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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

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Les Rouennais tous au bûcher de Lubrizol

Publié le 3 Octobre 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage, Environnement, Santé

 

Un sentiment d’abandon dans les fumées chimiques. Environ 2.000 personnes selon la CGT et une source policière ont manifesté mardi 1er octobre au soir à Rouen, pour dénoncer le groupe chimique et l’attitude des pouvoirs publics soupçonnés de “cacher la vérité” sur les conséquences de l’incendie de l’usine Lubrizol, jeudi 26 septembre. “Nos enfants en danger” ou “le préfet doit sauter”, scandaient les manifestants partis du palais de justice en fin d’après-midi avant de rejoindre la préfecture de Normandie, qui a publié dans la soirée sur son site internet la liste des produits qui ont brûlé dans l’incendie.

“J’habite à 15 mètres de Lubrizol, on est laissé à l’abandon. Personne n’est venu nous voir pour nous dire d’évacuer”, s’est plainte auprès de l’AFP Camille, 28 ans. “On est venu pour se sentir moins seuls dans notre désarroi”, a assuré Aline, une intervenante sociale de 40 ans venue manifester avec son fils de neuf ans. “On va demander au préfet une expertise indépendante, le recensement des populations et des travailleurs exposés, un registre des cancers parce qu’ils vont arriver les cancers. Vous sentez cette odeur qui descend à la tombée de la nuit? Quand il y a odeur il y a des composants” polluants, a lancé face aux caméras Gérald Le Corre, de la CGT de Seine-Maritime.

“Rouen n’est pas confiante, elle respire de l’amiante”, était-il écrit sur une pancarte posée aux pieds d’une manifestante vêtue d’un ciré jaune pour se protéger de la pluie. D’autres manifestants, en combinaison blanche, brandissaient une banderole sur laquelle on pouvait lire: “marre de se faire enfumer, rendez-nous notre air normalement pollué”. Certains portaient des masques.

“Une usine chimique qui brûle sans toxicité c’est comme une tarte aux fraises sans les fraises?”, ironisait une autre pancarte au-dessus de la foule compacte. “Ils cachent la vérité, à nous tous d’enquêter”, indiquait une autre affiche.

 

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Buzyn dévoile un "pacte de refondation" pour les urgences

Publié le 10 Septembre 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage, Santé

Acculée par la grève inédite touchant les services d'urgences depuis près de six mois, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a détaillé lundi un "pacte de refondation" de 750 millions d'euro sur trois ans, mais ne prévoyant ni les lits ni les effectifs supplémentaires réclamés par les grévistes. Création d'un "service d'accès aux soins", 50 nouvelles maisons médicales de garde, réforme du financement des urgences... quelques nouveautés figuraient parmi la douzaine de mesures dévoilées lundi par la ministre.

 

Une première salve avait été annoncée la semaine dernière: "l'admission directe" des personnes âgées sans passer par les urgences, la "vidéo-assistance" entre les Ehpad et les régulateurs du Samu, ou encore l'envoi d'une ambulance vers un médecin libéral pour les cas les moins graves. "L'heure n'est plus au constat mais aux solutions", a déclaré la ministre devant la presse à l'issue de sa rencontre avec les représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, des syndicats de médecins libéraux et du collectif Inter-Urgences, à l'origine de la grève.

 

Au total, entre 2019 et 2022, "plus de 750 millions d'euro" seront consacrés à ce plan visant à désengorger les urgences en s'appuyant davantage sur la médecine de ville et en accélérant les prises en charge. "En incluant les 70 millions délégués dès juillet 2019 pour financer la prime urgences" et les renforts estivaux annoncés en juin par la ministre, ainsi que certains mesures du Plan "Ma Santé 2022", l'effort se chiffre à plus d'un milliard d'euro, a résumé la ministre.

 

Mais cette somme, puisée dans les crédits existants, n'entraînera pas la hausse de budget consacrée à la santé réclamée par les grévistes. Il n'y a "rien sur les lits, rien sur les postes", a immédiatement regretté Hugo Huon, président du collectif Inter-Urgences. Sans compter les revendications salariales, également au cœur des revendications. "Avant d'ouvrir des lits je souhaite qu'on optimise (leur) gestion" au sein des groupements hospitaliers de territoire, a expliqué la ministre, qui n'exclut pas d'y revenir dans un deuxième temps si les solutions proposées s'avèrent "insuffisantes".

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Le maire de Langouët interdit les pesticides ! La préfète d'Ille et Vilaine l'assigne devant le tribunal administratif !

Publié le 20 Août 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Environnement, Justice, Santé

CONTRE LES PESTICIDES = SOUTENIR LE MAIRE DE LANGOUET

C’est important pour nous tous, pour les générations futures et pour la biodiversité.

POURQUOI ?

Parce que Daniel CUEFF, maire de LANGOUET (Ille et Vilaine) a eu le courage de prendre un arrêté interdisant l’épandage de pesticides à moins de 150 m des habitations sur sa commune.

Cet arrêté est parfaitement argumenté juridiquement.

Toutefois la préfète de ce département lui a demandé de retirer purement et simplement son document qu’elle considère comme illégal.

Bien évidemment l’édile a refusé, du coup elle a fait convoquer le maire devant le tribunal administratif de RENNES jeudi prochain 22 août à 9 h.

Tous ceux qui le peuvent sont invités à le soutenir devant le tribunal.

Mais hormis cela, il en a déjà été question dans les colonnes du blog, et les quelques édiles sollicités n’ont même pas répondu, apathie estivale due à la canicule, manque de courage politique ?

Cela aurait dû être le mot d’ordre estival de tous les collectifs anti OGM devenus anti OGM et Pesticides, de tous les groupes « Nous voulons des coquelicots » de beaucoup d’associations environnementales, mais bon !

En tout état de cause ce jugement va dans un sens ou dans l’autre faire date, car une belle bagarre juridique s’annonce déjà comme ce fut le cas pour les arrêtés anti OGM, affinés au fil du temps, mais qui ont participé avec l’action des faucheurs volontaires, à l’arrêt des essais et empêcher les cultures d’OGM sur le territoire national.

