Enfin ! Le Président des riches fait ses bagages. Cela supprime bien des inquiétudes :
qu’aurait pu faire ce fou du pouvoir, sous la tente à oxygène du Front National, pour essayer encore de gagner « ses » élections ? Bref, il dégage, lui et ses protégés. Il ne faudra pas oublier
tous les comptes qu’ils doivent à la justice !
Déjà l’essentiel est ailleurs. Depuis des semaines, l’horizon s’est déplacé : avec Jean-Luc Mélenchon, la campagne
du Front de Gauche a porté les espoirs des luttes de 1995, 2003, 2008, 2009 et de 2010… Les manifestations du Premier Mai viennent encore de le montrer.
Faisons de la victoire du 6 mai un point d’appui.
Des décisions ne peuvent attendre. La misère est là comme les effets des politiques xénophobes, des manipulations
racistes, du recul des libertés. Beaucoup de lois sont à abroger et à remplacer par les projets issus des mobilisations populaires (Lire) : sur les droits aux soins, le logement, l’environnement, la Protection sociale, l’école, la recherche, etc.
« Le changement, c’est maintenant ! »
Le slogan de François Hollande traduit un espoir commun. Oui : « maintenant » !
Personne ne veut recommencer comme en 1981, en 1988 ou en 1997 et plier devant le grand patronat et les
actionnaires, spéculateurs français et internationaux. L’heure est à l’affirmation des exigences, à des droits nouveaux, à la transformation des institutions.
Il ne s’agit pas d’impatience mais de répondre aux besoins urgents et aux questions-clé.
Nous ne voulons pas que François Hollande échoue. Nous voulons que l’espoir de changement se développe et puisse
réussir. Cela ne peut se faire avec le programme du nouveau président.
Nous agirons donc pour d’autres solutions, dans les mobilisations et les débats publics.
Nous n’aurions aucun plaisir à « constituer une opposition » d’un genre nouveau ! Et nous ne sommes pas de ceux qui
voudraient seulement « témoigner ».
Ensemble, nous avons fait reculer la résignation pendant la campagne présidentielle. Et, pour l'avoir vécu avec nos
voisins et collègues de travail, nous savons qu'une partie des électeurs et des électrices sincèrement de gauche ont voté au premier tour François Hollande, en croyant être « efficaces » pour
éliminer Sarkozy.
La FASE, avec le Front de Gauche, poursuit sa campagne pour les législatives. Un rapport de force doit exister à
l’Assemblée nationale : des hommes et des femmes qui prennent l’engagement de mobiliser pour de véritables solutions, en rupture avec la logique capitaliste. Évidemment, les élus tels que nous
les proposons feront bloc contre la droite mais ils ne vont pas soutenir des « mesures » de « bonne gestion », voire un programme « socialiste » qui tournerait le dos aux attentes du plus grand
nombre. Ils feront les propositions nécessaires pour réussir le changement à gauche. Ils soutiendront aussi toutes les initiatives qui répondront aux urgences pour vivre mieux, et s'opposeront à
toutes celles qui tourneraient le dos aux exigences populaires.
C’est heure des exigences, des droits nouveaux, de la transformation des institutions. Nous voulons que la logique
capitaliste soit battue. Nous voulons avancer. Prenons donc la mesure de cette nouvelle étape. Elle appelle des mobilisations et de grands débats publics : pour des mesures immédiates contre la
misère, pour changer l’Europe, pour le refus des plans de licenciements, avec le droit, pour les travailleurs, de faire leurs propositions de maintien et de transformation.
Mettre fin à la politique d’austérité et changer l’Europe
Les votes du 22 avril et du 6 mai ouvrent un nouvel horizon pour l’Europe en renouant avec le vote de 2005 contre le
Traité Constitutionnel Européen : Un Référendum pour changer les Traités et pour un front européen contre les dirigeants libéraux de l’Europe actuelle qui veulent nous imposer un carcan de
misères !
Ce sont les mobilisations populaires qui compteront pour la suite.
Il n’y aura pas de véritable changement sans affrontement avec la finance, les actionnaires et le grand
patronat.
Et notre combat n’est pas isolé. Il suffit de voir la Grèce (Lire),
et aussi l’Italie, l’Espagne, le Portugal, les revendications salariales en Allemagne…
Un chemin à construire
Nous avons ensemble les moyens pour affirmer et obtenir des avancées : des assemblées, forums, états généraux – peu
importent les noms - qui exigent des règles nouvelles, qui les précisent si besoin ou qui en redisent l’actualité.
Le développement, l'élargissement du Front de Gauche et son ouverture aux citoyens non encartés sont indispensables
pour poursuivre la dynamique qui s'est exprimée au cours de la campagne autour de Jean-Luc Mélenchon.
Sans dynamique de changement, nous serions vite confrontés au chantage à l'unité nationale, au « réalisme » et donc
ramenés à l’austérité.
Pire encore, sans cette dynamique de changement, certains, désespérés, préféreront croire les mensonges du FN et
d'une partie de l'UMP et trouveront plus simple de désigner les immigrés, les chômeurs comme responsables de la crise.
Cela ne doit pas nous faire hésiter : en construisant des solidarités, par les mobilisations, un horizon commun peut
se construire et faire reculer les divisions xénophobes et racistes.
Nous portons donc des exigences de rupture :