Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Ubu nous a fait un caprice

Publié le 15 Mai 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Résistance

220px-Ubu-JarryPour la nouvelle majorité présidentielle, dont se revendique le maire et son 1er adjoint, candidat adoubé du PS de la rue de Solferino, la priorité des priorités : c’est la jeunesse et en particulier l’école. Notamment le candidat et depuis ce jour, président, a inscrit dans son programme le rétablissement de 60 000 postes d’enseignants. Mais dans le microcosme granvillo-granvillais rien n’est jamais simple, puisque le 1er adjoint, candidat aux législatives, va faire campagne sur un programme que son maire et lui même n’appliquera pas dans sa propre municipalité .

Ben merdre alors ! 

 

Suite à la suppression de la commission de concertation par le maire, parents, enseignants et citoyens concernés par ce problème ont rédigé une déclaration de presse.
La voilà dans son intégralité si vous ne l'avez déjà lue, tout au moins dans son intégralité.

 

Déclaration de presse :

 

Hier soir mercredi 9 mai à 18h, se tenait la 2ème réunion de la Commission extra municipale sur l'avenir des écoles publiques granvillaises.
Cette commission, nous (collectif parents-enseignants des 4 écoles publiques de Granville) l'avions demandée à M. le Maire par courrier le 16 janvier dernier afin de trouver une issue aux inquiétudes vécues depuis plusieurs mois par les parents et les enseignants suite à l'annonce municipale de la suppression d'un groupe scolaire le 26 septembre 2011 en séance du Conseil Municipal (annonce aggravée par la désignation des 2 groupes scolaires visés les semaines suivantes par voie de presse).
La 1ère réunion de cette Commission, le 4 avril, avec la médiation de M. Chaignon de la Ligue de l'Enseignement, laissait espérer un véritable travail de réflexion et de concertation afin d'envisager l'avenir des écoles granvillaises sur des bases solides, des éléments probants : bref, un diagnostic partagé. Les représentants des familles, des enseignants et des acteurs de l'enseignement public à Granville, ont fait le choix de s'inscrire dans cette démarche constructive.

Malheureusement, M. le Maire nous a annoncé la suspension des travaux de cette Commission, donnant comme explication la diffusion du compte-rendu des débats de la 1ère réunion sur une page Facebook et sur des tracts anonymes distribués en Ville. Au préalable, l'Amicale Laïque, mise en cause dans un tract et visiblement en proie à des difficultés avec les équipes enseignantes granvillaises, nous a signifié son désengagement de la Commission et l'annulation du Printemps de l'éducation, sans que les parents présents ne saisissent tous les tenants et aboutissants de l'histoire. Avec l'équipe municipale, M. le Maire a laissé entendre que le(s) responsable(s) de ces tracts et page facebook se trouvai(en)t parmi les membres de la Commission, et s'en est allé sans attendre et sans entendre nos questions ni ce que nous avions à dire. C'est pourquoi nous envoyons ce courrier aujourd'hui.

