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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Les derniers soutiens de la loi El Khomri

Publié le 10 Juin 2016 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes

Les derniers soutiens de la loi El Khomri

Adrien Rouchaleou Vendredi, 10 Juin, 2016 L'Humanité

Plusieurs centaines d’opposants à la Loi Travail rassemblés Cour Saint-émilion, à Paris, ont été dispersés par la police près de la salle où le Parti Socialiste organisait un meeting pour défendre ladite loi.

Photo : Romain BEURRIER/REA

Très largement rejetée de toutes parts, la loi travail trouve quand même quelques soutiens au sein des cercles les plus proches du gouvernement. Leurs membres étaient réunis en meeting, mercredi soir.

Ce mercredi soir, parvenir au meeting de défense du projet de loi travail organisé par Jean-Christophe Cambadélis près du cour Saint-Émilion, dans le 12e arrondissement de Paris, relevait en soi de l’aventure. Pour rejoindre la petite salle, il faut passer nombre de barrages de police, montrer une dizaine de fois sa carte de presse à des agents soupçonneux, se tenir derrière les cordes tendues pour empêcher la presse d’approcher de trop près certains des orateurs attendus.

Il faut dire que ceux qui sont annoncés ce soir ne sont pas précisément ce que l’on pourrait appeler des ministres populaires. Outre le premier secrétaire du PS, on attend le porte-parole du gouvernement et initiateur du fameux mouvement Hé oh la gauche !, Stéphane Le Foll, mais aussi celle dont la loi porte le nom, Myriam El Khomri, ministre du Travail, et même le premier ministre, Manuel Valls. Non loin de là, quelques centaines d’opposants au projet de loi – ceux qui n’ont pas été retenus par les forces de l’ordre – sont réunis. Il seront dispersés par des gaz lacrymogènes.

Ce gouvernement ne retrouve plus de soutiens qu’en petit cercle

À l’entrée de la salle, des cheveux blancs et des costumes gris attendent l’arrivée des vedettes de la soirée. On se renseigne un peu sur le profil des quelque 400 à 500 spectateurs, inscrits et sélectionnés par Internet. Untel est dirigeant d’entreprise, un autre membre d’un cabinet… Tiens, une enseignante syndiquée chez SUD. À l’arrivée de Claude Bartolone, avec deux étudiants, elle a la mauvaise idée d’émettre un petit « bouh ! » et est évacuée manu militari.

C’est en sous-sol que se déroule le meeting. Les plus jeunes dans le public sont placés derrière le pupitre des orateurs, pour l’image. L’angle des prises de parole est annoncé par l’intitulé de la soirée : « Face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social. » En fait, un petit jeu de « quand je me regarde, je me rassure », qui peut se résumer à un sophisme : puisque la droite (dont les responsables sont en ce moment en campagne interne pour la primaire) surenchérit, c’est donc que nous sommes de gauche. « Comparaison n’est pas raison, mais ce n’est pas un tort dans la période que de regarder ce que veut la droite », assume Cambadélis, avant de détailler les mesures d’aggravation du texte insérées par la droite au Sénat et de reprocher à « l’extrême gauche » de viser dans ses manifestations le gouvernement plus que la majorité sénatoriale. Sauf que, si « Les Républicains » profitent de l’examen du projet de loi à la Haute Assemblée pour leurs exercices de communication, c’est bien le gouvernement qui aura la main sur le texte final, l’Assemblée nationale ayant le dernier mot et un nouveau recours au 49-3 étant plus que probable.

Pour taper sur la gauche qui leur résiste, les orateurs tirent aussi sur la ficelle des minuscules avancées que contient la loi. « Il y a des enjeux majeurs qui seront défendus demain par ceux qui nous demandent aujourd’hui le rejet du texte », gronde Stéphane Le Foll, en référence au compte pénibilité. Il faudrait donc accepter la remise en cause des principes fondamentaux du droit du travail pour obtenir cette petite satisfaction.

Toujours dans l’ordre du renversement des valeurs et des histoires de paille et de poutre dans les yeux, Manuel Valls tente une leçon de démocratie. Il s’en prend à la droite, qui « se méfie tellement du Parlement qu’elle voudrait gouverner par ordonnance ». Il juge que « la démocratie, ce n’est pas la rue ! La démocratie, c’est le vote » ! Il ne se trouve personne pour lui rappeler que sa grande confiance dans le Parlement et son attachement au vote l’ont conduit, il y a quelques semaines, à interdire aux députés de s’exprimer en faisant adopter le projet de loi par le 49-3.

Mais, au centre de la soirée, il y a Myriam El Khomri, visiblement pas très en forme et que l’on entend finalement assez peu. Sa camarade Nicole Bricq la fait applaudir et estime que « son nom s’inscrira à la suite de ceux qui ont ouvert des droits. Il y aura 1982 (lois Auroux – NDLR), 1998 (loi Aubry sur la réduction du temps de travail – NDLR) et 2016 ! » ose-t-elle. « Je suis très heureuse de pouvoir enfin échanger avec vous », déclare la ministre du Travail sur un ton qui dit l’inverse et alors qu’aucun échange avec la salle n’est prévu.

C’est finalement l’histoire d’un petit clan au gouvernement qui ne retrouve plus de soutiens qu’en petit cercle. C’est l’histoire de deux mondes d’un côté et de l’autre des cordons de police.

Meeting contre la loi travail dimanche à Paris. C’est un meeting bien différent qui aura lieu, ce dimanche, à partir de 14 h 15 au Théâtre Déjazet à Paris. « Soutien aux grévistes ! Non et toujours non à la loi El Khomri », diront d’une même voix Clémentine Autain (Ensemble), Fatima-Ezzahra Benomar (féministe), Marie-Claire Cailletaud (CGT mines-énergie), Gérard Filoche (PS), Pierre Laurent (PCF), Frédéric Lordon (économiste), Noël Mamère (écologiste), Willy Pelletier (Fondation Copernic), Christine Poupin (NPA), Théo Roumier (appel « On bloque tout »), Danielle Simonnet (PG), Aurélie Trouvé (Attac), Malika Zediri (Chômeurs et précaires), et des représentants des secteurs en lutte.

