L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse
LIEU : Sur la stèle des irradiés > Flamanville-Port de Dielette (50340)
Un rassemblement des opposants à l'industrie nucléaire aura lieu le jeudi 11 mars sur le port de Dielette/ Flamanville pour dire STOP à la folie nucléaire et commémorer les catastrophes de FUKUSHIMA, dont ce sera le 10eme anniversaire, ainsi que Tchernobyl.
RDV à partir de 11h à la stèle des irradiés jusqu'à 15h.
+ Covoiturage possible pour le Coutançais :
RV 9h30 parking auberge / pont de la Roque/ Heugueville sur Sienne
La date du 8 mars est devenue un rendez-vous incontournable pour la lutte pour les droits des femmes : manifestations, grèves et autres mobilisations permettent chaque année aux féministes de rappeler les progrès qu’il reste à faire et les combats à mener pour plus d’égalité. On sait moins que cette date a connu plusieurs péripéties et que le détail précis de son histoire n’a pas encore été retracé par les historiens, on peut néanmoins revenir sur quelques étapes marquantes.
Aux sources : une date née dans le mouvement ouvrier
Au début du XXe siècle, l’alliance entre le mouvement ouvrier et le mouvement féministe ne va pas de soi. Comme l’explique l’historienne Mathilde Larrère1 « pour le mouvement ouvrier, les revendications féministes, alors surtout centrées sur la revendication du droit de vote, étaient perçues comme « bourgeoises », détournant les femmes ouvrières de leur solidarité de classe ». Ainsi, quand Clara Zetkin, alors présidente de l’Internationale socialiste des femmes, propose en 1910 à la IIe conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague l’idée d’une « journée internationale des femmes », c’est avec l’intention d’amoindrir l’attrait de certaines ouvrières pour les groupes féministes. Sa résolution est adoptée par le congrès de la Deuxième internationale, sans qu’une date fixe ne doit décidée. La première Journée internationale des femmes a lieu le 19 mars 1911 ; les revendications sont le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. Des rassemblements sont organisés dans plusieurs pays d’Europe auxquels plus d’un million de personnes participent. D’autres Journées internationales des femmes sont organisées les années suivantes jusqu’en 1915, puis en 1917 a lieu un événement qui va contribuer à fixer la date du 8 mars.
Le 8 mars 1917, alors que de nombreux soldats russe sont morts au front, des ouvrières manifestent à Saint-Pétersbourg pour demander du pain et la paix, faisant de ce jour le premier de la révolution russe. Le même jour, des associations féministes appellent aussi à manifester pour revendiquer le droit de vote. En souvenir de cette manifestation mémorable, Lénine aurait décidé que le 8 mars 1921 serait la « Journée internationale des femmes ». Partant de la Russie, cette date va se répandre dans tout le bloc de l’Est. Cependant, si les premières années de la révolution russe sont favorables à une amélioration de la condition de la femme, sous Staline les femmes sont de nouveau renvoyées à leur statut de mère. Ainsi, le 8 mars perd rapidement sa dimension politique pour se muer en fête plus folklorique. Néanmoins, cette célébration annuelle est reprise par certains pays sous influence soviétique, à l’instar de Cuba ou du Vénézuela. Le 8 mars 1965 est par exemple une forte journée de mobilisations pour les femmes d’Alger.
Le cas des États-Unis
Si l’idée de Clara Zedkin donne lieu en 1911 à une journée de mobilisation transnationale, il y avait déjà eu une journée pour les droits des femmes organisée seulement aux États-Unis en février 1909, organisée par le Parti socialiste d’Amérique. Puis dans les années 1950, c’est par l’intermédiaire de la presse française que les États-Unis commencent à célébrer le 8 mars en référence à une grève des couturières qui aurait eu lieu à New-York le 8 mars 1857. L’historienne François Picq a cependant montré que cette grève était un mythe dont on ne trouve aucune trace historique et que cette invention permettait vraisemblablement aux États-Unis (et aussi à la France) de détacher le 8 mars de ses origines communistes.