Cela dit il faut lire scrupuleusement les étiquettes avant d’acheter certains produits transformés ou demander le mode d’élevage de certains animaux, si la mention « SANS OGM » n’y figure pas.

Par contre à quand la mention « SANS PESTICIDES ».

Ce n’est pas gagné puisque les députés et les sénateurs ont voté contre l’interdiction du glyphosate dans la loi Egalim, ce qui était déjà très insuffisant puisqu’il fallait interdire les pesticides et engrais chimiques.

Devant donc les carences de l’État, c’est à bon droit que le maire de LANGOUET a pris son arrêté, et il lui est contesté celui de s’appuyer sur le principe de précaution adossé à la constitution, sur les articles L 2212-1 et 2212-2 du Code Général des Collectivités Territoriales, entre autres.

Il serait donc important que tous les édiles de France, prennent un arrêté anti-pesticides sur le modèle de celui du maire de Langouet, que l’on peut télécharger sur le site de la commune, en le localisant bien sûr.

Soyons utopistes (mais l’utopie est la réalité de demain disait Hugo) imaginons déjà entre 5000 et 10000 arrêtés anti pesticides envoyés en préfecture, avec copie au Chef de l’État et au Ministre de l’Agriculture.

Sachant qu’en plus 50 % des maires ne se représentent pas, terminer sur une action d’éclat utile et salutaire redorerait quelque peu leur mandat.

Pour terminer un extrait d’un article de l’association GRAIN paru sur Médiapart le 13 08 19 :

« L'utilisation massive d'antibiotiques, de fongicides et d'herbicides dans l'agriculture industrielle contribue à mettre en péril des médicaments humains qui sauvent des vies. Des gouvernements et des agences intergouvernementales ont créé des comités, des groupes de travail et des lignes directrices pour faire face à l'augmentation de la résistance aux antimicrobiens. Mais aucun ne semble vouloir empoigner le problème à la racine. N'est-ce pas une preuve de plus qu'il est temps de nous distancier de l'agriculture industrielle et de nous tourner vers l'agroécologie et la souveraineté alimentaire à la place? Ceci aiderait aussi à éliminer l'une des causes principales de l'extinction des espèces sur la planète, ainsi que l'un des responsables principaux de la crise climatique. »

Ces lignes ont le mérité d’être claires, et même si cela a déjà été dit depuis des décennies par diverses associations ou ONG, il est bon de le marteler surtout vis à vis des dirigeants car lutter contre les effets du réchauffement climatique, commence par s’attaquer aux causes.

Joël Bellenfant

 

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Grève aux urgences : 213 services touchés, Buzyn reconnaît que la «crise persiste

Publié le 2 Août 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes, Enfumage, Santé

Alors que 213 services d'urgence sont toujours en grève, selon le collectif Inter-urgences, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s'est exprimée jeudi sur la crise qui dure désormais depuis quatre mois et demi. «Il y a toujours une crise qui persiste, et il y a la nécessité de repenser l'organisation des systèmes de santé pour que les services d'urgence ne soient pas saturés en permanence», a-t-elle reconnu face à la presse lors d'un déplacement dans les Yvelines.

«J'ai demandé aux directeurs d'hôpitaux et aux directeurs des Agences régionales de Santé de se rapprocher des services en grève pour voir quelles étaient exactement leurs attentes, parce qu'en réalité elles sont assez variées», a ajouté la ministre. Cette dernière assure toutefois qu'il n'y a «pas de solution miracle à appliquer à l'ensemble du territoire».

«Dans certains cas c'est du personnel paramédical manquant, dans d'autres cas des postes sont ouverts mais ils n'arrivent pas à recruter, d'autres encore mettent en avant la vétusté des locaux. On voit donc bien que d'un site à l'autre, les solutions qu'on doit apporter sont variables», a évoqué Agnès Buzyn.

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Défense de l'hôpital public : Rassemblement le 2 juillet 14h devant l'hôpital d'Avranches

Publié le 29 Juin 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé, Services publics, Luttes

Le Comité d'Usagers pour la défense de l'hôpital public de proximité vous invite à venir nombreux
pour soutenir les personnels soignants du CH Avranches-Granville.
 
Rendez - vous à Avranches mardi 2 juillet 14h
devant l'entrée de l'hôpital
 
Pour les départs à partir  de Granville vers Avranches
Co-voiturage  13h15
place du stade Granville
 
 
Le Comité d'Usagers pour la défense de l'hôpital public de proximité
 
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Les services d’urgences se coordonnent pour étendre leur grève avant une manifestation nationale le 6 juin

Publié le 27 Mai 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes, Santé, Services publics

 Plus de 150 délégués, venus de toute la France, des services d’urgences en grève, se sont réunis à la Bourse du travail de Paris samedi 25 mai pour organiser la suite d’un mouvement entamé deux mois plus tôt à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Revendications communes, structuration du mouvement, état des lieux et dates des prochaines mobilisations étaient au programme.
 

C’est la grève qui monte, qui monte, qui monte ! Le 18 mars, les urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris lancent le mouvement. Un mois plus tard, une quinzaine d’unités de l’AP-HP sont en grève. Depuis, la mobilisation a fait tache d’huile dans toute la France, passant d’une trentaine de services d’urgences hospitalières en lutte la première semaine du mois de mai, à 65 répertoriés par le collectif Inter-Urgences ce week-end. La grève déborde même sur d’autres unités comme à Valence ou Bourges où elle touche l’ensemble de l’hôpital.

« La situation est très tendue. Le système est en train de craquer un peu partout », assure Christophe Prudhomme pour expliquer l’extension progressive du mouvement. Pour ce médecin du Samu, responsable national CGT, la ministre de la Santé «  ignore les problèmes » alors que les trois principales revendications « ne peuvent se débloquer qu’au ministère ». Les demandes des personnels en grève depuis deux mois ont été adoptées par l’ensemble des délégués de la trentaine d’établissements représentés à la réunion nationale, organisée hier par le collectif Inter-Urgences : plus d’effectifs, l’arrêt des fermetures de lits et une augmentation de 300 €, reconnaissant la spécificité du travail aux urgences.