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A Granville, la protestation contre le nouveau plan de stationnement : "Payer pour aller travailler, mais c'est une honte !"

Publié le 7 Juin 2016 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Granville

A Granville, la protestation contre le nouveau plan de stationnement : "Payer pour aller travailler, mais c'est une honte !"
A Granville, la protestation contre le nouveau plan de stationnement est monté d'un cran lundi 6 juin 2016.

Lundi 6 juin, vers 12h30, entre 350 et 400 personnes, principalement des commerçants et des employés du centre de rééducation et réadaptation fonctionnelles Le Normandy, se sont réunies sur la place de la mairie à Granville pour protester contre le nouveau plan de circulation qui prévoit notamment de doubler le nombre de places payantes en centre-ville dès la mi-juin.

La mesure était déjà passée timidement lors du dernier conseil municipal le 26 mai 2016, avec 15 voix pour et 11 voix contre (dont deux élus contre et quatre abstentions au sein même de la majorité). Cette fois-ci, le maire de Granville, Dominique Baudry, a dû faire face à la fronde populaire. Le maire aura eu le mérite de descendre dans la rue à la rencontre des Granvillais, accompagné de quelques adjoints et du directeur général des services. Et elle a été accueillie par les huées de la foule. Parmi les slogans : "Ne pas payer pour travailler !", en écho notamment au parking de la Fontaine-Bedeau qui devient payant sur près de sa moitié, "On va bloquer le Tour de France !" ou encore "Démission !"

"Le maire nous prend pour des vaches à lait !"

Parmi les manifestants, de nombreux commerçants et aussi des employés du Normandy. Jean-Luc Isambert, médecin chef du centre de rééducation et réadaptation fonctionnelles faisait partie des protestataires : "Près de 400 salariés viennent travailler tous les jours au Normandy. Demander un abonnement de 200 euros à l'année pour se stationner sur le parking de la Fontaine Bedeau et n'être même pas sûr de trouver une place, c'est tout simplement scandaleux !", déclare le médecin : "Le maire nous prend vraiment pour des vaches à lait ! C'est lamentable... Alors que le stationnement à l'année est seulement de 70 € à Saint-Malo et 150 € à Caen !"

"Les gens préfèreront aller dans la zone commerciale où les parkings sont gratuits"

Du côté des commerçants, même son de cloche : "C'est du racket !", s'exclame l'un d'eux. "Près de 200 € à l'année... Vous vous rendez compte !", souligne un autre. "Payer pour aller travailler, mais c'est une honte !", s'insurge un manifestant. "Par cette mesure, elle va tout simplement tuer le commerce en centre-ville. Les gens préfèreront aller dans la zone commerciale où les parkings sont gratuits", conclut un dernier.

"Une action ville morte pendant les trois jours du Tour de France"

Les commerçants ne souhaitent d'ailleurs pas en rester là et promettent d'aller plus loin : "En dernier recours, si nous n'avons pas obtenu gain de cause avant la fin du mois, nous proposerons une action ville morte pendant les trois jours du Tour de France", expliquent des représentants des commerçants. D'autres, plus virulents, appelaient même à bloquer le passage des coureurs les 2 et 4 juillet prochains. En attendant, les commerçants appellent à une nouvelle mobilisation samedi 11 juin à 11 h.

4 000 signatures contre le plan de stationnement

Dès le jeudi 2 juin, une pétition circulait dans les commerces granvillais, et samedi 4 juin, une pétition était mise en ligne. Ces deux pétitions recueillaient déjà plus de 4 000 signatures dans la matinée du lundi 6 juin !

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Démocratie : Une votation citoyenne organisée par les 7 organisations syndicales

Publié le 6 Juin 2016 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes

votation citoyenne sur le marché samedi 11

à Granville

Démocratie : Une votation citoyenne organisée par les 7 organisations syndicales

La démocratie ayant un sens pour les salarié-e-s, les jeunes, les privé-e-s d’emplois, les retraité-e-s, les organisations syndicales et de jeunesse, mobilisées depuis presque 3 mois décident d’une VOTATION CITOYENNE dans les entreprises, les administrations et les lieux d’étude.

La mobilisation puissante des salarié-e-s, jeunes, privé-e-s d’emplois et retraité-e-s s’est construite dans le pays pour combattre le projet de Loi Travail et porter l’exigence de nouveaux droits sociaux pour les salarié-e-s. Pour toute réponse le gouvernement a choisi le déni de démocratie avec l’utilisation du 49.3, puis l’autoritarisme et la répression.

Plus de 70 % de la population est opposée à ce projet de loi ainsi qu’à l’utilisation du 49.3. Les mobilisations et le rapport de force dans l’opinion publique ont contraint le gouvernement à proposer des modifications au projet de loi, pour tenter d’en minimiser les impacts, mais le compte n’y est toujours pas pour les salariés et pour les jeunes.

Le projet demeure inacceptable, inamendable et doit être retiré.

Alors que certain-e-s parlent d’avancées, d’autres comme le Medef, jugent que le projet est vidé de son sens. Ce texte reste fidèle à son objectif de départ :

Inversion de la hiérarchie des normes (article 2). La primauté absolue donnée à l’accord d’entreprise sur la loi et les accords de branche. Cela aurait pour effet de faire voler en éclat le socle commun de protection et de garanties collectives pour tous les salarié-e-s et la mise en place d’autant de codes de travail qu’il existe d’entreprises pour imposer des normes défavorables… avec pour finalité, l’inégalité entre les salarié-e-es d’un même secteur, l’éloignement de l’objectif d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et une course au dumping social.

