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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Japon: la catastrophe nucléaire avait été prévue

Publié le 17 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Terre

15 Mars 2011 Par Michel de Pracontal12

« A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche. » Cet avertissement est tiré d'un article paru le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune/Asahi Shimbun (Son auteur est le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l'université de Kobe .

Ishibashi Katsuhiko.

Ishibashi Katsuhiko.

Ishibashi Katsuhiko faisait partie du comité d'experts chargé d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises. Il en avait démissionné pour protester contre la position du comité. Il estimait que les recommandations fixées par le comité étaient beaucoup trop laxistes.

En d'autres termes, le professeur Katsuhiko avait prévu ce qui est en train de se produire à la centrale de Fukushima. Il avait prévenu les autorités de son pays que les centrales japonaises souffraient d'une «vulnérabilité fondamentale» aux séismes. Mais ses avertissements ont été ignorés tant par le gouvernement que par Tepco (Tokyo Electric Power Company), premier producteur privé mondial d'électricité, qui exploite un tiers des centrales nucléaires japonaises, dont celle de Fukushima.

Katsuhiko a lancé son alerte en 2006, année où les normes de sécurité anti-sismiques japonaises ont été renforcées. Selon le sismologue, ce renforcement était encore très insuffisant. Les faits lui ont donné raison dès l'année suivante. Le 16 juillet 2007, un séisme de magnitude 6,8 a provoqué des incidents sérieux à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus importante unité de production d'électricité nucléaire au monde. Cette centrale se trouve sur l'île de Honshu, la principale île du Japon, comme presque toutes les centrales nucléaires japonaises, qui encerclent les trois plus grandes villes du pays, Tokyo, Nagoya et Osaka.

Avant le séisme de juillet 2007, un autre s'était produit en août 2005, affectant la centrale d'Onagawa, au nord de Fukushima ; encore un autre en mars 2007, dont l'épicentre était à 16 kilomètres de la centrale de Shika. Et cela s'est répété l'année suivante, avec une secousse de magnitude 6,8 à l'est de Honshu, près d'Onagawa et de Fukushima. Même s'il n'y a pas eu de dégâts importants, Tepco a signalé alors trois fuites de liquide radioactif à Fukushima Daini.

Ainsi, l'accident qui vient de se produire à Fukushima ne peut être considéré comme une véritable surprise, même s'il a pris de court les opérateurs de la centrale comme les autorités. Cet accident est la reproduction, en beaucoup plus grave, d'événements qui se sont répétés au moins depuis 2005.

Ishibashi Katsuhiko avait analysé le risque, expliquant que, dans les différents cas, «le mouvement sismique à la surface du sol causé par le tremblement de terre était plus important que le maximum prévu dans la conception de la centrale». Lors du séisme qui a affecté la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, le pic d'accélération sismique était plus du double de la valeur que la centrale était censée supporter. «Ce qui s'est passé à Kashiwara-Kariwa ne devrait pas être qualifié d'inattendu», écrivait le sismologue.

Les manquements de la société Tepco

C'est malheureusement encore plus vrai du drame actuel, dont Katsuhiko avait anticipé la possibilité: «Si l'épicentre du séisme avait été un peu plus proche du site de la centrale et si la magnitude avait atteint 7,5 [...] , il aurait pu se produire un "genpatsu-shinsai", un événement catastrophique associant tremblement de terre et fusion partielle ou complète du cœur d'un ou plusieurs réacteurs.»

C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui, et le séisme est encore plus puissant que ce qu'avait imaginé Katsuhiko. En 2007, il estimait que les centrales devaient être conçues pour résister à un mouvement de surface du sol d'une vitesse de l'ordre de 1000 gal, alors que les normes de 2006 ne prévoyaient que 450 gal (le gal est une unité utilisée pour mesurer l'accélération du sol et correspond à 1 centimètre par seconde carrée).

centrales nucleaires[1] 

Les implantations de centrales nucléaires au Japon.© (dr)

 

L'une des raisons pour lesquelles les centrales japonaises sont vulnérables aux séismes est qu'elles ont été construites pendant une période où il s'est trouvé que l'activité sismique était relativement faible - du moins pour le Japon. On s'est basé sur cette activité pour définir la résistance anti-sismique des installations nucléaires, et on en a construit 55, ce qui fait du Japon le troisième producteur mondial d'électricité nucléaire.

Or, à partir de 1995 et du grand tremblement de terre qui a dévasté la ville de Kobe, il y a eu un regain d'activité sismique sur l'archipel. Il aurait été donc nécessaire de revoir à la hausse la protection anti-sismique des centrales. Pour Katsuhiko, les centrales qui ne pouvaient pas être suffisamment sécurisées devaient être fermées. Cela n'a pas été fait. Et Tepco n'a pas pris en compte les failles sismiques sous-marines, notamment dans la zone de Kashiwazaki-Kariwa. Le risque lié aux tremblements de terre a été systématiquement sous-estimé, aussi bien par les experts nationaux de la sûreté nucléaire que par l'industriel.

