
L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse
Publié le 29 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé, Services publics, Luttes

Publié le 25 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Art et culture

Écrivain, dessinateur et journaliste trouble-fête, François Cavanna s’est éteint mercredi 29 janvier 2014 à l’âge de 90 ans. Il était la figure de proue d’une génération et d’un journalisme provocateurs, subversif et irrévérencieux, de Hara Kiri à Charlie Hebdo. Hommage au maître disparu : cette « Lettre ouverte aux culs-bénits », publiée il y a vingt ans, n’a pas pris une ride.
Lecteur, avant tout, je te dois un aveu. Le titre de ce livre est un attrape-couillon. Cette « lettre ouverte » ne s’adresse pas aux culs-bénits. […]
Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une fois pour toutes dans ce qu’il est convenu d’appeler leur « foi ». Arguments ou sarcasmes, rien ne les atteint, ils ont rencontré Dieu, il l’ont touché du doigt. Amen. Jetons-les aux lions, ils aiment ça.
Ce n’est donc pas à eux, brebis bêlantes ou sombres fanatiques, que je m’adresse ici, mais bien à vous, mes chers mécréants, si dénigrés, si méprisés en cette merdeuse fin de siècle où le groin de l’imbécillité triomphante envahit tout, où la curaille universelle, quelle que soit sa couleur, quels que soient les salamalecs de son rituel, revient en force partout dans le monde. […]
Ô vous, les mécréants, les athées, les impies, les libres penseurs, vous les sceptiques sereins qu’écœure l’épaisse ragougnasse de toutes les prêtrailles, vous qui n’avez besoin ni de petit Jésus, ni de père Noël, ni d’Allah au blanc turban, ni de Yahvé au noir sourcil, ni de dalaï-lama si touchant dans son torchon jaune, ni de grotte de Lourdes, ni de messe en rock, vous qui ricanez de l’astrologie crapuleuse comme des sectes « fraternellement » esclavagistes, vous qui savez que le progrès peut exister, qu’il est dans l’usage de notre raison et nulle part ailleurs, vous, mes frères en incroyance fertile, ne soyez pas aussi discrets, aussi timides, aussi résignés!
Ne soyez pas là, bras ballants, navrés mais sans ressort, à contempler la hideuse résurrection des monstres du vieux marécage qu’on avait bien cru en train de crever de leur belle mort.
Vous qui savez que la question de l’existence d’un dieu et celle de notre raison d’être ici-bas ne sont que les reflets de notre peur de mourir, du refus de notre insignifiance, et ne peuvent susciter que des réponses illusoires, tour à tour consolatrices et terrifiantes,
Vous qui n’admettez pas que des gourous tiarés ou enturbannés imposent leurs conceptions délirantes et, dès qu’ils le peuvent, leur intransigeance tyrannique à des foules fanatisées ou résignées,
Vous qui voyez la laïcité et donc la démocratie reculer d’année en année, victimes tout autant de l’indifférence des foules que du dynamisme conquérant des culs-bénits […]
À l’heure où fleurit l’obscurantisme né de l’insuffisance ou de la timidité de l’école publique, empêtrée dans une conception trop timorée de la laïcité,
Sachons au moins nous reconnaître entre nous, ne nous laissons pas submerger, écrivons, « causons dans le poste », éduquons nos gosses, saisissons toutes les occasions de sauver de la bêtise et du conformisme ceux qui peuvent être sauvés ! […]
Simplement, en cette veille d’un siècle que les ressasseurs de mots d’auteur pour salons et vernissages se plaisent à prédire « mystique », je m’adresse à vous, incroyants, et surtout à vous, enfants d’incroyants élevés à l’écart de ces mômeries et qui ne soupçonnez pas ce que peuvent être le frisson religieux, la tentation de la réponse automatique à tout, le délicieux abandon du doute inconfortable pour la certitude assénée, et, par-dessus tout, le rassurant conformisme.
Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent. […]
Un climat d’intolérance, de fanatisme, de dictature théocratique s’installe et fait tache d’huile. L’intégrisme musulman a donné le « la », mais d’autres extrémismes religieux piaffent et brûlent de suivre son exemple. Demain, catholiques, orthodoxes et autres variétés chrétiennes instaureront la terreur pieuse partout où ils dominent. Les Juifs en feront autant en Israël.
Il suffit pour cela que des groupes ultra-nationalistes, et donc s’appuyant sur les ultra-croyants, accèdent au pouvoir. Ce qui n’est nullement improbable, étant donné l’état de déliquescence accélérée des démocraties. Le vingt-et-unième siècle sera un siècle de persécutions et de bûchers. […]
Publié le 25 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Climat