CONCOURENT À CETTE RÉGRESSION SOCIALE :

Les accords de développement et de maintien de l’emploi

Depuis la loi de 2013 des accords d’entreprise « défensifs » peuvent être conclus en cas de difficultés économiques. Ils peuvent imposer aux salarié-e-es des modifications de durée et d’organisation de travail ainsi que de rémunération, bien sûr en leur défaveur. Désormais de tels accords régressifs seraient aussi possibles même si l’entreprise va bien ! Et fini le licenciement économique si un salarié-e refuse une telle modification de son contrat de travail. L’entreprise ne sera pas tenue de faire un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et n’aura pas besoin de prouver qu’elle a des difficultés économiques. CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNEF, UNL, FIDL

L’assouplissement du licenciement économique

La définition des difficultés économiques demeure plus que large : perte d’exploitation, réorganisation, sauvegarde de la compétitivité, baisse de chiffres d’affaires, de commandes,… ne permettant plus au/à la juge d’apprécier le sérieux et la réalité des difficultés économiques et des licenciements. Ces dispositions empêchent aussi le/la salarié-e de contester le licenciement économique auprès du/de la juge prud’homal. Avec de telles mesures, ce n’est pas la peur d’embaucher qui est de mise mais bien celle de perdre son emploi pour les salarié- e-s. Que resterait-il donc, dans ces conditions, du CDI ?
Le référendum-chantage

Possibilité pour les organisations syndicales minoritaires (30 % des voix aux élections professionnelles) de pouvoir demander un référendum pour valider un accord – régressif – signé avec l’employeur-euse. Ceci s’opposerait aux choix des salarié-e-s dans les élections professionnelles, mettant à mal le principe de représentativité des organisations syndicales et l’exercice du droit d’opposition. C’est en vérité un véritable déni de démocratie sociale dont il s’agit. On ne connaît que trop la sincérité d’un référendum placé sous le couperet de la délocalisation ou des suppressions d’emploi et le « libre arbitre » qu’il en résulte pour les salarié-e-s sommés de choisir entre garder la « garantie » de l’emploi ou leurs garanties, Smart en est un exemple.
Une médecine du travail au rabais et dévoyée

Loin de chercher à la développer, le projet de loi El Khomri entérine une situation déjà fragilisée. La visite médicale d’embauche est réservée aux seule- s salarié-e-es affecté-e-es sur des postes présentant des risques particuliers, la périodicité des visites médicales est supprimée, la possibilité est ouverte à des non médecins pour faire les visites médicales et les études de postes… La médecine du travail est aussi attaquée par une réforme de l’aptitude. Ainsi le rôle de la médecine du travail est radicalement transformé notamment en ne permettant plus de faire lien entre le travail et les affections subies de son fait. D’un rôle de prévention, elle mute à celui de délivrance d’un permis d’embaucher et de licencier.

La fonction publique également concernée

Si ce projet de loi vise d’abord à modifier le Code du travail, les agent-e-s de la Fonction publique sont concernée-e-s, par solidarité bien sûr mais aussi par les régressions, qui pourraient être transposés dans le secteur public. En effet, nombre de règles inscrites dans le statut de fonction publique sont la transposition de dispositions du Code du travail (dialogue social, rapport national, local, temps de travail, etc.)

Pour les jeunes, le droit à l’avenir remis en cause

Alors que les jeunes connaissent déjà la précarité pendant leurs études et leur insertion professionnelle, la loi travail est une véritable remise en cause de leur droit à l’avenir imposant de travailler plus pour gagner moins, tout en fragilisant leur parcours de vie en facilitant les licenciements. Les organisations des pays voisins qui ont fait l’expérience d’une réforme du marché du travail dans un passé récent, Italie, Espagne, Portugal, bien sûr la Grèce mais également l’Allemagne mesurent les conséquences et interrogent très fortement la pertinence du projet gouvernemental en France. Leur position se traduit par des messages de solidarité et les grèves organisées actuellement.

La votation citoyenne organisée par les 7 organisations syndicales doit permettre à tous les salarié-e-s, jeunes, privé-e-es d’emplois, retraité-e-s et citoyen-ne-s de s’engager dans la mobilisation.

PARTICIPEZ-Y EN DÉPOSANT

LE BULLETIN DE VOTE !

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VALLS FÉLICITÉ PAR TSIPRAS > PENDANT QUE SAPIN COORDONNE LE PILLAGE !

Publié le 5 Juin 2016 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Grece

VALLS FÉLICITÉ PAR TSIPRAS > PENDANT QUE SAPIN COORDONNE LE PILLAGE !

Message du 03/06/16 14:18
> De : "Yannis Youlountas"

