Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

La deuxième vague, c’est la crise sociale et économique qui arrive !

Publié le 28 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche

 

 
 
 
 
mercredi 27 mai 2020

Après 35 ans de mutation néolibérale et 15 mois de guerre sociale, la France a vu surgir la pandémie due au virus SARS-CoV-2 dans les pires conditions à cause d’une imprévision criminelle de ses dirigeants qui les a empêchés de choisir la meilleure stratégie de lutte : tester, tracer et confiner les testés positifs comme en Corée du Sud, à Taïwan ou en Allemagne par exemple. L’absence de tests, de masques et la faiblesse du nombre de lits de réanimation (5000 lits soit trois fois moins que l’Allemagne rapporté au nombre d’habitants) les a obligés d’utiliser la plus mauvaise des stratégies de lutte à savoir le confinement total d’une majorité de la population comme au Moyen Âge ! Voilà pourquoi la France est dans le peloton de tête mondial de la surmortalité par habitant.

Mais il y a une suite, c’est que ce confinement total moyenâgeux va amplifier la crise sociale à la sortie du confinement. C’est la double peine ! Car le chômage partiel n’est qu’un moyen de retarder de quelques mois le démarrage de la crise sociale. L’OFCE chiffre à 620 000 le nombre de chômeurs en plus à la sortie du confinement. Les annonces de certaines grandes entreprises laissent présager que le million de chômeurs supplémentaires sera dépassé avant la fin de l’année. Et sans doute beaucoup plus si on additionnait les chômeurs des 5 catégories A, B, C, D, E ! Les mois qui viennent vont donc nous faire vivre soit la possibilité d’une bifurcation historique, soit le monde d’après en pire ! Mieux ou pire, voilà le choix mais sûrement pas revenir au jour d’avant.

Car au chômage s’ajoutera une augmentation forte de la misère et de la pauvreté. Et si on rajoute le mécontentement des personnels « essentiels » : soignants, enseignants, éboueurs, caissières, etc., qui ne voient toujours pas de concrétisation des discours de leur président de la République, mais aussi la volonté néolibérale de faire payer la plus grande partie des centaines de milliards de dette nouvelle aux travailleurs, on a là un cocktail explosif qui peut nous surprendre autant que la crise du coronavirus dont nous avons passé le premier épisode.

Mais pour l’instant, ce n’est pas morose pour tout le monde. Du 30 mars au 1er mai 2020, 30 millions d’Américains se sont inscrits au chômage mais Wall Street a bondi de 13 %, sa meilleure croissance depuis 1987. L’Euro Stoxx 50, indice boursier de la zone euro a gagné 5 %, le Dax allemand 9 %, le Cac 40 4 % ! C’est l’intensification de la lutte des classes, réalité qu’essayent de masquer les médias dominants qui tentent de nous amuser avec des faits picrocholins (naissance du 9ème groupe ou du 10ème groupe à l’Assemblée nationale, changement ou pas de Premier ministre, interview de l’ex-président Hollande, etc.).

Rajoutons à ce tableau que l’hypothèse d’une baisse de croissance de 8 % retenue dans la loi de finances rectificative du 25 avril dernier n’est pas crédible pour tout économiste qui utilise sa raison raisonnante. Alors que sans désépargne, la baisse de croissance du PIB pourrait être de 11 % et la dette dépasserait 120 % du PIB. Car, nous pensons que devant la peur de l’avenir, les citoyens français ne vont pas se mettre à surconsommer leur épargne pour ceux qui en ont !

Sans compter la vulnérabilité de l’Italie, 3ème pays en importance économique de la zone euro. Son dérapage financier aurait un effet domino autrement plus fracassant que la Grèce en 2015…

Nous voilà donc dans une crise paroxystique multidimensionnelle. Et dans ce cas, comme nous l’avons dit plus haut, c’est le moment de la bifurcation historique : mieux ou pire ?

Pour le pire, tout est prévu, la nouvelle doctrine anti-républicaine du maintien de l’ordre, la restriction des libertés publiques par la perpétuation des états d’urgence, l’actuelle perméabilité des forces de l’ordre aux idées de l’extrême droite permise par la hiérarchie policière, les médias dominants prêts à l’union des droites (extrême droite comprise), les conquis sociaux désagrégés dans la séquence politique précédente.