1- 
Nous aurions préféré savoir avant de nous rendre à cette réunion que celle-ci était annulée : cela aurait évité à certains d'avoir à payer un(e) baby-sitter ou de quitter plus tôt leur travail.
2- 
Nous ne sommes pour rien dans les tracts et page facebook et nous n'avons aucun moyen de faire cesser ces "agissements".
3- 
Notre participation à cette Commission (et à nos réunions de préparation et de compte-rendu) est pour nous un engagement citoyen, bénévole, sur notre temps personnelet nous sommes là pour participer à l'élaboration d'un projet d'avenir pour l'école de nos (futurs) enfants. Ce n'est pas pour nous un jeu, ni un club fermé.
4- Dans ce cadre-là, nous n'avons pas à "mieux choisir nos amis" (dixit l'un des conseillers municipaux de la majorité municipale) :
conformément à ce qui a été dit lors de la 1ère réunion, nous avons relayé et relaierons aux parents et enseignants que nous représentons, les informations en notre possession, afin que chacun, en tant que citoyen responsable et actif de sa Ville, puisse se faire une idée sur la question. La démocratie participative est à ce prix, et personne ne peut empêcher quelqu'un d'utiliser les informations qui lui parviennent comme il l'entend, même si cela ne nous plaît pas. En tout cas, nous, représentants de parents et d'enseignants, n'en sommes pas responsables et n'avons pas à nous justifier sur des actions qui ne sont pas de notre fait.
5- 
Pour notre part, nous utilisons depuis 2008 cette boîte mél ( granvileducollectif@gmail.com ) "Sauvons l'avenir de nos enfants") pour la diffusion des informations ayant trait à l'éducation publique 1er et 2è degré aux personnes intéressées s'y étant inscrites. Les messages et les interventions sont toujours signés.
6- 
Concernant l'Amicale Laïque, nous déplorons l'annulation du Printemps de l'Education, permettant de promouvoir les actions des écoles publiques menées tout au long de l'année. Nos enfants n'ont pas à "payer" les pots cassés de relations conflictuelles entre l'Amicale et les équipes enseignantes. C'est pourquoi nous appelons les équipes enseignantes et les APE à tout faire pour maintenir ce moment de partage entre les écoles granvillaises, particulièrement cette année, où nous avons plus que besoin de mettre en valeur l'action des écoles publiques.
7- 
Enfin, nous appelons M. le Maire et son équipe à faire preuve de responsabilité en reprenant au plus vite les travaux de la Commission en annonçant publiquement et préalablement la suspension de sa décision de fermeture d'une école tant que la Commission n'aura pas débouché sur un projet porteur d'avenir ; et cela, afin de rassurer les parents qui songent d'ores et déjà à quitter l'école publique.  

  Fermeture-Granville-ecole-mai-banderolle

 

commentaires
Publicité

Amis de l’Humanité du Pays Granvillais : Gérard FILOCHE, inspecteur du travail

Publié le 15 Mai 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Résistance

 Danger-travail

Deuxième rencontre des Amis de l’Humanité du Pays Granvillais

Jeudi  31 Mai à 20h30

Salle Santorin

Agora de Granville   361 rue St Nicolas

 

Invité : Gérard FILOCHE, inspecteur du travail 

Faire valoir les revendications…..

En toutes circonstances, les salariés doivent pouvoir faire valoir leurs revendications et leur aspiration au progrès social. C’est pour en débattre avec des responsables syndicaux CGT, CFDT, FSU du pays Granvillais que nous vous invitons à cette rencontre avec Gérard FILOCHE : luttes sociales, souffrance au travail,stress,harcèlement dont les salariés(es) sont victimes,autant de sujets à débattre…

Venez nombreux…  

commentaires

Mélenchon à Hénin Beaumont, Mélenchon il en a!

Publié le 14 Mai 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Elections 2012

tumblr m3vbg9kY4q1r238uvVu sur le site « A gauche pour de vrai ! » le11 mai

 

C’est très amusé qu’A gauche pour de vrai! nous avons entendu ce jour sur une chaîne d’infos un journaliste annoncer le “parachutage” de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont. Car de toute évidence ce journaliste ne connaît pas pour de vrai la définition du mot “parachuage” en politique.  Car en politique, un parachutage c’est lorsque un ou une candidate débarquent dans une circonscription non pas pour y livrer une bataille politique, idées contre idées, projet contre projet, mais bien plus pour être élu dans un fauteuil. Par exemple, lorsque Elisabeth Guigou subtilise à Daniel Goldberg sa circonscription en Seine Saint Denis elle effectue un parachutage. Par exemple lorsque Cécile Duflot s’essaie à l’exercice sur une circonscription parisienne au détriment d’une sortante PS, elle saute bien en parachute.

