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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

laicite

Retour sur l’affaire de Charleville-Mézières : une « longue jupe » qui ne doit pas occulter l’abaya

Publié le 11 Mai 2015 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Laïcité

Retour sur l’affaire de Charleville-Mézières : une « longue jupe » qui ne doit pas occulter l’abaya

Par Marie Perret le 10 mai 2015 Ecole, Laïcité, Textes d'analyse

Dans les années 1990, les jeunes filles qui refusaient d’ôter leur voile à la porte de l’école revendiquaient leur liberté d’afficher leur appartenance religieuse tout le temps et partout. La loi du 15 mars 2004 est venue opportunément rappeler que l’école publique est un espace laïque dans lequel chacun est soumis à l’obligation de neutralité. Cette loi a eu au moins trois effets bénéfiques : elle a permis de clarifier les choses, d’apaiser les conflits et de protéger les personnels qui peuvent se prévaloir de la loi pour refuser l’accès à l’établissement d’un élève arborant un signe par lequel il manifeste ostensiblement son appartenance religieuse.

Mais force est de constater que, depuis quelques années, la laïcité scolaire est de nouveau « testée » et contestée. On l’a vu récemment à l’occasion de l’affaire de Charleville-Mézières : une jeune fille qui n’a pas pu rentrer dans l’enceinte du collège parce qu’elle ne voulait pas ôter son voile est revenue quelque temps après vêtue d’une « longue jupe ». L’équipe pédagogique lui a demandé de changer de tenue. Entre « l’affaire du voile » et ce qu’il est convenu d’appeler maintenant « l’affaire de la jupe », il faut souligner une différence notable : si le voile est un signe dont le caractère religieux est incontestable, la longue jupe est un signe plus équivoque puisque son port (comme journalistes et hommes politiques, dans une belle unanimité, n’ont cessé de le répéter) n’est pas réservé aux jeunes filles musulmanes. La « longue jupe » pouvait donc plus facilement se faire passer pour ce que, en l’occurrence, elle n’était pas : une tenue « à la mode », qui n’a aucun caractère religieux.

Il faut souligner le courage dont a fait preuve, dans cette affaire, Najat Vallaud-Belkacem, qui a soutenu la décision de la Principale du collège. Cette décision n’a rien de cocasse : la Principale du collège Léo Lagrange n’a fait qu’appliquer la loi puisque l’attitude de l’élève était très clairement provocatrice et son comportement, prosélyte.

Je m’étonne toutefois que, dans la déferlante de commentaires qui a suivi cette affaire de Charleville-Mézières, un mot ait été systématiquement évité : celui d’abaya. La « longue jupe » n’en est pourtant qu’un avatar. Cette affaire aurait dû être l’occasion de débattre d’un problème qui préoccupe depuis plusieurs années les personnels éducatifs, à savoir la présence de plus en plus nombreuse des jeunes filles qui portent l’abaya dans l’enceinte de l’école publique. Là est le véritable objet du débat. L’abaya est une robe qui se porte par-dessus les vêtements ordinaires, qui couvre tout le corps (hormis les pieds et les mains), et éventuellement les cheveux (un voile peut être cousu à l’encolure de la robe). On peut se procurer une abaya sur internet, où elles sont la plupart du temps présentées comme des robes musulmanes. Confrontée en 2011 à des jeunes filles portant l’abaya dans l’établissement où elle exerce, Sophie Mazet avait osé mettre les pieds dans le plat et rendre l’affaire publique. Dans un article publié dans la revue Hommes & immigrations, elle explique que ces robes « correspondent exactement aux recommandations de cheikh Bin Oussaïmine, Bin Baz et du Jilbab-al-Mar-Al-Mouslima de cheikh Al Albani et plus généralement aux prescriptions de “savants” du wahhabisme d’Arabie Saoudite, un islam rigoriste et liberticide, désavoué d’ailleurs par la plupart des musulmans. » L’abaya n’est donc pas un vêtement « traditionnel » ou « ethnique » comme on voudrait nous le faire croire, elle est encore moins une question de « mode ». Cette robe est un signe dont le caractère religieux est incontestable. Il faudrait par conséquent que les pouvoirs publics aient le courage de dire que l’abaya est une tenue qui, parce qu’elle manifeste ostensiblement une appartenance religieuse, n’a pas droit de cité à l’école publique.

