolas Sarkozy, une ligne néoconservatrice s'est imposée sur la diplomatie française et notamment au Quai d'Orsay pour se rapprocher des États-Unis. L'intervention en Libye a dévoilé cette rupture. « La France a fait à son échelle ce que Bush avait fait en Irak, c'est-à-dire détruire un régime et laisser derrière elle un chaos qu'elle n'a aucune capacité à gérer », analyse Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, dans le quotidien suisse « le Temps ».

Un professeur de psychopathologie, Fethi Benslama, proposait dans « le Monde » d'autres pistes : « Il faut aujourd'hui recourir aux forces de l'intelligence collective en France, sur le plan de la recherche en sciences humaines, sur le plan de l'action sociale, dans l'éducation, au niveau de la politique locale, pour retisser des liens défaits. » La dislocation de la société, c'est ce que recherche DAECH en revendiquant la tuerie de Nice, deux jours après. Et les responsables politiques prêtent le flanc à cette stratégie.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 06:38

Analyse du scrutin n° 1326
Deuxième séance du 19/07/2016
Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence (première lecture)

Synthèse du vote :

Nombre de votants : 519
Nombre de suffrages exprimés : 515
Majorité absolue : 258
Pour l'adoption : 489

Contre : 26 = 7 FDG, 11 non inscrits, 7 PS, 1 LR

Vote des 10 députés FDG (Groupe GDR) :

Pour : Marc Dolez

Contre : François Asensi, Alain Bocquet, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier
Patrice Carvalho, André Chassaigne, Jacqueline Fraysse

Abstention :, Gaby Charroux, Nicolas Sansu

Les 11 députés non inscrits ayant voté contre :

Laurence Abeille, Pouria Amirshahi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Michèle Bonneton
Sergio Coronado, Cécile Duflot, Noël Mamère, Philippe Noguès, Jean-Louis Roumégas , Eva Sas

Prorogation de l'état d'urgence

par Chassaigne André

 

Prorogation de l'état d'urgence : Inefficace et attentatoire aux libertés et aux droits fondamentaux.

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, messieurs les ministres, mes chers collègues, au soir de notre fête nationale, une nouvelle fois, le terrorisme aveugle a frappé des innocents. Nos pensées vont tout d’abord aux victimes et à leurs proches. À travers le visage des victimes, c’est le visage de la France et de l’humanité dans toute sa richesse et sa diversité qui a été visé par cet acte de barbarie.

Dans ce chaos, les femmes et les hommes ont su répondre à l’abomination par des élans de solidarité. De très nombreux professionnels et bénévoles se sont mobilisés pour soigner les victimes et leurs proches et leur venir en aide. Nous souhaitons ici leur rendre hommage et insister sur l’impérieuse nécessité, aujourd’hui, de poursuivre cet élan de fraternité. Aujourd’hui, plus que jamais, ne cédons pas aux appels à la haine, à la division, aux amalgames, à la violence. «Vivre dans la haine, c’est vivre au service de son ennemi», écrivait Mario Vargas Llosa.

Quelques heures après ce terrible attentat de Nice qui a fait 84 morts, dont 10 enfants, et près de 300 blessés, le Président de la République a annoncé une nouvelle prorogation de l’état d’urgence. Ce régime d’exception, déjà prolongé trois fois, n’a malheureusement rien changé à l’intensité de la menace. Depuis des mois, le pays vit sous état d’urgence. La législation sur le terrorisme et la procédure pénale a été durcie. Des soldats armés de fusils d’assaut patrouillent partout dans le pays. Les services de renseignement et les forces de l’ordre sont proches de la saturation.

La réalité s’impose à nous : les mesures de l’état d’urgence, nécessaires pour une période transitoire, ont désormais perdu leur efficacité ; d’autant plus que, l’attentat de Nice le prouve, nous allons avoir à affronter des actes isolés, non directement organisés par l’État islamique, donc impossibles à devancer malgré des modes opératoires d’une déconcertante facilité logistique.

Les députés du Front de gauche, pleinement conscients de la menace, considèrent qu’une nouvelle prorogation de ce régime d’exception n’est pas la bonne solution. Parce que nous pensons qu’il n’est pas un outil comme les autres, nous nous opposerons majoritairement à ce projet de loi, avec courage et responsabilité.

