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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Vente du Mobilier national : une opération douteuse au profit de la fondation de Brigitte Macron

Publié le 8 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Jupiter, Politique

 

En septembre prochain, lors des Journées du Patrimoine, le Mobilier national de France organise une vente aux enchères au profit de la Fondation de Brigitte Macron. Derrière la démarche philanthropique, se dessine une indécente et litigieuse opération de communication. 

Il flotte comme un parfum de scandale autour de la Première dame. La semaine passée, l’hebdomadaire Paris Match consacrait sa Une à Brigitte Macron sous ce titre « Confinée et engagée à l’Élysée, elle se bat pour les hôpitaux ». Parapheur sous le bras, regard pénétrant rivé vers l’objectif, l’épouse d’Emmanuel Macron donne à voir l’image d’une femme préoccupée par ses dossiers. Loin du spleen du confinement, dont le magazine féminin Elle la disait atteinte fin mars, soit quelques jours seulement après l’entrée en vigueur de la mesure - « L’épouse du président vit ce retranchement avec difficulté [...] Ça lui coûte » (sic) - Brigitte Macron semble avoir surmonté sa morosité. « Dans l’épreuve, nous dit Paris Match, elle a trouvé sa voie » : soutenir les hôpitaux qui manquent cruellement de moyens humains et financiers. 

On se souvient de l’échange musclé, il y a deux ans, entre le président de la République et une aide-soignante lors d’une visite officielle au CHU de Rouen. Interpellé sur les carences du système de santé publique, le président de la République avait reparti « qu'il n’y a pas d’argent magique. » Entre temps, la crise du Coronavirus est passée par là, obligeant le chef de l’État à revoir sa copie, comme l’illustre le slogan « quoi qu’il en coûte » martelé avec solennité lors du discours du 12 mars. Un appel à la mobilisation générale auquel Brigitte Macron a répondu via la fondation privée qu’elle préside, Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France ; c’est là que les ennuis commencent. 

Une procédure de déclassement ou de cession légalement encadrée

L’on apprend ainsi, en parallèle de l’article de Paris Match qui élude cette information, que le Mobilier national de France va organiser une vente aux enchères lors des Journées du Patrimoine - les 20 et 21 septembre - au profit de la Fondation présidée par l’épouse du locataire de l’Élysée. A priori, cette opération qui est présentée comme une contribution à « l’effort de la Nation pour soutenir les hôpitaux », n’a rien de scandaleux. Si les collections publiques appartenant à la Nation et aux Français sont en théorie inaliénables, elles peuvent néanmoins faire l’objet d’un déclassement. Le Mobilier national procède ainsi chaque année à la vente de pièces déclassées sans que cela ne soulève de difficultés. Comme l’explique l’avocat Philippe Fontana, « ce type de cession est même encouragé par la Cour des comptes qui, dans un rapport de 2019 sur le fonctionnement du Mobilier national, rappelait “qu’au moins 30 %  des objets qu’il gère pourraient être aliénés ou mis au rebut” ». Au reste, Maître Fontana rappelle que cette procédure de déclassement ou de cession de biens culturels est encadré à l’article L115-1 du Code du patrimoine : « Au vu de ces éléments, il me semble exagéré d’évoquer un scandale d’État. »

Deux infractions pénales identifiées

Tel n’est pas l’avis de son confrère Maître Régis de Castelnau qui s’est élevé contre cette opération dans un billet publié sur son blog Vu du droit. Contacté par Valeurs actuelles, l’avocat - dont la responsabilité pénale des personnes publiques constitue le cœur de métier - est formel : « Outre la question morale que pose cette opération, on peut identifier au moins deux infractions pénales. » Si, selon lui, le produit d’une vente d’un objet de l’État peut être reversé à une structure privée, un tel montage n’est possible que sous la forme d’une subvention : « Or, en l’espèce, l’argent récolté sera reversé sous forme de libéralité à une institution privée gérée par une personne privée, Mme Macron. J’ajoute que cette opération est menée dans l’intérêt exclusif de l'épouse du président de la République, ce qui ne semble pas permettre le déclassement de biens publics inaliénables en vue d’une vente aux enchères. Quand on prive l’État de ses biens, il faut justifier d’un intérêt public ; ici, l’État s’appauvrit au profit de l’intérêt communicationnel de Mme Macron. Ce montage semble donc bien justiciable de l’application de l’article 432–15 du code pénal qui sanctionne le détournement de biens publics. » 

Autre interrogation soulevée par Me Castelnau : « Qui a décidé de cette opération ? ». Si influente soit-elle dans le paysage politique, l’épouse du président de la République n’a pas de statut institutionnel. La Charte de transparence relative au statut du conjoint du Chef de l’État prévoit tout au plus que la Première dame « soutient, par son parrainage ou sa présence, des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France ». Son élection à la présidence de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux le 12 juin 2019, fonction autrefois assurée par Bernadette Chirac, va en ce sens.

