Bonjour à toutes et à tous,

L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse
Publié le 1 Juin 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Granville
Bonjour à toutes et à tous,

Publié le 1 Juin 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Environnement, Granville, Un autre monde est possible

Agissons pour le climat Granville Terre et Mer
Siège social AGORA Granville

La pandémie que nous venons de vivre et qui n’est pas encore terminée nous pose beaucoup de questionnements.
Pourquoi la santé en France va mal ? La gestion de la crise covid 19, le malaise dans les hôpitaux, le manque d’argent et de moyens aux soignants sont alarmants.
Par contre nous sommes capables de dépenser beaucoup d’argent dans des projets complètement inutiles comme les 2x2 voies (45millions €), l’extension portuaire de Granville, les pesticides que l’on répand à proximité des habitations avec toutes les conséquences des maladies induites ! Autant de sujets qu’il faut remettre en cause en accentuant au contraire les réponses aux besoins de santé, investir et mettre en place un I R M à l'hôpital de Granville par exemple.
La pandémie du Coronavirus a déjà eu et aura des effets dramatiques sanitaires, sociaux, économiques et politiques sur la nation qui atteindront, en particulier, la vie des plus précaires et en feront sombrer un grand nombre dans la pauvreté. Le gouvernement ; exploitant la « stratégie du choc », c'est-à-dire la sidération et la peur exacerbée par les catastrophes auprès des citoyens, en aura profité pour restreindre encore plus les libertés publiques et s'attaquer, en particulier, au droit du travail.
Il ne fait aucun doute que le déficit des finances publiques s'étant creusé, les collectivités locales verront leurs dotations et leurs moyens réduits pour subvenir aux besoins de la population. IL convient donc de passer au crible les grands projets locaux inutiles qui concernent la Communauté de Commune Granville Terre et Mer au regard des effets de la pandémie et de la transition écologique qui nécessitent un changement très fort d'orientation des investissements.
Nous examinerons le projet de 2x2 voies, l'hôpital, le projet portuaire, les insecticides et la situation particulière de Saint-Jean de Thomas :
Le Projet de port urbain.
Ce projet vient de faire l'objet d'une nième version présentée par le conseil départemental de la Manche, élaborée sans concertation avec les habitants, les associations locales, et les professionnels du port qui regroupent plus de 50 entreprises liées à la mer.
Certains aménagements concernant le fret maritime, cantonné aux Anglo-normandes, présentés par l'Association pour la Promotion des Ports de Granville (APPG) ont été enfin intégrés, ainsi qu'une zone frigorifique de stockage tout à fait nécessaire. Sans doute l'extension de la zone technique du chantier naval était-elle souhaitable, mais non pas l'aménagement d'un terre-plein de 9000m2 exposé au risque de submersion si l'on prend en considération les conséquences prévisibles du changement climatique sur le niveau des mers. En outre, nul argument crédible n'est toujours opposé à la remise en service de la cale de radoub qui pourrait utilement faire office d’un second élévateur à bateaux.
Le projet prévoit l’augmentation annoncée de 40% des surfaces de bassin pour la création de 480 places supplémentaires. Sans doute le Conseil départemental et la CCI n'ont d'autres perspectives que d'augmenter le bénéfice financier de cette opération sans se soucier du fait qu'un nombre important de bateaux ne quittent pas le port et sans rechercher à l'équiper de dispositifs adoptés par de nombreux ports pour stocker les bateaux ventouses et favoriser une plus large utilisation des places. Le projet se traduira, en outre par une augmentation de 45 000 m3 de boues à extraire du port de Hérel, toujours rejetées à la base de la tourelle du Loup. La société adjudicataire du dévasement n'est, à ce jour, nullement contrainte par des obligations précises et pas plus par les contrôles des autorités (mais lesquelles?). Une partie plus importante des vases viendra donc se déposer sur les plages de Hacqueville, du Fourneau, de Saint-Pair et de Jullouville au détriment de l'activité balnéaire et touristique.
Enfin, un « aménagement de la rue des Îles » est prévu pour « adapter l’environnement aux besoins actuels et futurs des activités portuaires ». Les dits besoins ne sont en réalité pas ceux des ports, mais ceux du développement des « activités de tourisme et de loisirs » destinés au versant maritime du tourisme de luxe qui ne concerne que fort peu les intérêts des Granvillais mais cependant poursuivi obstinément par les dernières municipalités.
Hôpital.
Depuis la fusion des deux sites en un CHAG, la stratégie des pouvoirs publics a conduit à un démembrement de l'hôpital de Granville et à une réduction des services ceci au mépris de la prise en considération des populations (13175 habitants pour Granville et 44416 pour la Comcom GTM, 7786 pour Avranches et 21419 pour la Comcom). Réduction d'autant plus absurde que la clinique de la Baie à Saint-Martin des Champs n'a cessé de se développer. Les maires de Granville n'ont rien fait pour s'opposer aux diktats assortis de mensonges de l'Agence Régionale de Santé.
