Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Un toit c'est un droit !

Publié le 13 Avril 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Résistance

Bulletin d'information de la Fédération DAL - Paris, le 12 avril 2010

Pétition de soutien aux expulsés de Gennevilliers « 133 Avenue Marcel Paul »

50 ménages, dont 11 familles avec enfants ont été expulsés le 8 avril par d’importantes forces de police, d’un immeuble appartenant à GDF-Suez, situé 133 Avenue Marcel Paul à Gennevilliers.

Faute de logement, ils occupaient les lieux sans titre depuis 2004. Ils ont un travail. Ils ont fait, pour ceux qui l’ont pu, des demandes de logements social, et géraient les lieux paisiblement. Les habitants demandent à être relogés, et souhaitent vivre régulièrement dans un logement décent, signer un bail et payer un loyer.

Le 11 avril, les CRS sont intervenus, ont arraché brutalement et confisqué les tentes et le matériel de couchage mis à la disposition des familles par le DAL. Ensuite, les CRS ont mis à part les sans papiers, les ont aligné et ont interpellé 8 hommes choisit au hasard. Cette forme de représailles inadmissible nous rappelle des pratiques que l’on croyait bannies.

Au début d’une période des expulsions qui va s’annoncer désastreuse, nous appelons à la solidarité avec les expulsés de Gennevilliers, et exigeons que GDF, qui a engrangé 4,5 milliards de bénéfices en 2009, organise avec le département des Hauts de Seine le relogement de tout les expulsés du 133 Avenue Marcel Paul.

bandeau-petition-gennevilliersSignez la pétition de soutien aux expulsés de Gennevilliers « 133 Avenue Marcel Paul »

 

Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL.

 

Association Droit Au Logement (DAL) - 24 rue de la Banque - 75002 Paris : www.droitaulogement.org

commentaires
Publicité

il y a 139 ans : La Commune

Publié le 12 Avril 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Liberté - Egalité - Fraternité

le 28 mars 1871 : Proclamation de la Commune de Paris à l'hôtel de ville.

   

commune-de-Paris.jpgLa Commune de Paris désigne une période insurrectionnelle à Paris qui dura deux mois environ, du 18 mars au 28 mai 1871 ("semaine sanglante" du 21 - 28 mai). Cette insurrection contre le gouvernement issu de l'Assemblée Nationale, qui venait d'être élue au suffrage universel, établit une organisation proche de l'autogestion pour gérer la ville.

Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Narbonne, Toulouse, Le Creusot, Limoges), des communes furent proclamées à partir du 23 mars 1871, mais elles furent toutes rapidement réprimées. Pour Karl Marx, c'est la première insurrection prolétarienne autonome. (...) lire la suite

ThumbnailServer2.jpg 

Jean Ferrat chante la Commune  

 

 voir le clip vidéo

commentaires

Halte à l'intox sur les retraites

Publié le 8 Avril 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes

Non à la destruction des solidarités sociales !

liberte.jpgLe gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote…) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen – niveau de la retraite par rapport au salaire, passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.

Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite.

Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir.

Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ». Dans les deux cas, il s’agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l’avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d’équilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié-es pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps.

La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les États continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les États donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques.

Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux…) pour stopper cet engrenage.

 

signer la pétition

 

 

commentaires

Démocratie

Publié le 3 Avril 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Régionales 2010

alter50g.jpgQuand il en va de la démocratie !

A la veille des élections régionales, Alternative Citoyenne 50 avait élaboré un questionnaire destiné aux têtes des listes en présence en Basse-Normandie, dans la perspective de comparer les propositions et d'informer les citoyens.

Que pensez-vous qu'il en advint ? Et bien : zéro, nenni, nada, pas la queue d'une réponse !

Édifiant !

commentaires

Retraite, le débat est ouvert

Publié le 3 Avril 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Vu sur le Web

Pour alimenter le débat sur les retraitesensemble.gif

 

 

De: André Forcadel pour le coopér’acteur

   

    Ouvrir un débat sur la pérennisation du régime de retraite par répartition s’avère urgent, tant il semble évident que le président Sarkozy et son gouvernement voudraient l’escamoter.
L’obsession de ces chantres du monde capitaliste est de faire sauter le « verrou » de l’âge de départ à 60 ans avec, hélas, des voix concordantes émanant du PS et de sa première secrétaire.