Pour autant, ce rôle symbolique ne lui confère aucun pouvoir décisionnaire. Pour Régis de Castelnau,  « cette décision n’a donc pu être prise que par Emmanuel Macron ou sous son influence. Le but étant d’intercéder en faveur de la communication de son épouse relayée avec une certaine complaisance par Paris Match. » Là encore, selon lui, cette confusion entre le public et le privé pose problème : « La décision de la vente à l’encan doit répondre à un intérêt public chimiquement pur. Aussi, le fait de reverser le produit de cette vente de biens publics à une fondation privée présidée par Brigitte Macron fait peser des soupçons sur la motivation de cette opération. Car aussi bien la Première dame que le chef de l’État y ont un intérêt, communicationnel pour elle, indirect pour lui. Or, le Code pénal sanctionne également ce mélange des genres à l’article 432-12 au titre de la prise illégale d’intérêts. »

Cette séquence est une allégorie de l’incompétence juridique et d’une morgue d’Ancien Régime du président de la République.

Sentant la polémique poindre, le directeur du Mobilier national Hervé Lemoine s’en est expliqué dans le magazine de presse en ligne La Tribune de l’Art. En substance, il y explique que de telles ventes sont parfaitement courantes et s’inscrivent dans un effort de rationalisation de l’institution. Certes, cette politique d’aliénation de biens publics est en cohérence avec les recommandations de la Cour des comptes. Mais ici, ce ne sont pas tant les choix opérationnels de l'institution qui sont décriés que l’attribution des produits d’une vente à une structure privée bien déterminée. Sur ce point, Hervé Lemoine ne livre pas de plus amples explications. 

Nul n'est censé ignorer la loi

Pour le président de l’Union populaire républicaine François Asselineau, c’est bien là le nœud du problème : « Cette séquence est une allégorie de l’incompétence juridique et d’une morgue d’Ancien Régime du président de la République. Il semble que le mobilier mis en vente n’a pas grand intérêt historique et artistique et que l’on en tirera quelques centaines de milliers d’euros, tout au plus. Soit une goutte d’eau. Mais cette fois, elle pourrait faire déborder la vase. Chacun comprend que Mme Macron cherche simplement à se faire mousser en disposant du patrimoine des Français. Cette opération de communication est indécente. » De façon plus générale, cette affaire illustre selon lui, un rapport particulier du président à la Nation : « Emmanuel Macron considère que tout se vend. Cela a commencé avec la cession de joyaux de la couronne industrielle française (Alstom, privatisation des aéroports…) et maintenant le patrimoine national. » Et d’ajouter que d’un point de vue purement financier, cette opération constitue un non-sens : « Depuis quand finance-t-on des dépenses de fonctionnement en aliénant son capital ? », interroge le président de l’UPR. 

Mais à supposer que l’irrégularité de cette opération soit aussi criante que le suggère Régis de Castelnau, pourquoi diable la Première dame et le chef de l’État auraient-ils pris ce risque ? Pour l’avocat, qui souligne au passage le caractère ingénu de cette question, « il y a tout simplement chez eux une méconnaissance des risques pénaux. On ne fait pas de droit à l’ENA. Du reste, n’oublions pas que nous avons affaire à des personnalités hors-sol ». 

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Coronavirus : la crainte d’une deuxième vague cet été

Publié le 8 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Société

 

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Gignol ou homme de paille du CAC40 ?

Publié le 7 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche

 

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Confinement : la surveillance policière dénoncée

Publié le 6 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Droits de l'homme

La Ligue des droits de l’homme et La Quadrature du Net ont entamé une action en justice pour que la Préfecture de police de Paris « cesse immédiatement de capter des images par drones ».

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Déconfinons le travail et donnons-lui le pouvoir. Le vrai !