Service par service, l’hôpital de Granville s'est trouvé dépouillé des services nécessaires à l'accueil d'une population âgée (42% de retraités et 20% de très âgées et handicapées) fréquemment victimes d'infarctus et d'accidents vasculaires cérébraux. Les risques de séquelles invalidantes se sont accrus compte tenu des temps nécessaires aux transferts vers les CHU réalisés par l'unique ligne SMUR. A l'encontre de cette stratégie et quelque soit la crédibilité des promesses du chef de l'Etat en matière de santé, il est urgent de répondre aux besoins suivants :
1 - récupérer une ambulance pour le SMUR 1 et une équipe étoffée qui peut faire office de SMUR 2 (plus de 40% des médecins sont partis en 4 ans malheureusement avec les dégradations des conditions de travail) ou en tous cas, faire en sorte qu'il n'y ait plus de retard des prises en charge des patients ;
2 - un IRM ;
3 - rénovation des urgences ;
4 - récupérer des actes de chirurgie ambulatoire en plus de l'ophtalmologie, la gastrologie et la gynécologie ;
5 - avoir une politique volontariste d'accueil des internes, notamment ceux de spécialités en déficit : gynécologie, cardiologie, gastrologie, o.r.l etc...
La 2x2 voies Avranches - Longueville.
L Association Agissons pour le climat GTM a déposé une demande d'abrogation de ce projet auprès du Préfet de la Manche pour des raisons d'ordre juridiques et environnementales. La déclaration d'utilité publique du 19 octobre 2006 prorogée le 26 11 2011 apparaît, en effet, obsolète au regard de l'évolution des dispositions législatives actuelles ( Loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité de la nature et des paysages) et notamment en matière d'environnement qui visent le zéro artificialisation des terres, la conservation des terres agricoles et, en particulier des zones humides. Hors les opérations déjà réalisées de 3km pour un coût de 28 millions € et la seconde de 4km pour un coût de 38 millions €, le département maintient sa volonté de réalisation finale des trois tronçons qui détruira 14 ha de zones humides et supprimera une exploitation agricole biologique importante.
Pesticides.
La Cour des Comptes, dan un avis récent, a fait le constat que les effets du plan ECOPHYTO mobilisant 400 millions € d argent public demeurent très en deçà des objectifs fixés par le gouvernement d'autant qu'une partie restreinte a atteint les agriculteurs. L'utilisation des pesticides qui avait déjà augmenté de 12% entre 2006 et 2009 et a encore progressé de 24% en 2017. La France est en première ligne pour l'utilisation des pesticides, en Europe, et en quatrième ligne dans le monde. Cédant aux pressions du lobby de l'agroalimentaire le gouvernement à réduit de 5m à 3m la distance des épandages autour des habitations.
Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances d’origine naturelles ou artificielles étrangères à l'organisme. Elles peuvent interférer sur le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets néfastes sur l'organisme d'un individu et de ses descendants.
L 'association Agissons pour le climat demande en conséquence un moratoire concernant l'usage des pesticides et un soutien déterminé des pouvoirs publics aux nombreux agriculteurs faisant le choix de l'agriculture biologique.
Saint Jean Le Thomas.
Le village de Saint Jean Le Thomas se situe au dessous du niveau de la mer et par conséquent menacé à terme par l'élévation du niveau de la mer. La mise en place d'un épi n'aura pas tenu l'épreuve des tempêtes et des grandes marées tout en polluant l'environnement. Les travaux de recharge de la dune ne semblent guère être à la mesure des risques encourus par les habitants outre les atteintes aux espèces protégées par la législation (art. 411-1 du code de l'environnement).
Une étude de l'édification d'une digue apparaît nécessaire à la protection du village et des habitants en même temps qu'à l'économie des fonds publics utilisés de façon inefficiente.
Publié le 31 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Art et culture, Vu sur le Web

Hommage à l'humoriste et comédien, Guy Bedos, qui a tiré sa révérence ce jeudi 28 mai, à l'âge de 85 ans. Un personnage à la fois truculent, sensible, attachant, engagé résolument à gauche.

Un de plus, ou un moins. Voilà, Guy Bedos s’en est allé. Pour retrouver son « cimetière d’amicalités », comme il disait. Simone Signoret, Sophie Daumier, Barbara, Desproges, Mastroianni, Marielle…, et plus récemment Jean-Loup Dabadie, qui avait écrit plusieurs de ses sketchs (parmi les plus connus, tels Bonne fête Paulette, le Boxeur, la Drague). Comédien, humoriste, écrivain. Guy Bedos était un couteau suisse du spectacle vivant.
Né le 15 juin 1934, à Alger, entre une mère pétainiste et un beau-père raciste (c’est assez pour subir des taloches en pleine gueule), Bedos débarque à Paris à quinze ans, intègre quelques années plus tard l’École de la rue Blanche. En 1955, il faisait sa première apparition dans le film Futures vedettes de Marc Allégret. La voix est déjà posée, chaude, fleurant la rocaille. S’y ajoutent des ingrédients de base, les rencontres de Vian, Prévert et Billetdoux.
Dix ans plus tard, en 1965, il débutait sa carrière d’humoriste, avec Sophie Daumier pour partenaire (sur la scène et dans la vie).