Pourtant, Agnès Buzyn refuse toujours d’ouvrir des négociations malgré les sollicitations des grévistes et des syndicats. « S’il n’y a pas d’avancées, il va y avoir une fuite des personnels alors qu’il est déjà difficile de les recruter et de les maintenir en poste », prévient Christophe Prudhomme. « Buzyn refuse de se pencher sur les urgences. Elle part du principe que c’est un problème de sécurisation de locaux, mais pas de condition de travail », renchérit Candice Lafarge du Collectif Inter-Urgences. Pendant ce temps-là, les discussions avec les Agences régionales de santé (ARS) patinent, ces dernières n’étant pas habilitées à prendre des décisions sur certaines des revendications des grévistes.

 

Une association nationale pour peser dans la lutte et les négociations

 

Pourtant, le mouvement dans les services d’urgence va continuer à s’étendre certifie Candice Lafarge : «  nous avons tous les mêmes problèmes, cela fait toujours peur de se lancer, mais avec le collectif, cela fait moins peur ». Des préavis de grève ont déjà été déposés dans certains établissements et les discussions se poursuivent avec les personnels, assure de son côté Christophe Prudhomme de la CGT. Pour structurer le mouvement, le collectif Inter-Urgences, né dans les services de l’AP-HP, va se constituer en association nationale, avec des représentants dans tous les services d’urgences en lutte. C’est une des décisions de l’assemblée générale nationale de ce week-end.

D’ici mercredi, les 65 services en grève pourront adopter la motion déjà validée samedi par les délégués présents à la Bourse du travail. Ce jour-là, les statuts et la composition du bureau seront officialisés. Outre la création d’un outil de coordination pour étendre le mouvement au-delà des 10 % de services d’urgences touchés à ce jour, cette association a pour but de créer une structure juridique permettant de négocier avec le ministère. Jusque là, le collectif Inter-Urgences participait aux négociations à l’AP-HP, parce qu’associé et imposé à la direction des hôpitaux de Paris par les trois syndicats ayant déposé des préavis de grève (CGT, FO, SUD).

Ainsi, syndicats et collectif fonctionnent pour l’essentiel en bonne intelligence, personne ne pouvant estimer ne pas avoir besoin des autres dans le rapport de force engagé. Pour augmenter la pression, les délégués réunis à Paris ce week-end ont fixé une journée de mobilisation nationale pour les urgences : ce sera le 6 juin, devant le ministère de la Santé. En plus de ce rendez-vous, la CGT programme un rassemblement au même endroit, le 11 juin, ce coup-ci, pour l’ensemble des services hospitaliers en lutte. « Il est déjà compliqué d’effectuer le travail de mobilisation pour les urgences », admet Candice Lafarge pour expliquer l’absence d’un appel général à la grève pour tous les services, à l’issue de la réunion de samedi, centrée sur les personnels des urgences. « Libre aux autres services de le faire », précise-t-elle sans aucune hostilité.

 

L’été sera chaud dans les services d’urgences !

 

Si une telle proposition n’est pas encore à l’ordre du jour, la contestation dans le secteur hospitalier est loin de s’éteindre. « Il n’y a pas de trêve estivale aux urgences. C’est la période où il y a les crises les plus graves », rappelle Christophe Prudhomme. Déjà le 18 mai à Aulnay-sous-Bois, un des plus grand service d’urgence a été contraint de délester des patients vers d’autres hôpitaux, faute d’un nombre suffisant de médecins. Trois jours plus tard, le président de Samu-Urgences de France a écrit à la ministre de la Santé pour lui signifier que les « structures de médecine d’urgence (service des urgences, Samu-Centre 15, Smur) sont à un point de rupture jamais atteint  ». En conséquence, il a appelé « l’ensemble des personnels à arrêter symboliquement le travail le mardi 28 mai à midi, pendant 5 minutes, et à se regrouper devant leur service ».

Autre signe de la colère qui couve partout dans le monde hospitalier, les membres du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’AP-HP ont décerné à son directeur Martin Hirsch en fin de semaine dernière le « Trophée du meilleur destructeur de l’hôpital public ». Pour autant, malgré ce climat de défiance qui se généralise, certains CHU importants comme ceux de Toulouse et Lille, qui ont déjà connu des mouvements il y a quelques mois, n’ont pas réussi à repartir en grève ce coup-ci, même s’ils étaient représentés samedi à Paris.

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Michel Étiévent : « La Sécu a été entièrement bâtie dans un pays ruiné grâce à la seule volonté militante »

Publié le 25 Janvier 2019 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Droits de l'homme, Liberté - Egalité - Fraternité, Santé, Services publics, Société

Michel Étiévent : « La Sécu a été entièrement bâtie dans un pays ruiné grâce à la seule volonté militante »

Avec Macron, la privatisation de la Sécu est en marche forcée : augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée), milliards d’euros “économisés” (et lits d’hôpitaux en moins), chasse aux fraudeurs, augmentation du forfait hospitalier… Pour comprendre pourquoi on devrait défendre la Sécurité sociale avec acharnement plutôt qu’accepter béatement sa destruction méticuleuse, nous revenons sur les conditions de sa création et son histoire avec Michel Étiévent – historien militant né dans la même maison que l’homme à l’origine de la Sécu – dans le numéro deux de notre revueConstruite envers et contre le Capital dans un pays ruiné par la guerre, la Sécurité sociale est probablement le service public qui a le plus changé la vie des Français au siècle dernier. 

Le Comptoir : Comment les gens se soignaient-ils en France avant la création de la Sécurité sociale en 1945 ?
 

Michel Étiévent : En 1938 en France, il y a sept millions de salariés. Cinq millions d’entre eux n’ont aucune protection sociale. Les deux millions restants ont de vagues assurances sociales. Celles-ci sont nées en 1930 et s’apparentent plutôt à de l’aumône. Certains ont aussi de vagues mutuelles mais elles sont épuisées à la moindre épidémie de grippe. La majorité des gens ne se soignent pas et attendent la mort. C’est l’insécurité totale du lendemain. Cinq millions de salariés n’ont pas de retraite non plus. La seule retraite à l’époque, c’est le cimetière. On imagine la rupture qu’apportât la Sécurité sociale en amenant simplement de la dignité. La Sécu, au final, ce n’est rien d’autre que le droit de vivre.