Au demeurant, Tepco n'en est pas à son premier manquement en matière de sécurité. En 2002, l'entreprise a été au centre d'un scandale après avoir falsifié des documents d'inspection pour dissimuler des problèmes survenus sur certains de ses réacteurs. Le PDG, le vice-président et le président du conseil d'administration durent démissionner en chœur. La falsification concernait au moins trois incidents qui affectaient déjà les centrales de Fukushima et de Kashiwazaki-Kariwa... 

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L’effroi nucléaire s’ajoute au tsunami

Publié le 15 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Terre

al-gore.jpgLe nombre de victimes du séisme et du tsunami qui frappent le Japon n’est
pas encore connu : il sera élevé, même si les constructions anti-sismiques
et la préparation de la population à de tels événements ont pu limiter
certains dégâts et ont empêché la panique. La force de la vague a emporté
les constructions humaines : c’est une catastrophe naturelle, amplifiée par
la concentration des populations. Malgré l’immensité des pertes et
destructions, ces effets-là du tsunami restent à l’échelle de la pensée et
de l'action humaines et des moyens à mettre en œuvre pour secourir d’abord
et reconstruire ensuite.

Il en est autrement de la catastrophe nucléaire en cours, dont nous ne
connaissons encore ni l’intensité ni l’ampleur. Alors que les dangers pour
les populations sont déjà attestés, nous en sommes réduits à des
spéculations, à des commentaires répétitifs d’experts et de politiques
soucieux de ne pas rejouer la scène du nuage bloqué aux frontières, et
surtout aux aléas des combustibles nucléaires en fusion et de la météo.
Cela tient bien sûr à l'opacité propre à cette activité, du fait des
intérêts économiques et stratégiques qui lui sont attachés. C’est pourquoi
les seuls résultats actuels de mesures de radioactivité, très alarmants,
sont fournis par des experts indépendants. Mais cela tient aussi à
l’impuissance à comprendre et maîtriser un processus d’emballement que les
techniciens, qui luttent avec l’énergie du désespoir et avec les moyens du
bord, ne contrôlent plus.

Cette catastrophe est le fruit de l’arrogance de pouvoirs qui pour des
motifs divers - économiques, politiques, scientifiques - ont imposé aux
populations des modèles énergétiques qui défient la raison humaine.

Face au désastre que vit le peuple japonais, l’heure est d’abord à
l’expression de la solidarité internationale sous toutes ses formes.
Mais l’heure est aussi à la colère et à la détermination. Cela suffit !
Assez de ces discours autistes et irresponsables sur le thème « chez nous ça
n'arrivera jamais » ! Notre solidarité implique l’élargissement et le
renforcement des mouvements citoyens qui demandent un débat public sur les
choix énergétiques, la sortie du nucléaire et de ce modèle de développement
prédateur. Il faut entamer dès aujourd'hui une réduction radicale des
consommations énergétiques et la sortie définitive du nucléaire qui se
révèle, une fois de plus, mortellement dangereux.

Attac France,
Paris, le 12 mars 2011
http://www.france.attac.org/


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La parabole des rameurs

Publié le 14 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Tribune libre

EurosDeux équipes, l’une d’une organisation internationale et l’autre d’un collège, décident de faire une course d’aviron dans le but de montrer leur savoir-faire dans le domaine de la galvanisation des troupes. Les deux équipes s’entraînent dur.

Lors de la première épreuve, le collège gagne avec plus d’un kilomètre d’avance. Les internationaux sont très affectés. Le management se réunit pour chercher la cause de l’échec. Une équipe d’audit composée de seniors managers est désignée. Après enquête, ils constatent que l’équipe, qui est constituée de dix personnes, a un barreur et 3 rameurs, alors que l’équipe adverse comporte un barreur et neuf rameurs. La direction décide de réfléchir.

Leurs avis, entouré de précautions oratoires, est de procéder à une réorganisation. Elle décide de mettre en place un manuel de qualité, des procédures d’application, des documents de suivi. Une nouvelle stratégie est mise en place, basée sur une forte synergie. Elle doit améliorer le rendement et la productivité grâce à des modifications structurelles. On parle de zéro défaut, dans tous les repas de «brainstorming».

La nouvelle équipe comprend maintenant: Un directeur général d’aviron; Un directeur adjoint d’aviron; Un manager d’aviron; Un superviseur d’aviron; Un consultant d’aviron; Un contrôleur de gestion d’aviron; Un chargé de la communication d’aviron; Un barreur et...;

Un rameur.

La course a lieu et les internationaux terminent avec deux kilomètres de retard!