C’est dire si Bedos a accompagné nos existences. Il conjuguera toute sa vie les planches et le cinéma. Avec des dates marquantes. En 1962, dans le Caporal épinglé de Jean Renoir, plus tard dans le Pistonné de Claude Berri, en 1970.
Son premier livre, Je craque, est publié en 1976. Guy Bedos y évoque son enfance, le début de sa carrière et ses convictions politiques (il sera vite censuré!).
La même année, il tourne pour Yves Robert Un éléphant ça trompe énormément, puis Nous irons tous au paradis, du même réalisateur.
Bedos est allé de succès en succès, de rencontres en collaborations fidèles. Molière du meilleur one man show, en 1990, dirigé par Patrice Chéreau (Contre l’oubli), il joue encore la Résistible Ascension d’Arturo Ui de Brecht, poursuit ses écritures aux parfums autobiographiques, collabore très tôt à Siné Hebdo, égrène les scènes, s’efforçant, en sale gosse, «de faire du drôle avec du triste.».
Parfois pas mécontent de lui, parfois roublard, nostalgique, follement charmeur, railleur, d’une élégance suprême. Et résolument à gauche (une manière de régler ses comptes avec son enfance, ses parents). C’était aussi ça Bedos. Toujours engagé. Auprès de la Ligue des Droits de l’Homme, aux côtés de Droit au Logement, signataire du manifeste contre le délit de solidarité. Aux aguets. Avec une éclatante marque de fabrique chez lui : la revue de presse. Fameuse. Ça remet loin, en 1975. Une revue ouvertement, clairement politisée, entre deux ou trois sketches, puisant dans l’actualité, d’une citation à l’autre, enfilant ses commentaires comme des fiches cuisine.
Guy Bedos a fait école (Christophe Alévêque en est le plus bel exemple). Si Bedos a fait de cet exercice son objet fétiche, vitriolant et drôle à la fois, lucide et cinglant, c’est qu’il affectionnait tout particulièrement les médias. Inconditionnel et accroc. Fidèle à Politis aussi. Dont il a été rédacteur en chef invité en 2012. Qu’il était venu soutenir dans une soirée en juin 2014 (aux côtés de Christiane Taubira). Entre ces deux dates, en décembre 2013, au moment où il tirait le rideau (celui de la scène), il nous confiait : « Il est prudent d’arrêter avant d’être arrêté. Cela aura été une belle histoire. » Une très belle histoire. Merci Guy.
Publié le 30 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Environnement, Agriculture Elevage FNSEA

Chères amies, chers amis
Le Commissariat Général au Développement Durable vient de publier les chiffres officiels des ventes de pesticides en France, et les résultats sont sans appel.
En 10 ans, entre 2009 et 2018, les ventes de glyphosate ont progressé malgré les « engagements » du Président de la République indiquant en 2017 " qu'en trois ans il n'y aurait plus de glyphosate". Les ventes de cet herbicide ne cessent d’augmenter pour passer de 6292 tonnes en 2009 à 9723 tonnes en 2018 !
Cette course en avant trahit l’inefficacité des plans gouvernementaux de réduction des pesticides
Agir pour l’environnement vous communique le triste palmarès des départements français où les ventes de glyphosate sont les plus élevées :
| Département | Ventes de glyphosate en 2018 en tonnes |
|---|---|
| AUBE | 457 |
| CHARENTE | 324 |
| CHARENTE-MARITIME | 311 |
| GIRONDE | 289 |
| MARNE | 227 |

Nos actions pour faire interdire le Glyphosate au moyen d'une loi sont un point d'entrée crucial dans cette bataille contre l’ensemble des produits phytopharmaceutiques. Avec l’objectif final : la sortie totale des pesticides
En 10 ans le taux de progression des ventes de produits phytopharmaceutiques est spectaculaire

Les plans Ecophyto de réduction des pesticides (objectif initial - 50% de pesticides en 2018), qui se succèdent depuis près de 10 ans et ont coûté près d'un demi milliard d'euros, ont démontré toute leur inefficacité
Sans grande loi de sortie programmée des pesticides avec un accompagnement technique et financier des agriculteurs sur plusieurs années, rien ne bougera.
Pour agir pour l'environnement le gouvernement doit profondément changer de stratégies en cessant de s’en remettre au syndicat agricole majoritaire dont les engagements successifs visant à diminuer l’utilisation des pesticides relèvent au mieux de la prestidigitation.
Le temps des belles paroles et des faux engagements vient de s’écraser sur une note du Commissariat Général au Développement Durable dont les données apportent la preuve définitive de la duplicité du gouvernement en matière de réduction des ventes de pesticides.
Restons mobilisés !