En 1945 en France, le taux de mortalité infantile est de 100 pour 1 000. Neuf ans après seulement l’institution de la Sécu, on passe à 30 pour 1 000. De 1915 à aujourd’hui, on a gagné près de trente années d’espérance de vie. On le doit essentiellement à la Sécu qui a apporté à tous la possibilité de se soigner et qui a mis à la disposition de tous les grands succès médicaux, comme la naissance de médicaments tels que la pénicilline, ou ceux pour soigner l’hépatite, qui ont pu sauver des vies.

« La Sécu, ce n’est rien d’autre que le droit de vivre. »

À la faveur de quoi le processus de création de la Sécurité sociale s’est-il enclenché ?

Après la guerre, le Conseil national de la résistance (CNR), un groupe de 18 jeunes résistants mené par Jean Moulin avant sa mort, a décidé d’en finir avec cette insécurité du lendemain. C’est l’idée de cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins. C’est le sens d’ailleurs de la première intervention d’Ambroise Croizat, ministre communiste de la Libération, à l’Assemblée nationale en 1945 : « Désormais, nous mettrons fin à l’insécurité du lendemain, nous mettrons l’homme à l’abri du besoin, nous ferons de la retraite non plus l’antichambre de la mort mais une étape de la vie et nous ferons de la vie autre chose qu’une charge et un calvaire. » Du programme rédigé par le CNR naît la fameuse ordonnance du 4 octobre 1945 qui institue la Sécurité sociale.

Qui est Ambroise Croizat ?

Ambroise Croizat est un fils d’ouvrier, un fils de manœuvre, qui naît le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon, en Savoie. Très vite, Antoine Croizat, son père, comprend que si on veut améliorer les conditions de vie extrêmement dures des travailleurs, il faut se bouger. Il lancera une grève en 1906. Ce sont les prémisses des revendications pour la protection sociale. Il s’agit de changer les rythmes, d’avoir des conditions de travail plus décentes et surtout d’obtenir une caisse de secours, l’ancêtre de la Sécu en fait, qui amènerait une couverture en cas de maladie ou d’accident de travail, puisqu’à l’époque, il n’y avait rien. Il se fera licencier pour ça. La famille va alors partir pour Ugine avant de rejoindre Lyon. Ouvrier depuis ses 13 ans, Ambroise va devenir un syndicaliste important de la CGT [Confédération générale du travail, NDLR]. Il adhérera au Parti communiste en 1920. En 1936, il est secrétaire de la fédération nationale CGT des métaux et il devient alors député de Paris. C’est le Front populaire. Dans les batailles menées à l’époque, c’est lui, avec d’autres, qui imposera les 40 heures, les congés payés, les conventions collectives.

Suite au pacte germano-soviétique d’août 1939, le PCF est dissous et ses militants incarcérés, dont les 36 députés communistes de l’Assemblée nationale. Croizat est ainsi arrêté et sera déporté au bagne d’Alger par Pétain. Il est libéré en 1943, après le débarquement anglo-américain sur les côtes algériennes et marocaines, et il rejoint le général de Gaulle dont le gouvernement provisoire est alors à Alger. Il fera ainsi partie de la commission consultative du premier gouvernement provisoire de la France, qui est en lien avec le CNR fondé la même année. Croizat est nommé président de la commission Travail par de Gaulle et il est chargé de préparer clandestinement la mise en œuvre du programme social du CNR.

Ambroise Croizat, au centre

En 1945, à la Libération, et suite au succès du Parti communiste aux élections législatives, il est nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il laissera un héritage social considérable : les retraites, les comités d’entreprise, la médecine du travail, le triplement du montant des allocations familiales, le doublement du congé maternité, la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles, et la mise en place de tous les statuts sociaux (de la fonction publique, des mineurs, d’électricien-gazier, etc.) avec Marcel Paul. Croizat a permis aux travailleurs d’avoir un rôle social, avec la création des comités d’entreprise notamment, dans la gestion et l’avenir de leur profession. Il va le payer très cher puisqu’il va mourir très jeune, en 1951. Il a 50 ans. Un million de personnes suivent le cortège dans les rues de Paris lors de son enterrement. C’est un enterrement à la Victor Hugo. Il n’y en a pas eu beaucoup. Les gens lui ont rendu hommage.

J’imagine qu’Ambroise Croizat n’a pas mené cet immense chantier seul. Sur le terrain, qui a bâti la Sécu ?

La Sécu va être bâtie par le peuple français, par un petit groupe de militants de base, essentiellement issus de la CGT en fait. Ces mêmes militants géraient la Sécu. La CGT avait d’ailleurs la majorité dans les conseils d’administration des caisses où 75 % des sièges étaient réservés aux travailleurs syndiqués et 25 % aux patrons. Ce sont donc des ouvriers comme Jolfred Fregonara, qui apparaît dans le film La Sociale, qui ont bâti en un temps très court la Sécu. On dit souvent que ça a pris 18 mois parce que ça correspond au temps qu’Ambroise Croizat, qui avait la maîtrise d’œuvre de ce chantier, est resté au gouvernement, mais en fait la création des caisses a eu lieu du 22 mai 1946 à août 1946. C’est un travail considérable. Ces militants vont construire 138 caisses de Sécu et 113 caisses d’allocations familiales, qui vont complètement changer la vie des gens. Il faut imaginer que les caisses de l’époque, c’est parfois une baraque en planches, parfois un wagon aménagé dans une gare, c’est un petite pièce ici ou là où des bénévoles, ramassent les feuilles de Sécu, payent les gens, etc.

On comprend l’enthousiasme indescriptible dans lequel ces militants ont bâti la Sécu, hors de leur temps de travail, pendant leur temps de congé et de manière totalement bénévole. Ils ont bouleversé la vie des Français en un temps très court, dans un pays totalement ruiné.

Au moment de la création de la Sécu, quelles ont été les résistances ?