À partir des années 1970, le 8 mars devient une date officielle internationale
Dans les années 1970, plusieurs journées des femmes sont organisées en Europe : en 1972 en Belgique ou en 1975 en France. C’est deux ans plus tard, en 1977 que l’ONU (à la demande des pays du bloc de l’Est) adopte une résolution pour inciter « tous les États à proclamer (…) un jour de l’année “Journée des Nations unies pour les droits de la femme et la paix internationale” ». En 1980, sous le mandat de Jimmy Carter, est choisie la date du 8 pour instituer cette journée, de même en 1982, le MLF demande au gouvernement de choisir le 8 mars.
Finalement, le 8 mars est le produit d’une longue histoire et le fruit aussi des rapports qu’ont entretenu le communisme et socialisme avec le mouvement féministe. Aujourd’hui, les enjeux ont évolué mais des tensions subsistent : les féministes s’opposent depuis plusieurs années à une récupération marketing de cette journée, parfois présentée comme une « journée des femmes » en lieu et place d’une journée pour les droits des femmes. La suite de l’histoire reste à écrire !
1 Voir le fil de discussion : https://twitter.com/LarrereMathilde/status/1235857093946511360
Gisèle Halimi est une figure emblématique du combat féministe pour l’égalité des droits, et pour le respect des droits humains.
Elle est née en Tunisie en 1927, dans une famille pauvre dominée par l’ordre patriarcal. Très tôt, elle s’est battue pour s’affranchir de la domination de sa famille et de la religion. Adolescente, elle travaille pour financer ses études de droit à Paris des 1945.
Elle devient avocate en 1949. Très tôt, elle s’engagera dans la défense des causes féministes :
· Elle sera la seule avocate à signer le manifeste des 343 et défend les femmes poursuivies pour avoir avorté clandestinement. Le procès le plus retentissant sera celui de Marie Claire Chevalier qui a avorté après avoir été violée et dénoncée par son violeur en 1972. Elle obtient son acquittement et ouvre ainsi la voie à la loi de 1975 sur l’avortement,
· A une époque où la loi française ne reconnaissait pas le viol comme un crime, elle défendra les femmes violées devant les tribunaux, notamment lors du retentissant procès d’Aix en Provence en 1978 qui a ouvert la voie à la loi de 1980,
· Fondatrice de l’association « Choisir la cause des femmes », elle témoigne d’un féminisme français caractérisé par la certitude que l’émancipation des femmes se fera avec les hommes
· Député de l’Isère en 1981, elle proposera la première loi sur la parité femmes /hommes dans les élections municipales
· A partir de 1985, elle occupe plusieurs fonctions à l’UNESCO et à l’ONU
La défense, jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte. La défense, d’abord pour des hommes et des femmes, la défense qui est leur droit, tel était le combat de Gisèle Halimi
Gisèle Halimi est une figure emblématique du combat féministe pour l’égalité des droits, et pour le respect des droits humains.
Elle est née en Tunisie en 1927, dans une famille pauvre dominée par l’ordre patriarcal. Très tôt, elle s’est battue pour s’affranchir de la domination de sa famille et de la religion. Adolescente, elle travaille pour financer ses études de droit à Paris des 1945.
Elle devient avocate en 1949. Très tôt, elle s’engagera dans la défense des causes féministes :
· Elle sera la seule avocate à signer le manifeste des 343 et défend les femmes poursuivies pour avoir avorté clandestinement. Le procès le plus retentissant sera celui de Marie Claire Chevalier qui a avorté après avoir été violée et dénoncée par son violeur en 1972. Elle obtient son acquittement et ouvre ainsi la voie à la loi de 1975 sur l’avortement,
· A une époque où la loi française ne reconnaissait pas le viol comme un crime, elle défendra les femmes violées devant les tribunaux, notamment lors du retentissant procès d’Aix en Provence en 1978 qui a ouvert la voie à la loi de 1980,
· Fondatrice de l’association « Choisir la cause des femmes », elle témoigne d’un féminisme français caractérisé par la certitude que l’émancipation des femmes se fera avec les hommes
· Député de l’Isère en 1981, elle proposera la première loi sur la parité femmes /hommes dans les élections municipales
· A partir de 1985, elle occupe plusieurs fonctions à l’UNESCO et à l’ONU
La défense, jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte. La défense, d’abord pour des hommes et des femmes, la défense qui est leur droit, tel était le combat de Gisèle Halimi
Faites connaître notre action, transférez nos informations
Un message de l'APPG, Association pour la promotion des ports de Granville, qui lance une pétition avec le Collectif de défense des axes ferroviaires Sud Normandie pour préserver la voie ferrée qui relie le port de Granville à la gare SNCF.