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Publié le 29 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche

Épinglé hier, mercredi 27 mai, par Twitter pour fake news, Donald Trump, vexé, a tweeté à nouveau pour exprimer sa colère et menace de faire fermer le réseau social sous prétexte de liberté d’expression…
Publié le 28 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche

Après 35 ans de mutation néolibérale et 15 mois de guerre sociale, la France a vu surgir la pandémie due au virus SARS-CoV-2 dans les pires conditions à cause d’une imprévision criminelle de ses dirigeants qui les a empêchés de choisir la meilleure stratégie de lutte : tester, tracer et confiner les testés positifs comme en Corée du Sud, à Taïwan ou en Allemagne par exemple. L’absence de tests, de masques et la faiblesse du nombre de lits de réanimation (5000 lits soit trois fois moins que l’Allemagne rapporté au nombre d’habitants) les a obligés d’utiliser la plus mauvaise des stratégies de lutte à savoir le confinement total d’une majorité de la population comme au Moyen Âge ! Voilà pourquoi la France est dans le peloton de tête mondial de la surmortalité par habitant.
Mais il y a une suite, c’est que ce confinement total moyenâgeux va amplifier la crise sociale à la sortie du confinement. C’est la double peine ! Car le chômage partiel n’est qu’un moyen de retarder de quelques mois le démarrage de la crise sociale. L’OFCE chiffre à 620 000 le nombre de chômeurs en plus à la sortie du confinement. Les annonces de certaines grandes entreprises laissent présager que le million de chômeurs supplémentaires sera dépassé avant la fin de l’année. Et sans doute beaucoup plus si on additionnait les chômeurs des 5 catégories A, B, C, D, E ! Les mois qui viennent vont donc nous faire vivre soit la possibilité d’une bifurcation historique, soit le monde d’après en pire ! Mieux ou pire, voilà le choix mais sûrement pas revenir au jour d’avant.
Car au chômage s’ajoutera une augmentation forte de la misère et de la pauvreté. Et si on rajoute le mécontentement des personnels « essentiels » : soignants, enseignants, éboueurs, caissières, etc., qui ne voient toujours pas de concrétisation des discours de leur président de la République, mais aussi la volonté néolibérale de faire payer la plus grande partie des centaines de milliards de dette nouvelle aux travailleurs, on a là un cocktail explosif qui peut nous surprendre autant que la crise du coronavirus dont nous avons passé le premier épisode.
Mais pour l’instant, ce n’est pas morose pour tout le monde. Du 30 mars au 1er mai 2020, 30 millions d’Américains se sont inscrits au chômage mais Wall Street a bondi de 13 %, sa meilleure croissance depuis 1987. L’Euro Stoxx 50, indice boursier de la zone euro a gagné 5 %, le Dax allemand 9 %, le Cac 40 4 % ! C’est l’intensification de la lutte des classes, réalité qu’essayent de masquer les médias dominants qui tentent de nous amuser avec des faits picrocholins (naissance du 9ème groupe ou du 10ème groupe à l’Assemblée nationale, changement ou pas de Premier ministre, interview de l’ex-président Hollande, etc.).
Rajoutons à ce tableau que l’hypothèse d’une baisse de croissance de 8 % retenue dans la loi de finances rectificative du 25 avril dernier n’est pas crédible pour tout économiste qui utilise sa raison raisonnante. Alors que sans désépargne, la baisse de croissance du PIB pourrait être de 11 % et la dette dépasserait 120 % du PIB. Car, nous pensons que devant la peur de l’avenir, les citoyens français ne vont pas se mettre à surconsommer leur épargne pour ceux qui en ont !
Sans compter la vulnérabilité de l’Italie, 3ème pays en importance économique de la zone euro. Son dérapage financier aurait un effet domino autrement plus fracassant que la Grèce en 2015…
Nous voilà donc dans une crise paroxystique multidimensionnelle. Et dans ce cas, comme nous l’avons dit plus haut, c’est le moment de la bifurcation historique : mieux ou pire ?
Pour le pire, tout est prévu, la nouvelle doctrine anti-républicaine du maintien de l’ordre, la restriction des libertés publiques par la perpétuation des états d’urgence, l’actuelle perméabilité des forces de l’ordre aux idées de l’extrême droite permise par la hiérarchie policière, les médias dominants prêts à l’union des droites (extrême droite comprise), les conquis sociaux désagrégés dans la séquence politique précédente.
