L’Alternative citoyenne de la
Manche tient à saluer la résistance de notre camarade Bertrand Dubard qui après sa condamnation pour le fauchage de maïs OGM était convoqué hier à la gendarmerie de Granville pour y subir un
prélèvement ADN.
En toute conscience il s'y est opposé et sera donc convoqué au tribunal d' Avranches (le 27 mai?) aux côtés de 2 autres
résistants.
Non aux OGM ! Non à cette société policière! Résistance et solidarité active !
Voici le communiqué de presse de Bertrand
Dubard
J’ai été convoqué le 03 mai 2008 à la gendarmerie de Granville (50400) pour qu’on effectue sur ma personne un prélèvement
biologique de mon ADN suite à ma condamnation par la cour d’appel d’Orléans pour fauchage de maïs transgénique OGM.
Prélèvement que je refuse.
Prélèvement que je suis fondé de refuser ne rentrant pas dans le cadre de la loi conçue pour l’identification
de violeurs et assassins récidivistes.
Je ne rentre pas dans ce cas de figure.
Je ne suis pas un délinquant mais je fais partie des lanceurs d’alerte, servant un intérêt supérieur,
intervenant dans la veille environnementale et sanitaire, en conformité avec l’article 2 de la Charte de l’environnement du 01 janvier 2005 qui dit que « Toute personne a le devoir de
prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. »
La situation dans laquelle j’ai pris part par l’acte de faucher des maïs OGM correspond à l’article 5 de
cette charte, qui décrit exactement ce qu’aurait dû faire les pouvoirs publics et qu’ils n’ont pas fait.
A savoir : préserver l’intérêt général face à la culture et les risques avérés de dissémination de
plantes toxiques destinées à l’alimentation de la population, qui sont, selon l’expression du professeur de génie moléculaire Gilles Eric Séralini, des « éponges à
pesticides ».
De nombreuses publications scientifiques ont signalé la dangerosité de ces OGM.
En France, le CRIGEN ( Comité de Recherche et d’Information Indépendant du Génie Génétique) alerte les
pouvoirs publics et les firmes le 31 juillet 2001.
Le professeur honoraire de la faculté de Nantes, Bernard Herzog, publie un livre rendant compte de ses
études : La Transgénique.
Il nous prévient et nous dit :
Les cas cliniques étudiés ont tous la même cause : le bouleversement des colonies bactériennes dues à
l’apport dans l’alimentation d’éléments mutants OGM, qui démontre scientifiquement que la consommation régulière d’aliments OGM est la cause de nombreuses maladies dégénératives et chroniques et
qu’elle accroît la faiblesse générale de nos organismes et favorise les risques d’épidémies.
En Grande Bretagne, Mae-Wan Ho de l’académie de médecine de Londres, confirme la toxicité des OGM le 26
septembre 2005 dans : « Scientist confirm failures of Bt crops. »
Si tout n’est pas fait dans l’urgence et la nécessité, l’irréversibilité d’un désastre environnemental et
sanitaire programmé est inéluctable !!!
Face à cela il fallait réagir car nous sommes devant un « Etat de Nécessité » stipulé dans
l’article 122-7 du Code Pénal, où il est dit que pour sauvegarder un intérêt supérieur il n’existe pas d’autre ressource que d’accomplir un acte défendu par la loi pénale.
L’état de nécessité est un des fondements du droit, il part d’une notion jurisprudentielle de 1898. L’état de
nécessité lorsqu’on sert un intérêt supérieur ne rend pas la personne responsable pénalement. Ceci a été confirmé par une décision du tribunal de Poitiers en février 1997 et un arrêté de la cour
de Colmar du 06 décembre 1957.
Je ne suis donc ni un violeur ni un assassin ni un délinquant, et cette demande de prélèvement biologique ADN est sans
objet.
Je refuse de collaborer à la constitution d’un fichier discriminant, car de discriminations en discriminations c’est un
engrenage implacable qui aboutit à l’Etoile Jaune. Cela je l’ai connu et je ne le veux pas.
Si nous n’agissons pas, si nous ne faisons rien, les générations qui nous suivent et qui subiront de plein
fouet les conséquences de notre incurie, nous diront : Vous saviez et vous n’avez rien fait ! Que leur répondrons nous ?
Je refuse donc d’être considéré comme un délinquant.
Je conçois que pour des récidivistes, assassins, violeurs et fous dangereux le prélèvement d’ADN puisse se
justifier. Mais de là à la généralisation de cette prise de prélèvement biologique, non.
Nous assistons à ce que j’appelle une dérive sécuritaire. Cela fait partie de dispositifs lourds de
menaces : quadrillage de la population, multiplication des fichages, nouvelles technologies de contrôle, et le sentiment de peur qu’elles génèrent. Ce sont les outils de base de répression
des opposants à des politiques qu’ils réprouvent. Or on ne bâtit pas une société où il fait bon vivre sur un climat de peur.
Non seulement les lois sécuritaires renforcent les dominations qui pèsent sur la population, mais elles
jalonnent le chemin vers des régimes dictatoriaux.
J’ai connu le régime de Pétain, la collaboration, mais aussi la Résistance, avec l’internement à Ravensbruck
au bout du chemin pour une de mes tantes.
On ne doit pas rester courbé et accepter. Il faut se redresser et dire Non ; pas cette musque
là.
Le 03 novembre 2005, Jacques Chirac, lors de l’inauguration du centre européen du Résistant Déporté a
dit :
« Se souvenir toujours, pour savoir s’engager et résister quand l’essentiel est
en jeu »
C’est la raison pour laquelle, en conscience, je ne puis collaborer à la mise en place d’un tel dispositif en me
soumettant au prélèvement biologique de mon ADN.
Bertrand Dubard de Gaillarbois, le 04 mai
2008.
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