Bonsoir,
Je vous adresse une pétition qui pour notre association est un enjeu
majeur. Il s'agit de la conservation de la voie ferrée portuaire dans
l'emprise du Val ès Fleurs. Cette voie est aujourd'hui propriété de la
ville de Granville qui veut retirer les rails pour en faire une voie
douce pour vélos et piétons. En bois et en béton de 22 cm d'épaisseur,
large de 6 mètres, elle est destinée à relier le centre-ville à une voirie
routière (route de Donville à la gare)! Outre la largeur démesurée du
projet, l'espace disponible dans les emprises des voiries existantes de
ce poumon vert de la ville sont déjà largement suffisantes pour
l'accueillir sans en créer de nouvelles.
C'est l'action de la dernière chance pour infléchir une décision qui
obérera définitivement l'avenir portuaire et le transport de fret
maritime. L'Association pour la promotion des ports de Granville et
le Collectif citoyen de défense des lignes Paris-Granville, Caen-Tours
et Caen-Rennes se battent pour la conservation de cette voie ferroviaire
qui a été désaffectée par un choix politique qui ne se projette pas dans
l'avenir.
Si vous soutenez notre action, merci de signer et faire signer cette
pétition, nous avons besoin du plus grand nombre possible.
Nous comptons sur vous tous, en quelques heures nous sommes déjà près
d'une centaine.
André
Monsieur le Maire, n’arrachez pas la voie ferrée maritime de Granville.
Tous, nous pourrions le regretter dans un avenir pas si lointain.
Arracher la plateforme ferroviaire qui relie le port au réseau ferré national est un quadruple non-sens :
C’est un non-sens écologique car se priver de cette infrastructure, c’est se priver d’un moyen de desserrer à terme l’emprise des voitures sur la ville en installant des trams ou des tram-trains qui relieraient en outre le centre de Granville à Avranches, Pontorson, voire le Mont-Saint-Michel. La circulation de piétons, de vélos, de navettes et de trains est tout à fait possible sur l’emprise actuelle. Au dire de plusieurs experts, l’aménagement de cette voie douce peut se faire sans qu’il soit besoin d’arracher la voie ferrée, qui peut supporter le passage d’un train à 30 km/h.
C’est un non-sens programmatique car les esquisses des travaux montrent une logique déjà dépassée : on prévoit une voirie dessinée aux normes autoroutières, adaptée à des camions semi-remorques, alors qu’il s’agit de vélos, de poussettes et de piétons. Il est nécessaire, au contraire, de s’inscrire dans une nouvelle logique d’ensemble, à l’échelle du territoire granvillais, des déplacements et des transports à la fois plus soucieuse du climat et plus ouverte aux évolutions techniques futures.
C’est un non-sens économique car il est vrai qu’il rend le centre-ville de Granville plus amène, plus joli, profite aux Granvillais. Mais ce projet vise à l’évidence d’abord le tourisme. La situation actuelle montre bien toute la fragilité d’une économie basée sur cette seule activité. Au contraire, garder la possibilité d’une connexion ferroviaire sur l’ensemble du bassin de vie, c’est favoriser à terme la diversité et la solidité de l’économie du territoire granvillais.
C’est un non-sens financier car les travaux prévus sont semble-t-il de l’ordre de plus de 2 millions d’euros. On fait valoir que des subventions venant du Plan Vélo et Mobilités Actives abaisseront la charge financière de la ville. Sans doute, mais les budgets, que ce soient ceux de la ville, du Département ou du Plan vélo, proviennent tous et toujours des impôts et taxes payés par les contribuables. Comme il semble facile d’être généreux avec l’argent des autres !
Dessinons ensemble une voie douce au bénéfice de tous.