Notre conviction s’appuie, malgré la persistance d’une menace terroriste protéiforme, sur la nécessité de ne pas proroger indéfiniment des mesures d’exception qui, dans la durée, ne se révèlent pas plus efficaces que notre droit commun. En dépit de l’émotion et de l’effroi qui saisissent chacun d’entre nous, il faut avoir le courage politique de sortir de l’état d’urgence et de mettre fin à ce régime d’exception attentatoire par nature aux libertés et aux droits fondamentaux. Le maintenir ne changera rien et ne nous prémunira pas des attaques terroristes, nous venons d’en faire la douloureuse expérience.
Ne cédons pas à la facilité. Prolonger, dans ces circonstances, l’état d’urgence est un signe d’impuissance. Ne laissons pas les Français se démoraliser et se résigner. Comme le souligne le sociologue Michel Wieviorka, et comme l’histoire le prouve, «les phases de lassitude sont dangereuses, parce qu’elles génèrent des pulsions violentes, des appels à l’autorité. Ce phénomène est déjà à l’œuvre en France, avec la montée des populismes et la droitisation générale.»

Alors, tirons les leçons de l’histoire et luttons pour ne pas laisser notre pays sombrer progressivement dans un État sécuritaire, autoritaire, voire arbitraire. Donnons-lui la force et l’énergie d’affronter les terroristes et de contrecarrer leur plan en portant haut les couleurs de notre État de droit. Cela suppose, en premier lieu, de sortir de l’état d’urgence.

Le ministre de l’intérieur vient de déclarer en commission que l’état d’urgence n’empêchait pas les attentats. Le Président de la République lui-même l’avait reconnu quelques heures avant l’attaque sanglante de Nice. Il déclarait : « On ne peut pas prolonger l’état d’urgence éternellement. Cela n’aurait aucun sens. Cela voudrait dire que nous ne serions plus une République avec un droit qui pourrait s’appliquer en toutes circonstances. L’état d’urgence, cela fait partie des situations exceptionnelles. » Il disait vrai. Notre arsenal antiterroriste est aujourd’hui largement suffisant. Il a d’ailleurs été maintes et maintes fois remanié et complété, durci, parfois même, pensons-nous, de manière abusive, afin de l’adapter aux nouvelles formes de terrorisme. Il nous faut donc nous appuyer sur notre législation de droit commun pour affronter, de manière réfléchie et sur le long terme, le terrorisme international et intérieur. Malgré l’émotion qui nous assaille aujourd’hui, cessons de considérer qu’il y a un risque à sortir de l’état d’urgence.

Aujourd’hui, l’enjeu réside moins dans le renforcement de l’arsenal répressif que dans celui des moyens humains et matériels de nos services de renseignement et de nos autorités judiciaires spécialisées. Combattre le terrorisme nécessite, avant tout, un accroissement des effectifs de police et de renseignement, des douanes et de la justice. À cet égard, les critiques et surenchères de la droite apparaissent d’autant plus indécentes que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy – faut-il le rappeler ? – ce sont plus de 12 000 postes dans la police et la gendarmerie qui ont été supprimés pour des raisons d’économies. Rappelons également l’échec de sa réforme du renseignement, qui a durablement désorganisé celui-ci. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)

Le respect du deuil bien évidemment, mais aussi l’intérêt de notre pays, menacé plus que jamais par les divisions sociales et la désunion nationale, imposent de ne pas s’engager dans des polémiques et des tractations politiciennes.
En écoutant Christian Jacob, je pensais au si beau « Discours à la jeunesse » de Jean Jaurès, qui appelait à « ne pas subir la loi du mensonge triomphant » et à «ne pas faire écho […] aux huées fanatiques».

Face au fléau que constituent les attaques terroristes à répétition, il faut au contraire faire preuve de courage et de responsabilité pour choisir une autre logique que la seule logique sécuritaire. Ne reprochez pas à vos successeurs d’échouer là où vous avez vous-même échoué, mes chers collègues de droite. La riposte sécuritaire ne peut être promue comme le cœur de l’action politique. Faute de quoi, le peuple aura raison de pointer l’incapacité des gouvernements qui se succèdent. Face à cette succession de massacres, d’« actes de barbarie absolue » pour reprendre des mots du Président de la République, il est plus que temps de faire preuve de sang-froid et de lucidité.

Cela suppose d’étudier, de comprendre et de concevoir, enfin, des réponses globales qui s’inscrivent dans une démarche de prévention pour conjurer, à terme, le terrorisme comme mode d’action politique, objectif bien plus légitime que celui d’éradiquer des ennemis avec des moyens qui ne feront que les multiplier. Sans cette introspection, sans cette réflexion, le terrorisme a de beaux jours devant lui. La lutte contre le terrorisme dans l’urgence, donc la lutte à courte vue, permettra de déjouer un attentat quand, dans le même temps, d’autres se prépareront et atteindront leur but.