 

En revanche, lorsque Jean-Luc Mélenchon décide d’affronter l’héritière du trône F Haine à Henin Beaumont il entend livrer une bataille politique, idées contre manque d’idées, projet contre xénophobie. En bref, il continue de creuser le sillon de la présidentielle. Car durant cette présidentielle il a bien été le seul, absolument le seul à affronter la candidate du F Haine politiquement et non arithmétiquement, dépassant et de loin la seule rhétorique du vote utile si facilement utilisée par certains autres candidats de “gauche”, sans aucun doute par facilité!

Ainsi a-t-il été le seul à parler aux classes ouvrières qu’il est urgent de reconquérir. Aussi a-t-il été le seul à démontrer les liens étroits qui existent toujours entre l’extrême droite et les puissances financières. Ainsi a-t-il été le seul à dénoncer la misogynie incroyable du parti xénophobe.

En clair, Jean-Luc Mélenchon avait décidé d’engager le Front de Gauche dans une bataille frontale contre le Front de la Haine. Non seulement il a eu intellectuellement raison d’engager ce combat que la gauche avait depuis longtemps délaissé. Mais il a eu également raison politiquement. Car grâce à ce combat, la gauche a totalisé son meilleur résultat depuis des lustres à un premier tour d’une élection présidentielle, laissant ainsi derrière elle, loin, très loin, le spectre d’un 21 avril.

Il a ainsi permis à tous les citoyens de gauche de voter en conscience et non plus utilement, donc sans frustration. C’est ainsi qu’il faut désormais envisager les législatives. Voter en conscience et non plus la peur au ventre, selon ses convictions et avec courage. Parce que finalement, en politique, le courage finit toujours par payer! Décidément, Mélenchon, il en a!

Sydne93

commentaires

L’horizon est dégagé. C’est vraiment l’heure d’avancer !

Publié le 11 Mai 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Gauche antilibérale

logo fede-2Enfin ! Le Président des riches fait ses bagages. Cela supprime bien des inquiétudes : qu’aurait pu faire ce fou du pouvoir, sous la tente à oxygène du Front National, pour essayer encore de gagner « ses » élections ? Bref, il dégage, lui et ses protégés. Il ne faudra pas oublier tous les comptes qu’ils doivent à la justice !

Déjà l’essentiel est ailleurs. Depuis des semaines, l’horizon s’est déplacé : avec Jean-Luc Mélenchon, la campagne du Front de Gauche a porté les espoirs des luttes de 1995, 2003, 2008, 2009 et de 2010… Les manifestations du Premier Mai viennent encore de le montrer.

Faisons de la victoire du 6 mai un point d’appui.

Des décisions ne peuvent attendre. La misère est là comme les effets des politiques xénophobes, des manipulations racistes, du recul des libertés. Beaucoup de lois sont à abroger et à remplacer par les projets issus des mobilisations populaires (Lire) : sur les droits aux soins, le logement, l’environnement, la Protection sociale, l’école, la recherche, etc.

« Le changement, c’est maintenant ! »

Le slogan de François Hollande traduit un espoir commun. Oui : « maintenant » !

Personne ne veut recommencer comme en 1981, en 1988 ou en 1997 et plier devant le grand patronat et les actionnaires, spéculateurs français et internationaux. L’heure est à l’affirmation des exigences, à des droits nouveaux, à la transformation des institutions.

Il ne s’agit pas d’impatience mais de répondre aux besoins urgents et aux questions-clé.

Nous ne voulons pas que François Hollande échoue. Nous voulons que l’espoir de changement se développe et puisse réussir. Cela ne peut se faire avec le programme du nouveau président.

Nous agirons donc pour d’autres solutions, dans les mobilisations et les débats publics.

Nous n’aurions aucun plaisir à « constituer une opposition » d’un genre nouveau ! Et nous ne sommes pas de ceux qui voudraient seulement « témoigner ».

Ensemble, nous avons fait reculer la résignation pendant la campagne présidentielle. Et, pour l'avoir vécu avec nos voisins et collègues de travail, nous savons qu'une partie des électeurs et des électrices sincèrement de gauche ont voté au premier tour François Hollande, en croyant être « efficaces » pour éliminer Sarkozy.