Association pour la promotion des ports de Granville,
Collectif citoyen de défense des lignes Paris-Granville, Caen-Tours et Caen-Rennes
La Convention citoyenne pour le climat (CCC), voulue par Emmanuel Macron pour proposer des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre, s'achève ce dimanche en jugeant leur mise en œuvre par le gouvernement, déjà très critiquée. Réunis en visio depuis vendredi, les 150 citoyens tirés au sort pour cet exercice de démocratie participative inédit en France ont laissé transparaître leur déception dans leurs premiers débats. « On est venu nous chercher pour faire un travail, mais finalement, notre avis, je pense qu'ils n'en tiennent pas trop compte », a lancé Benoit (les citoyens sont désignés par leurs seuls prénoms), résumant un sentiment assez partagé.
La CCC a en tout cas jugé sévèrement la « prise en compte » de ses propositions par le gouvernement, prise en compte qui n'a jamais obtenu la moyenne lors d'une série de votes sur les six grands thèmes de mesures. La thématique « se loger » a obtenu une moyenne de 3,4 sur 10, « produire et travailler », « se nourrir » et « se déplacer » 3,7 chacune, « consommer » 4, et les propositions sur la gouvernance 4,1, dans une série de votes organisés lors de la dernière session de cette convention, exercice de démocratie participative inédite en France. Sur les 150 « citoyens » initialement tirés au sort, 119 étaient inscrits pour ce vote final, lors d'une session tenue par visioconférence, crise sanitaire oblige.
Peu de mesures ont obtenu la moyenne. La réforme de l'article 1er de la Constitution pour y introduire la lutte contre le changement climatique par exemple a recueilli la note de 6,1. Mais la traduction d'autres objectifs emblématiques de la CCC a été durement jugée : « Limiter les effets néfastes du transport aérien » a obtenu 2,8 de moyenne, ou l'introduction dans le droit d'un délit « d'écocide », amoindri par rapport à la proposition de la Convention, avec une note de 2,7. Les membres de la Convention doivent encore voter pour répondre dans l'après-midi à quatre questions plus générales, tirant le bilan global de l'exercice.
Emmanuel Macron avait décidé de créer la CCC au sortir de la crise des Gilets jaunes, née d'une taxe carbone sur les carburants perçue comme injuste. Sa mission : proposer des mesures permettant de « diminuer d'au moins 40 % (par rapport à 1990) les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 dans un esprit de justice sociale ». Démarrée en octobre 2019, la CCC a remis en juin, au terme d'un calendrier bouleversé par le Covid-19, 149 propositions au président de la République, qui en a rejeté 3 et s'était engagé à transmettre les autres « sans filtre ».
La Commune du Creusot-Montceau-les-Mines : la nouvelle classe ouvrière à l’action !
Dès l’automne 1870, les villes françaises s’enflammèrent pour la République. Les premières tentatives de proclamation de Communes eurent lieu le 28 septembre à Lyon et les 1er et 2 novembre à Marseille. Malgré leur échec, à partir de l’hiver 1870-1871, l’agitation reprit dans de grandes villes comme Bordeaux ou Nantes et dans des cités moyennes comme Tours, Vierzon, Limoges, Carcassonne, Mâcon, Rouen, dans tout l’Ariège, le Vaucluse ou encore dans le Nord.
Après la proclamation de la Commune de Paris le 18 mars, il n’aura fallu que quatre jours pour que des délégations de villes de province arrivent dans la capitale afin de s’enquérir des objectifs de la révolution parisienne. Immédiatement, la Commune fut proclamée dans six villes : Lyon, Marseille, Le Creusot, Saint-Étienne, Toulouse et Narbonne. D’autres suivirent dans les semaines postérieures, notamment Limoges.
Par manque de coordination, mais surtout par manque de perspective politique d’ensemble, les Communes de province n’ont pas survécu longtemps. Parfois en raison de la répression comme à Marseille, mais le plus souvent en raison de la confusion entretenue par les politiciens pseudo-républicains locaux, le mouvement communard n’a jamais représenté un « contre-pouvoir » crédible face à la cohérence et à l’efficacité d’un Adolphe Thiers à la tête du pouvoir versaillais.
La Commune d’Alger : la désunion entre le prolétariat européen et le peuple kabyle mena à l’échec !
Pour illustrer notre propos, prenons deux exemples de Communes peu connus et assez révélateurs des rapports de force politiques dans la France de 1871.
L’annonce de la Révolution à Paris, dans la nuit du 4 au 5 septembre 1870, provoqua à Alger des manifestations révolutionnaires contre le Second empire. Les quartiers populaires, comme Bab El Oued, se soulevèrent. Dans la ville se formèrent des comités révolutionnaires.