Il convient de distinguer deux cas de figure : le cas dans lequel le signe est équivoque et où son caractère religieux ne peut être déterminé qu’en tenant compte du contexte, du comportement général de l’élève et de l’usage qu’il en fait (la « longue jupe » entre à mes yeux dans cette catégorie) ; le cas où le caractère religieux du signe est incontestable, comme pour la kippa, la croix, le voile… et l’abaya. Quand un élève arrive dans un établissement scolaire public avec une kippa sur la tête, une croix trop voyante, ou encore un voile sur les cheveux, personne ne se demande si son attitude est prosélyte : ce ne sont pas ses intentions qui comptent, mais le signe ou la tenue, dont le caractère religieux est constitué. Il ne viendrait à l’idée de personne de demander à cet élève s’il est effectivement de confession juive, chrétienne ou musulmane. On lui demande simplement d’ôter sa kippa, de cacher sa croix, ou de retirer son voile, parce qu’il s’agit de « signes et de tenue (…) dont le port conduit à se faire immédiatement reconnaître par son appartenance religieuse (1) ».

Il est précisé, dans la circulaire du 18 mai 2004, que « la loi est rédigée de manière à pouvoir s’appliquer à toutes les religions et de manière à répondre à l’apparition de nouveaux signes, voire d’éventuelles tentatives de contournement de la loi ». L’abaya correspond à la fois au deuxième et au troisième cas. Elle est un nouveau signe religieux, en France en tout cas, puisqu’elle a fait son apparition assez récemment dans les établissements scolaires publics. Mais elle est aussi une stratégie de contournement de la loi : le voile islamique étant un signe dont le caractère religieux ne prête plus à discussion, il suffit de vêtir l‘abaya et de faire passer cette tenue religieuse pour « une longue robe ». Le tour est joué : la laïcité est bafouée de façon spectaculaire et ceux qui s’en émeuvent sont priés de se taire.

Et pourtant, le malaise est patent. Du côté des chefs d’établissements qui craignent d’être lâchés par leur hiérarchie s’ils ont le courage d’appliquer la loi, et qui se résignent donc à ne pas faire de vagues ; du côté des professeurs, qui se retrouvent à faire la classe à de jeunes filles vêtues de ce qu’il faut bien appeler un uniforme intégriste ; du côté des élèves, enfin, qui ne comprennent pas toujours pourquoi la loi n’est pas appliquée de la même façon pour tous. Et je ne parle pas des élèves non croyants, ou d’autres confessions que musulmane : une élève est venue me voir un jour à la fin de l’heure un peu gênée pour me demander pourquoi on l’obligeait, elle, à enlever son voile à l’entrée du lycée alors qu’on laissait « des filles porter l’abaya ou le jilbal ». J’aurais aimé pouvoir lui répondre.

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Granville 29 avril : Débat sur la laïcité

Publié le 2 Avril 2015 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Laïcité

La ligue des droits de l'homme de Granville

et les amis de la vie

vous invitent

 

GRANVILLE

Mercredi 29 avril 2015

à 20h30 Salle de Hérel

(près du Centre Régional de Nautisme de Granville)

 

La laïcité 

Un art de vivre la citoyenneté ?

Ensemble construisons

 l’avenir par la richesse de nos différences 

 

CONFÉRENCE-DÉBAT

animée par François VERCELLETTO de Ouest-France 

 

L’OBSERVATOIRE DE LA LAïCITÉ  auprès du Premier Ministre    

M. Nicolas CADENE (Rapporteur Général)

 

et

 COEXISTER Groupe de Caen

« Diversité dans la Foi, Unité dans l’Action »

Association laïque pour une coexistence active des religions et des convictions

                                                      

17h – 18h30

Rencontre de “ Coexister ” avec les scolaires

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40 ans : la loi Veil

Publié le 29 Novembre 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Laïcité

L’IVG toujours combattue : quand les Associations Familiales Catholiques se rêvent en Tea Party à la française

 

L’anniversaire du vote de la loi Veil vient de rappeler opportunément qu’il y a 40 ans les catholiques français s’étaient prudemment abstenus de s’opposer à la légalisation de l’avortement tant la pression sociale était forte. Malgré toutes ces années d’évolution des mentalités, la position du Vatican reste réactionnaire (cf. le récent synode sur la famille ou les propos du pape François n’hésitant pas à évoquer les « enfants tués avant de naître » devant le Parlement européen !)

 

Voilà de quoi ragaillardir les pro-vie : deux jours après le discours papal, les Associations Familiales Catholiques (AFC) critiquent dans un communiqué la représentation nationale à l’occasion du vote d’une résolution réaffirmant « l’importance du droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse ». Ce faisant les AFC se livrent à des arguties sémantiques pour nier l’existence d’un « droit à l’avortement » dans les textes, droit des femmes insupportables à leurs yeux.

 

Ne jouons pas sur les mots : la convention des Nations Unies pour l’élimination des discriminations à l’encontre des femmes (1979, ratifiée en 1983 par la France) engage bien à assurer aux femmes « sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme, les moyens d’accéder aux services médicaux, y compris ceux qui concernent la planification de la famille » ; et le Conseil de l’Europe (2008) invite bien les Etats à « garantir l’exercice effectif du droit des femmes à l’accès à un avortement sans risque et légal ».
Pour la France, la messe est dite… depuis 1974 : la femme qui « dispose de son corps » en avortant dans le délai prévu par la loi n’est pas une criminelle, c’est pourtant simple ! On se permettra quand même de remarquer que nombre de croyants s’abstiennent « en conscience » d’obéir à la hiérarchie catholique en pointant l’exemple de l’ONG américaine Catholics for choice (en) (1) qui refuse l’hypocrisie de ne pas mettre en accord les actes et les principes.