La FASE, avec le Front de Gauche, poursuit sa campagne pour les législatives. Un rapport de force doit exister à l’Assemblée nationale : des hommes et des femmes qui prennent l’engagement de mobiliser pour de véritables solutions, en rupture avec la logique capitaliste. Évidemment, les élus tels que nous les proposons feront bloc contre la droite mais ils ne vont pas soutenir des « mesures » de « bonne gestion », voire un programme « socialiste » qui tournerait le dos aux attentes du plus grand nombre. Ils feront les propositions nécessaires pour réussir le changement à gauche. Ils soutiendront aussi toutes les initiatives qui répondront aux urgences pour vivre mieux, et s'opposeront à toutes celles qui tourneraient le dos aux exigences populaires.

C’est heure des exigences, des droits nouveaux, de la transformation des institutions. Nous voulons que la logique capitaliste soit battue. Nous voulons avancer. Prenons donc la mesure de cette nouvelle étape. Elle appelle des mobilisations et de grands débats publics : pour des mesures immédiates contre la misère, pour changer l’Europe, pour le refus des plans de licenciements, avec le droit, pour les travailleurs, de faire leurs propositions de maintien et de transformation.

Mettre fin à la politique d’austérité et changer l’Europe

Les votes du 22 avril et du 6 mai ouvrent un nouvel horizon pour l’Europe en renouant avec le vote de 2005 contre le Traité Constitutionnel Européen : Un Référendum pour changer les Traités et pour un front européen contre les dirigeants libéraux de l’Europe actuelle qui veulent nous imposer un carcan de misères !

Ce sont les mobilisations populaires qui compteront pour la suite.

Il n’y aura pas de véritable changement sans affrontement avec la finance, les actionnaires et le grand patronat.

Et notre combat n’est pas isolé. Il suffit de voir la Grèce (Lire), et aussi l’Italie, l’Espagne, le Portugal, les revendications salariales en Allemagne…

Un chemin à construire

Nous avons ensemble les moyens pour affirmer et obtenir des avancées : des assemblées, forums, états généraux – peu importent les noms - qui exigent des règles nouvelles, qui les précisent si besoin ou qui en redisent l’actualité.

Le développement, l'élargissement du Front de Gauche et son ouverture aux citoyens non encartés sont indispensables pour poursuivre la dynamique qui s'est exprimée au cours de la campagne autour de Jean-Luc Mélenchon.

Sans dynamique de changement, nous serions vite confrontés au chantage à l'unité nationale, au « réalisme » et donc ramenés à l’austérité.

Pire encore, sans cette dynamique de changement, certains, désespérés, préféreront croire les mensonges du FN et d'une partie de l'UMP et trouveront plus simple de désigner les immigrés, les chômeurs comme responsables de la crise.

Cela ne doit pas nous faire hésiter : en construisant des solidarités, par les mobilisations, un horizon commun peut se construire et faire reculer les divisions xénophobes et racistes.

Nous portons donc des exigences de rupture :

 

commentaires

Ciné-débat Granville : mai 2012

Publié le 11 Mai 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces

 

Nous avons le plaisir de vous convier à la prochaine soirée de Ciné Débat Granville

 

LUNDI 14 MAI  2012

à 20h15

 

 

Cinéma LE SELECT

GRANVILLE

 

Projection du film documentaire

 de Catherine RECHARD

 

LE DEMENAGEMENT

 

en présence de la réalisatrice

 

 

A Rennes, comme dans beaucoup d'autres villes françaises, la maison d'arrêt construite au début du XXème siècle déserte le centre ville au profit d'un centre pénitentiaire de 690 places construit en périphérie.

Alors que le déménagement approche, les personnes détenues et les personnels ont une seule et même question : que sera la vie dans cette nouvelle prison ?