    Depuis de nombreuses années, le patronat, qui bénéficie d’une oreille attentive de la part des politiques, veut nous faire croire qu’il n’y a que trois solutions pour financer les retraites :
         1. Réduire le niveau des pensions
         2. Augmenter les cotisations salariales
         3. Repousser l’âge de départ à la retraite en allongeant la durée de cotisation

    Notre premier sinistre, quant à lui, prétend qu’il faudrait trouver 100 milliards d’euros à l’horizon 2050 pour assurer le fonctionnement du système de retraite…. Chiffre fantôme car en aucun cas le premier sinistre ne précise de quelle étude il est tiré !

Mais allons un peu dans son sens et aidons notre brave homme à trouver ces milliards « manquants » :
Sans attendre, il est possible d’économiser :
       · 30, 7 milliards d’exonérations de cotisations sociales octroyées en 2008, sans création d’emploi…
       · 10 à 15 milliards de bouclier fiscal
       · 22 milliards en trois ans d’exonération de plus values de cession de titres de participation des entreprises (vente de filiales, les sociétés empochant des bénéfices non imposés).  Et complétons ce petit calcul par quelques mesures urgentes :
        · Augmentation des salaires : en vingt ans la part des salaires dans la richesse produite a baissé de 10 points, passant de 70 à 60%, ce qui représente 180 milliards d’euros par an partant dans la poche des actionnaires au détriment des salariés. Une hausse des salaires permettrait une hausse des cotisations et des rentrées fiscales plus importantes…
       · Taxation des produits financiers au même niveau que les salaires
       · Diminution considérable des heures supplémentaires : depuis 2007, elles n’ont cessé d’augmenter, malgré la crise (ou grâce à elle…) et sont exonérées de cotisations sociales. Or pour la seule année 2009 elles représentent l’équivalent de 402 000 contrats de travail à temps complet et une exonération de cotisations patronales de 3 milliards d’Euros…Merci qui ?

 

     Les conséquences de telles politiques sont désastreuses pour l’ensemble des salariés.
Le MEDEF et le gouvernement actuel considèrent que la baisse des cotisations par diminution du nombre d’actifs est inéluctable à l’horizon 2050
Or ces données ont été considérablement revues par le Conseil d’Orientation des Retraites qui s’est appuyé sur les prévisions de croissance démographiques réactualisées par l’INSEE en 2006 qui prévoit que la population active va continuer de croître.
D’autre part, dans un pays comme la France qui à fin 2009 présente un taux de chômage de 10%, dont 24% de jeunes de moins de 25 ans et un nombre plus important de précaires, le potentiel de main d’œuvre est énorme. Une politique différente en matière d’emploi (diminution significative des heures supplémentaire et fin des trappes à bas salaires avec les exonérations fiscales, recours à l’immigration) permettrait d’augmenter considérablement le nombre de cotisants et donc les ressources pour les pensions.
Vieillissement de la population et dette publique devraient, selon le MEDEF et nos dirigeants, conduire à retarder l’âge de la retraite pour tous.
C’est « mathématique » nous disent-ils pour mieux nous faire oublier que c’est « politique »

André Forcadel pour le coopér’acteur

voir la vidéo http://www.dailymotion.com/video/k1g5dSgkCKHOYZ1our8

 

 

commentaires
Publicité

Forum-débat le 7 avril 2010

Publié le 2 Avril 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces

FdG 50

 de la Manche 

organise un Forum-débat sur 

"Alternative politique et avenir des retraites"

Avec Francis Sitel  (Gauche unitaire) 

mercredi 7 avril 2010, 18h30 

Salle Jean Jaurès à  
Equeurdreville-Hainneville 

commentaires

Laïcité : la loi de 1905 remise en question

Publié le 31 Mars 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Vu sur le Web

Laicite.jpgUne interview de Christine Sampéré, adjointe au maire de La Seyne-sur-Mer, chargée de l’Education scolaire à propos des attaques en règle de la droite au pouvoir contre l’Ecole publique qui s’ajoutent à toutes les autres mesures conduisant à la privatisation de nos services publics.