Immédiatement, dès l’apparition de l’ordonnance d’octobre 1945 instituant la création de la Sécu, des défiances sont apparues. Elles viennent, naturellement, d’abord des patrons qui n’en veulent pas puisqu’il faut payer des cotisations sociales. Ensuite, ça vient de syndicats minoritaires, comme la CFTC [Confédération française des travailleurs chrétiens, NDLR], qui voulaient revenir aux anciennes caisses. Les oppositions proviennent évidemment des mutuelles dont la Sécu prend alors les biens puisque c’est elle qui va désormais tout gérer. Ça vient aussi des médecins, notamment du syndicat des médecins libéraux, qui s’opposent tout de suite à la Sécu parce qu’elle fixe leurs honoraires. Ils supportaient par ailleurs difficilement que la Sécu soit gérée par des ouvriers, qui plus est par des ouvriers de la CGT. Les assurances privées ont également lutté contre la Sécu, on comprend pourquoi. La droite française s’est battue farouchement bien qu’elle se refusait à le faire ouvertement puisque le rapport de force était contre elle. C’est d’ailleurs ce rapport de force au moment de la Libération qui a permis à la Sécu d’être mise en place : les cinq millions d’adhérents à la CGT, les 29 % d’adhérents au Parti communiste et les classes ouvrières sont sortis grandis de leur résistance alors que le patronat était totalement mouillé par la collaboration. Ce dernier pouvait difficilement dire quelque chose.

« Cotiser selon ses moyens et de recevoir selon ses besoins.« 

Quels sont les principes qui ont orienté la création de la Sécurité sociale ?
Illustration d’Héloïse Goude pour La Revue du Comptoir (n°2)

Il y en a quatre et ils ont tous été volés aujourd’hui.

Le premier, c’est l’unicité : dans une seule caisse, au plus proche des habitants, par département, on va grouper tous les risques sociaux (maladie, vieillesse, maternité). De la naissance jusqu’au décès, les gens peuvent disposer de tous leurs droits sur place et au même endroit.

Le deuxième grand principe au moment de la fondation de la Sécu, c’est celui de l’universalité. On le doit principalement à Croizat. Tout le monde sera soigné. Ceux qui ne le veulent pas, c’est parce qu’ils l’ont refusé, comme les fonctionnaires ou les cheminots qui ont décidé d’avoir leurs propres caisses.

Le troisième, et il constitue l’exception française, c’est la solidarité. La Sécu est financée essentiellement par la cotisation sociale par répartition et par solidarité, qu’on soit bien portant ou malade, vieux ou jeune, actif ou non actif. Ce qui est formidable dans la cotisation sociale, contrairement à l’impôt, c’est qu’elle va directement du cotisant au bien-être des gens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle aujourd’hui, on voudrait supprimer les cotisations sociales, parce que cet argent ne passe par aucun actionnaire, aucune banque, il va directement aux gens qui en ont besoin.

Le dernier pilier de la Sécu, qui est à imputer à Croizat aussi, c’est la démocratie. Si on veut permettre l’accès au droit de la santé pour tous, il faut que l’institution soit gérée par les intéressés eux-mêmes. C’est l’idée des conseils d’administration à majorité ouvrière.

Comment la Sécurité sociale a-t-elle évolué depuis ?

Dès 1947, les mutuelles qui géraient certaines des anciennes caisses sont arrivées à imposer leur existence grâce au retour de la droite au pouvoir après l’expérience gaullo-communiste de 1945-47. Et puis, la même année, les Américains vont s’en mêler en proposant le plan Marshall, c’est-à-dire en offrant une aide financière colossale à condition qu’on arrête l’invention sociale. Les communistes sont alors évincés du gouvernement. Au même moment, la classe ouvrière va se diviser, notamment avec l’invention de FO [Force ouvrière, NDLR], qui est d’ailleurs directement le fruit de la CIA1 [Central intelligence agency, les renseignements américains, NDLR]. Elle est destinée à casser l’unité ouvrière de manière à ce que les caisses n’appartiennent plus entièrement à la CGT. Ça a notamment été reconnu par George Meany, le chef des syndicats américains, qui a financé FOi. Cette époque correspond aussi au début de la Guerre froide, où une répression formidable est menée contre les communistes mais aussi contre les syndicalistes – les grandes grèves de 1947 seront d’ailleurs durement réprimées.

Ce mouvement s’est amplifié avec les années puisque dès 1953, les premières vraies batailles contre la Sécu apparaissent. On essaye d’abord de miner la retraite des fonctionnaires. Puis, en 1959, on va essayer d’imposer ce qu’on appelle les franchises, c’est-à-dire que les gens ne seront remboursés qu’à partir d’une certaine somme dépensée en soins médicaux, à l’époque c’était 3 000 francs. L’opposition a été si forte qu’elles n’ont pas pu être mises en place.

En 1958, c’est la première attaque forte contre la Sécu par le général de Gaulle, pourtant porteur de l’idée en 1945 quoiqu’elle lui ait été imposée par le rapport de force. Les directeurs de caisses seront dès lors nommés et non plus élus. Puis, il revient sur l’idée même de Sécurité sociale en imposant les ordonnances Jeanneney d’août 1967. Celles-ci imposent le contrôle préalable des budgets et le paritarisme, supprimant ainsi la gestion de la Sécu par les travailleurs puisque 50 % des sièges du conseil d’administration passent alors aux mains des patrons, laissant 50 % aux ouvriers. Il suffira alors d’un syndicat patronal minoritaire (mais unique) pour faire basculer la gestion vers le patronat. De Gaulle casse aussi la Sécu en plusieurs branches : auparavant tout était lié, les accidents de travail, la maternité, la maladie, la vieillesse. C’est comme un saucisson, quand on le coupe c’est plus facile de le manger. Le principe de solidarité est supprimé.