Pour le mieux, malheureusement peu de chose est prévu. Seul un nouveau rapport de forces social de grande ampleur pourrait engager la bifurcation historique du côté du progrès social. Mais là, il ne faudra pas continuer l’archipelisation des forces sociales et politiques, chacun restant dans son couloir en disant du mal surtout de celui qui est dans le couloir voisin. Donc ne pas refaire la sérénade – très appréciée par le patronat et les néolibéraux de droite et de gauche – qui opposa le mouvement des gilets jaunes au mouvement syndical. Donc de préférer la tentative du blocage de l’économie du type du mouvement du 5 décembre prônée dès la première quinzaine de septembre par le mouvement à la RATP suivi des cheminots, plutôt que la succession des manifestations « saute-mouton » qui épuisent les travailleurs. On nous rétorquera que cela ne se décrète pas. Nous répondrons que c’est très juste mais c’est le rôle des directions politiques et syndicales de préparer le mouvement pour tenter de réussir. Car si on ne tente pas cela, on a déjà perdu avant de commencer ! Mais il faudra bien sûr rompre avec les lignes stratégiques qui font perdre la gauche populaire depuis le tournant néolibéral. D’abord constituer un bloc historique autour de la classe populaire ouvrière et employée qui vivent les mêmes conditions matérielles d’existence et qui représentent plus de 53 % de la population française et que les directions de la gauche politique et syndicale ont abandonné. D’autant que de nombreux artisans et très petits commerçants, des travailleurs précaires issus des couches moyennes vivent des conditions pire encore que la classe populaire ouvrière et employée. À ceux-là doivent s’allier les couches moyennes intermédiaires (24 % de la population française), une partie des couches moyennes intellectuelles voire une partie des cadres. Et tout cela dans un esprit de convergence pour en finir avec l’archipelisation souhaitée par les néolibéraux. Mais pour converger, il faut préférer l’universalité des principes républicains sociaux plutôt que de se référer au différentialisme, à l’indigénisme, au racialisme, aux positions identitaires qui divisent le camp du travail pour le plus grand bien de l’oligarchie capitaliste. Plutôt la liberté que la police de la pensée, plutôt l’égalité que l’équité, plutôt la fraternité et la solidarité que la charité et l’aumône, plutôt la laïcité comme organisation de la vie sociale que le communautarisme et le repli identitaire, plutôt la lutte des classes que la lutte des races, plutôt la souveraineté populaire que la remise des pouvoirs aux experts autoproclamés, plutôt le développement écologique et social que le productivisme, plutôt le féminisme global, républicain et social que la division sur l’écriture inclusive, plutôt l’internationalisme que le mondialisme ou le nationalisme, plutôt les quatre conditions de Condorcet de la démocratie que l’homme providentiel et le renforcement de la bureaucratie, plutôt la propriété d’usage ou la propriété collective que la propriété lucrative, etc.

Puis, développer la nécessité de se former et de pratiquer une refondation de l’éducation populaire indispensable aux luttes sociales et politiques. C’est d’autant plus important que les directions des grandes organisations syndicales associatives et politiques ont abandonné cette tâche prioritaire.

Et enfin, il n’y aura pas bifurcation sans la créativité de l’auto-organisation des travailleurs. Car comme un mouvement social ne se décrète pas, mais comme toutes les bifurcations de l’histoire ont été démarrées par l’auto-organisation des travailleurs, l’auto-organisation doit être la base de la mobilisation. Mais il n’y a pas d’auto-organisation sans une pratique renouvelée de la démocratie souvent abandonnée par les grandes organisations à commencer par les structures étatiques et locales. Mais souvent la démocratie fut confisquée par les thuriféraires du gouvernement représentatif à la Sieyès. Il faut donc penser la pratique du processus de démocratie au début du chemin mais aussi au bout du chemin. Alors cette démocratie doit entrer partout et y compris dans l’entreprise.

Oui, pour avoir le mieux, il faut, de notre point de vue, penser la socialisation progressive des entreprises.

Oui il faut que les nationalisations nécessaires aient une contrepartie à l’aide des deniers publics dans la crise économique et financière qui s’annonce. Ces nationalisations ne doivent pas devenir des structures de plus en plus bureaucratiques au point d’être dirigées in fine par une nomenklatura, future grande bourgeoisie d’État. Pour cela, une solution : la démocratie, la démocratie, la démocratie ! De 1946 à 1967, la Sécurité sociale fut dirigée ni par le privé, ni par l’État mais par les représentants élus à tous les niveaux des assurés sociaux. Avec des résultats exceptionnels de santé publique ! Pourquoi les usagers des services publics ne désigneraient-il pas leurs représentants élus à tous les niveaux des services publics existants ou à construire ? Comme les personnels d’ailleurs qui pourraient siéger de façon significative dans les directions des services publics au prorata des élections professionnelles syndicales ? Le tout organisé par une planification démocratique à repenser !