Puis des clubs démocratiques firent leur apparition dans plusieurs villes d’Algérie. Une association républicaine fut créée, comprenant, entre autres, des proudhoniens, des fouriéristes et des néo-jacobins, le rôle dirigeant étant assuré par des démocrates petits-bourgeois. Ceux-ci eurent une attitude négative vis-à-vis de la population indigène, étant contaminés par un nationalisme français. Ce qui entraîna des mouvements contradictoires et interdit aux indigènes de prendre des initiatives en faveur de leur indépendance (les proudhoniens ignoraient totalement cette aspiration).
Le 24 octobre 1870, le gouvernement français nomma le général Chanzy gouverneur civil de l’Algérie, rattaché au ministère de l’Intérieur. Une manifestation dans laquelle se trouvaient des éléments français mais aussi de nombreux Arabes et Kabyles l’empêcha de prendre ses fonctions. Ils s’emparèrent du palais du gouvernement et obligèrent la délégation française à se réfugier sur un navire de guerre ancré dans la baie d’Alger.
Le 2 septembre 1870, la chute de Sedan entraîna un grand mouvement révolutionnaire, surtout dans les grandes villes comme Alger, Orléansville, Oran, demandant la démission du gouvernement.
En mars 1871, la nouvelle que s’était constituée la Commune de Paris provoqua une insurrection en Algérie. La Kabylie tout entière était soulevée et commençait à déferler sur Alger. La ville était alors dégarnie de troupes parties en métropole pour la guerre. Le nouveau gouverneur, l’amiral De Gueydon, mit plusieurs semaines à juguler la révolte. La répression de l’insurrection kabyle fit près de 20 000 morts… autant de morts que la Commune de Paris !
La question coloniale fut mise de côté par les immigrés européens de toutes les tendances républicaines. Seuls quelques militants de la Ière Internationale et des anarchistes appelèrent à l’unité révolutionnaire des prolétaires de tous les pays. Cette division ethnique, pour le plus grand bénéfice des magnats coloniaux, perdura pendant encore 90 ans, jusqu’à l’indépendance de 1962.
Publié le 26 Février 2021
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansSanté, Pétition
Bonjour,
L’étau se resserre autour de la publicité et du marketing de la malbouffe qui prennent pour cible les enfants, à la télé comme sur internet, mais la bataille est rude et loin d’être gagnée.
La Convention citoyenne pour le climat a mis sur la table à son tour le besoin d’interdire ces pratiques. Mais cette proposition a été retirée du projet de loi du gouvernement « Climat et résilience ». Pourquoi ? Tout simplement à cause du travail de sape des lobbies et du manque de courage politique du gouvernement qui préfère laisser le champ libre à l’industrie agroalimentaire plutôt que protéger la santé des enfants.
Tous les experts sont pourtant unanimes, y compris la Cour des comptes et Santé publique France : compter sur le seul bon vouloir des entreprises avec des engagements « volontaires », sans contrôles ni sanctions, est complètement inefficace. Il faut une loi pour protéger enfin les enfants et leur santé de la surexposition au marketing de la malbouffe, à la télé et sur internet. Avec les mêmes règles pour tous.
Mais c’était sans compter sur la coalition d’acteurs qui veut à tout prix bloquer une telle loi : les industriels de la malbouffe évidemment – rappelez-vous, nous avons révélé en novembre une lettre secrète de lobbying envoyée à 4 ministres par l’ANIA, l’association des industries de l’agroalimentaire-, mais aussi certains médias qui tirent leurs ressources de ces publicités. Dans une réunion de concertation ministérielle en septembre dernier à laquelle foodwatch a participé, ces derniers cherchaient même à faire croire que des restrictions de ces publicités pour les produits trop gras, trop sucrés, trop salés seraient des « baillons » à la liberté d’expression. Sic.
Une mesure de santé publique et de résilience face aux crises
Avec 1 enfant sur 6 et 1 adolescent sur 5 en surpoids ou obèse en France, il est de la responsabilité de l’Etat de porter une attention toute particulière à la santé des plus jeunes et d’enfin privilégier des mesures de prévention pour leur santé plutôt que de laisser faire et d’attendre qu’il soit trop tard.