Nous rappelons que les AFC ont contribué au financement des manifestations hostiles à la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Il s’agissait d’une offensive de nature cléricale dans la mesure où ce mouvement s’opposait à une avancée législative égalitaire non pas sur des motifs d’intérêt général mais pour répondre aux dogmes de l’église catholique. Pas de défense de l’intérêt des familles donc, mais une immixtion sur des fondements religieux dans l’élaboration de la loi commune.

 

Les AFC ont de même participé à l’initiative citoyenne européenne « Un de nous » afin de faire reculer les droits et la santé en matière de sexualité et de reproduction à l’échelle européenne, sous couvert de « protéger l’embryon ». Elles ont aussi mené campagne contre le rapport « sur la santé et les droits sexuels et génésiques » au Parlement européen présenté par la députée européenne Edite Estrela.

Les ressources des AFC proviennent notamment du Fonds spécial versé par l’UNAF qui provient d’une contribution prélevée sur la CNAF et la MSA, il s’agit donc de fonds publics destinés à servir l’intérêt général qui sont de fait détournés pour rétablir un certain ordre moral.

 

En réalité, l’affaire reste politique aujourd’hui comme hier : en déniant aux femmes la libre-disposition de leur corps, l’intégrisme catholique – comme il le démontre dans les pays où il conserve des appuis, ainsi que dans son lobbying européen et dans son alliance avec son homologue islamiste – ne vise qu’à préserver les bases familiales de la domination masculine au profit de son projet ultra-conservateur.
Ne nous endormons pas sur les acquis d’hier, car le bon sens n’y suffit pas. Seule l’alliance des forces féministes et laïques progressistes permettra de faire barrage à ces tentatives rétrogrades.


Web

 

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L’UFAL dénonce la visite du Premier ministre Valls au Vaticans

Publié le 28 Avril 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Laïcité

Par Samedi 26 avril 2014

Le Premier ministre n’a pas à représenter ès-qualités l’État aux manifestations religieuses dites de canonisation des anciens pontifes de l’église catholique Karol Józef Wojtyła (dit Jean-Paul II) et Angelo Giuseppe Roncalli (dit Jean XXIII). 

Rencontre entre Manuel Valls et le pape lors de la viste de Hollande au Vatican

Rencontre entre Manuel Valls et le pape lors de la
visite de Hollande au Vatican

La République Française est en effet de par sa Constitution une République laïque qui assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de religion et qui assure la liberté de conscience, c’est-à-dire la possibilité de croire ou de ne pas croire. Ses représentants n’ont donc pas à marquer leur déférence pour une religion ou une autre, comme l’avait fait remarquer le Parti Socialiste en 2011 alors que le Premier ministre UMP s’était rendu au Vatican pour la béatification de Karol Wojtyla.

La participation du Premier ministre à ces manifestations purement cultuelles constitue donc une atteinte majeure aux principes de notre République. L’UFAL considère que cet acte symbolique vise en fait à consolider la main tendue du gouvernement à l’extrême-droite catholique ; depuis sa nomination, Manuel Valls n’a eu de cesse d’envoyer des signes d’apaisement à la nébuleuse issue de la Manif pour tous et aux familialistes liés à l’épiscopat, qui avaient combattus violemment la loi en faveur du mariage pour tous.

La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a soutenu cette démarche, arguant que « Le Vatican est un État (…) Ce sont des relations qui sont établies (…) Le Premier ministre accomplit cette démarche au titre d’un État laïque. » C’est une démonstration de plus de la volonté de ce gouvernement de faire allégeance à l’église catholique. Par sa participation, il accorde un statut de reconnaissance publique à une manifestation strictement religieuse et privée, violant ainsi ouvertement la loi de 1905.

Madame Taubira comme Monsieur Valls ne peuvent ignorer que la Cité du Vatican n’est qu’une concession territoriale, accordée au pape par Mussolini en 1929, non un Etat à part entière. Le « Saint-Siège » est le lieu du pouvoir spirituel et de la mission dogmatique du pape, spécialement lorsqu’il procède à des actes purement cultuels.

L’UFAL s’inquiète de savoir jusqu’où ira cette main tendue à l’église catholique. Le gouvernement serait-il tenté d’atténuer les conséquences néfastes de sa politique d’austérité par le recours à la charité religieuse ?

L’UFAL demande le retour aux principes de la République et appelle à la mobilisation des citoyens pour imposer le respect de la Constitution et de la laïcité de l’Etat.

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