Ou dit autrement, construire une République sociale dotée d’une planification authentiquement démocratique sur des critères sociaux et écologiques avec :

– des processus démocratiques dans les services publics et la Sécurité sociale refondée, adossés sur des filières de production socialisées et sécurisées ;

– des entreprises engagées dans un processus de socialisation progressive ;

– des aides de l’État avec des contreparties sociales et écologiques proportionnées ;

– des nationalisations et des développements de communs ;

– la Sécurité sociale financée entièrement par des cotisations sociales à la hauteur des enjeux ;

– une refondation de l’impôt qui doit être de plus en plus progressif.

Voilà ce que nous proposons au débat général des acteurs du monde de demain !

commentaires
Publicité

Soignants : des rémunérations en augmentation ? info ou intox ?

Publié le 19 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage, Services publics, Santé

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, promet de meilleurs salaires au personnel soignant, et veut présenter un plan pour l’hôpital d’ici cet été.

commentaires

L'Ecole de la République assassinée

Publié le 18 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Education, Jupiter, Politique

Tribune : Des hauts fonctionnaires du ministère dénoncent le projet réactionnaire de JM Blanquer 

"Nous observons, consternés, un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs et ne pouvons nous taire". C'est un groupe d'une quinzaine de hauts fonctionnaires de ce même ministère (Dasen, inspecteurs généraux, cadres du ministère) qui nous a fait parvenir cette tribune. Les mentions de deux rapports internes non publiés de l'Inspection générale montre l'origine du texte. Ils dénoncent une "mise au pas" du ministère qui va des cadres aux enseignants de terrain astreints à suivre des guides pédagogiques. Plus que "l'aveuglement scientiste " de ce dernier, ils démontent les politiques menées par JM Blanquer depuis 2017. D'abord sur l'enseignement professionnel, officiellement "réévalué", alors que s'applique en fait un véritable hold up sur l'avenir des jeunes des lycées professionnels à qui on ferme toute perspective de poursuite d'études. Même logique pour les autres lycéens, engagés avec les E3C dans une course perpétuelle à la performance qui élimine les faibles. La "priorité au primaire", proclamée par JM Blanquer, est en fait la "priorité aux maternelles privées", favorisées par la loi Blanquer. Ainsi dénoncent-ils le "double discours permanent" de JM Blanquer "nourrissant une rhétorique d'une duplicité chronique". Pour les auteurs, attachés aux valeurs républicaines de l’École, la politique menée par JM Blanquer est profondément réactionnaire. Quelques jours après la tribune d'un haut fonctionnaire du ministère de l’Éducation nationale, ce nouveau texte témoigne du climat insupportable qui règne rue de Grenelle.

 

Nous, enseignants, formateurs, chercheurs, inspecteurs du premier et second degrés, inspecteurs généraux, directeurs académiques, cadres de l'administration centrale, sommes des témoins privilégiées et informés de la situation actuelle de l'école. Animer des équipes pédagogiques, diriger les services départementaux de l’Éducation nationale, piloter une circonscription, former des enseignants, enseigner les disciplines au programme, réfléchir à comment faire en sorte d'assurer au mieux la réussite de tous les élèves : tel est, depuis tant de temps pour les uns, moins longtemps pour d'autres, notre métier. Nous ne nous sentons pas partisans, et avons toujours été du côté des réformes quand celles-ci allaient dans le sens de l'amélioration des apprentissages et de l'épanouissement des élèves. L'esprit de chapelle nous est étranger et l'idée d'appartenir à un quelconque parti ou organisation qui nous aurait obligés à nous taire en cas de désaccord ne nous a jamais effleuré. Du reste, certains d'entre nous sont de « droite » et d'autres « de gauche » mais notre loyauté aux valeurs de l’École n’est d'aucun bord, elle est quotidienne. Et nous nous efforçons, au jour le jour, de la défendre et de la faire vivre de notre mieux.

 

Or aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous taire. Au-delà même de la gestion chaotique du Covid 19 dans les écoles, au-delà, dans ce contexte complexe, des propos du ministre contradictoires, évasifs, ou immédiatement infirmés par le Premier ministre, nous considérons que ce serait une faute éthique et politique. Qu'observons-nous bien plus précisément que les journalistes, même les plus aguerris, n'écrivent ?

 

Nous voyons tout d'abord un immense mensonge.