Humiliée, la direction prend une décision rapide, mais courageuse: elle licencie le rameur, celui-ci n’ayant pas atteint ses objectifs, elle vend le bateau et annule tous les investissements prévus.

Avec l’argent ainsi économisé, elle récompense les managers et superviseurs en leur donnant une prime, augmente les salaires des directeurs et s’octroie une indemnité exceptionnelle de fin de mission. Bien entendu, ceci est une histoire et il est bien évident que toutes ressemblances avec des faits ayant existé ou existant ne pourrait être qu’une simple coïncidence... 

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Lybie : Souvent Fol varie !

Publié le 13 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Vu sur le Web

tacatacatac

merci à Candide Graffiti

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Alternative Citoyenne 50 soutient le Front de Gauche

Publié le 13 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans alternative50

alternative

Ouest France du 12 03 2011

 

 

 

L'intégralité du communqué de presse :

 

La surdité de la droite et du gouvernement, le mépris opposé aux attentes sociales les plus élémentaires, la fuite en avant des décideurs politiques et économiques, arc-boutés à leurs pouvoirs et leurs privilèges prouvent qu’il est grand temps de se réapproprier le sens du bien commun.

C’est pourquoi Alternative Citoyenne 50, association visant à développer un vrai programme alternatif de gauche et à favoriser la participation active des citoyens à la vie politique, apporte son soutien aux candidats du Front de Gauche de la Manche pour les élections cantonales du 20 et 27 mars et partage pleinement les objectifs inscrits dans leur programme de transformation sociale et écologique.

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Risque de Tchernobyl au Japon

Publié le 12 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Vu sur le Web

Alerte nucléaire au Japon après un violent tremblement de terre
Dernier ajout : samedi 12 mars 2011 à 09h53

Une explosion a eu lieu dans le réacteur n°1 de la centrale de Fukushima Daiichi. La structure externe du bâtiment réacteur aurait explosée. "L’explosion s’est produite entre 15H30 et 16H00 dans le réacteur N°1 de la centrale nucléaire, située à 250 km au nord de Tokyo"

La situation est très inquiétante : 45 000 personnes ont été évacuées. Pas moins de onze réacteurs sont actuellement à l’arrêt.

Vendredi 11 mars, un tremblement de terre d’une magnitude de 8,9 sur l’échelle de Richter a violemment frappé le Japon, un des pays les plus nucléarisés du monde.
Dans la nuit du 11 au 12 mars le niveau de radioactivité dans la salle de contrôle du réacteur n°1 de la centrale de Fukushima Daiichi a atteint un niveau 1000 fois supérieur à la normale. La centrale de Fukushima Daini, à 11 kilomètres de la centrale de Fukushima Daiichi, connaît à son tour de graves problèmes, la température des réacteurs 1 et 2 augmente. Quand à l’usine de retraitement de Rokkasho, elle n’est plus alimentée que par l’alimentation de secours.

Pour en savoir plus

 

 seisme au ja2f63-a9ccd

image France Info

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Meeting départemental du Front de Gauche

Publié le 10 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Cantonales 2011

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Cherbourg

 mardi 15 mars

à partir de 19H30 

au cinéma l'Omnia

(près de la mairie)
Avec :

  • Christian Piquet (Porte parole national de la Gauche unitaire)
  • Eliane Assassi  (Sénatrice PCF de Seine Saint Denis).
  • Eric Coquerel ( Porte parole national du Parti de Gauche).

Covoiturage :

  • Bréhal : 17 h 45    rond point de Bréhal (parking du Salin)
  • St Lô :    18 h       local PCF
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Ordre public et souveraineté populaire.

Publié le 10 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Tribune libre

tribune_libre.jpgLe renversement de régimes dictatoriaux du Maghreb longtemps soutenus par les démocraties occidentales au prétexte de la lutte contre l’islamisme apparaît maintenant, pour nombre d’éditorialistes,  comme autant de victoires de l’Occident  ainsi confirmé dans « ses » valeurs. L’indifférence complice  à l’égard de la persécution de tant d’opposants serait donc sauvegardée si « l’ordre public » n’avait pas été ébranlé par un battement d’aile : l’immolation de Mohamed Bouazizi. Ben Ali, Moubarak et Kadhafi pourraient continuer d’être reçus avec tous les honneurs…

Mais voilà qu’on  s’émerveille  de ces « révolutions »  pour mieux esquiver les évidences qu’elles nous jettent au visage. On honore aujourd’hui ce qui, hier  encore, était  méprisé, ce qui était l’objet de tous les honneurs devient l’objet des sarcasmes. Tenterait-on  ainsi de  dissoudre le trouble que ces évidences devraient susciter  pour  un peuple dont  un ex-ministre des affaires étrangères vient de déclarer que « ‘ nous ‘ avons tellement cru qu’il y avait chez eux (les peuples arabes) quelque chose qui aspirait à la servitude » (B. Kouchner, le 4.02.2011)