« Aujourd’hui, alors que la France est la 5e puissance du monde, 32 % des Français hésitent ou renoncent à se soigner pour des raisons financières. »

Et puis, il y aura toute une succession d’attaques. Avec le plan Barre, l’État commence à vouloir faire des économies sur la Sécu. Le ticket modérateur – le reste à charge pour l’assuré – était très mince sous Croizat et, dès lors, il ne cessera plus d’augmenter sous tous les gouvernements successifs dans le sillage de la privatisation rampante de la Sécu via le contrôle de l’État. Rocard impose ensuite la CSG (Contribution sociale généralisée), qui est un impôt et plus du tout une cotisation sociale prélevée sur le salaire. Georgina Dufoix va essayer d’imposer des franchises dans les années 1980. Et l’ensemble des plans Juppé, Raffarin, Chirac vont allonger la durée de travail et de cotisation. Et ça continue jusqu’à aujourd’hui avec l’ANI (Accord national inter-professionnel) de 2013 que la CGT n’a pas signé mais que la CFDT [Confédération française démocratique du travail, NDLR] a avalisé. Celui-ci impose une mutualité dans l’entreprise et constitue une rupture d’égalité puisque tout le monde n’est pas concerné, mais uniquement ceux qui travaillent (vieux, chômeurs et précaires ne l’ont pas). La mutuelle est au choix du patron. L’ANI impose aussi une rupture de confidentialité dans la mesure où les patrons peuvent potentiellement connaître le profil pathologique de leurs employés. Tout ça participe à privatiser la Sécu.

 

 

Il ne faut pas oublier que la Sécu a été entièrement bâtie dans un pays ruiné grâce à la seule volonté militante. Aujourd’hui, alors que la France est la 5e puissance du monde, 32 % des Français hésitent ou renoncent à se soigner pour des raisons financières [chiffres Insee de 2007, NDLR]. Tout ça est imposé par les réductions budgétaires décidées par l’État et votées par les députés. Si on voulait en finir avec le “problème” du “trou” de la Sécu, pourtant, on le pourrait. Celui-ci est de 10 milliards d’euros et dû au fait qu’il y a de moins en moins de recettes. Ceci est notamment imputable à la baisse de l’emploi : alors que plus de trois millions de personnes ont été mises au chômage, 100 000 emplois en plus en France correspondraient à deux milliards de plus dans les caisses de la Sécu. Aujourd’hui, il y a 40 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales pour le patronat, obtenus par le chantage à l’emploi. Il y a 20 milliards de fraude aux cotisations, principalement obtenues par le travail au noir. Il y a 80 milliards d’évasion fiscale. Enfin, il y a 312 milliards d’euros de revenus financiers en France qui ne sont soumis à aucune cotisation sociale. L’État vient d’employer 270 personnes pour courir après les chômeurs. Est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt employer ces gens-là pour courir après l’évasion fiscale, c’est-à-dire après les gens qui ne payent pas de cotisations ?

Le problème du prix des médicaments est scandaleux par ailleurs : un traitement pour l’hépatite C aujourd’hui coûte 100 dollars à la fabrication et est vendu 48 000 euros à la Sécu. On pourrait très bien créer un Pôle public du médicament avec des médecins et des usagers qui géreraient tout ça. Un autre moyen “d’économiser” serait de faire enfin de la prévention : par exemple, on connaît la toxicité de l’amiante depuis 1967 mais il a fallu attendre 1997 pour l’interdire. Entre temps c’est 30 000 morts et on en annonce 100 000 nouveaux. Il y aurait beaucoup de choses à faire avant de vouloir supprimer la Sécu. Il faudrait seulement un peu de courage politique. Et c’était la vertu cardinale de certains de nos représentants au moment de la Libération : ils plaçaient l’humain au centre de tout leur champ politique. Ce n’était pas les banques qu’ils voulaient sauver, c’était l’homme.

Note :

1 George Meany a déclaré peu après “l’opération” au club de presse de Washington : « Je suis fier de vous dire, parce que nous pouvons nous permettre de le révéler maintenant, que c’est avec l’argent des ouvriers de Detroit et d’ailleurs qu’il nous a été possible d’opérer la scission très importante pour nous dans la CGT, en créant le syndicat ami Force ouvrière. »(cité dans E… comme espionnage, de Nicolas Fournier et Edmond Legrand, éditions Alain Moreau, 1978).

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Granville, Samedi 1er décembre, inauguration de la rue Ambroise Croizat, fondateur de la Sécurité Sociale

Publié le 3 Décembre 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Granville, Santé, Société, Liberté - Egalité - Fraternité

 

 

Discours prononcé pour l’inauguration de la rue Amboise Croizat à Ganville par la présidente du Comité des usagers pour la défense de hôpital public de proximité.

 

A Vierzon, le 23 octobre, s’est tenue la rencontre nationale d’élus et de représentants des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Réunion orchestrée par le Maire de Vierzon.

 

 

            Il a été débattu des difficultés des établissements hospitaliers et 5 actions communes ont été décidées à l’issue de cette journée :

- de lancer un appel commun (pétition change.org) ;

- de distribuer une lettre à tous les Maires lors du congrès de Maires les 20, 21 et 22 novembre à Paris ;

- de demander un rendez vous auprès de Mme Agnès Buzyn, Ministre des solidarité et de la Santé ;

- d’organiser une action locale le 1er décembre ;

- d’essayer, si possible, d’organiser un référendum d’initiative locale les 26 et 27 janvier 2019.

            Ce qui nous rassemble donc aujourd’hui ,

            C’est celle qui nous permet de nous soigner, d’avoir accès aux allocations familiales, de bénéficier d’une retraite.

            Elle à plus de 70 ans, elle nous concerne TOUS (66 millions) quotidiennement tout au long de notre vie….et pourtant son histoire reste inconnue pour bon nombre de citoyens !

            Vous l’avez reconnue, bien sûr : c’est la Sécurité Sociale !

 

La Sécu !

- d’où vient-elle ?

            - comment a-t -elle été possible ? sur quelle base ?

            - qui sont ses bâtisseurs ?

            - qu’est-elle devenue au fil des décennies

 

Dans l’esprit des gens, la Sécu, c’est de l’administratif. On en parle quand on parle se son déficit « le trou de la Sécu !» Et pourtant c’est bien autre chose : un belle histoire sociale !