Parce que l’état d’urgence doit être seulement considéré comme un nécessaire moment transitoire, parce qu’on ne peut pas justifier les abus comme étant des effets collatéraux acceptables dans un État de droit, parce que notre droit commun nous fournit les outils juridiques nécessaires pour lutter contre le terrorisme, nous devons sortir de l’état d’urgence et penser une réponse globale pour prévenir, de manière pérenne, la menace terroriste qui pèse sur notre pays.

À l’intérieur de nos frontières, il y a urgence à mettre en place des réformes efficaces. D’abord pour empêcher de nouveaux recrutements sur notre territoire. La déradicalisation est indispensable sur le court terme. Empêcher la radicalisation l’est encore plus sur le moyen terme. Il faut actionner tous les leviers, de l’école au monde du travail en passant par la culture et l’éducation populaire pour ne plus fournir de chair à canon à Daech.

Le combat contre le terrorisme nécessite une stratégie claire, globale et collective contre Daech et tous les combattants djihadistes. Riposter à la violence terroriste par la seule voie militaire, et sans stratégie politique visant le retour de la paix et le développement de toute la région, serait une erreur grave et permettrait à Daech d’atteindre ses buts de guerre.

Faut-il rappeler l’exemple américain après les attentats du 11 septembre ? L’invasion de l’Irak a conduit à l’entière déstabilisation de la région, qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Nous l’avons dit à maintes reprises et je le redis sans esprit polémique, nous payons aujourd’hui les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient depuis de nombreuses années.
Le Gouvernement doit aujourd’hui expliquer clairement à nos concitoyens les tenants et les aboutissants de notre politique internationale. Comment affirmer, d’un côté, que nous sommes en guerre, et, de l’autre, laisser croire ou penser qu’il est possible de gagner cette guerre sans déplorer de victimes sur notre territoire ? Depuis 2011, pas moins de quatre opérations extérieures ont été lancées par les présidents Hollande et Sarkozy – Libye, Mali, Centrafrique, et maintenant sur le territoire Irako-Syrien – sans que les objectifs aient été clairement définis, sans que leur opportunité ait été débattue, sans que l’impact, l’utilité et les bénéfices aient été examinés. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain.)

Sur le terrain extérieur, les opérations militaires combinées menées par la coalition ont marqué des points. C’est un fait incontestable s’agissant de la destruction des infrastructures matérielles de l’État islamique. Mais ces opérations ne peuvent suffire dans la mesure où elles ne sont pas reliées à des opérations diplomatiques de grande envergure pour contraindre tous les acteurs du double jeu, en particulier l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, à cesser d’instrumentaliser cette organisation terroriste pour leurs secrètes visées d’hégémonie régionale et de consolidation de leur régime.

Certes, face à cette impasse – je dis bien : cette impasse – où nous avons été précipités, nous ne pouvons désormais renoncer à frapper militairement le fanatisme à la source. Pour autant, il incombe au Gouvernement de ne pas intensifier ses frappes aveuglement. Il doit œuvrer en parallèle à la mise en place d’une forte coalition sous l’égide de l’ONU. Les actions militaires et diplomatiques doivent être menées de concert. Nous appelons depuis plusieurs mois notre diplomatie à contribuer à rassembler la communauté internationale par l’ouverture de négociations incluant les puissances régionales et internationales. Sans cela, nous allons nous laisser entraîner plus loin encore dans le précipice où l’État islamique nous mène avec délectation.

Il faut également bâtir des stratégies pour terrasser notre ennemi en asséchant ses mannes financières colossales. La mission d’information de notre assemblée sur les moyens de Daech, qui présentera ses conclusions dès demain, va probablement soulever des questions quant à l’utilité d’une riposte uniquement militaire. Espérons que ses travaux ne seront pas ignorés, comme ce fut le cas jusqu’à ce soir des propositions de la commission d’enquête relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme.

Nous devons enfin remettre en cause les compromis passés avec les puissances fondamentalistes de la région au prétexte qu’elles sont économiquement libérales. Je le dis avec gravité, nous ne serons pas en mesure d’offrir la sécurité légitime à laquelle notre peuple aspire sans résoudre ces questions qui vont bien au-delà de nos frontières. Le Mahatma Gandhi nous donnait l’alerte : « À appliquer la loi de l’œil pour l’œil, l’humanité finira aveugle. » Soyons attentifs à ne pas tomber dans ce piège tendu par Daech. Ne laissons pas triompher les passions sécuritaires et les divisions identitaires. La détermination à combattre le terrorisme oblige à agir avec lucidité et sang-froid dans le respect de nos valeurs progressistes et humanistes.