Publié le 25 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Climat

Paris – Alors que les températures commencent à grimper sur l’Hexagone, le parlement breton a voté à l’unanimité la fermeture totale de sa frontière commune avec la France. Selon les parlementaires, il s’agit d’éviter un trop plein d’afflux de réfugiés climatiques parisiens fuyant la chaleur. Reportage.
« La Bretagne ne peut pas accueillir toutes les victimes de la chaleur du monde » a répliqué un député breton qui prône la construction d’un mur à la frontière. « Chaque été, dès que les températures dépassent les 30°, c’est la même chose, nous sommes envahis, ce n’est plus possible » ont commenté pour leur part des maires bretons. Dès ce matin, la police fouillaient les TGV en gare de Rennes, faisant redescendre tous les Parisiens et les renvoyant en TER non climatisés vers la gare Montparnasse. « Donnez-nous au moins une bouteille d’eau, ou du chouchen, soyez humains ! » demandaient des réfugiés parisiens tandis qu’ils étaient poussés à l’intérieur des wagons. De son côté l’ONU a demandé à la Bretagne de rouvrir sa frontière et d’accueillir les réfugiés. En fin de matinée, on apprenait que la Normandie fermait à son tour sa frontière et qu’un navire ayant appareillé de l’île de Ré avec des dizaines de Parisiens demandait l’autorisation humanitaire d’accoster à Brest.
Publié le 11 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Art et culture

Ciné Débat Granville vous informe :
Lundi 17 juin 2019
20h00
Cinéma de la Plage
HAUTEVILLE SUR MER
Soirée sur le thème de la danse
IMPULSO
Film de Emilio Belmonte (2018/1h26)
Avec Rocio Molina
IMPULSO nous raconte l’un des défis les plus captivants de l’histoire du flamenco moderne : la création du spectacle, fondé sur l’improvisation, de la chorégraphe et danseuse espagnole, Rocio Molina, pour le Théâtre National de Chaillot, à Paris
L’échange avec le public portera sur
«La démarche artistique : de la tradition à la création »
Avec la participation de Tina Picken
Professeure de danse classique à la Royal Academy of Dancing de Londres, chorégraphe et chargée de cours dans différentes écoles de danse de la région d’Avranches et Granville.
Rappel : TARIF DES SEANCES : 6,50 €
Le tarif d’entrée peut être ramené à 5 € : il faut prendre une carte d’abonnement à 4 € et la charger, à raison de 25 € pour 5 places non nominatives : on peut prendre plusieurs places pour la même séance sur la même carte.
Cette carte est valable sur toutes les projections proposées dans un des 3 cinémas « Ciné-plages » : Hauteville sur Mer, Agon-Coutainville, Pirou.
Après une coupure estivale (on l’espère !)
C.D.G vous donne Rendez-vous le lundi 16 septembre
au Cinéma de la Plage
pour une soirée autour des deux films de Mathilde Jounot
« OCEANS, LA VOIX DES INVISIBLES »
en présence de la réalisatrice !
Publié le 11 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Démocratie