Pour le mieux, malheureusement peu de chose est prévu. Seul un nouveau rapport de forces social de grande ampleur pourrait engager la bifurcation historique du côté du progrès social. Mais là, il ne faudra pas continuer l’archipelisation des forces sociales et politiques, chacun restant dans son couloir en disant du mal surtout de celui qui est dans le couloir voisin. Donc ne pas refaire la sérénade – très appréciée par le patronat et les néolibéraux de droite et de gauche – qui opposa le mouvement des gilets jaunes au mouvement syndical. Donc de préférer la tentative du blocage de l’économie du type du mouvement du 5 décembre prônée dès la première quinzaine de septembre par le mouvement à la RATP suivi des cheminots, plutôt que la succession des manifestations « saute-mouton » qui épuisent les travailleurs. On nous rétorquera que cela ne se décrète pas. Nous répondrons que c’est très juste mais c’est le rôle des directions politiques et syndicales de préparer le mouvement pour tenter de réussir. Car si on ne tente pas cela, on a déjà perdu avant de commencer ! Mais il faudra bien sûr rompre avec les lignes stratégiques qui font perdre la gauche populaire depuis le tournant néolibéral. D’abord constituer un bloc historique autour de la classe populaire ouvrière et employée qui vivent les mêmes conditions matérielles d’existence et qui représentent plus de 53 % de la population française et que les directions de la gauche politique et syndicale ont abandonné. D’autant que de nombreux artisans et très petits commerçants, des travailleurs précaires issus des couches moyennes vivent des conditions pire encore que la classe populaire ouvrière et employée. À ceux-là doivent s’allier les couches moyennes intermédiaires (24 % de la population française), une partie des couches moyennes intellectuelles voire une partie des cadres. Et tout cela dans un esprit de convergence pour en finir avec l’archipelisation souhaitée par les néolibéraux. Mais pour converger, il faut préférer l’universalité des principes républicains sociaux plutôt que de se référer au différentialisme, à l’indigénisme, au racialisme, aux positions identitaires qui divisent le camp du travail pour le plus grand bien de l’oligarchie capitaliste. Plutôt la liberté que la police de la pensée, plutôt l’égalité que l’équité, plutôt la fraternité et la solidarité que la charité et l’aumône, plutôt la laïcité comme organisation de la vie sociale que le communautarisme et le repli identitaire, plutôt la lutte des classes que la lutte des races, plutôt la souveraineté populaire que la remise des pouvoirs aux experts autoproclamés, plutôt le développement écologique et social que le productivisme, plutôt le féminisme global, républicain et social que la division sur l’écriture inclusive, plutôt l’internationalisme que le mondialisme ou le nationalisme, plutôt les quatre conditions de Condorcet de la démocratie que l’homme providentiel et le renforcement de la bureaucratie, plutôt la propriété d’usage ou la propriété collective que la propriété lucrative, etc.
Puis, développer la nécessité de se former et de pratiquer une refondation de l’éducation populaire indispensable aux luttes sociales et politiques. C’est d’autant plus important que les directions des grandes organisations syndicales associatives et politiques ont abandonné cette tâche prioritaire.
Et enfin, il n’y aura pas bifurcation sans la créativité de l’auto-organisation des travailleurs. Car comme un mouvement social ne se décrète pas, mais comme toutes les bifurcations de l’histoire ont été démarrées par l’auto-organisation des travailleurs, l’auto-organisation doit être la base de la mobilisation. Mais il n’y a pas d’auto-organisation sans une pratique renouvelée de la démocratie souvent abandonnée par les grandes organisations à commencer par les structures étatiques et locales. Mais souvent la démocratie fut confisquée par les thuriféraires du gouvernement représentatif à la Sieyès. Il faut donc penser la pratique du processus de démocratie au début du chemin mais aussi au bout du chemin. Alors cette démocratie doit entrer partout et y compris dans l’entreprise.
Oui, pour avoir le mieux, il faut, de notre point de vue, penser la socialisation progressive des entreprises.
Oui il faut que les nationalisations nécessaires aient une contrepartie à l’aide des deniers publics dans la crise économique et financière qui s’annonce. Ces nationalisations ne doivent pas devenir des structures de plus en plus bureaucratiques au point d’être dirigées in fine par une nomenklatura, future grande bourgeoisie d’État. Pour cela, une solution : la démocratie, la démocratie, la démocratie ! De 1946 à 1967, la Sécurité sociale fut dirigée ni par le privé, ni par l’État mais par les représentants élus à tous les niveaux des assurés sociaux. Avec des résultats exceptionnels de santé publique ! Pourquoi les usagers des services publics ne désigneraient-il pas leurs représentants élus à tous les niveaux des services publics existants ou à construire ? Comme les personnels d’ailleurs qui pourraient siéger de façon significative dans les directions des services publics au prorata des élections professionnelles syndicales ? Le tout organisé par une planification démocratique à repenser !
Ou dit autrement, construire une République sociale dotée d’une planification authentiquement démocratique sur des critères sociaux et écologiques avec :
– des processus démocratiques dans les services publics et la Sécurité sociale refondée, adossés sur des filières de production socialisées et sécurisées ;
– des entreprises engagées dans un processus de socialisation progressive ;
– des aides de l’État avec des contreparties sociales et écologiques proportionnées ;
– des nationalisations et des développements de communs ;
– la Sécurité sociale financée entièrement par des cotisations sociales à la hauteur des enjeux ;
– une refondation de l’impôt qui doit être de plus en plus progressif.
Voilà ce que nous proposons au débat général des acteurs du monde de demain !
Publié le 19 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage, Services publics, Santé

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, promet de meilleurs salaires au personnel soignant, et veut présenter un plan pour l’hôpital d’ici cet été.