A celles et ceux qui pensent que la défense de la laïcité serait un combat d’arrière-garde, que répondez-vous ?

C.S : Qu’il n’y a jamais eu autant de remises en cause de la laïcité qu’en ce moment ! On assiste à une offensive sans précédent visant à affaiblir l’enseignement laïque et républicain au profit de l’enseignement privé et confessionnel.

La République « ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». En coulisse, tout est fait pour torpiller l’esprit de cette loi dès qu’il s’agit d’éducation nationale.
Tout un pan du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran vient d’entrer en vigueur. On se souvient que le président plaçait le prêtre au-dessus de l’instituteur « dans la transmission des valeurs ». Ce que son gouvernement applique à la lettre.(...) lire la suite

commentaires

faire vivre la politique autrement

Publié le 31 Mars 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans L'Alternative dans l'action

 

FORUM (1ère étape Mardi 16 mars)

 

Alternative citoyenne 50, la FASE, GU ont repris l’idée à laquelle ils tenaient lors de la préparation des échéances électorales (même si nous avons échoué à construire des listes unitaires) : faire participer à la politique, le plus possible de militants, non seulement des partis politiques mais des organisations syndicales, des associations et bien sur des citoyens , bref des personnes actives dans différents mouvements sociaux.

Nous voudrions faire vivre la politique -autrement que lors des échéances electorales- et redonner goût à la politique . Nous partons de l’idée que chacun peut intervenir dans les décisions politiques qui ne doivent pas être abandonnées aux seuls élus . En quelque sorte, nous souhaitons construire un "lobbying démocratique" du moins dans l’esprit car il faudrait trouver une autre expression ! (...) lire la suite


 

commentaires

Ciné-Débat Granville

Publié le 28 Mars 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces

Mardi 6 Avril à 20h30 à la Salle du Hérel

Le bateau de Gaëlle

couple de marins-pêcheurs bretons, voient approcher

avec appréhension le moment où il leur faudra lâcher leur

bateau. Ce film émouvant et tonique suit au plus près

leurs gestes quotidiens et leurs inquiétudes à l'aube d'un

douloureux tournant.


Ce film sera suivi d’un débat en présence du

réalisateur Philippe Lubliner et du Président du

comité local de la pêche.


ENTRÉE GRATUITE

 

Mercredi 7 Avril à 20h30 à l’Agora
HERBE
Au coeur de la Bretagne paysanne, deux visions du métier

d’éleveur laitier se confrontent.

Alors que des Hommes se sont engagés depuis plusieurs

années dans une agriculture autonome, durable et

performante, le courant majoritaire de la profession reste

inscrit dans un modèle de production industriel, fortement

dépendant des groupes agricoles et agro-alimentaires


ENTRÉE GRATUITE

commentaires
Publicité

Le silence assourdissant des abstentionnistes.

Publié le 26 Mars 2010 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Tribune libre

Abstentions : toujours plus et longtemps encore…

 

« Nous avons entendu le message….nous allons répondre à leurs attentes ». Une fois de plus, confrontée à l’abstention, la classe politique se répand en déplorations et bonnes promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent…ou ne les écoutent plus.

Les instituts d’études politiques répètent à peu de choses près les mêmes indices concernant les électeurs muets… qui ont beaucoup de choses à dire. Mais gageons que rien ne changera lorsqu’on se force à regarder les débats qui opposent les représentants des partis sur les plateaux de télévision. Evidemment personne n’aura jamais vraiment perdu ou accepté clairement de le reconnaître. Manipulation experte des pourcentages de votants, multiplication des références aux élections passées, contrevérités flagrantes destinées à détourner les questions gênantes, contournement des enjeux  politiques et des problèmes concrets, attaques personnelles. La  mauvaise foi semble atteindre les plus sincères.

Nul ne paraît capable d’échapper à la machinerie infernale de la joute politique télévisuelle. Mais, encore une fois, la télévision ne fait que scénariser et refléter les pratiques politiques les plus ordinaires qui tendent à éloigner les citoyens de leur devoir civique. Bien que la classe politique française soit certainement d’un niveau de compétence et d’honnêteté qui n’ait rien à envier aux autres démocraties, il reste qu’une masse croissante de citoyens ne croit plus aux «  belles promesses ». Pour 67% de français, selon le CEVIPOF, « les politiques ne peuvent pas faire grand chose, ni la droite ni la gauche ».