Voilà que l’apologie de l’insurrection est soudain décernée à des peuples qui mettent le feu aux commissariats et contraignent les nouveaux pouvoirs à poursuivre et juger  chefs de la police, ministres de l’intérieur et de la  sécurité  de l’ancien régime. Les misérables mensonges de MAM  évoquant une situation sécuritaire là où se levaient  des émeutes populaires qualifiées par l’ami Ben Ali « d’impardonnables actes terroristes perpétrés par des voyous cagoulés  » ont révélé la continuité (et la solidarité) policière des régimes censés garantir « l’ordre public » (En France, l’acharnement de la machine policière et judiciaire sur un groupe de jeunes gens dans l’affaire de Tarnac montre à quel degré de démence  et d’aveuglement peut parvenir l’obsession sécuritaire  au nom de l’antiterrorisme* ou de la lutte contre l’islamisme)

Les tyrans et, à un moindre degré, les oligarchies des démocraties représentatives devraient se rappeler  que si, « ce n’est pas la rue qui gouverne » les effets d’un battement d’aile d’un papillon à l’autre bout du monde ou de l’autre coté de la Méditerranée peut les mettre à bas et les balayer. Qui règne par la terreur, à un moindre degré, par la peur s’expose à la fureur.  Nul ne sait quand, libérée par l’indignation et la révolte,  l’étincelle foudroyante de la souveraineté populaire  embrase et découvre  le gouffre au bord duquel tout pouvoir oublie qu’il est assis.

 

                                                                                                Yann Le Pennec

*CF. Le Monde, 25 février « Paris-Texas, une proposition politique des mis en examen de Tarnac »

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Ce pourquoi l’instituteur sera toujours supérieur à l’homme d’église….

Publié le 6 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Liberté - Egalité - Fraternité

Alors que le chanoine de Latran relance le débat sur la laïcité, lui qui aime bien faire lire des lettres aux enfants, ferait bien de relire celle-ci !

LaiciteCIRCULAIRE

Adressée par M. le Ministre de l'Instruction publique
Aux instituteurs,
concernant l'enseignement moral et civique

 

"Aux affaires" depuis le 30 janvier 1879, Jules Ferry (qui occupait à la fois la Présidence du Conseil et le Ministère de l'Instruction publique) quitta son poste le 17 novembre 1883 (il fut remplacé à la tête du Ministère de l'Instruction publique par Armand Fallières). Avant de partir, il adressa aux instituteurs une lettre concernant l'enseignement moral et civique. "Comme la valeur de l'enseignement nouveau, écrivit-il à ce sujet dans une circulaire spéciale aux Recteurs, doit dépendre avant tout de l'idée que s'en font les instituteurs et de l'effort personnel qu'ils y apportent, j'ai cru devoir m'adresser directement à eux, dans une sorte d'instruction pédagogique concernant l'enseignement moral et civique, le caractère qu'il doit avoir dans les trois cours, l'usage et l'abus des livres, les mesures à prendre et les efforts à faire pour mettre la neutralité religieuse dans son vrai jour et à l'abri de toute atteinte". On pourra rapprocher ce texte de la célèbre circulaire adressée par François Guizot aux instituteurs, au lendemain de la promulgation de la loi du 28 juin 1833


M. Jules Ferry, avant de quitter le ministère de l'instruction publique, a adressé aux instituteurs une lettre concernant l'enseignement moral et civique. "Comme la valeur de l'enseignement nouveau, dit à ce sujet le ministre dans une circulaire spéciale aux recteurs, doit dépendre avant tout de l'idée que s'en font les instituteurs et de l'effort personnel qu'ils y apportent, j'ai cru devoir m'adresser directement à eux, dans une sorte d'instruction pédagogique concernant l'enseignement moral et civique, le caractère qu'il doit avoir dans les trois cours, l'usage et l'abus des livres, les mesures à prendre et les efforts à faire pour mettre la neutralité religieuse dans son vrai jour et à l'abri de toute atteinte" -

 

Paris, le 17 novembre 1883

 

Monsieur l'Instituteur,

 

L'année scolaire qui vient de s'ouvrir sera la seconde année d'application de la loi du 28 mars 1882. Je ne veux pas la laisser commencer sans vous adresser personnellement quelques recommandations qui sans doute ne vous paraîtront pas superflues après la première année d'expérience que vous venez de faire du régime nouveau. Des diverses obligations qu'il vous impose, celle assurément qui vous tient le plus à cœur, celle qui vous apporte le plus lourd surcroît de travail et de souci, c'est la mission qui vous est confiée de donner à vos élèves l'éducation morale et l'instruction civique : vous me saurez gré de répondre à vos préoccupations en essayant de bien fixer le caractère et l'objet de ce nouvel enseignement ; et, pour y mieux réussir, vous me permettrez de me mettre un instant à votre place, afin de vous montrer, par des exemples empruntés au détail même de vos fonctions, comment vous pourrez remplir à cet égard tout votre devoir et rien que votre devoir.