Publié le 18 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Education, Jupiter, Politique
"Nous observons, consternés, un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs et ne pouvons nous taire". C'est un groupe d'une quinzaine de hauts fonctionnaires de ce même ministère (Dasen, inspecteurs généraux, cadres du ministère) qui nous a fait parvenir cette tribune. Les mentions de deux rapports internes non publiés de l'Inspection générale montre l'origine du texte. Ils dénoncent une "mise au pas" du ministère qui va des cadres aux enseignants de terrain astreints à suivre des guides pédagogiques. Plus que "l'aveuglement scientiste " de ce dernier, ils démontent les politiques menées par JM Blanquer depuis 2017. D'abord sur l'enseignement professionnel, officiellement "réévalué", alors que s'applique en fait un véritable hold up sur l'avenir des jeunes des lycées professionnels à qui on ferme toute perspective de poursuite d'études. Même logique pour les autres lycéens, engagés avec les E3C dans une course perpétuelle à la performance qui élimine les faibles. La "priorité au primaire", proclamée par JM Blanquer, est en fait la "priorité aux maternelles privées", favorisées par la loi Blanquer. Ainsi dénoncent-ils le "double discours permanent" de JM Blanquer "nourrissant une rhétorique d'une duplicité chronique". Pour les auteurs, attachés aux valeurs républicaines de l’École, la politique menée par JM Blanquer est profondément réactionnaire. Quelques jours après la tribune d'un haut fonctionnaire du ministère de l’Éducation nationale, ce nouveau texte témoigne du climat insupportable qui règne rue de Grenelle.
Nous, enseignants, formateurs, chercheurs, inspecteurs du premier et second degrés, inspecteurs généraux, directeurs académiques, cadres de l'administration centrale, sommes des témoins privilégiées et informés de la situation actuelle de l'école. Animer des équipes pédagogiques, diriger les services départementaux de l’Éducation nationale, piloter une circonscription, former des enseignants, enseigner les disciplines au programme, réfléchir à comment faire en sorte d'assurer au mieux la réussite de tous les élèves : tel est, depuis tant de temps pour les uns, moins longtemps pour d'autres, notre métier. Nous ne nous sentons pas partisans, et avons toujours été du côté des réformes quand celles-ci allaient dans le sens de l'amélioration des apprentissages et de l'épanouissement des élèves. L'esprit de chapelle nous est étranger et l'idée d'appartenir à un quelconque parti ou organisation qui nous aurait obligés à nous taire en cas de désaccord ne nous a jamais effleuré. Du reste, certains d'entre nous sont de « droite » et d'autres « de gauche » mais notre loyauté aux valeurs de l’École n’est d'aucun bord, elle est quotidienne. Et nous nous efforçons, au jour le jour, de la défendre et de la faire vivre de notre mieux.
Or aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous taire. Au-delà même de la gestion chaotique du Covid 19 dans les écoles, au-delà, dans ce contexte complexe, des propos du ministre contradictoires, évasifs, ou immédiatement infirmés par le Premier ministre, nous considérons que ce serait une faute éthique et politique. Qu'observons-nous bien plus précisément que les journalistes, même les plus aguerris, n'écrivent ?
Nous voyons tout d'abord un immense mensonge.
En prétendant construire une école de la Confiance, le ministre et son Cabinet instaure un authentique climat de défiance. Dans ce climat aux ordres, le Cabinet ministériel manie contrôles, censures, dans un management autoritaire, fondé sur la suspicion, la menace, le verrouillage de toute expression qui ne serait pas « dans la ligne ». Les recteurs et les Directeurs académiques convoqués pour une grand messe qui nie leur marge d'autonomie et d'expertise. Ces procédés sont inédits, jamais vus à ce niveau dans l’École de la République ; les cadres que nous sommes les constatons, et les déplorons, soucieux que nous demeurons de ne pas confondre loyauté et soumission, conscience professionnelle et obéissance aveugle.
Les cadres que nous sommes y voient se déployer sans retenue, un double discours permanent, nourrissant une rhétorique d'une duplicité chronique : cela passe par l'affirmation d'une priorité accordée au primaire, notamment dans la politique dite des fondamentaux et du dédoublement des classes (GS, CP et CE1), mais dans le même temps une relégation d'autres mesures parmi les plus efficaces (comme « plus de maîtres que de classes) au profit de dispositifs dont aucune étude ne permet à ce jour de mesurer l'efficacité réelle sur les apprentissages des élèves. Le seul juge de paix étant le ressenti du Ministre disant que tout va mieux là où aucun indicateur fiable ne peut le confirmer. L'affichage d'un discours sur l'Excellence en voie professionnelle est brandie alors que dans le même temps s'opère une dilution de la voie professionnelle publique sous statut scolaire en vue d'une disparition progressive du lycée professionnel mis en concurrence avec des organismes de formation privés et l'apprentissage. En voie générale des lycées, la réforme du Bac a montré son impréparation et aussi le fait que les élèves les mieux dotés socialement seraient, là encore, les plus à l'aise.
Mise au pas
Ce n'est pas seulement la liberté pédagogique des enseignants qui est mise à mal, mais aussi la liberté de pensée d'une Institution toute entière mise au pas. La liste serait longue, à la Prévert (mais malheureusement moins réjouissante) : des enseignants à qui l'on distribue des « guides », au mépris de leur expertise, des inspecteurs du premier degré que l'on veut caporaliser, dont on réduit les missions à des fonctions de contrôle, des inspecteurs du second degré sommés de relayer des injonctions paradoxales, et de nier la réalité des difficultés de mise en œuvre sur le terrain, une Inspection générale de plus en plus technocratisée, réduite au contrôle et dépossédée de sa fonction d'expertise, des chercheurs en sciences de l'éducation, en sciences humaines et sociales que l'on stigmatise, ostracise, voire excommunie du débat d'idées inhérent à tout système éducatif dans un État de droit, des instances d'évaluation que l'on met au pas, voire que l'on remplace pour que le Ministre ne puisse disposer que des évaluations abondant dans le sens des réformes du ministère.