« Quel est le sens, l’explication de tout ça, quelle prise peut-on avoir sur les choses » dit une citoyenne, abstentionniste depuis la mort de son grand-père qui lui aurait botté les fesses(sic) pour aller voter. La classe politique ne semble pas s’inquiéter vraiment du nombre croissant de déçus dont le dépit souvent vindicatif manifeste une attente réelle de participation à la vie politique. « Tous pareils » se réjouissent les ennemis de la démocratie.

Pourtant nos représentants ne semblent pas en capacité de changer de posture, de la posture héritée de la conception originelle de la démocratie : « Les citoyens disait Seyes nomment des représentants bien plus capables qu’eux -mêmes de connaître l’intérêt général et d’interpréter à cet égard leur propre volonté ».

En 1789, la classe bourgeoise en lutte pour la prise de pouvoir économique et  politique pouvait ainsi légitimer un mode de représentation élitiste, les citoyens  qui étaient  « plus capables »....que le peuple dont elle redoutait le « déchaînement démocratique ». La posture de l’homme politique héritée de ce moment historique reste d’actualité telle qu’exposée par Victor Hugo : «Le peuple est un silence,  je serai l’immense avocat de ce silence. Je parlerai pour les muets ».

Or, les muets sont allés à l’école de la République, le niveau des connaissances et des acquits de la civilisation s’est considérablement élevé, mais la classe politique n’a guère changé de posture. Il suffit pour s’en convaincre d’assister aux réunions politiques électorales dont l’enjeu manifeste est de se retrouver dans l’entre soi des militants, à l’abri de toute remise en question, de toute division, en permettant aux différentes sensibilités de s’exprimer en évitant les vrais enjeux politiques qui pourraient faire désordre.

Parlant de reconfiguration du politique, Hamida Bensadia, militante féministe et associative récemment disparue questionnait ainsi la posture de ces « immenses avocats du peuple » : « Il faudra que nous nous baissions pour que nous puissions rencontrer les gens» (Elle n’a pas dit que nous nous abaissions). Il faudra, en effet que « nous » - ceux qui possèdent et maîtrisent habituellement la parole et un certain savoir - que ceux-là se mettent à la portée de ceux qu’ils prétendent enrichir de leurs analyses. Mais il faudra changer de pratique pour permettre au peuple de parvenir à la compréhension de la complexité des phénomènes économiques, politiques, sociaux et culturels, à plus d’intelligence critique pour se (re)mobiliser non plus seulement au moment de l’échéance électorale suivante.

                « Se baisser » c’est-à-dire abandonner le modèle et les rituels de ceux qui montent en chaire et enfin adopter la posture de l’éducation populaire. Il s’agirait de prendre le temps d’échanger moins obliquement avec les citoyens, de partir de l’information partielle et partiale distribuée par des médias pour la plupart dominés par des puissances financières au service de grands groupes économiques. Il s’agirait de construire un rapport véritablement dia-logique susceptible de faire naître une parole « partagée », de construire un échange destiné à susciter la prise d’une parole et non plus une simple reprise éventuelle de la parole « révélée » de ceux qui ont le pouvoir de la parole.

Contre Victor Hugo, il faudrait enfin entendre Pierre Bourdieu « La prise de parole est toujours la prise de la parole des autres, de leur silence». La  victoire du 21 mars engage déjà d’autres perspectives et d’autres enjeux électoraux ; elle ne laissera pas le temps de reconsidérer les modalités séculaires de la communication politique dominante. Le vote protestataire à de l’avenir ; n’oublions pas que 40% de ceux qui votent pour le FN, reportent leurs voix sur la gauche quand le FN n’est pas présent au second tour…

La classe politique continuera à « parler pour les muets », restant sourde au silence sans doute assourdissant des abstentionnistes. Jusqu’à quand… ?

     Yann Le Pennec

 

commentaires
Publicité
<< < 200 210 220 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 250 > >>