> Depuis hier soir, Athènes est sous très haute surveillance. Une tentative d'enyaourtage(1) du premier ministre français a malheureusement échoué près du parlement, suite à la fermeture du centre-ville, notamment de la station de métro de la place Syntagma à partir de 18h. Les déploiements policiers sont immenses et les gardes du corps sur les dents.
> https://www.youtube.com/watch?v=O8-Ssyy1p60
>
> C'est avec un statut similaire à un chef d'Etat que Valls, visage fier et allure de colon, a passé en revue la garde nationale grecque devant le monument du soldat inconnu, avant de finir la soirée dans l'opulence, sur la terrasse du musée de l'Acropole, à quelques centaines de mètres seulement d'un campement de sans-abris (dont plusieurs enfants) expulsés de leur domicile suite à la réforme du code civil. Le repas gastronomique a été servi en compagnie du ministre de l'économie français Michel Sapin, coordinateur du pillage du bien commun en Grèce au bénéfice de grandes firmes françaises : EDF, Vinci(2), Thalès, Veolia, Suez ou encore la SNCF qui s'apprête à racheter pour une bouchée de pain la société grecque de chemin de fer, TRAINOSE, ce qui aura pour effet de doubler des prix qui étaient jusqu'ici parmi les plus bas en Europe, et qui convoite également des infrastructures ferroviaires. Harlem Désir, secrétaire d'État aux affaires européennes figurait également parmi les convives, ainsi que Giorgos Stathakis, le très controversé ministre grec de l'économie, héritier d'une grande famille d'armateurs, connu pour avoir oublié de déclarer au fisc 38 biens immobiliers (oui, vous avez bien lu : 38 !) et plus de 1,8 millions d'euros égarés sur un compte discret. Ce scandale dure depuis le mois de décembre en Grèce et les manifestants y font souvent allusion, parmi d'autres cas de corruption et de népotisme qui s'ajoutent au bilan désastreux de la capitulation du 13 juillet 2015.
>
> Hier soir également, sous les applaudissements nourris d'une assistance triée sur le volet, Tsipras n'a pas manqué de féliciter Valls et de témoigner son « estime » à l'un des hommes politiques pourtant les plus détestés de l'hexagone, qu'il a même qualifié d' « ami ».
>
> Ce vendredi matin, il a été également impossible de gêner la visite de Manuel Valls à l'Institut français d'Athènes, complètement encerclé de barrages filtrants. Depuis 10h30, Michel Sapin est en rendez-vous avec son homologue grec et quelques amis costumés pour la séquence « bonnes affaires », alors que depuis 11h, Manuel Valls est reçu au Palais Maximou, résidence du premier ministre, pour finaliser une feuille de route basée sur un « partenariat stratégique ».
>
> Quel sera le contenu réel de cet accord ?
>
> Valls et Tsipras vont évoquer un partenariat économique pour « sortir le pays de la crise » et rappeler le « soutien indéfectible de la France depuis l'entrée de la Grèce dans l'union européenne », en 1981. Mais en réalité, cet accord concerne les conséquences de la « seconde capitulation » du 24 mai 2016 (3), c'est-à-dire l'extension de la grande braderie qui prévoit désormais jusqu'à 597 îles mises en vente et 538 sites archéologiques. Le gouvernement français veut faire profiter ses amis grands patrons de cette juteuse affaire. C'est l'heure des soldes et tout le monde accourt en Grèce, à commencer par les responsables politiques russes et chinois, en début de semaine(4), accompagnés par des dizaines d'hommes d'affaires. Les domaines clés de la coopération gréco-française seront « le développement rural, la réforme de l'administration publique, l'innovation, le tourisme et, bien sûr, l'investissement », motif principal du séjour.
>
> L'autre annonce qui va tenter de masquer la réalité mortifère, c'est la promesse du gouvernement français d'accueillir 400 ou 500 réfugiés par mois, en provenance de Grèce. Mais la face sombre de ce sujet, c'est que plus de 200 policiers et gendarmes français participent actuellement à la gestion calamiteuse de la question des réfugiés et migrants dans les îles grecques. Ces jours-ci, les mutineries se multiplient dans les camps inhumains de Lesbos et de Samos. Mercredi soir, le camp de réfugiés de Moria à Lesbos s'est encore rebellé, puis, hier soir, celui de Samos, entre 20h et minuit, suivi d'une répression terrible des gardiens et de la quasi-totalité des forces de police de l'île qui ont aussitôt convergé sur les lieux. Il y a au moins 30 blessés donc plusieurs adolescents. Certains sont dans un état grave et ont du être transportés vers un hôpital mieux équipé, celui de Samos étant complètement dégradé par les politiques d'austérité depuis quelques années.
>
> Les mass-médias grecs, relayés par les agences de presse internationales, osent noyer le poisson en évoquant une obscure rixe entre des migrants, ce qui est totalement faux selon les témoignages directs recueillis depuis. C'est encore une mutinerie pure et simple contre des conditions de détentions violentes, arbitraires et inhumaines. Rien d'autre. D'ailleurs, au moins deux bungalows ont été incendiés et plusieurs prisonniers ont réussi à s'échapper.
>
> Pour seule réponse, Tsipras et Valls annoncent la prochaine conversion de l'agence de surveillance Frontex en « armada de garde-côtes européens », directement coordonnée depuis Bruxelles. Valls a également évoqué le renforcement imminent de la présence policière française dans les îles grecques, avec 300 CRS et gendarmes supplémentaires d'ici peu.
>
> « Tout va bien, Madame la marquise », semblent-ils entonner en trinquant : l'Euro de foot va commencer, ainsi que la saison touristique estivale ! Mais ils oublient d'évoquer les millions d'insoumis qui bloquent de plus en plus la Grèce(5), la France, l'Espagne, le Portugal et la Belgique, en attendant plus. Jusqu'à quand feindront-ils d'être sourds ? Et jusqu'où faudra-t-il aller dans nos luttes ?
>
> Yannis Youlountas
>
>
> 1) équivalent en Grèce des « entartages » en France ou en Belgique (souvent préparés par Noël Godin et ses compagnons pâtissiers).
> 2) Xavier Huillard, le PDG de Vinci, avait même accompagné François Hollande en Grèce lors de son voyage des 22 et 23 octobre 2015.
> 3) durant l'Eurogroupe du 24 mai 2016.
> http://www.economie.gouv.fr/accord-dette-grece-eurogroupe-des-24-mai-2016
> (4) Tsipras a reçu Poutine à Athènes, puis s'est rendu à Pékin.
> (5) Par exemple, il y a un mois :
> http://blogyy.net/2016/05/08/le-blocage-de-la-grece-vu-de-linterieur/

Depuis hier soir, Athènes est sous très haute surveillance. Une tentative d'enyaourtage(1) du premier ministre français a malheureusement échoué près du parlement, suite à la fermeture du centre-ville,..."> commentaires

MERCI PATRON : pour aller plus loin

Publié le 4 Juin 2016 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Tribune libre

MERCI PATRON : pour aller plus loin

Le film :

Alternatives Citoyennes et Ateliers Citoyens ont présenté hier au Sélect à Granville, le film de François RUFFIN (rédacteur en chef de FAKIR) « MERCI PATRON » évoquant le désarroi d'une famille du Nord de la France (Hauts de France, désormais!) licenciés après la liquidation de l'entreprise ECCE (Costumes Kenzo) appartenant au groupe LVMH, propriété de Bernard Arnault qui l'a délocalisée en Pologne. Rappelons que ce groupe est aussi propriétaire de la marque DIOR (Granville) et d'une usine Vuitton, située à Juilley.