 

En prétendant construire une école de la Confiance, le ministre et son Cabinet instaure un authentique climat de défiance. Dans ce climat aux ordres, le Cabinet ministériel manie contrôles, censures, dans un management autoritaire, fondé sur la suspicion, la menace, le verrouillage de toute expression qui ne serait pas « dans la ligne ». Les recteurs et les Directeurs académiques convoqués pour une grand messe qui nie leur marge d'autonomie et d'expertise. Ces procédés sont inédits, jamais vus à ce niveau dans l’École de la République ; les cadres que nous sommes les constatons, et les déplorons, soucieux que nous demeurons de ne pas confondre loyauté et soumission, conscience professionnelle et obéissance aveugle.

 

Les cadres que nous sommes y voient se déployer sans retenue, un double discours permanent, nourrissant une rhétorique d'une duplicité chronique  : cela passe par l'affirmation d'une priorité accordée au primaire, notamment dans la politique dite des fondamentaux et du dédoublement des classes (GS, CP et CE1), mais dans le même temps une relégation d'autres mesures parmi les plus efficaces (comme « plus de maîtres que de classes) au profit de dispositifs dont aucune étude ne permet à ce jour de mesurer l'efficacité réelle sur les apprentissages des élèves. Le seul juge de paix étant le ressenti du Ministre disant que tout va mieux là où aucun indicateur fiable ne peut le confirmer. L'affichage d'un discours sur l'Excellence en voie professionnelle est brandie alors que dans le même temps s'opère une dilution de la voie professionnelle publique sous statut scolaire en vue d'une disparition progressive du lycée professionnel mis en concurrence avec des organismes de formation privés et l'apprentissage. En voie générale des lycées, la réforme du Bac a montré son impréparation et aussi le fait que les élèves les mieux dotés socialement seraient, là encore, les plus à l'aise.

 

Mise au pas

 

Ce n'est pas seulement la liberté pédagogique des enseignants qui est mise à mal, mais aussi la liberté de pensée d'une Institution toute entière mise au pas. La liste serait longue, à la Prévert (mais malheureusement moins réjouissante) :  des enseignants à qui l'on distribue des « guides », au mépris de leur expertise, des inspecteurs du premier degré que l'on veut caporaliser, dont on réduit les missions à des fonctions de contrôle, des inspecteurs du second degré sommés de relayer des injonctions paradoxales, et de nier la réalité des difficultés de mise en œuvre sur le terrain, une Inspection générale de plus en plus technocratisée, réduite au contrôle et dépossédée de sa fonction d'expertise, des chercheurs en sciences de l'éducation, en sciences humaines et sociales que l'on stigmatise, ostracise, voire excommunie du débat d'idées inhérent à tout système éducatif dans un État de droit, des instances d'évaluation que l'on met au pas, voire que l'on remplace pour que le Ministre ne puisse disposer que des évaluations abondant dans le sens des réformes du ministère.

 

Ce sont encore des fonctionnaires et hauts-fonctionnaires purement et simplement dépossédés de leurs dossiers d'expertise au profit de technocrates plus soucieux de leur intérêt de carrière à court terme que de la qualité du service rendu compte tenu, au choix, de leur inexpérience ou de leur incompétence. Ou d'autres encore qui sans conscience ou par idéologie, peuvent enfin donner libre cours à leur autoritarisme spontané.

 

Les enseignants du premier degré sont quant à eux renvoyés à un statut de simple exécutants, suspendus à des préconisations d'une neuroscience devenue toute puissante et intolérante aux autres sciences de l'éducation. Des inspecteurs territoriaux deviennent contraints de surveiller et obligés de se faire, eux-mêmes et à leur corps défendant, des exécutants aux ordres, malgré leur ressentiment, malgré parfois leur honte (une phrase revient souvent dans toutes les académies, à presque tous les postes sans que le Cabinet n'en ait cure : « jusqu'où pourrons-nous nous regarder dans la glace le matin ?  » ; « nous avons l'impression de nous renier nous-mêmes », etc.). Les agents publics sont amenés à faire passer les réformes venues d'en haut, au mépris même de leur autonomie et de leur conceptions éducatives. 