 

            Un rêve que tous les peuples font : « Pouvoir vivre sans l’angoisse du lendemain »

 

            — Durant la deuxième guerre mondiale, dans la clandestinité, le CNR (Conseil National de la Résistance) avait défini un ensemble de propositions pour se prémunir socialement et économiquement contre les effets de la finance, pour faire que la France soit autonome sur le plan industriel mais aussi dans le souci d’émancipation des citoyens afin qu’ils soient acteurs conscients éveillés.

 

Le programme bien nommé « les jours heureux ».

 

—Ce programme fut la base des ordonnances de 1945 instituant la Sécurité Sociale.

En effet, a la sortie de cette guerre, il existait déjà des caisses, des mutuelles, « les assurances sociales », mais elles ne couvraient qu’un tiers de la population, avec des remboursements limités. Les fondateurs de la Sécu, enthousiastes, optimistes, voulaient parvenir à généraliser la Sécu à toute la population.

            Son financement était prévu par les cotisations des salariés et des patrons. Son budget géré par les représentants des salariés qui détenaient 75% et le patronat 25%.

 

— 1945 - 2 ordonnances concernant : les risques maladie, la maternité, l’invalidité, la vieillesse et le décès.

 

— 1946 - 3 ordonnances : celle qui posait le principe de généralisation de la Sécu, puis celle des allocations familiales étendues à toute la population et celle qui précisait le système de réparation en cas d’accident du travail.

L’assurance chômage aurait dû intégré la Sécu ! Mais si les forces réactionnaires faisaient profil bas au sortir de la guerre, très vite l’idéologie libérale reprit du poil de la bête !

 

— Dès sa création, ce système solidaire universel qu’est la Sécu, s’est trouvé des opposants :

Le patronat bien sûr, mais aussi les mutuelles qui perdaient leurs prérogatives, la médecine générale qui craignait d’être étatisée, même l’église qui se voyait perdre ses caisses de solidarité. Ce qui fait que les indépendants, les commerçants et les artisans ont refusé. Seul l’ensemble des salariés du commerce et de l’industrie fut couvert par la Sécu.—

 

Il faut réaliser que ce sont des milliers et des milliers de gens, avec les militants communistes et les syndicalistes CGT qui ont mis toute leur énergie, leur temps libre pour mettre en place les caisses maladie, de retraite, d’allocations familiales dans tous les départements…en moins d’un an !

Ceci sous la gouvernance d’Ambroise Croizat, ministre du travail, ministre communiste ! Pas du goût de tout le monde ! Difficilement supportable !

 

De 1960 à 1967 – Les salariés perdent de leur pouvoir à la direction de la Sécu qui doit répondre à une logique gestionnaire.

 

— 1967 – Les ordonnances Jeanneney établissent le paritarisme dans son administration 50% aux salariés, 50% aux patronat. De Gaulle sépare les risques en 4 caisses distinctes.

 

— Les années 80 vont faire basculer d’une logique sociale à une étatisation à une conception technocratique, cette belle institution. Jusqu’en 2004, où il n’y a plus de représentants de salariés dans le processus de décision ; les syndicats n’ont plus qu’un avis consultatif.

C’est Alain Juppé qui fait rentrer la finance plutôt qu’augmenter les cotisations.

Et les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de réduire les moyens de la Sécu, sans pour autant régler son déficit ! Mais en créant un appel d’air pour le secteur privé.

 

— On a vu l’instauration de la T2A (tarification à l’acte) pour financer les hôpitaux et permettre aux cliniques privées de choisir les actes les plus rentables.

 

— La loi Bachelot qui créait l’ARS ( Agence Régionale de Santé) qui a tout pouvoir, étant le bras armé de l’appareil d’Etat.

 

— Les réformes Touraine avec le développement des dépassements d’honoraires, la gestion des hôpitaux comme des entreprises.

 

— Et le gouvernement Macron - Buzyn jouent la suite logique avec sa réforme « ma santé 2022 » qui ne se préoccupe que la médecine générale, qui fait payer la santé par la CSG (Contribution Sociale Généralisée), qui instaure la retraite par points, qui, avec le prélèvement de l’impôt à la source sur les salaires, rendra encore plus opaque la part des cotisations sociales….

Ainsi ont expliquera qu’on ne peut plus financer la Sécu comme après la guerre « c’est ringard ! », « non au monopole de la Sécu ! ».

 

— 630 milliards, tel est le budget annuel de la Sécu, qui échappe à la loi du marché ! On comprend l’impatience des assurances privées !

Des dépenses qui augmentent bien sûr avec l’augmentation de la durée de vie.

Et on ne pourrait pas plus garder le principe solidaire d’une Sécurité Sociale « chacun cotise selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins ».

N’oublions pas que nos cotisations sont une partie de notre salaire, c’est du salaire socialisé. Et jusqu’en 1991 la Sécu était financée à 90% par nos cotisations, aujourd’hui à 60%.

Bien sûr le chômage, les salaires de misère, mais pas que…les cadeaux faits aux riches :

- le CICE (Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi) 40 à 50 milliards et qui ne crée pas d’emplois ;

- la suppression de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) qui ne ruisselle pas ;

- les exonérations des cotisations patronales et bientôt les cotisations salariales, 60 à 70 milliards ! C’est du vol !

            - l’évasion fiscale.

Des cadeaux donc moins de recettes. Et parallèlement le gouvernement rend les mutuelles complémentaires obligatoires, augmente les déremboursements, le reste à charge, ferme les services hospitaliers, supprime des milliers de postes de soignants, vote un PLFSS (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale) dont le montant est loin des besoins.

 

            TOUT est fait pour réduire la place de la Sécu sous prétexte d’économies. Or le coût de la gestion de la Sécu est de 6% de son budget, les complémentaires privées qui se concurrencent dépensent 23% de leur budget en marketing.

            Alors, suffit les discours sur le « trou de la Sécu », sur le coût des dépenses sociales « les charges ». L’argent de la Sécu appartient aux assurés sociaux. Cotiser donne des droits, c’est le contraire de la charité.

 

Nous voulons une Santé du XXIème 100% Sécu, fidèle aux principes fondateurs de 1945, qui réponde aux besoins actuels de la population : prévention, soins, perte d’autonomie.