Sur les conseils d'une ancienne déléguée CGT de l'entreprise reconvertie ambulancière, François RUFFIN est mis en contact avec la famille KLUR, qu'il va aider à recouvrer auprès du groupe LVMH, 35000 €, afin de conserver leur maison, et vivre autrement leur précarité. De plus un emploi en CDD, puis en CDI sera obtenu pour l'époux dans un CARREFOUR proche, dont le groupe est actionnaire majoritaire, et Bernard membre du conseil d'administration.

Le film est excellemment bien construit, basé sur l'humour et la dérision en permanence, sans agressivité, autre que celle des nervis du groupe, lors de l'assemblée générale du groupe LVMH.

La ballade lors de cette AG avec un inspecteur des impôts belge, une sœur ouvrière rouge et d'ex-salariés de la SAMARITAINE est édifiante.

On soulignera l'ingéniosité du journaliste se faisant passer pour le fils KLUR afin d'arriver à ses fins qui aboutiront positivement pour cette famille tant pour la somme de 35000 € que pour l'emploi de M. KLUR en CDD puis en CDI.

Les entretiens en caméra cachée chez les KLUR avec le représentant de LVMH (ancien des Renseignements Généraux), dont le responsable sécurité n'est autre que SQUARCINI !!! montrent le vrai visage des groupes néo-libéraux. Mais le piégeage est total au grand ravissement des spectateurs.

Il faut noter le talent d'investigateur de François RUFIN n'utilisant ni l'insulte ni le mépris pour « Bernard » mais simplement l'humour et la dérision.

Mais je vous garantie que le résultat est sans appel il passe vraiment pour un con !!!

Il n'y a donc aucune ambiguïté sur la finalité, on regrettera simplement que le problème n'est réglé que pour une famille sur les 200 licenciés.

Une question reste en suspend le rôle des syndicats avant et pendant la liquidation de l'entreprise ?

Débat et réflexions :

Cette projection fut suivie d'un débat avec quelques militants syndicaux pour l'animer.

Beaucoup d'échanges, qui laissent toutefois les participants sur leur faim, car bien évidemment que le débat a surfé sur la situation actuelle, sans grandes propositions.

Quelques rappels à l'unité, à la solidarité en fusé sans grand enthousiasme. La presse aussi a été citée, puisque l'idée du film émane du Journal FAKIR, certains dénigrant systématique une presse muselée par les grands groupes dont LVMH d'ailleurs, d'autres encensent certains courageux journalistes de France 2 notamment l'émission CASH INVESTIGATION en oubliant de préciser que c'est une équipe de journalistes qui prépare l'émission et non une seule personne, qui n'est là que pour faire de l'audimat. On regrettera que les médias libres de tout investissement privé et sans publicité n'aient pas été cités comme LE CANARD ENCHAINE, SINE MENSUEL, CHARLIE, le JOURNAL DE LA DECROISSANCE, SILENCE et bien d'autres, ou des sites de journaux en ligne comme REPORTERRE ou BASTAMAG par exemple, heureusement que MEDIAPART ne fut pas oublier.

Certes il y a encore nombre de journalistes qui font leur travail correctement, mais souvent réduit à cause de la ligne éditoriale du journal et surtout de ceux qui le financent.

Certes France2,3 et 5, ainsi qu'ARTE présentent parfois des documentaires intéressants mais ce n'est qu'une goutte d'eau dans la gabegie d'infos inutiles, voir inexactes ou incomplètes. Et si l'on ouvrait entre autres un large débat sur le décryptage de l'image ?

Quelques propos sur l'économie participative, avec une citation trop timide des SCOP (sociétés coopératives de production ouvrière) mais il aurait fallu dénoncer, ce que l'on peut regretter, l'économie ultra libérable dans laquelle nous sommes, dans laquelle la notion de richesse est complètement dénaturée au seul profit des actionnaires des grandes sociétés, qui n'hésitent pas en plus afin d'optimiser fiscalement leur pognon, à utiliser les paradis fiscaux, et à faire de l'argent avec de l'argent. Les riches n'ont jamais été aussi gavés de pognon, les salaires des dirigeants d'entreprises sont devenus indécents, les paysans sont devenus des exploitants agricoles, mais où va-t-on ?

Il y a du travail pour changer tout cela et il est à craindre que ce soit dans la douleur, car même si certains ont les pieds fragiles (comme disait un intervenant) ils ne lâcheront pas le fric et l'outil de production facilement.

On peut aussi regretter l'absence d'évocation de la notion de partage du travail

Quand une intervenante cite RUFKIN j'aurai préféré que ce soit ELLUL, MORIN, BOURDIEU, CHARBONNEAU, les économistes atterrés, et bien d'autres.

On peut aussi regretter le manque d'aspiration et d'enthousiasme des représentants syndicaux, hormis la CGT qui retrouve un peu de combativité surtout dans le conflit actuel. Certes la situation n'est pas encourageante dans le Sud du département mais, il est nécessaire de former et d'informer, ce que les centrales syndicales font de moins en moins (ainsi que les partis politiques d'ailleurs).

Il aurait été intéressant d'aborder les phénomène et les causes de la désyndicalisation depuis un demi siècle.

Il est vrai que les patrons y trouvent une main d'oeuvre bon marché, taillable et corvéable à merci.

Quant une intervenante dit en substance, la veille de 36 ou de 68 il ne se passait rien, cela relève de l'amnésie historique, voire d'un mépris pour le mouvement ouvrier et revendicatif.