Ce sont encore des fonctionnaires et hauts-fonctionnaires purement et simplement dépossédés de leurs dossiers d'expertise au profit de technocrates plus soucieux de leur intérêt de carrière à court terme que de la qualité du service rendu compte tenu, au choix, de leur inexpérience ou de leur incompétence. Ou d'autres encore qui sans conscience ou par idéologie, peuvent enfin donner libre cours à leur autoritarisme spontané.
Les enseignants du premier degré sont quant à eux renvoyés à un statut de simple exécutants, suspendus à des préconisations d'une neuroscience devenue toute puissante et intolérante aux autres sciences de l'éducation. Des inspecteurs territoriaux deviennent contraints de surveiller et obligés de se faire, eux-mêmes et à leur corps défendant, des exécutants aux ordres, malgré leur ressentiment, malgré parfois leur honte (une phrase revient souvent dans toutes les académies, à presque tous les postes sans que le Cabinet n'en ait cure : « jusqu'où pourrons-nous nous regarder dans la glace le matin ? » ; « nous avons l'impression de nous renier nous-mêmes », etc.). Les agents publics sont amenés à faire passer les réformes venues d'en haut, au mépris même de leur autonomie et de leur conceptions éducatives.
Scientisme
Nous, cadres, observons également un aveuglement scientiste : le Ministre, dès son arrivée rue de Grenelle, a voulu donner une caution scientifique colorée de modernité à ce qui ne relève que de mesures idéologiques marquées dans les faits du sceau d'une pensée conservatrice et néolibérale sommaire. L'installation, sous la houlette directe du ministère et au détriment d'instances existantes d'évaluation du système scolaire, du Conseil Scientifique de l’Éducation nationale en témoigne. Ici, ne règne qu'une vision de la recherche cognitive, sans la didactique, sans les sciences de l'éducation, ni la sociologie de l'école. « Tout se joue dans le cerveau » dit le ministre. Vive l'imagerie du cerveau. À bas les 100 ans de recherches pluridisciplinaires sur l'école ! La communication ministérielle est formelle, en laissant croire que la simple « remédiation » technique, fondée sur des procédures et des protocoles, sur du « pilotage par les preuves » suite à des tests de positionnement pourra vaincre la difficulté scolaire. Les neurosciences (et encore, une école particulière) sont érigées au rang de nouvelle doctrine pédagogique au détriment du savoir-faire des enseignants et des personnels d'encadrement de terrain ; elles se substituent ainsi à la compréhension des enjeux culturels, sociaux et cognitifs des apprentissages scolaires. Le numérique éducatif, alpha et oméga de la pensée pédagogique actuelle, sert de cheval de Troie pour infiltrer les pratiques pédagogiques et offrir l'échec scolaire en marché aux éditeurs numériques et opérateurs privés. Les annonces récentes du Ministre au moment du déconfinement sur l'importance future de l'enseignement à distance vont bien dans ce sens. L'invasion des soft skills issues de l'idéologie néolibérale, reprenant les théories béhavioristes les plus éculées, contaminent le champ éducatif comme nouveau modèle de compétences centré sur l'individu au détriment des valeurs du collectif. Un détournement des thématiques de la personnalisation, de l'individualisation vient achever le travail en faisant porter sur les individus et non plus sur le collectif et les choix politiques la réussite des personnes ou de leur propre échec dans le système.
Un projet réactionnaire
Nous contemplons aussi, atterrés au quotidien, des mesures dites « pour la justice sociale » qui ne font qu'augmenter les inégalités sociales devant l'école.
En voie générale, sous le prétexte de l'exigence et du rehaussement du niveau, le ministre rétablit une culture élitiste qui trie, hiérarchise et sélectionne les élèves, mettant en place la compétition de tous et l'élimination des plus faibles au fur et à mesure du cursus scolaire. La réforme du Bac soumet les familles à une carte des enseignements de spécialités créant des inégalités territoriales de fait. Les E3C soumettent à une pression certificative permanente les élèves et leurs enseignants; dénoncées par les Chefs d'établissement et par une note interne de l'Inspection générale, perturbées dans plusieurs établissements, générant anxiété des élèves, pression permanente de tous et difficultés de mise en œuvre, ces épreuves ne servent que des logiques évaluatives au détriment des logiques de formation.