C’est cette détermination qui conduira ce soir la majorité des députés du Front de gauche, et au-delà d’autres progressistes de cette assemblée, à refuser la prolongation de l’État d’urgence. (Applaudissements sur les bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine et sur plusieurs bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain.)

mardi, 19 juillet 2016

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 06:46

Le texte, dont la parution a été bloquée, conclut que la réduction du temps de travail peut favoriser l'emploi

35 heures : ce que dit le rapport secret de l'IGAS

Le chef de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), Pierre Boissier, ne voulait pas qu'un rapport, réalisé par deux de ses pairs, soit diffusé. C'est raté. Le Monde a pu prendre connaissance de ce document d'une centaine de pages (sans les annexes), qui évalue les " politiques d'aménagement - et de - réduction du temps de travail dans la lutte contre le chômage ".

Une étude fouillée et prudente, qui parvient au constat que des dispositifs tels que les 35 heures, instaurées par les " lois Aubry " de 1998 et 2000, peuvent, sous certaines conditions, contribuer à réduire le nombre de demandeurs d'emploi. Est-ce à cause de cette conclusion, sur un sujet sensible politiquement et source de controverses acharnées, que le rapport avait été bloqué ? Certains membres de l'IGAS le pensent. Quoi qu'il en soit, l'affaire plonge ce service de hauts fonctionnaires dans un climat pesant.

En se lançant dans cette mission d'expertise, les deux inspecteurs des affaires sociales poursuivaient un objectif : soupeser " le potentiel " de création d'emplois des divers outils " relatifs au temps de travail ". Conscients que le sujet est, " depuis une quinzaine d'années ", matière à " polémique ", ils se sont efforcés " de reposer les termes du débat (...) de manière dépassionnée ". Durant leurs travaux, ils ont auditionné une quarantaine de personnalités qualifiées et passé au tamis la littérature disponible sur cette thématique, en scrutant les actions à l'oeuvre dans d'autres pays européens. Plusieurs dizaines d'accords d'entreprises et de branches ont également été étudiés.

" Vive bataille idéologique "

De cette masse d'informations, plusieurs enseignements se dégagent. D'abord, la France n'est pas la seule nation à avoir réduit la durée du travail. Cette tendance, engagée depuis des décennies, a touché les autres Etats européens : entre 1998 et 2013, la baisse a oscillé entre - 9,2 % et - 13,3 % en Allemagne, en Espagne, dans l'Hexagone, en Italie et aux Pays-Bas ; seul le Royaume-Uni se distingue avec un recul beaucoup plus faible (- 2,8 %).

Dès lors, écrivent les auteurs du rapport, " la question n'est pas tant de se prononcer pour ou contre la réduction du temps de travail, mais plutôt d'identifier quelles sont les modalités d'une réduction la plus efficace possible ". Plusieurs leviers peuvent être actionnés, l'un d'eux consistant à proposer aux employeurs de baisser la durée du travail de 10 %, tout en allégeant les cotisations sociales. Deux curseurs sur lesquels les " lois Aubry " ont joué.

Or, celles-ci ont permis de créer 350 000 postes " sur la période 1998-2002 ", d'après les deux inspecteurs des affaires sociales, qui se prévalent de plusieurs études considérées comme " robustes " - l'une de la direction des statistiques du ministère du travail (Dares), l'autre de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). " Ce chiffre n'est aujourd'hui plus tellement remis en question ", affirment les signataires du rapport, même si la mesure de l'impact des " lois Aubry " constitue " l'enjeu d'une vive bataille idéologique ".

Au passage, ils contestent l'idée selon laquelle les 35 heures auraient eu un effet négatif sur la compétitivité de notre économie. Selon eux, " la France est l'un des pays qui a le mieux maîtrisé l'évolution de ses coûts - salariaux - ". De plus, ajoutent-ils, le prix des produits n'est pas le seul paramètre qui influe sur les performances des entreprises à l'exportation. Et si la France a subi des " pertes de parts de marché, (...) elles n'ont rien d'exceptionnel par rapport aux autres pays européens ", abstraction faite de l'Allemagne, " et dans une moindre mesure ", de l'Espagne.

" Conclusions erronées "

Au fil des pages sont démontées les positions de plusieurs économistes connus - Pierre Cahuc, Francis Kramarz, Stéphane Carcillo, entre autres - qui ont mis en doute les effets sur l'emploi des 35 heures. Laurent Bigorgne, le directeur de l'Institut Montaigne - un think tank libéral - en prend pour son grade pour avoir soutenu que " les Français ne travaillent pas assez " : " Conclusions erronées ", estiment les deux auteurs du rapport. A leurs yeux, " les politiques du temps de travail "peuvent ouvrir " des pistes d'amélioration (...) qui ne doivent pas être négligées ", même si elles sont " loin de fournir " à elles seules des solutions au chômage de masse.