Les grandes grèves ouvrières et paysannes d'octobre 1967 étaient les prémices de l'explosion de mai dont le détonateur fut le mouvement étudiant, issu de celui du « 22 mars », et si l'on y regarde de près on comprend pourquoi les syndicats et les partis politiques de « gôche » on repris d'une manière musclée les choses en mains dès les premières rentrées au travail (voir l'excellent documentaire « la reprise du travail chez Wonder). En tout cas pendant cette période la parole fut libérée et ne demande qu'à l'être de nouveau, la preuve avec Nuit Debout.

Alors oui il faut de la solidarité, de l'information, de la prise de parole, de la vigilance à la non récupération (voir Nuit Debout), c'est pas facile mais réalisable. La citoyenneté, la convivialité peuvent et doivent être un espoir pour ce peuple qui souffre en passant par l'échange, le débat, la formation, l'éducation, la culture.

Présentement il faut soutenir le mouvement en cours et qui s'étend dont l'objectif est le retrait pur et simple du projet de loi El Komri.

Toutefois une grève générale limitée (pour c'est tentant) pouvant aboutir à un renversement du gouvernement, donc à des élections anticipées, ne serait sûrement pas à l'avantage du peuple de gauche et des gens de bonne volonté.

Enfin un réflex environnementaliste à l'intention des syndicats de salariés, CAMARADES, évitez de brûler des vieux pneus, en singeant bêtement les FNSEA, Jeunes Agriculteurs ou Coordination Rurale. Ce sont des DECHETS DANGEREUX, dont le brûlage est interdit.

Un slogan de 68 disait « cours camarade le vieux monde est derrière toi » il faut juste l'actualiser.

Joël BELLENFANT

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EN FINIR AVEC L’ÉLEVAGE INDUSTRIEL

Publié le 4 Juin 2016 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Agriculture Elevage FNSEA

EN FINIR AVEC L’ÉLEVAGE INDUSTRIEL

Le reportage diffusé par l'association L-214, après avoir dénoncé les conditions déplorables d'abattage des animaux dans certains abattoirs, cette fois ci nous livre les conditions d'élevage des poules pondeuses dans ces usines à œufs surdimensionnés, sans qu'elles ne voient la lumière du jour dans des cages, au milieu de leurs congénères « crevées », de poux, d'asticots dans des bâtiments dont l'état de délabrement et sanitaire est consternant.

Ces œufs sont commercialisés par MATINES propriété du groupe AVRIL (alias SOFIPROTEOL) dont le PDG n'est autre que Xavier Beulin, entre autre président de la FNSEA.

Dans l'Ain il s'agit de deux bâtiments de 100000 poules chacun, produisant 150000 œufs par jour.

Il faut savoir que dans la Manche se trouve à Montbray, l'un des plus gros élevages de France, avec un bâtiment de 210000 poules et un autre de 70000 poules, produisant 250000 œufs par jour, mais aussi des nuisances (odeurs, poussières de fientes, mouches) qui agrémentent la vie des riverains.

On comprend pourquoi les exploitants de cette usine à œufs ne laissent entrer que les services de la Préfecture qui ne trouvent rien à redire, et lorsqu'ils s'y rendent ne constatent comme par hasard aucune nuisance ?

Par contre cela fait plus de quatre ans que les riverains se plaignent régulièrement, et il semblerait qu'enfin le maire de la commune ait pris conscience du problème !!!

Affaire à suivre .

EN FINIR AVEC L’ÉLEVAGE INDUSTRIEL

Ces agro-industries sont aux normes de la directive européenne adoptée en 1999 en vigueur depuis 2012 prévoyant un espace pour chaque gallinacée de 750 cm2 soit à peu près la surface d'une feuille A4 et en outre un nid, un perchoir, une litière pour gratter et picorer.

Il est précisé dans le reportage qu'au Gaec du Perrat, le nid est remplacé par des lanières en pastique, des barres de fer pour les perchoirs, mais de litière point.

En ce qui concerne l'élevage de Montbray, rien ne peut être précisé, car seuls les représentants de la DDPP peuvent y pénétrer et assurent que tout va bien.

En France près de 70 % des œufs consommés sont produits en batterie.

Il vaut mieux en manger moins mais de meilleure qualité en consommant au minimum des œufs de poules élevées en plein air, et si possible en label rouge ou bio.

Car certes la qualité nutritive est meilleure pour les œufs des poules élevées en plein air, la qualité des aliments qui leur sont donnés est importante, et la différence est sensible pour les œufs labellisés rouge ou bio.

Il est aussi important de noter que l'agriculture française après avoir singé depuis les années 1950 l'agriculture américaine, cette dernière commence un tournant important en matière de production d'oeufs de poules ainsi que le révèle un article du journal LE MONDE du 10 mai 2016.

Ainsi le groupe WALMART, plus gros distributeur étatsunien, annonce l'arrêt de la vente d'oeufs de poules élevées en cage d'ici à 2025.

Des chaines de « restaurants » américaines ont cessé leur approvisionnement de ce type d'oeufs.

En Europe seuls deux pays ont interdit les élevages de poules pondeuses en cage, la Suède en 1994 et l'Autriche en 2004. L'Allemagne l'envisage à l'horizon de 2025.

En France seule la chaîne MONOPRIX a ôté de ses rayons les œufs de poules élevées en cage.

Le ministre de l'agriculture Stéphane LE FOLL souhaite faire voter un « délit de maltraitance animale », bien, mais ce n'est pas suffisant.

Au lieu d'anticiper les désirs des agro-industriels, en réduisant la réglementation des Installations classées pour la protection de l'environnement, le ministre devrait écouter les environnementalistes et les consommateurs en supprimant purement et simplement certains élevages industriels, comme les poules pondeuses en cage, mais réduire drastiquement le nombre d'animaux dans les porcheries, les stabulations laitières, ou les ateliers de veaux en batterie, sans oublier les élevages de poulets, canards, pintades, lapins, hors sol.