 

La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d'une part, elle met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier, d'autre part elle y place au premier rang l'enseignement moral et civique. L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'église, l'instruction morale à l'école.

 

Le législateur n'a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l'école de l'église, d'assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus, celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances qui sont communes et indispensables à tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle affirme la volonté de fonder chez nous une éducation nationale et de la fonder sur des notions du devoir et du droit que le législateur n'hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer.

Pour cette partie capitale de l'éducation, c'est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l'enseignement religieux, on n'a pas songé à vous décharger de l'enseignement moral : c'eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l'instituteur, en même temps qu'il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage et du calcul.

En vous conférant de telles fonctions, le Parlement s'est-il trompé ? A-t-il trop présumé de vos forces, de votre bon vouloir, de votre compétence ? Assurément il eût encouru ce reproche s'il avait imaginé de charger tout à coup quatre-vingt mille instituteurs et institutrices d'une sorte de cours ex professo sur les principes, les origines et les fins dernières de la morale. Mais qui jamais a conçu rien de semblable ? Au lendemain même du vote de la loi, le Conseil supérieur de l'instruction publique a pris soin de vous expliquer ce qu'on attendait de vous, et il l'a fait en des termes qui défient toute équivoque. Vous trouverez ci-inclus un exemplaire des programmes qu'il a approuvés et qui sont pour vous le plus précieux commentaire de la loi : je ne saurais trop vous recommander de les relire et de vous en inspirer. Vous y puiserez la réponse aux deux critiques opposées qui vous parviennent. Les uns vous disent : Votre tâche d'éducateur moral est impossible à remplir. Les autres : Elle est banale et insignifiante. C'est placer le but ou trop haut ou trop bas. Laissez-moi vous expliquer que la tâche n'est ni au-dessus de vos forces ni au-dessous de votre estime, qu'elle est très limitée et pourtant d'une très grande importance, - extrêmement simple, mais extrêmement difficile.

 

J'ai dit que votre rôle en matière d'éducation morale est très limité. Vous n'avez à enseigner à proprement parler rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier comme à tous les honnêtes gens. Et quand on vous parle de mission et d'apostolat, vous n'allez pas vous y méprendre : vous n'êtes point l'apôtre d'un nouvel évangile ; le législateur n'a voulu faire de vous ni un philosophe, ni un théologien improvisé. Il ne vous demande rien qu'on ne puisse demander à tout homme de cœur et de sens. Il est impossible que vous voyiez chaque jour tous ces enfants qui se pressent autour de vous, écoutant vos leçons, observant votre conduite, s'inspirant de vos exemples, à l'âge où l'esprit s'éveille, où le cœur s'ouvre, où la mémoire s'enrichit, sans que l'idée vous vienne aussitôt de profiter de cette docilité, de cette confiance, pour leur transmettre, avec les connaissances scolaires proprement dites, les principes mêmes de la morale, j'entends simplement de cette bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie sans nous mettre en peine d'en discuter les bases philosophiques.

 

Vous êtes l'auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l'on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu'il s'agit d'une vérité incontestée, d'un précepte de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous risquez d'effleurer un sentiment religieux dont vous n'êtes pas juge.

 

Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu'où il vous est permis d'aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l'enfant, ce n'est pas votre propre sagesse, c'est la sagesse du genre humain, c'est une de ces idées d'ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanité. Si étroit que vous semble, peut-être, un cercle d'action ainsi tracé, faites-vous un devoir d'honneur de n'en jamais sortir, restez en deçà de cette limite plutôt que de vous exposer à la franchir : vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l'enfant.

 

Mais une fois que vous vous êtes ainsi loyalement enfermé dans l'humble et sûre région de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours ? Des dissertations savantes ? De brillants exposés, un docte enseignement ? Non, la famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens. C'est dire qu'elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus à inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pourrez rendre au pays plutôt encore comme homme que comme professeur.

 

Il ne s'agit plus là d'une série de vérités à démontrer mais, ce qui est tout autrement laborieux, d'une longue suite d'influences morales à exercer sur de jeunes êtres, à force de patience, de fermeté, de douceur, d'élévation dans le caractère et de puissance persuasive. On a compté sur vous pour leur apprendre à bien vivre par la manière même dont vous vivez avec eux et devant eux. On a osé prétendre pour vous à ce que d'ici quelques générations les habitudes et les idées des populations au milieu desquelles vous aurez exercé attestent les bons effets de vos leçons de morale. Ce sera dans l'histoire un honneur particulier pour notre corps enseignant d'avoir mérité d'inspirer aux Chambres françaises cette opinion, qu'il y a dans chaque instituteur, dans chaque institutrice, un auxiliaire naturel du progrès moral et social, une personne dont l'influence ne peut manquer en quelque sorte d'élever autour d'elle le niveau des mœurs. Ce rôle est assez beau pour que vous n'éprouviez nul besoin de l'agrandir. D'autres se chargeront plus tard d'achever l'œuvre que vous ébauchez dans l'enfant et d'ajouter à l'enseignement primaire de la morale un complément de culture philosophique ou religieuse. Pour vous, bornez-vous à l'office que la société vous assigne et qui a aussi sa noblesse : poser dans l'âme des enfants les premiers et solides fondements de la simple moralité.