La bonne santé globale des populations est essentielle pour pouvoir traverser les crises et y résister. Celle que nous vivons depuis plus d’un an en est une triste démonstration. Les conséquences de la malbouffe – surpoids, obésité, diabète, maladies chroniques – sont des facteurs aggravants dans des crises comme celles de la Covid-19.
Avec vous, face au lobbying décomplexé des industriels et à la complaisance du gouvernement notre ténacité ne faiblira pas.
PS : Votre soutienest la garantie de notre indépendance : foodwatch refuse toute subvention publique ou d’entreprises qui présentent le moindre conflit d’intérêt. Merci !
66% du montant de vos dons sont déductibles de vos impôts, dans la limite de 20% de votre revenu imposable. Par exemple un don mensuel de 10 € vous revient à 3,40 €.
L’école maternelle représente un échelon fondamental pour favoriser l’« égalité des chances », pour que l’école publique, l’école de toutes et tous repose sur le principe du « tous et toutes capables ». Une politique scolaire qui se fixe pour objectif de combattre les inégalités, de favoriser la réussite de toutes et tous est beaucoup plus efficace quand elle est menée dès le plus jeune âge. Prendre des mesures plus tard, à la fin de l’élémentaire ou au collège, est souvent inopérant et, dans tous les cas, beaucoup plus lourd en termes d’investissement humain pour des résultats trop souvent peu concluants. La dernière note du CSP commandée par le ministre tourne le dos à ces objectifs tout en détournant l’école maternelle de ses missions spécifiques et en faisant un appendice de l’école élémentaire.
Les objectifs prioritaires des débuts de la scolarité sont de donner envie aux enfants de fréquenter l’école, d’assurer leur épanouissement, de créer les conditions afin qu’ils adoptent les attitudes qui leur permettent de devenir des élèves et de leur apprendre à parler en utilisant une syntaxe complexe.
Scolarité obligatoire dès 3 ans : une décision qui masque un recul de ce qui fait ou faisait l’excellence de l’école maternelle française mondialement reconnue
À partir d’une décision qui marque un progrès à relativiser puisque déjà 97 % d’une classe d’âge fréquentait l’école maternelle, le ministre Jean-Michel Blanquer en profite pour imposer une régression et dans le domaine pédagogique et sur la question des finalités de cette école. En instituant une sorte de conseil réduit à quelques neuroscientifiques et experts par lui désignés donc proches de ses convictions excluant les professionnels que sont les enseignants et enseignantes en exercice, il démolit ce qui longtemps a fait la fierté de notre école hors des frontières. Ajoutons à cela que cette mesure d’instruction obligatoire dès 3 ans renforce l’école privée que les collectivités territoriales seront obligées de financer favorisant ainsi le séparatisme scolaire, l’entre-soi des catégories les plus aisées de la population et la concurrence aux dépens de l’école publique.
Une obsession régressive des évaluations-tests aux dépens de la culture générale
L’orientation que le ministre tente de mettre en œuvre est de transformer l’école maternelle en une école préparant aux tests mathématiques-français et de pratiquer du bachotage pour obtenir de bons résultats aux évaluations des performances ciblées. Ce faisant, ils poussent les acteurs éducatifs à abandonner ou tout au moins à consacrer moins de temps aux autres apprentissages tout aussi importants.
l'école vue par Blanquer
L’expérience du Royaume-Uni devrait nous interpeller. Il y a quelques années des évaluations dans quelques domaines jugés essentiels étaient imposées. En fonction des résultats, les écoles percevaient plus ou moins de subventions. Le résultat, au bout de quelques temps, a été que si les élèves parvenaient à des niveaux corrects dans les domaines évalués, ils étaient d’un niveau faible dans les domaines comme la littérature, l’histoire, la culture en général… Depuis, les responsables britanniques ont fait machine arrière faisant le constat de l’inefficacité d’une telle politique car les enfants et l’éducation ne peuvent être réduits à des machines, à un produit marchand.
L’école maternelle : une école à part entière avec des pédagogies adaptées
L’école maternelle, de même que les premières années de l’école élémentaire, est un moment crucial pour aplanir les inégalités sociales qui entraînent de fortes inégalités scolaires. Pour cela, l’école maternelle ne doit pas se limiter aux « fondamentaux » et se contenter d’être l’antichambre de l’école élémentaire.