En attendant l'application de ces mesures n'installer des agro-industries que sur des friches industrielles et en bordure d'autoroute ou de grandes routes, comme d'ailleurs cela aurait du être tant pour les poules pondeuses de Montbray que pour les futures serres à tomates de Brecey.

Il est à regretter que dans le département de la Manche l'on ne traite que la forme de l'étude d'impact et seulement une partie du fond, sans aller au delà et se poser la question de pourrait-on faire autrement, anticiper les nuisances.

De plus lorsque par exemple l'association MANCHE NATURE obtient à juste titre, l'annulation d'autorisations préfectorales par exemple en matière de porcheries, la Préfecture accorde au pétitionnaire une autorisation provisoire d'exploiter mais en plus lui demande de régulariser ce qu'il fait volontiers et obtient une nouvelle autorisation d'exploiter qui est tant pour l'étude d'impact que pour l'autorisation préfectorale un copier coller de la précédente.

Mais le chemin est long pour y parvenir, la balle est tant dans le camp des paysans que des consommateurs. Mieux vaut manger moins mais bon.

Joël BELLENFANT

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Loi travail : un effroyable gâchis

Publié le 2 Juin 2016 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes

Loi travail : un effroyable gâchis

Vu sur le blog de Thomas Piketty http://http://piketty.blog.lemonde.fr/2016/06/02/loi-travail-un-effroyable-gachis/

Alors que les tensions sociales menacent de bloquer le pays et que le gouvernement s’obstine à refuser le dialogue et le compromis, la loi travail apparaît de plus en plus clairement pour ce qu’elle est : un effroyable gâchis, un de plus au sein d’un quinquennat raté, et peut-être le plus grave. Le gouvernement voudrait nous faire croire qu’il paie le prix d’être réformateur, et qu’il doit se battre seul contre tous les conservatismes. La vérité est toute autre : sur ce sujet comme sur les précédents, le pouvoir en place multiplie les improvisations, les mensonges et les bricolages.

On a déjà vu cela à l’œuvre sur la compétitivité. Le gouvernement a commencé par supprimer – à tort – les baisses de cotisations patronales décidées par le précédent gouvernement, avant de mettre en place une invraisemblable usine à gaz, sous la forme d’un crédit d’impôt visant à rembourser aux entreprises une partie des cotisations payées un an plus tôt, avec au passage une énorme perte en ligne liée au manque de lisibilité et de pérennité du dispositif. Il aurait fallu au contraire lancer une ambitieuse réforme du financement de la protection sociale.

Impréparation et cynisme

On retrouve avec la loi travail le même mélange d’impréparation et de cynisme. Si le chômage n’a cessé d’augmenter depuis 2008, avec à la clé un million et demi de chômeurs supplémentaires (2,1 millions de demandeurs d’emploi de catégorie A à la mi-2008, 2,8 millions mi-2012, 3,5 millions mi-2016), ce n’est pas parce que le droit du travail serait subitement devenu plus rigide. C’est parce que la France et la zone euro ont provoqué par leur excès d’austérité une rechute absurde de l’activité en 2011-2013, à rebours des États-Unis et du reste du monde, transformant ainsi une crise financière venue d’outre-Atlantique en une interminable récession européenne. Si le gouvernement commençait par reconnaître ses erreurs, et surtout en tirait les conséquences pour une refonte démocratique de la zone euro et de ses critères budgétaires, il serait beaucoup plus facile de mener les débats par ailleurs nécessaires sur les réformes à mettre en œuvre en France.

C’est d’autant plus regrettable que le droit du travail aurait mérité de vraies discussions. Le recours croissant aux CDD par les entreprises françaises n’a jamais permis de réduire le chômage. Il serait plus que temps d’adopter un système de bonus-malus permettant de mettre davantage à contribution les employeurs qui abusent de la précarité et de l’assurance-chômage. Plus généralement, il faudrait restreindre l’usage des CDD aux cas où ils se justifient vraiment, et faire du CDI la norme pour les nouvelles embauches, avec pour contrepartie une clarification des conditions de rupture, qui comportent souvent trop d’incertitudes, pour les salariés comme pour les employeurs. Il y avait là les conditions pour une réforme équilibrée, fondée sur le donnant-donnant, que le gouvernement a malheureusement été incapable de présenter au pays.

Le débat se focalise maintenant sur l’article 2 de la loi travail, qui entend désormais faire des accords d’entreprise la nouvelle norme, susceptibles de déroger aux accords de branche comme à la loi nationale, notamment pour ce qui concerne l’organisation du temps de travail et le paiement des heures supplémentaires. La matière est complexe et ne se prête pas à des réponses simples, comme l’illustre d’ailleurs l’épaisseur du projet de loi (588 pages pour l’ensemble du projet, dont 50 pages pour le seul article 2). Il est évident que certaines décisions très spécifiques sur les pauses et les horaires ne peuvent se prendre qu’au niveau de l’entreprise. A l’inverse, il en existe d’autres, plus structurantes, qui doivent être tranchées au niveau national, faute de quoi la concurrence généralisée entre entreprises risque de conduire au dumping social. Par exemple, les pays qui n’ont pas de législation nationale ambitieuse sur les congés payés se retrouvent à prendre très peu de congés, en dépit de la progression historique des salaires, ce qui peut être collectivement absurde.

L’illusion des accords d’entreprise équilibrés

Sur la question des accords d’entreprise, certains ont cru voir dans leur montée en puissance outre-Rhin au cours des années 2000 l’une des clés du succès actuel du modèle allemand (voir par exemple cette étude). Le débat est ouvert, et il est légitime. Il faut cependant souligner deux points. Tout d’abord, il faut rappeler que la bonne performance de l’Allemagne en matière d’emploi s’explique en partie par le niveau anormalement élevé de son excédent commercial : plus de 8% du PIB en moyenne ces 5 dernières années. Autrement dit, à chaque fois que l’Allemagne produit 100 euros de biens ou d’équipements, le pays n’en consomme et n’en investit que 92 euros sur le territoire allemand. Pour mémoire, il n’existe tout simplement aucun exemple historique d’une économie de cette taille réalisant un excédent commercial aussi important et aussi durable.