 

Scientisme

 

Nous, cadres, observons également un aveuglement scientiste : le Ministre, dès son arrivée rue de Grenelle, a voulu donner une caution scientifique colorée de modernité à ce qui ne relève que de mesures idéologiques marquées dans les faits du sceau d'une pensée conservatrice et néolibérale sommaire. L'installation, sous la houlette directe du ministère et au détriment d'instances existantes d'évaluation du système scolaire, du Conseil Scientifique de l’Éducation nationale en témoigne. Ici, ne règne qu'une vision de la recherche cognitive, sans la didactique, sans les sciences de l'éducation, ni la sociologie de l'école. « Tout se joue dans le cerveau » dit le ministre. Vive l'imagerie du cerveau. À bas les 100 ans de recherches pluridisciplinaires sur l'école ! La communication ministérielle est formelle, en laissant croire que la simple « remédiation »  technique, fondée sur des procédures et des protocoles, sur du « pilotage par les preuves » suite à des tests de positionnement pourra vaincre la difficulté scolaire. Les neurosciences (et encore, une école particulière) sont érigées au rang de nouvelle doctrine pédagogique au détriment du savoir-faire des enseignants et des personnels d'encadrement de terrain ; elles se substituent ainsi à la compréhension des enjeux culturels, sociaux et cognitifs des apprentissages scolaires. Le numérique éducatif, alpha et oméga de la pensée pédagogique actuelle, sert de cheval de Troie pour infiltrer les pratiques pédagogiques et offrir l'échec scolaire en marché aux éditeurs numériques et opérateurs privés. Les annonces récentes du Ministre au moment du déconfinement sur l'importance future de l'enseignement à distance vont bien dans ce sens. L'invasion des soft skills issues de l'idéologie néolibérale, reprenant les théories béhavioristes les plus éculées, contaminent le champ éducatif comme nouveau modèle de compétences centré sur l'individu au détriment des valeurs du collectif. Un détournement des thématiques de la personnalisation, de l'individualisation vient achever le travail en faisant porter sur les individus et non plus sur le collectif et les choix politiques la réussite des personnes ou de leur propre échec dans le système. 

 

Un projet réactionnaire

 

Nous contemplons aussi, atterrés au quotidien, des mesures dites « pour la justice sociale » qui ne font qu'augmenter les inégalités sociales devant l'école.

 

En voie générale, sous le prétexte de l'exigence et du rehaussement du niveau, le ministre rétablit une culture élitiste qui trie, hiérarchise et sélectionne les élèves, mettant en place la compétition de tous et l'élimination des plus faibles au fur et à mesure du cursus scolaire. La réforme du Bac soumet les familles à une carte des enseignements de spécialités créant des inégalités territoriales de fait. Les E3C soumettent à une pression certificative permanente les élèves et leurs enseignants; dénoncées par les Chefs d'établissement et par une note interne de l'Inspection générale, perturbées dans plusieurs établissements, générant anxiété des élèves, pression permanente de tous et difficultés de mise en œuvre, ces épreuves ne servent que des logiques évaluatives au détriment des logiques de formation.

 

En voie professionnelle, alors qu'une large part du projet de démocratisation de l’École a reposé sur l'accès de ces élèves à l'enseignement supérieur, les bacheliers professionnels ont été dépossédés à bas bruit des disciplines de l'enseignement général par une baisse drastique des horaires, ce qui leur interdit désormais tout projet de poursuites d'études. Cette saignée horaire des disciplines générales en lycée professionnel, dénoncée par les enseignants comme on crie dans le désert, attente aussi à un enseignement émancipateur, levier majeur de l'intégration des élèves issus des milieux populaires. Cette politique consiste, de fait, à séparer les LP du paysage scolaire français en les arrimant au monde de l'entreprise et à une vision surannée et irréelle de l'apprentissage.

 

Dans le primaire et au collège, la liste est longue  encore des entorses à notre Pacte républicain autour de l’École : une priorisation accordée à la maternelle privée (avec l'obligation scolaire à 3 ans) quand les maternelles publiques manquent de moyens ; une instrumentalisation de la thématique de l'échec scolaire pour rogner sur les moyens attribués à l’Éducation prioritaire (dont le nom même s'efface du portail internet du ministère) ; l'abandon de la dimension pédagogique de l’Éducation Prioritaire se faisant, au profit du thème, politiquement fort, de la ruralité. Nous dénonçons, en tant qu'acteurs de terrain et pilotes de ces réseaux, le détricotage progressif de cette politique œuvrant depuis des années à comprendre et à agir sur les difficultés des élèves les plus éloignés de l’École.

 

Éducation à la citoyenneté et laïcité dévoyés

 

Et pour aggraver encore le constat, le Ministre a choisi une mise en scène d'un  traitement « sage » de la question de la laïcité scolaire tout en nommant un Conseil des Sages composé de membres dont certains sont très nerveux sur ces questions sensibles, contribuant ainsi à une irresponsable hystérisation du débat médiatique sur l'islam. Ce principe de laïcité scolaire, auquel nous tenons tant, se dit parfois au mépris de la loi, par le Ministre lui-même. À ce titre, l'instrumentalisation de la laïcité à des fins politiques, est  heureusement contrôlée par les acteurs de terrain que nous sommes et... le Premier ministre lui-même au sujet des mamans accompagnatrices. Une instrumentalisation qui s'étend aussi aux questions liées aux banlieues, et au mépris des travaux existants. Mais il est vrai qu'il s'agit souvent de travaux sociologiques que le ministre renvoie, d'une formule de slogan, à des bourdieuseries sans intérêt et fausses.