 

Dans une telle œuvre, vous le savez, Monsieur, ce n'est pas avec des difficultés de théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c'est avec des défauts, des vices, des préjugés grossiers. Ces défauts, il ne s'agit pas de les condamner - tout le monde ne les condamne-t-il pas ? - mais de les faire disparaître par une succession de petites victoires obscurément remportées. Il ne suffit donc pas que vos élèves aient compris et retenu vos leçons, il faut surtout que leur caractère s'en ressente : ce n'est pas dans l'école, c'est surtout hors de l'école qu'on pourra juger ce qu'a valu votre enseignement.

 

Au reste, voulez-vous en juger vous-même dès à présent et voir si votre enseignement est bien engagé dans cette voie, la seule bonne : examinez s'il a déjà conduit vos élèves à quelques réformes pratiques. Vous leur avez parlé, par exemple, du respect dû à la loi : si cette leçon ne les empêche pas, au sortir de la classe, de commettre une fraude, un acte, fût-il léger, de contrebande ou de braconnage, vous n'avez rien fait encore ; la leçon de morale n'a pas porté.

 

Ou bien vous leur avez expliqué ce que c'est que la justice et que la vérité : en sont-ils assez profondément pénétrés pour aimer mieux avouer une faute que de la dissimuler par un mensonge, pour se refuser à une indélicatesse ou à un passe-droit en leur faveur ?

Vous avez flétri l'égoïsme et fait l'éloge du dévouement : ont-ils, le moment d'après, abandonné un camarade en péril pour ne songer qu'à eux-mêmes ? Votre leçon est à recommencer.

 

Et que ces rechutes ne vous découragent pas. Ce n'est pas l'œuvre d'un jour de former ou de réformer une âme libre. Il y faut beaucoup de leçons sans doute, des lectures, des maximes écrites, copiées, lues et relues ; mais il y faut surtout des exercices pratiques, des efforts, des actes, des habitudes. Les enfants ont en morale un apprentissage à faire, absolument comme pour la lecture ou le calcul. L'enfant qui sait reconnaître et assembler des lettres ne sait pas encore lire ; celui qui sait les tracer l'une après l'autre ne sait pas écrire. Que manque-t-il à l'un et à l'autre ? La pratique, l'habitude, la facilité, la rapidité et la sûreté de l'exécution. De même, l'enfant qui répète les premiers préceptes de la morale ne sait pas encore se conduire : il faut qu'on l'exerce à les appliquer couramment, ordinairement, presque d'instinct ; alors seulement la morale aura passé de son esprit dans son cœur, et elle passera de là dans sa vie ; il ne pourra plus la désapprendre.

De ce caractère tout pratique de l'éducation morale à l'école primaire, il me semble facile de tirer les règles qui doivent vous guider dans le choix de vos moyens d'enseignement.

 

Une seule méthode vous permettra d'obtenir les résultats que nous souhaitons. C'est celle que le Conseil supérieur vous a recommandée : peu de formules, peu d'abstractions, beaucoup d'exemples et surtout d'exemples pris sur le vif de la réalité. Ces leçons veulent un autre ton, une autre allure que tout le reste de la classe, je ne sais quoi de plus personnel, de plus intime, de plus grave. Ce n'est pas le livre qui parle, ce n'est même plus le fonctionnaire, c'est pour ainsi dire le père de famille dans toute la sincérité de sa conviction et de son sentiment.

 

Est-ce à dire qu'on puisse vous demander de vous répandre en une sorte d'improvisation perpétuelle sans aliment et sans appui du dehors ? Personne n'y a songé, et, bien loin de vous manquer, les secours extérieurs qui vous sont offerts ne peuvent vous embarrasser que par leur richesse et leur diversité. Des philosophes et des publicistes, dont quelques-uns comptent parmi les plus autorisés de notre temps et de notre pays, ont tenu à honneur de se faire vos collaborateurs, ils ont mis à votre disposition ce que leur doctrine a de plus pur et de plus élevé. Depuis quelques mois, nous voyons grossir presque de semaine en semaine le nombre des manuels d'instruction morale et civique. Rien ne prouve mieux le prix que l'opinion publique attache à l'établissement d'une forte culture morale par l'école primaire. L'enseignement laïque de la morale n'est donc estimé ni impossible, ni inutile, puisque la mesure décrétée par le législateur a éveillé aussitôt un si puissant écho dans le pays.