La section de Coutances de la Ligue des Droits de l'Homme
vous invite à une conférence débat le jeudi 20 Juin à 20h salle R2 à la mairie de Coutances, ayant pour thème :
Démocratie et .....dictature du numérique.
Les géants du numériques menacent
nos libertés et la démocratie.
Quelles ripostes collectives ? Quelles
résistances individuelles ?
Avec Hervé le Crosnier enseignant chercheur en informatique à l'Université de Caen
Cordialement
Alain
Publié le 4 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Art et culture
Pour les commémorations du 75ème anniversaire du débarquement, nous organisons une projection du film REQUIEM POUR UN MASSACRE d’Elem Klimov, dans une version restaurée (Prix Venise Classics de la meilleure restauration à la 74e Mostra de Venise).
Sorti en 1985 après sept ans de censure, ce quasi-documentaire raconte les tueries de civils perpétrées en Biélorussie par les nazis, à travers les yeux d’un enfant. Une plongée dans l’horreur, à la fois splendide et terrifiante
Le vendredi 7 Juin à 21h, le film sera présenté par Christian Savary, professeur d'histoire au lycée Lebrun de Coutances et président de l'association Les Sentiers de la Mémoire.



Publié le 3 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Culture et savoirs

L’intellectuel humaniste, philosophe, historien des sciences, académicien et auteur de nombreux ouvrages, est décédé samedi à l’âge de 88 ans.
Le philosophe, auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages, dont notamment Hermès (cinq tomes), le Contrat naturel, Petite Poucette et le Gaucher boiteux, figures de la pensée, est décédé samedi 1er juin, à l’âge de 88 ans. « Il est mort très paisiblement, à 19 heures, entouré de sa famille », a déclaré Sophie Bancquart, des éditions du Pommier.
Michel Serres restera une figure haute en couleur de l’intellectuel qui prend ses responsabilités en tant qu’« auteur », dont il aimait à rappeler l’étymologie latine « auctoritas », dont la racine se rattache au même groupe que « augere », qui signifie augmenter. Il voulait être cet « auteur », autorité morale qui repose sur le savoir, sur son ouverture de vue et sur la qualité qu’il a à les transmettre en ne s’appuyant pas sur un rapport de domination ou hiérarchique. Un maître qui aide à penser par soi-même et non qui impose un prêt-à-penser.
Michel Serres voulait être un philosophe encyclopédiste. Penseur public et auteur prolifique, le chercheur créatif, bon vivant et honnête homme enraciné dans sa terre natale gasconne était un bel esprit aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. Pour le plus grand plaisir de son lectorat et encore davantage de son auditoire. Et tant pis si parfois il se laissait emporter par cette envie de communiquer et de séduire, communicative à tous qui plus est ! La géométrie, l’alimentation, le sport, l’éducation, les usages du numérique, l’art grec, la philosophie, la littérature, etc., aucun sujet d’actualité, aucune domaine de connaissance ne lui était étranger tant il voulait naviguer partout, aller vers de nouveaux horizons à la découverte de nouvelles contrées afin de partager ce monde en commun.
Né le 1er septembre 1930 à Agen (Lot-et-Garonne), fils de marinier, élevé dans la religion catholique, Michel Serres entre à l’École navale de Brest en 1949. Il veut voyager sur des flots nouveaux. Il voit large et loin, mais toujours cultivant ses repères et ses racines. Certainement la combinaison de ses origines agenaises, où la mêlée rugbystique lui aura appris à garder les pieds sur terre, et de sa filiation de navigateur, qui lui a montré comment quitter son port d’attache. Il a forgé ainsi une solide velléité à aller à la découverte d’ailleurs et à la rencontre des autres. Cet ailleurs, le jeune homme, d’abord attiré par la navale, va rapidement le chercher dans la mer des connaissances et l’échange intellectuel, puisqu’il met le cap sur des études littéraires classiques et l’École normale de la rue d’Ulm, où il obtient l’agrégation de philosophie. L’étudiant en philosophie est d’une grande curiosité. L’étude de l’objet scientifique lui offre un premier champ d’exploration intellectuelle. En 1968, il soutient sa thèse sur Leibniz et ses modèles mathématiques.