 

Pourtant, le Ministre se voulait offensif sur la question de la citoyenneté : n'a-t-il pas annoncé un ajout au tryptique républicain : Liberté, égalité, fraternité et Respecter autrui ? Il s'agit là encore de l'énonciation d'une formule (« respecter autrui ») dont, nous, acteurs de terrain situés à tous les échelons de l'Institution, pouvons certifier du fait qu'aucune action ne vient appuyer cette intention, réduite à une formule d'affichage réservée à la communication médiatique ministérielle. Le Conseil Supérieur des Programmes a consciencieusement vidé de sa substance pédagogique l'enseignement moral et civique (EMC) par un ajustement de ces programmes deux ans à peine après sa mise en place. Verrouillage, contrôle et reprise en main sont là aussi à l'ordre du jour. De même, rien ne vient favoriser les formations d'enseignants sur ce « respecter autrui » dont l'exemple le plus net est la formation statutaire des enseignants du premier degré qui, cantonnés aux « fondamentaux » que seraient le français et les mathématiques, évacue tous les domaines de la culture (tant scientifique, humaniste, artistique, historique que géographique). La formation statutaire des cadres suit le même chemin dans un Institut (l'IH2EF) dévolu désormais uniquement à la passation des consignes ministérielles. Le ministère ferait bien d'initier dans ses logiques quotidiennes ce « respecter autrui » si absent de ses propres fonctionnements, comme un rapport de l'Inspection générale vient de le pointer, notamment au sujet de l'organisation interne de la rue de Grenelle et de la Dgesco en particulier.

 

Nous, cadres de l’Éducation nationale, confondus par la situation faite à l’École de la République, ne pouvons nous résoudre à cet état de fait et prenons la responsabilité d'écrire ici pour, qu'au moins, nous puissions nous regarder en face et nous dire que nous avons prévenu du tournant qu'avait pris l’École. Car au-delà de telle ou telle mesure, c'est bien la philosophie d'ensemble qui vient heurter nos valeurs. La culture ministérielle actuelle est éloignée, de fait, de la culture professionnelle enseignante et de terrain. Le Ministre entend aujourd'hui piloter de façon autoritaire des réformes sans construire l'adhésion des enseignants et sans prendre en compte l'expertise des personnels d'encadrement. Symptomatiquement, la loi « pour l'école de la confiance » couvre de facto une politique de la défiance inédite à l'égard du pédagogique. Le plus grave est là. Nous observons, consternés, un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs et ne pouvons nous taire. Le terrifiant verrouillage en cours du débat démocratique sur les enjeux et les finalités d'une École pour tous ne se fera pas avec notre contribution car nous ne voulons pas, nous, enseignants, formateurs, chercheurs, inspecteurs du premier et second degrés,  inspecteurs généraux, directeurs académiques, cadres de l'administration centrale, trahir l’École de la République et ses idéaux.

 

Groupe Grenelle

 

La tribune de Maurice Danicourt

Faillite des relations humaines au ministère

Le directeur de cabinet siège à l'Ifrap

 

commentaires

Prime pour les soignants: ça coince dans certaines villes

Publié le 18 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage, Santé, Services publics

Si tous les soignants toucheront une prime d’au moins 500 euros, certains établissements se voient attribuer une prime de 1500 euros. Une politique d’attribution qui fait des mécontents.

commentaires

L'industrie agro-alimentaire ne nous fera pas taire

Publié le 18 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Agriculture Elevage FNSEA, Environnement

 

APPEL A SOUTIEN – L’industrie agro-alimentaire ne nous fera pas taire ! #soutienInesLeraud
 
 
Chères amies, chers amis,
 
Informer sur l’industrie agro-alimentaire est un travail risqué. Inès Leraud, journaliste indépendante et auteure de la bande dessinée "Algues vertes : L'histoire interdite" en sait quelque chose ! Depuis des mois, elle subit de multiples intimidations, menaces et plaintes en diffamation !
 
Nous ne nous tairons pas !
 
Au regard des conséquences de l'agriculture productiviste et des fermes-usines, banalisant la souffrance animale, transformant les paysans en variable d'ajustement de l'industrie agroalimentaire tout en normalisant un univers concentrationnaire vecteur de pollutions diffuses et de pandémies à venir, l’enquête d’Inès Leraud est d’utilité publique.
 