 

C'est ici cependant qu'il importe de distinguer de plus près entre l'essentiel et l'accessoire, entre l'enseignement moral qui est obligatoire, et les moyens d'enseignement qui ne le sont pas. Si quelques personnes, peu au courant de la pédagogie moderne, ont pu croire que nos livres scolaires d'instruction morale et civique allaient être une sorte de catéchisme nouveau, c'est là une erreur que ni vous, ni vos collègues, n'avez pu commettre. Vous savez trop bien que, sous le régime de libre examen et de libre concurrence qui est le droit commun en matière de librairie classique, aucun livre ne vous arrive imposé par l'autorité universitaire. Comme tous les ouvrages que vous employez, et plus encore que tous les autres, le livre de morale est entre vos mains un auxiliaire et rien de plus, un instrument dont vous vous servez sans vous y asservir.

 

Les familles se méprendraient sur le caractère de votre enseignement moral si elles pouvaient croire qu'il réside surtout dans l'usage exclusif d'un livre même excellent. C'est à vous de mettre la vérité morale à la portée de toutes les intelligences, même de celles qui n'auraient pour suivre vos leçons le secours d'aucun manuel ; et ce sera le cas tout d'abord dans le cours élémentaire. Avec de tout jeunes enfants qui commencent seulement à lire, un manuel spécial de morale et d'instruction civique serait manifestement inutile. A ce premier degré, le Conseil supérieur vous recommande, de préférence à l'étude prématurée d'un traité quelconque, ces causeries familières dans la forme, substantielles au fond, ces explications à la suite des lectures et des leçons diverses, ces mille prétextes que vous offrent la classe et la vie de tous les jours pour exercer le sens moral de l'enfant.

 

Dans le cours moyen, le manuel n'est autre chose qu'un livre de lectures qui s'ajoute à ceux que vous possédez déjà. Là encore, le Conseil, loin de vous prescrire un enchaînement rigoureux de doctrines, a tenu à vous laisser libre de varier vos procédés d'enseignement : le livre n'intervient que pour vous fournir un choix tout fait de bons exemples, de sages maximes et de récits qui mettent la morale en action.

Enfin, dans le cours supérieur, le livre devient surtout un utile moyen de réviser, de fixer et de coordonner ; c'est comme le recueil méthodique des principales idées qui doivent se graver dans l'esprit du jeune homme.

 

Mais, vous le voyez, à ces trois degrés, ce qui importe, ce n'est pas l'action du livre, c'est la vôtre. Il ne faudrait pas que le livre vînt en quelque sorte s'interposer entre vos élèves et vous, refroidir votre parole, en émousser l'impression sur l'âme de vos élèves, vous réduire au rôle de simple répétiteur de la morale. Le livre est fait pour vous, non vous pour le livre. Il est votre conseiller et votre guide, mais c'est vous qui devez rester le guide et le conseiller par excellence de vos élèves.

 

Pour vous donner tous les moyens de nourrir votre enseignement personnel de la substance des meilleurs ouvrages, sans que le hasard des circonstances vous enchaîne exclusivement à tel ou tel manuel, je vous envoie la liste complète des traités d'instruction morale et civique qui ont été, cette année, adoptés par les instituteurs dans les diverses académies ; la bibliothèque pédagogique du chef-lieu de canton les recevra du ministère, si elle ne les possède déjà, et les mettra à votre disposition. Cet examen fait, vous restez libre ou de prendre un de ces ouvrages pour en faire un des livres de lecture habituelle de la classe ; ou bien d'en employer concurremment plusieurs, tous pris, bien entendu, dans la liste générale ci-incluse ; ou bien encore, vous pouvez vous réserver de choisir vous-même, dans différents auteurs, des extraits destinés à être lus, dictés, appris. Il est juste que vous ayez à cet égard autant de liberté que vous avez de responsabilité. Mais quelque solution que vous préfériez, je ne saurais trop vous le redire, faites toujours bien comprendre que vous mettez votre amour-propre, ou plutôt votre honneur, non pas à faire adopter tel ou tel livre, mais à faire pénétrer profondément dans les jeunes générations l'enseignement pratique des bonnes règles et des bons sentiments.