Dans les deux établissements,le film s'interroge avec les personnages sur la façon dont l'architecture interfère dans le mode de fonctionnement d'une prison et le lien entre la modernisation des locaux et l'amélioration des conditions en détention.

Au delà de la prison, il questionne le postulat selon lequel, nouveautés et avancées technologiques signifient nécessairement mieux-être et progrès. 

 

 

Ce film sera suivi d'un débat :

 

 

" QUELLE PRISON POUR L'AVENIR ?"

 

avec la participation de Catherine Rechard, réalisatrice du film

 

 

 

 

commentaires
Publicité

OUF !

Publié le 7 Mai 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Elections 2012

 d61969-37036_371x268.jpg

commentaires

Objectif n°1 : chasser le président des riches !

Publié le 23 Avril 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Elections 2012

alter50g.jpgL’Alternative Citoyenne 50 rejoint le Front de gauche sur sa position pour le second tour des présidentielles et appelle à voter pour le candidat socialiste sans aucune négociation, ceci dans l’unique but de battre la droite ultra-libérale qui depuis 10 ans pille et saccage la France au seul  profit des plus riches, du CAC 40 et de la finance. Il est bien entendu qu’il sera temps, aux législatives, d’affirmer les fondamentaux qui nous séparent du PS.

commentaires

La France et «le poison de l’extrême droite»

Publié le 23 Avril 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Résistance

Pour tous ceux qui ont oublié….
Matin Brun, Intégral, PAVLOFF

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son coté. Des moments agréables, où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus. C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.
— Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.
— Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?
— C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.
— Mince alors, comme pour les chats maintenant ?
— Oui, pareil.
Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.
C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’Etat National disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi, un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.
Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux.
Mon cœur s’était serré, puis on oublie vite.

Les chiens, ça m’a surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme, comme on dit. En tous cas, Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.
On n’avait plus grand chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise.

Quelques temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus.
Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café-crème !
— Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?
— Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.
— Des bruns ?
— Oui, toujours. Pas un jour sans attaquer cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !
— A trop jouer avec le feu...
— Comme tu dis, le journal à fini par se faire interdire.
— Mince alors, et pour le tiercé ?
— Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes. Il n’y a plus que celui-là. Il parait que coté courses et sports, il tient la route.
Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait se passer d’informations tout de même.
J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Portant, autour de moi, les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter.

Après, ça a été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas claire, encore. Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville étaient poursuivis en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques. Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.
— Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.
Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins on était bien vus et on était tranquille.
On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même notre premier tiercé brun. Ca nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations.

Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec son nouveau chien !
Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marrons.
— Tu vois, finalement, il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’œil. Fallait pas que j’en fasse un drame pour un labrador noir.
A peine il avait dit cette phrase que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne !
Et Charlie avait soudain compris.
— Non, toi aussi ?
— Ben oui, tu vas voir.
Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns. Qu’est-ce qu’on avait ri ! Tu parles d’une coïncidence !
— Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci ?
— Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’œil.
Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité, nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr, je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, morts à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l’ancien.

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde.
J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper un carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.
— Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !
— Ouais, mais ce qu’ils disent, c’est que, avant, il avait un noir, pas un brun. Un noir.
— Avant ?
— Oui, avant. Le délit maintenant, c’est d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.
J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé !

Ce matin, Radio Brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’il aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit. « Avoir un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit ». Le speaker a même ajouté « injure à l’Etat National ».
Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun.
Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens.

Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des Bruns dès qu’ils nous ont imposé une première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien à Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment ? Ca va vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être tranquilles, non ?

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun dehors. Mais arrêtez de frapper si fort, j’arrive.

 

commentaires

Black out à partir de 00h vendredi soir 20 avril jusqu’à 20h dimanche soir 22 avril

Publié le 20 Avril 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Elections 2012

mod article23059542 2

commentaires
Publicité

c’est quand qu’il part Sarko ?

Publié le 20 Avril 2012 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Elections 2012

images 

pour le savoir clic (ici)

commentaires
Publicité
<< < 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 220 230 240 250 > >>