Dès 1881, l’inspectrice générale Pauline Kergomard définissait l’école maternelle comme n’étant « ni caserne, ni petite Sorbonne, ni garderie, ni école élémentaire » et sur le plan pédagogique avançait l’idée que « le jeu c’est le travail de l’enfant, c’est son métier, c’est sa vie ». Depuis le débat fait « rage » entre les partisans qui considèrent la maternelle comme une simple garderie et ceux la voyant comme préparant aux apprentissages de l’école élémentaire.
En 2008 sont promulgués des programmes directifs tournant le dos à la prise en compte des spécificités dues à l’âge des élèves accueillis. En 2015, les programmes permettent de penser l’école maternelle comme une école qui s’adapte aux jeunes enfants et organisent des modalités spécifiques d’apprentissage :
apprendre en jouant, en réfléchissant,
apprendre en résolvant des problèmes,
apprendre en s’exerçant,
apprendre en se remémorant et en mémorisant,
apprendre en parlant pour aller vers un langage de plus en plus complexe, complexité indispensable pour appréhender dans de bonnes conditions l’acquisition d’une lecture aisée et efficace.
Mettre en contact avec un langage adulte élaboré et faire parler
Les dédoublements se font trop souvent au détriment des autres classes. Cette réduction des effectifs doit permettre aux enseignantes et enseignants mais aussi aux ATSEM d’échanger avec chaque élève pour le mettre au contact d’un langage adulte élaboré employant ce que Laurence Lentin appelle des introducteurs de complexité tels que « qui », « que », « car », « parce que », « puisque »… Ceci est quasi impossible avec des effectifs de 30 et plus par classe. De tels effectifs, s’ils sont « indolores » pour des enfants qui entendent à la maison un langage élaboré, sont rédhibitoires pour ceux qui n’ont pas l’occasion d’entendre et d’utiliser un tel langage. Une telle situation entache l’avenir scolaire des élèves et ne peut qu’aggraver les inégalités pour parvenir à un bon niveau scolaire.
Des moyens insuffisants à l’heure actuelle
Une telle pédagogie et de telles finalités exigent des moyens matériels certes mais aussi et surtout des moyens humains : réseaux d’aide spécialisée dans chaque école pour assurer une
bonne mise en œuvre de la prévention, des ATSEM en nombre suffisant, une réelle réduction des effectifs par classe, dédoublement des classes, des effectifs par classe revus à la
baisse, des enseignants reconnus avec un salaire suffisant (les professeurs des écoles français effectuent dans l’année plus d’heures en présence des élèves que leurs homologues allemands et
perçoivent un salaire très inférieur)…
Une composition du CSP éloignée des réalités du terrain
En 2015, la composition du CSP (Conseil supérieur des programmes) comprenait des personnalités qui connaissaient l’école, le collège et le lycée. Avec Jean-Michel Blanquer, les membres du CSP connaissent le lycée et les classes préparatoires. En 2015, le CSP avait constitué un groupe de travail auquel participaient des directeurs d’école et des CPC. Avec Jean-Michel Blanquer, il n’y a pas d’acteurs de terrain et le ministre a choisi lui-même les experts du Conseil scientifique. Cela a pour conséquence de penser la maternelle sur le modèle de l’école élémentaire.
Une préconisation pédagogique inadaptée
Tournant le dos à la nécessité de faire parler les enfants, il est préconisé des cahiers de mots et la reformulation hors contexte de phrases. Est tenté de mettre en œuvre un formatage ou caporalisation réduisant les enseignants à de simples exécutants.
À côté de cela, il est constaté une baisse de la scolarisation des moins de 3 ans (3 6% entre 1990 et 2000, 12 % en 2011). Cette scolarisation, si les effectifs sont adaptés, permet aux enfants de développer des compétences langagières et sociales. Même si cette scolarisation ne doit pas être obligatoire, elle doit pouvoir être proposée dans les quartiers sensibles concentrant les plus grandes difficultés.