 

 Il dépend de vous, Monsieur, j'en ai la certitude, de hâter par votre manière d'agir le moment où cet enseignement sera partout non seulement accepté, mais apprécié, honoré, aimé, comme il mérite de l'être. Les populations mêmes dont on a cherché à exciter les inquiétudes ne résisteront pas longtemps à l'expérience qui se fera sous leurs yeux. Quand elles vous auront vu à l'œuvre, quand elles reconnaîtront que vous n'avez d'autre arrière-pensée que de leur rendre leurs enfants plus instruits et meilleurs, quand elles remarqueront que vos leçons de morale commencent à produire de l'effet, que leurs enfants rapportent de votre classe de meilleures habitudes, des manières plus douces et plus respectueuses, plus de droiture, plus d'obéissance, plus de goût pour le travail, plus de soumission au devoir, enfin tous les signes d'une incessante amélioration morale, alors la cause de l'école laïque sera gagnée, le bon sens du père et le cœur de la mère ne s'y tromperont pas, et ils n'auront pas besoin qu'on leur apprenne ce qu'ils vous doivent d'estime, de confiance et de gratitude.

J'ai essayé de vous donner, Monsieur, une idée aussi précise que possible d'une partie de votre tâche qui est, à certains égards, nouvelle, qui de toutes est la plus délicate ; permettez-moi d'ajouter que c'est aussi celle qui vous laissera les plus intimes et les plus durables satisfactions. Je serais heureux si j'avais contribué par cette lettre à vous montrer toute l'importance qu'y attache le gouvernement de la République et si je vous avais décidé à redoubler d'efforts pour préparer à notre pays une génération de bons citoyens.

Recevez, Monsieur l'instituteur, l'expression de ma considération distinguée.

 

 

Le Président du Conseil,

Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,

Jules Ferry

 

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Contribuer à une démarche unitaire avec le Front de Gauche dans la Manche

Publié le 2 Mars 2011 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Cantonales 2011

revo2Nous sommes des citoyens, membres ou non d’un parti, militants syndicalistes, associatifs ou pas, mais avant tout nous ne voulons pas renoncer à l’idée d’une démarche citoyenne pour lutter contre l’accroissement des injustices et des inégalités sociales.

La surdité de la droite et du gouvernement, le mépris opposé aux attentes sociales les plus élémentaires, la fuite en avant des décideurs politiques et économiques, arc-boutés à leurs pouvoirs et leurs privilèges prouvent qu’il est grand temps de se réapproprier le sens du bien commun.

Il est nécessaire de résister et de promouvoir une authentique alternative sociale. La bataille des retraites l’a amplement montré.

Dans le paysage politique actuel la démarche unitaire du Front de Gauche est la voie qui peut incarner ce renouveau et créer une dynamique populaire, critique, constructive, et respectueuse des différences.

Il est possible de ne plus déléguer le pouvoir à des professionnels de la politique.

Ces derniers s’éloignant des citoyens de la même façon que les citoyens s’éloignent d’eux, en ne votant pas ou en votant pour le Front National.

La démocratie dérive vers un pouvoir « oligarchique », celui de « la bande du Fouquet’s » et de quelques dizaines de grands patrons et actionnaires du CAC 40 siégeant dans de nombreux conseils d’administration. Il y a urgence !

Toutes les initiatives permettant de reprendre le pouvoir et de renouer avec la politique sont les bienvenues.

Nous ne croyons ni à un modèle, ni à un scénario écrit d’avance. Dans le contexte actuel, nous pensons qu’un changement radical est nécessaire, c’est pourquoi nous voterons pour les candidats du Front de gauche aux prochaines élections cantonales.

Cet acte concret, sera porteur d’avenir pour sanctionner la droite, et la politique d’accompagnement de la crise menée par le Conseil général de la Manche.

Parce que nous ne nous résignons pas à la fatalité des dangereux déséquilibres économiques, sociaux et écologiques que le capitalisme nous impose, nous entendons garder le cap unitaire après les cantonales et appelons d’ores et déjà à un élargissement et un renforcement des collectifs du front de gauche.

LOGO -~1Pour signer l'appel, envoyez un courriel à :  fgmanche@orange.fr

 

1ers signataires :

 Christine Besuelle - Nicolas Blier (syndicaliste) - Christian Catherine (élu et syndicaliste) – Régis Colin (citoyen) – Rémy Costard (citoyen) - Hervé Drouot (citoyen) - Jérôme Dutron (syndicaliste) – Roger Forget - Jean Louis Furon ( ) - Hervé Jubin (syndicaliste) – Thierry Lacombe (…) - Nolwenn Lagarde (…) - Michel Lejetté (syndicaliste) - Lionel Lerogeron (syndicaliste) - Jean Marie Letourneur (syndicaliste) – Jean-Michel Masson (syndicaliste) - Danielle Mesplé (syndicaliste) Victorien Née (syndicaliste) - Didier Perrier (citoyen) - Erick Pontais (syndicaliste) – Hervé Renet (syndicaliste) - Christian Rival (syndicaliste) – Jean Paul de Roubin (syndicaliste) - Bruno Sureau (syndicaliste) - Valérie Tollot (syndicaliste) -  Anne-Marie Vannier (...) -Bernard Vauthrin - Gaëlle Vérove (syndicaliste)

Front de Gauche Manche

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