Toute sa vie d’intellectuel sera ensuite marquée par cette insatiable curiosité, mais aussi par une bienveillance à toute épreuve à l’égard du genre humain, prenant les formes d’un humanisme scientiste (presque de l’ordre de la foi ? !). Sensible à la philosophie positiviste d’Auguste Comte, le philosophe des sciences élargit son champ et étudie les philosophes Henri Bergson et Simone Weil. Il rencontre le philosophe Michel Foucault, qui enseigne comme lui à Clermont-Ferrand. Puis il est nommé à l’université Paris-VIII, où il participe brièvement à l’« expérience de Vincennes ». Se rapprochant de René Girard, il part enseigner aux États-Unis (Stanford), tout en continuant à donner des cours à la Sorbonne. Durant plus de quatre décennies à Stanford, cela n’empêche pas l’amoureux de la langue française de refuser l’usage des anglicismes qui en défigure la compréhension. Il est élu en 1990 à l’Académie française, occupant le fauteuil anciennement attribué à Edgar Faure.
Cherchant toujours à établir des ponts entre les différentes cultures scientifique, artistique et littéraire, il mène alors d’importants travaux qui seront publiés, en épistémologie notamment. Dans les années qui suivent, il acquiert une stature médiatique en participant à des émissions de radio ou de télé. Michel Serres devient chroniqueur de France Info, au Sens de l’info, avec Michel Polacco, chaque dimanche, de 2004 à 2018. Ses chroniques sont très écoutées.
Pédagogue hors pair, il est un débatteur prolixe qui créé des analyses à partir du présent pour penser un monde nouveau. Ses thèses sont parfois approximatives mais qu’importe, les découvreurs et les inventeurs ont bien l’excuse du tâtonnement. Le navigateur préfère prendre le vent et affronter les mers pour découvrir de nouvelles terres hospitalières. On ne peut que l’encourager dans ce dessein transformateur.
Sa bonhomie, sa beauté même et son phrasé de caractère pourraient encore le voir rangé parmi les éternels optimistes et naïfs. Optimiste et naïf ? C’est certainement mieux, comme d’autres philosophes médiatiques, qu’ils aient des chemises blanches ou des chemises noires, que de cultiver le cynisme à outrance ou l’insignifiance à volonté ! C’est peut-être réduire faussement sa pensée à des prises de position médiatiques. C’est surtout aller un peu trop vite pour décrire ses analyses qui s’inscrivent dans une tradition humaniste. Empreints d’un humanisme de conviction et de la démarche scientifique de l’existence toujours possible, même si elle est hypothétique, de bifurcations favorables, ses importants travaux ne cachent pourtant jamais les impasses ou les fourvoiements dans lesquels les humains peuvent s’engager. Il en est ainsi du système économique court-termiste du profit, dévastateur pour les habitants de la planète et pour la planète Terre elle-même. Même s’il semble sous-estimer la question sociale et de classe, Michel Serres n’est pas tendre avec le système de prédation généralisée qu’est le capitalisme, et le bonhomme ne mâche pas ses mots lorsqu’il accuse les « collabos de la pub et du fric ».
Face à la crise systémique en cours et aux nouveaux défis anthropologiques liés à la révolution numérique, ses recherches sur les changements à opérer sont à y regarder de près, tel son concept de « contrat naturel », celui d’« hominescence » avec ses intuitions à propos de la création de « nouvelles structures ou institutions » et le recours à de nouveaux usages et rapports toujours plus transversaux, à l’image de l’encyclopédie Wikipédia. Récemment, fidèle à son Contrat naturel, il a lancé avec d’autres un appel pour l’« exception agriculturelle », selon laquelle « il est indispensable de produire et manger en respectant la nature nourricière ». Le texte « Pour une exception agricole et écologique » reprend l’essentiel des propositions faites dans le cadre du programme Lascaux sur les questions juridiques relatives à la sécurité alimentaire. Cet engagement se traduisait par une initiative alternative lors du dernier Salon de l’agriculture, visant à sensibiliser sur ces enjeux écologiques et la démocratie alimentaire. En ce sens, il y avait chez lui, en plus de la fonction encyclopédique, le souci de la fonction politique du penseur présente depuis Marx, pour qui « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, il s’agit désormais de le transformer » ; celle d’en appeler à l’engagement citoyen et émancipateur, et de ne pas en rester à la geste universitaire et purement spéculative.