            Et s’il est vrai qu’il y a excédent, nous exigeons que cet argent aille à la Sécu et non pour renflouer les caisses de l’État.

 

            C’est pourquoi, aujourd’hui nous aimerions rendre hommage, un hommage discret mais non moins sincère, à un des fondateurs de la Sécurité Sociale : Ambroise Croizat.

 

            Né en 1901 d’un père métallurgiste Savoyard qui lancera une grève importante pour la protection sociale en 1906. Ambroise Croizat prend la relève dès l’âge de 17 ans :

            Il adhère à la CGT, il anime de nombreuses grèves.

            Présent dès le début des grandes grèves des métallos de1936, il encourage à l’étendre à tous les secteurs. Il veut faire germer les acquis obtenus par le Front Populaire.

            Il se bat pour imposer des conventions collectives écrites pour mettre fin au bon vouloir des patrons.

            Parallèlement il encourage une politique sociale et culturelle avec priorité aux enfants et aux anciens. Mais disait-il « gardons nous de les considérer comme acquis, le patronat ne désarme jamais ! ».

En effet, dès 1937, les nuages arrivent du côté du patronat qui se réorganise et influence le gouvernement.

1938 – Les lois de régression sociale arrivent en cascade, décrétées par le gouvernement Daladier. Ambroise Croizat appelle à la résistance mais la répression est violente. Le patronat tient sa revanche ! La haine est partout, surtout vis à vis des Communistes

1939 – Le gouvernement les jette en pâture, le PC est dissout, Ambroise Croizat est sans cesse suivi, il sera arrêté sur les marches de l’Assemblée, en octobre. D’abord la prison de la Santé, puis de prison en prison, il finit au bagne de Maison Carré à Alger, là où l’on jetait « les indésirables français ». 22 mois de détention dans des conditions horribles.

Ouverture du bagne le 5 février 1943. Libérés, Ambroise Croizat et ses amis syndicalistes et communistes négocient ardemment pour faire sortir les 3200 militants encore enfermés.

Amaigri, fatigué, Ambroise Croizat reprend la route pour reconstruire le PC ; il mobilise la population, dénonce la collaboration, s’adresse à la Résistance Française… Il veut redonner la dignité aux travailleurs, aux Français, afin que sang versé n’est été vain.

« Accoucher d’une France nouvelle, celle des nationalisations et de la Sécurité Sociale ».

 

— Dès septembre 1943, Ambroise Croizat rejoint la CGT clandestine et va présider la commission travail avec De Gaulle. C’est là que va prendre vie le programme du CNR de mai 1943 présidé par Jean moulin.

— Une France exsangue, un patronat sali par la collaboration, un peuple avide de justice, une CGT et un PC forts : le rapport de force est là !

5 ministres communistes au gouvernement provisoire de De Gaulle. Ambroise Croizat « Ministre du travail et de la Sécurité Sociale ». Il y restera 2 ans.

— On imagine l’immensité du travail qui les attend dans cette France ruinée, face à ces millions de Français qui ont mis tous leurs espoirs dans ces Ministres qui les représentent.

Il faut se battre pour imposer les réformes du CNR. La Sécu devient un droit fondamental, universel et solidaire (unicité, universalité, solidarité, démocratie). Vaste chantier !

2 ans consacrés à ce système cohérent autour des 138 caisses primaires d’assurance maladie et 113 caisses d’allocations familiales.

« rien ne pourra se faire sans vous… Elle implique une action concrète sur le terrain…Elle réclame vos mains ». Appel entendu : construire des locaux, tenir des permanences, récupérer les feuilles de soins, les arracher aux assureurs privés, convaincre les médecins qui hurlaient à l’étatisation de la médecine… Et il fallait faire vite !

 

C’est ainsi que Ambroise Croizat laisse les plus belles conquêtes sociales :

un système de prestations familiales uniques au monde ;

la retraite dans sa conception moderne ;

la majoration des heures supplémentaires ;

l’augmentation des primes du travail de nuit et du dimanche ;

le mois de congés payés ;

l’augmentation des salaires ;

le statut de la fonction publique ;

la formation professionnelle ;

les conditions de travail ;

la médecine du travail et encore bien d’autres lois sociales…

 

Toujours en contact avec la population, très à l’écoute, il pouvait ainsi déterminer ce qui devait être fait pour toujours aller vers plus de dignité.

 

Mort le 17 février 1951, à 50 ans, 1 million de gens , dans les rues de Paris, qui marche vers le Père Lachaise.

Qui peut se targuer ? non ? Son nom entrera dans le dictionnaire seulement en 2012 !

Marcel Paul qui a œuvré à ses côtés pour défendre un statut pour les mineurs, gaziers et électriciens…n’y est toujours pas !

 

— Un tel personnage mérite son nom dans notre ville. C’est pourquoi nous avons voulu rendre hommage pour tout ce qu’il nous a apporté, lui et ses camarades :

La dignité, le goût de la solidarité, ce qui fait son identité.

 

A nous de sauvegarder cette conquête !

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les sentinelles - prochain ciné débat LDH

Publié le 12 Novembre 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Services publics, Santé

la LDH de Coutances vous invite à la séance de ciné débat qu'elle organise au cinéma de Hauteville vendredi 16 novembre à 21H00.

 

après le film " les sentinelles" , nous pourrons débattre sur l'état de la médecine en France avec un médecin du comité d'usagers pour la défense des hôpitaux publics de proximité - Granville.

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La malbouffe cible nos enfants : une loi doit les protéger !

Publié le 11 Octobre 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé, Dictature des multinationales et du MEDEF

C’est aujourd’hui la Journée mondiale de l’obésité. Un rappel s'impose : en France 1 enfant sur 6 est en surpoids ou obèse. Cela pose un problème de santé publique majeur.

Pourtant, des solutions simples et qui font consensus existent pour enrayer ce phénomène. L'interdiction du marketing visant les enfants pour des produits trop gras, sucrés et/ou salés en fait partie. Elle est recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Et c’est aussi l’avis de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’alimentation industrielle, qui a auditionné foodwatch. Mais elle n'est pas appliquée, faute de volonté politique.

 
 
 
 
  
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