Certes, cela s’explique en partie par les atouts du modèle industriel et social allemand, et notamment de son excellente insertion dans les nouveaux circuits de production d’Europe centrale et orientale issus de l’élargissement européen des années 2000. Mais cela s’explique également par une modération salariale excessive, qui a probablement été exacerbée par la montée des accords d’entreprises et de la concurrence généralisée entre sites de production, et qui au final revient à prendre une partie de l’activité économique des voisins. Si une telle stratégie devait être généralisée à l’ensemble de l’Europe, alors par définition elle serait vouée à l’échec : personne au monde ne pourrait absorber un tel excédent commercial. Cela ne ferait qu’aggraver la tendance actuelle, qui conduit tout droit notre continent à un régime durable de croissance faible, de déflation salariale et d’endettement élevé.

Ensuite, et surtout, l’une des forces du modèle allemand est de reposer sur des syndicats puissants et représentatifs. Compte tenu de la faiblesse des syndicats français et de leur implantation, il semble illusoire de vouloir développer des accords équilibrés au niveau des entreprises. Dans ces conditions, il serait préférable de réécrire l’article 2 afin de privilégier les accords de branche, qui compte tenu de la réalité actuelle du syndicalisme français constituent l’échelon le plus pertinent et le plus prometteur. Comme l’ont bien montré les travaux de Thomas Breda, les délégués syndicaux sont quasiment absents de la plupart des entreprises françaises, non seulement dans les plus petites mais également dans les moyennes, en partie du fait de la discrimination salariale avérée dont ils dont l’objet. On retrouve ici la culture du conflit chère à une bonne partie du patronat français, comme vient encore de l’illustrer le patron du Medef avec ses propos stupidement insultants sur la CGT. En Europe du Nord, cela fait des décennies que les représentants syndicaux jouent un rôle majeur dans les conseils d’administration (un tiers des sièges en Suède, la moitié en Allemagne), et que le patronat a appris tous les bénéfices qu’il pouvait tirer d’une plus grande implication des salariés dans la stratégie de l’entreprise. Ce modèle de codétermination inventé après la Seconde guerre mondiale pourrait d’ailleurs encore être amélioré à l’avenir, par exemple en donnant aux salariés des voix dans les assemblées générales d’actionnaires, qui deviendraient des assemblées mixtes, ce qui permettrait de nommer des administrateurs incarnant des projets de développement porteurs pour les deux parties. Mais à ce stade la France en est encore à ses balbutiements sur la scène de la négociation sociale et de la démocratie économique.

Contournement des élections professionnelles

De façon plus générale, la principale faiblesse de la loi travail est de ne pas suffisamment prendre en compte la faiblesse syndicale française, et les moyens d’y remédier. Pis encore : la loi travail comporte des dispositions susceptibles d’affaiblir encore un peu plus les syndicats et leurs représentants. C’est le cas notamment des mesures sur les référendums d’entreprise présentées dans l’article 10. L’objectif est de permettre aux employeurs d’imposer par référendum – et dans des conditions qui peuvent s’apparenter souvent à du chantage – des accords qui auraient pourtant été refusés par des syndicats représentant jusqu’à 70% des salariés de l’entreprise lors des dernières élections professionnelles. On comprend que la CFDT puisse dans certains cas y trouver son compte : cela peut lui permettre avec 30% des voix de contourner les autres syndicats, et en particulier la CGT, et de négocier directement un accord avec l’employeur. Il reste que ce contournement des élections professionnelles – qui ont lieu tous les quatre ans – revient à revenir en arrière sur les timides avancées démocratiques des réformes de la représentation syndicale qui venaient tout juste d’être mises en place en 2004-2008, et qui avaient donné pour la première fois aux syndicats réunissant 50% des voix le rôle décisif pour la signature des accords d’entreprise (alors que le régime antérieur permettait à chacun des cinq syndicats historiques de 1945 de signer des accords, quelle que soit leur représentativité dans l’entreprise, ce qui n’a guère réussi au modèle social français). Tous les exemples étrangers le montrent : la démocratie économique a besoin de corps intermédiaires. Ce n’est pas en renvoyant une bonne partie des syndicats et du corps social français dans l’opposition et la frustration que l’on sortira la France de la crise.

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Stop à la lobbytomisation des décideurs publics

Publié le 2 Juin 2016 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Environnement

Stop à la lobbytomisation des décideurs publics

Vu sur le site de BLOOM

Il ne se passe plus une semaine sans que des décisions publiques aillent contre l'intérêt des citoyens, contre notre santé ou contre notre volonté, en raison de l'emprise croissante des lobbies industriels sur nos élus.

ASSEZ !


Alors que le lobbying n'est absolument pas réglementé en France aujourd'hui, nous avons une opportunité unique avec la loi "Sapin 2" de faire la lumière sur les agissements des lobbies. Ne ratons pas le coche !


Si la France met en oeuvre des normes réellement ambitieuses de transparence, les citoyens pourront enfin y voir clair sur qui influence leurs élus. Et nous serons beaucoup mieux armés pour gagner notre combat contre les influences opaques et nuisibles qui grèvent notre démocratie.

C'est la loi-cadre qu'il nous fallait ! Mais pour que les élus soient à la hauteur des enjeux, ils ont besoin d'entendre notre cri du coeur. Montrons aux élus et au ministre de l'économie Michel Sapin que nous sommes saturés du marchandage de l'idéal démocratique au profit des intérêts privés à court terme.

 

La loi passe en procédure accélérée dès la semaine prochaine avec un vote à l'Assemblée nationale à partir du 6 juin. Interpellons massivement nos dirigeants politiques pour leur dire que nous voulons transparence, probité et exemplarité de la vie publique.

La transparence des lobbies, c'est possible si nos élus le décident !

Merci de votre soutien massif,

L'équipe de BLOOM

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