Sous des aspects qui paraissent relever du bon sens, le CSP définit l’objectif principal qui est « d’assurer à tous les enfants des acquisitions qui leur seront nécessaires pour aborder avec confiance le cours préparatoire ». Ce faisant, est préconisé une conception de développement de l’enfant qui consisterait à l’aide de « fondamentaux, de remplir un petit vide pour le faire grandir ». Il suffirait ainsi, selon le CSP, de le baigner dans des « jeux » de langage ou de mathématiques, selon Mireille Brigaudot (maîtresse de conférences en science du langage) qui reproche à ces préconisations une conception mécaniste des apprentissages scolaires. À la construction des concepts de nombre par exemple, le CSP oppose les exercices de répétitions, le recentrage sur l’utilisation et la connaissance qui devrait être postérieure à la compréhension profonde de ce qu’est le nombre. Le tropisme du résultat, d’où la multiplication des tests dès la petite section, devient le souci premier et formalise d’en haut les pédagogies en imposant l’utilisation des outils proposés par l’institution. Cela éloigne de la prise en compte de la réalité de la classe et des élèves, de l’observation concrète des élèves et de l’analyse de leurs besoins.
Piloter chaque niveau en fonction du niveau suivant est contre-productif et réducteur
Le CSP, à la demande du ministre, préconise des évaluations dès la petite section avec pour seul objectif de préparer les élèves à réussir les tests du CP. À piloter chaque étape du cursus scolaire par les seules exigences du niveau suivant, la maternelle par le primaire, le primaire par le collège, le collège par le lycée etc., est mis de côté la spécificité de chaque tranche d’âge et ainsi l’efficacité dans les apprentissages attendus.
Grande est ainsi la tentation de renoncer au « tous et toutes capables » en risquant de culpabiliser les familles en les rendant responsables de l’éventuel échec scolaire puisque ce qui est jugé dans les tests de la petite section c’est le niveau familial.
L’école maternelle, un moment essentiel pour devenir un élève
La mission de l’école maternelle est certes de préparer à l’entrée au CP, selon Christine Passerieux (conseillère pédagogique et membre du GFEN/Groupe Français d’Éducation Nouvelle) mais ce n’est pas la seule. L’école maternelle est une école à part entière et, à ce titre, un espace d’ouverture au monde. On ne naît pas élève, on le devient :
en rencontrant l’autre,
en s’appropriant des outils, des modes de faire et de dire,
en découvrant et en interagissant des œuvres patrimoniales et contemporaines dans tous les domaines,
en s’engageant au quotidien dans le plaisir d’apprendre.
Pour devenir un élève, il est indispensable de créer les conditions pour que enfant s’engage dans un processus d’ « acculturation » ou d’émancipation qui permettra une attitude ou posture de réflexion, de questionnement, de compréhension progressive du monde et de développement de l’imagination.
Tous ces aspects fondamentaux pour l’avenir des enfants et de la société sont absents de la note du CSP qui pratique, selon le désir conscient ou inconscient du ministre, plus les injonctions que les propositions à débattre et discuter.
Évaluer fait partie de l’acte d’enseignement pour prendre en compte l’état des connaissances des enfants et aussi et surtout, ce qui ne figure pas dans la note du CSP, de ce qu’ils comprennent des attendus de l’école et de la manière avec laquelle ils se les approprient.
L’école publique, une école pour toutes et tous
L’évaluation dès la petite section, c’est prendre le risque d’étiqueter les enfants et, indirectement, de les détourner du désir d’apprendre. L’évaluation à l’école ne peut se faire que sur les acquisitions de la scolarité. Il s’agit de distinguer l’évaluation contrôle de l’évaluation formative essentielle. Ne pas se préoccuper des conditions d’entrée de tous et toutes dans les apprentissages c’est empêcher tout ce qui fait que l’école maternelle de qualité peut réussir pour l’épanouissement présent et futur des enfants et pour lutter contre les inégalités. Le risque est grand de condamner les enfants à une assignation à résidence de leurs origines en limitant leur capacité à s’émanciper.
Serait ainsi acté la fin « de l’école publique, une école pour tous » et d’avaliser la ségrégation culturelle et sociale.
NDLA :
Article qui repose en partie sur les analyses du dossier de la revue n°230 de février 2021 Pour de la FSU, dossier consacré à la maternelle sous le titre « Maternelle, le consensus brisé ».