 Nous vous invitons, toutes et tous, à poster des minimessages de soutien à Inès Leraud. Face à la pression insidieuse exercée par le lobby agroalimentaire sur les lanceurs d’alerte, nous devons démontrer que leurs intimidations ne nous impressionnent pas !
 

 

commentaires
Publicité

6 mai 2020 :Déclaration de la Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité

Publié le 12 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé, Services publics, Politique

 Quand tout sera privé, nous serons privés de tout !

 

commentaires

Expression du groupe école du PCF de la Manche.

Publié le 11 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Education

 

commentaires

Vente du Mobilier national : une opération douteuse au profit de la fondation de Brigitte Macron

Publié le 8 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Jupiter, Politique

 

En septembre prochain, lors des Journées du Patrimoine, le Mobilier national de France organise une vente aux enchères au profit de la Fondation de Brigitte Macron. Derrière la démarche philanthropique, se dessine une indécente et litigieuse opération de communication. 

Il flotte comme un parfum de scandale autour de la Première dame. La semaine passée, l’hebdomadaire Paris Match consacrait sa Une à Brigitte Macron sous ce titre « Confinée et engagée à l’Élysée, elle se bat pour les hôpitaux ». Parapheur sous le bras, regard pénétrant rivé vers l’objectif, l’épouse d’Emmanuel Macron donne à voir l’image d’une femme préoccupée par ses dossiers. Loin du spleen du confinement, dont le magazine féminin Elle la disait atteinte fin mars, soit quelques jours seulement après l’entrée en vigueur de la mesure - « L’épouse du président vit ce retranchement avec difficulté [...] Ça lui coûte » (sic) - Brigitte Macron semble avoir surmonté sa morosité. « Dans l’épreuve, nous dit Paris Match, elle a trouvé sa voie » : soutenir les hôpitaux qui manquent cruellement de moyens humains et financiers. 

On se souvient de l’échange musclé, il y a deux ans, entre le président de la République et une aide-soignante lors d’une visite officielle au CHU de Rouen. Interpellé sur les carences du système de santé publique, le président de la République avait reparti « qu'il n’y a pas d’argent magique. » Entre temps, la crise du Coronavirus est passée par là, obligeant le chef de l’État à revoir sa copie, comme l’illustre le slogan « quoi qu’il en coûte » martelé avec solennité lors du discours du 12 mars. Un appel à la mobilisation générale auquel Brigitte Macron a répondu via la fondation privée qu’elle préside, Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France ; c’est là que les ennuis commencent. 

Une procédure de déclassement ou de cession légalement encadrée

L’on apprend ainsi, en parallèle de l’article de Paris Match qui élude cette information, que le Mobilier national de France va organiser une vente aux enchères lors des Journées du Patrimoine - les 20 et 21 septembre - au profit de la Fondation présidée par l’épouse du locataire de l’Élysée. A priori, cette opération qui est présentée comme une contribution à « l’effort de la Nation pour soutenir les hôpitaux », n’a rien de scandaleux. Si les collections publiques appartenant à la Nation et aux Français sont en théorie inaliénables, elles peuvent néanmoins faire l’objet d’un déclassement. Le Mobilier national procède ainsi chaque année à la vente de pièces déclassées sans que cela ne soulève de difficultés. Comme l’explique l’avocat Philippe Fontana, « ce type de cession est même encouragé par la Cour des comptes qui, dans un rapport de 2019 sur le fonctionnement du Mobilier national, rappelait “qu’au moins 30 %  des objets qu’il gère pourraient être aliénés ou mis au rebut” ». Au reste, Maître Fontana rappelle que cette procédure de déclassement ou de cession de biens culturels est encadré à l’article L115-1 du Code du patrimoine : « Au vu de ces éléments, il me semble exagéré d’évoquer un scandale d’État. »

Deux infractions pénales identifiées

Tel n’est pas l’avis de son confrère Maître Régis de Castelnau qui s’est élevé contre cette opération dans un billet publié sur son blog Vu du droit. Contacté par Valeurs actuelles, l’avocat - dont la responsabilité pénale des personnes publiques constitue le cœur de métier - est formel : « Outre la question morale que pose cette opération, on peut identifier au moins deux infractions pénales. » Si, selon lui, le produit d’une vente d’un objet de l’État peut être reversé à une structure privée, un tel montage n’est possible que sous la forme d’une subvention : « Or, en l’espèce, l’argent récolté sera reversé sous forme de libéralité à une institution privée gérée par une personne privée, Mme Macron. J’ajoute que cette opération est menée dans l’intérêt exclusif de l'épouse du président de la République, ce qui ne semble pas permettre le déclassement de biens publics inaliénables en vue d’une vente aux enchères. Quand on prive l’État de ses biens, il faut justifier d’un intérêt public ; ici, l’État s’appauvrit au profit de l’intérêt communicationnel de Mme Macron. Ce montage semble donc bien justiciable de l’application de l’article 432–15 du code pénal qui sanctionne le détournement de biens publics. » 