Fait extrêmement rare, ce rapport, bouclé au mois de mai, n'a pas été communiqué au gouvernement. Pourquoi ? Sollicitée par Le Monde, la direction de l'IGAS n'avait pas souhaité livrer les raisons qui avaient joué, en l'espèce. Elle s'était bornée à rappeler, d'une manière générale, que " des travaux insuffisamment achevés ou présentant des faiblesses méthodologiques ne sont pas transmis par le chef de l'IGAS ". Elle avait ajouté, s'agissant de cette mission d'évaluation sur le temps de travail dans les entreprises, qu'un relecteur, un comité des pairs et une commission ad hoc, récemment mise en place au sein de l'Inspection, s'étaient tous prononcés dans le même sens, " celui de la non-transmission ".

C'est faux, objecte le Syndicat des membres de l'IGAS (Smigas), dans son dernier bulletin d'information : " L'avis du relecteur, dont nous disposons, ne demande pas la non-transmission du rapport au gouvernement. " Même chose pour l'avis du comité des pairs, mais celui-ci, présidé par Louis-Charles Viossat, comporte " une formulation très atypique et particulièrement contestable ", juge le Smigas, sans plus de précision.

Quant à l'avis de la commission ad hoc, il " est peu étayé " et " pose en lui-même " la question du " bien-fondé " de cette instance, créée il y a quelques semaines. Le Smigas et la CFDT ont d'ailleurs réclamé le retrait de l'arrêté fondant cette commission,car elle n'offre, selon eux, aucune " garantie " (absence de critères sur la non-transmission au gouvernement, pas d'indication sur la motivation des avis...). Le Smigas y voit même un danger, car la procédure nouvellement instaurée tend " vers une instrumentalisation dans le sens du jugement en opportunité politique sur ce que les membres de l'inspection auraient ou non le droit d'écrire ". Sale ambiance.

Bertrand Bissuel

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 11:12
DÉCLARATION COMMUNE CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

Les organisations syndicales de salarié-es et de jeunesse (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) ont pris acte et dénoncent la nouvelle utilisation du 49-3, véritable déni de démocratie, pour faire passer le projet de loi travail. C'est bien la preuve, si celle-ci était nécessaire, que ce texte de régression sociale reste minoritaire. Soutenues par une large majorité de la population, elles réaffirment leur opposition à ce projet et la nécessité de nouveaux droits pour les salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es. Ce sont encore plus d'un million qui ont participé à la votation citoyenne et signifié leur rejet de ce projet.

Les nombreux rassemblements et manifestations de ces derniers jours, notamment le 5 juillet, ont réunis plusieurs dizaines de milliers de participants. Les organisations syndicales et de jeunesse dénoncent les conditions contraignantes de manifestations qui ont empêché certain-es d'y participer.

Elles réaffirment que la liberté de manifester doit rester un droit.

Les mobilisations initiées depuis quatre mois n'ont pas été entendues par ce gouvernement. Qu'à cela ne tienne ! La détermination, malgré le passage en force à l'Assemblée nationale, reste intacte et toute la période estivale sera l'occasion de la rappeler. Nombre d'initiatives locales, sur tout le territoire, sont déjà prévues et organisées de manière unitaire.

Les organisations syndicales et de jeunesse invitent l'ensemble des salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es à adresser une carte postale au président de la République pour lui assurer qu'ils seront toujours mobilisés à la rentrée !

Les organisations (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) donnent rendez-vous à l'ensemble des salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es pour une journée d'actions et d'initiatives le 15 septembre pour obtenir l'abrogation de la loi Travail et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives. Elles se retrouveront pour faire le point le 31 août.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 22:05
« L’État matraquant la Liberté », une fresque polémique à Grenoble

À Grenoble, une fresque murale représentant Marianne à terre, aux prises avec deux policiers prêts à la matraquer suscite de vives réactions. D’autant plus que la peinture a été présentée dans le cadre du Grenoble Street Art Fest, un festival subventionné par la Mairie de Grenoble.
L’un des deux policiers est muni d’un bouclier sur lequel est inscrit « 49.3 », en référence à l’article de la Constitution permettant au gouvernement de faire passer une loi en force et auquel Manuel Valls a eu recours pour sa « loi travail ». Les deux agents menacent de battre le symbole de la République, à terre.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 21:56
Loi travail: On ne lâche rien !

OF du 30 06 16

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