En voie professionnelle, alors qu'une large part du projet de démocratisation de l’École a reposé sur l'accès de ces élèves à l'enseignement supérieur, les bacheliers professionnels ont été dépossédés à bas bruit des disciplines de l'enseignement général par une baisse drastique des horaires, ce qui leur interdit désormais tout projet de poursuites d'études. Cette saignée horaire des disciplines générales en lycée professionnel, dénoncée par les enseignants comme on crie dans le désert, attente aussi à un enseignement émancipateur, levier majeur de l'intégration des élèves issus des milieux populaires. Cette politique consiste, de fait, à séparer les LP du paysage scolaire français en les arrimant au monde de l'entreprise et à une vision surannée et irréelle de l'apprentissage.
Dans le primaire et au collège, la liste est longue encore des entorses à notre Pacte républicain autour de l’École : une priorisation accordée à la maternelle privée (avec l'obligation scolaire à 3 ans) quand les maternelles publiques manquent de moyens ; une instrumentalisation de la thématique de l'échec scolaire pour rogner sur les moyens attribués à l’Éducation prioritaire (dont le nom même s'efface du portail internet du ministère) ; l'abandon de la dimension pédagogique de l’Éducation Prioritaire se faisant, au profit du thème, politiquement fort, de la ruralité. Nous dénonçons, en tant qu'acteurs de terrain et pilotes de ces réseaux, le détricotage progressif de cette politique œuvrant depuis des années à comprendre et à agir sur les difficultés des élèves les plus éloignés de l’École.
Éducation à la citoyenneté et laïcité dévoyés
Et pour aggraver encore le constat, le Ministre a choisi une mise en scène d'un traitement « sage » de la question de la laïcité scolaire tout en nommant un Conseil des Sages composé de membres dont certains sont très nerveux sur ces questions sensibles, contribuant ainsi à une irresponsable hystérisation du débat médiatique sur l'islam. Ce principe de laïcité scolaire, auquel nous tenons tant, se dit parfois au mépris de la loi, par le Ministre lui-même. À ce titre, l'instrumentalisation de la laïcité à des fins politiques, est heureusement contrôlée par les acteurs de terrain que nous sommes et... le Premier ministre lui-même au sujet des mamans accompagnatrices. Une instrumentalisation qui s'étend aussi aux questions liées aux banlieues, et au mépris des travaux existants. Mais il est vrai qu'il s'agit souvent de travaux sociologiques que le ministre renvoie, d'une formule de slogan, à des bourdieuseries sans intérêt et fausses.
Pourtant, le Ministre se voulait offensif sur la question de la citoyenneté : n'a-t-il pas annoncé un ajout au tryptique républicain : Liberté, égalité, fraternité et Respecter autrui ? Il s'agit là encore de l'énonciation d'une formule (« respecter autrui ») dont, nous, acteurs de terrain situés à tous les échelons de l'Institution, pouvons certifier du fait qu'aucune action ne vient appuyer cette intention, réduite à une formule d'affichage réservée à la communication médiatique ministérielle. Le Conseil Supérieur des Programmes a consciencieusement vidé de sa substance pédagogique l'enseignement moral et civique (EMC) par un ajustement de ces programmes deux ans à peine après sa mise en place. Verrouillage, contrôle et reprise en main sont là aussi à l'ordre du jour. De même, rien ne vient favoriser les formations d'enseignants sur ce « respecter autrui » dont l'exemple le plus net est la formation statutaire des enseignants du premier degré qui, cantonnés aux « fondamentaux » que seraient le français et les mathématiques, évacue tous les domaines de la culture (tant scientifique, humaniste, artistique, historique que géographique). La formation statutaire des cadres suit le même chemin dans un Institut (l'IH2EF) dévolu désormais uniquement à la passation des consignes ministérielles. Le ministère ferait bien d'initier dans ses logiques quotidiennes ce « respecter autrui » si absent de ses propres fonctionnements, comme un rapport de l'Inspection générale vient de le pointer, notamment au sujet de l'organisation interne de la rue de Grenelle et de la Dgesco en particulier.
Nous, cadres de l’Éducation nationale, confondus par la situation faite à l’École de la République, ne pouvons nous résoudre à cet état de fait et prenons la responsabilité d'écrire ici pour, qu'au moins, nous puissions nous regarder en face et nous dire que nous avons prévenu du tournant qu'avait pris l’École. Car au-delà de telle ou telle mesure, c'est bien la philosophie d'ensemble qui vient heurter nos valeurs. La culture ministérielle actuelle est éloignée, de fait, de la culture professionnelle enseignante et de terrain. Le Ministre entend aujourd'hui piloter de façon autoritaire des réformes sans construire l'adhésion des enseignants et sans prendre en compte l'expertise des personnels d'encadrement. Symptomatiquement, la loi « pour l'école de la confiance » couvre de facto une politique de la défiance inédite à l'égard du pédagogique. Le plus grave est là. Nous observons, consternés, un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs et ne pouvons nous taire. Le terrifiant verrouillage en cours du débat démocratique sur les enjeux et les finalités d'une École pour tous ne se fera pas avec notre contribution car nous ne voulons pas, nous, enseignants, formateurs, chercheurs, inspecteurs du premier et second degrés, inspecteurs généraux, directeurs académiques, cadres de l'administration centrale, trahir l’École de la République et ses idéaux.
Groupe Grenelle
La tribune de Maurice Danicourt
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Publié le 18 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage, Santé, Services publics

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