Autre interrogation soulevée par Me Castelnau : « Qui a décidé de cette opération ? ». Si influente soit-elle dans le paysage politique, l’épouse du président de la République n’a pas de statut institutionnel. La Charte de transparence relative au statut du conjoint du Chef de l’État prévoit tout au plus que la Première dame « soutient, par son parrainage ou sa présence, des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France ». Son élection à la présidence de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux le 12 juin 2019, fonction autrefois assurée par Bernadette Chirac, va en ce sens.

Pour autant, ce rôle symbolique ne lui confère aucun pouvoir décisionnaire. Pour Régis de Castelnau,  « cette décision n’a donc pu être prise que par Emmanuel Macron ou sous son influence. Le but étant d’intercéder en faveur de la communication de son épouse relayée avec une certaine complaisance par Paris Match. » Là encore, selon lui, cette confusion entre le public et le privé pose problème : « La décision de la vente à l’encan doit répondre à un intérêt public chimiquement pur. Aussi, le fait de reverser le produit de cette vente de biens publics à une fondation privée présidée par Brigitte Macron fait peser des soupçons sur la motivation de cette opération. Car aussi bien la Première dame que le chef de l’État y ont un intérêt, communicationnel pour elle, indirect pour lui. Or, le Code pénal sanctionne également ce mélange des genres à l’article 432-12 au titre de la prise illégale d’intérêts. »

Cette séquence est une allégorie de l’incompétence juridique et d’une morgue d’Ancien Régime du président de la République.

Sentant la polémique poindre, le directeur du Mobilier national Hervé Lemoine s’en est expliqué dans le magazine de presse en ligne La Tribune de l’Art. En substance, il y explique que de telles ventes sont parfaitement courantes et s’inscrivent dans un effort de rationalisation de l’institution. Certes, cette politique d’aliénation de biens publics est en cohérence avec les recommandations de la Cour des comptes. Mais ici, ce ne sont pas tant les choix opérationnels de l'institution qui sont décriés que l’attribution des produits d’une vente à une structure privée bien déterminée. Sur ce point, Hervé Lemoine ne livre pas de plus amples explications. 

Nul n'est censé ignorer la loi

Pour le président de l’Union populaire républicaine François Asselineau, c’est bien là le nœud du problème : « Cette séquence est une allégorie de l’incompétence juridique et d’une morgue d’Ancien Régime du président de la République. Il semble que le mobilier mis en vente n’a pas grand intérêt historique et artistique et que l’on en tirera quelques centaines de milliers d’euros, tout au plus. Soit une goutte d’eau. Mais cette fois, elle pourrait faire déborder la vase. Chacun comprend que Mme Macron cherche simplement à se faire mousser en disposant du patrimoine des Français. Cette opération de communication est indécente. » De façon plus générale, cette affaire illustre selon lui, un rapport particulier du président à la Nation : « Emmanuel Macron considère que tout se vend. Cela a commencé avec la cession de joyaux de la couronne industrielle française (Alstom, privatisation des aéroports…) et maintenant le patrimoine national. » Et d’ajouter que d’un point de vue purement financier, cette opération constitue un non-sens : « Depuis quand finance-t-on des dépenses de fonctionnement en aliénant son capital ? », interroge le président de l’UPR. 

Mais à supposer que l’irrégularité de cette opération soit aussi criante que le suggère Régis de Castelnau, pourquoi diable la Première dame et le chef de l’État auraient-ils pris ce risque ? Pour l’avocat, qui souligne au passage le caractère ingénu de cette question, « il y a tout simplement chez eux une méconnaissance des risques pénaux. On ne fait pas de droit à l’ENA. Du reste, n’oublions pas que nous avons affaire à des personnalités hors-sol ». 

commentaires

Coronavirus : la crainte d’une deuxième vague cet été

Publié le 8 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Société

 

commentaires
Publicité

Gignol ou homme de paille du CAC40 ?

Publié le 7 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche

 

commentaires
Publicité
<< < 10 20 30 40 50 60 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 90 100 200 > >>