Publié le 5 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Société

 

 
 
 
 
Lundi 4 mai 2020 Par

 

Il n’est de jour qu’à longueur d’antenne ou de discours, l’incantation ne résonne à nos oreilles dans cette crise majeure : comment faire pour éviter que le temps d’après ne reproduise le temps d’avant ?
 

Comment sortir du cercle vicieux qui nous a conduits à devoir subir, une fois encore, des évènements que notre techno-chefferie ne maîtrise plus, à l’évidence ?
Comment faire en sorte que les amateurs qui nous gouvernent soient dessaisis de leviers qu’ils disaient savoir et pouvoir manier mieux que les autres, quand ils en sont réduits à la gesticulation permanente pour faire oublier à quel point, rarement atteint dans l’histoire, ils leur échappent ?
Comment imaginer que la répétition de mensonges d’État, assénés sans vergogne comme autant de planches de salut pathétiques en forme de sauve qui peut face au Covid-19, cesse de pourrir l’esprit public et de miner la confiance des citoyens ou, par voie de conséquence, de menacer la paix civile ?
Comment s’assurer enfin que les préoccupations de l’heure d’avant, chômage, climat, réduction des inégalités, souveraineté et indépendance, ne cèdent finalement la place à la facilité, par paresse, panique ou nécessité, dès que les clignotants repasseront au vert sur le plan sanitaire ?
Nous ne sommes en effet pas à l’abri du fait que l’euphorie de la liberté retrouvée – si elle l’est jamais totalement – conduise à oublier ce qui fâche et ne vienne bientôt tuer dans l’œuf les belles résolutions prises au plus fort de la crise. Mais aussi peut-être l’apparition d’une conscience nouvelle bien qu’encore un peu confuse : celle de notre défaite matérielle et morale face à une bestiole microscopique mais tellement révélatrice de nos fractures et de nos certitudes imbéciles.
Comment pourrait-on donc envisager de rebondir dans le cadre même qui, en l’espèce et une fois de plus, vient de nous révéler ses failles béantes ? Un logiciel était à l’œuvre, il l’est encore et jusqu’à nouvel ordre, au sens propre du terme. Le reconduisons-nous ? Le révisons-nous ? L’amendons-nous ? Le restaurons-nous ? Ou bien le changeons-nous ? Rappelons-nous Albert Einstein : « La folie, c’est de se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent ».
Or une piste existe dont personne ne semble vouloir parler. Voilà pourtant deux siècles à peu près qu’elle est sur la table et qu’on paraît ne pas la voir ni oser s’en saisir, peut-être en raison de sa radicalité et de son caractère authentiquement révolutionnaire, au sens étymologique du terme : la transformation de notre société par la réhabilitation, l’émancipation du monde du travail via son avènement – enfin – sur la scène de l’histoire en tant qu’acteur de premier plan. Mais qu’entend-on plus précisément par-là ?
De l’aveu même du chef de ce qui reste d’État, la contribution des grands indispensables du moment mérite au minimum reconnaissance, face à l’évidence de leur caractère incontournable dans la mécanique sociale, qu’il s’agisse des forçats de la tournée de livraison à domicile, des virtuoses de la caisse enregistreuse en passant par les fourmis de la sainte alliance logistique ou les petites mains corvéables à merci du service public qui, au nom de leur dévouement même, ont longtemps hésité à mettre les pieds dans le plat.
Alors une petite prime avant de retourner à la niche ? Que nenni. Une infirmière de Rouen a déjà giflé M. Macron en parole, et en majesté, lui et sa très condescendante proposition d’un royal coup de pouce de 500 euros si ingénument exprimée dans le plus pur style giscardien-Louis Quinzième qu’on avait cru tombé aux oubliettes depuis 1981. Pas de ça Lisette, son aumône ou ses miettes, elle le lui a dit clairement, à Monsieur le Président, qu’à son humble avis, il pouvait se les mettre quelque part.
Ce qu’exprime cette femme, et que partagent beaucoup de nos concitoyens, c’est donc bien la prise de conscience que, cette fois, la coupe est pleine. L’avenir ne passe pas par la quête effrénée d’un hypothétique et furtif pouvoir d’achat supplémentaire mais par l’affirmation d’une prétention nouvelle au pouvoir tout court. Oui, au vrai pouvoir. Avec prise directe et effective sur les décisions, contrôle des petites ou des grandes, initiative – pourquoi pas ? – sur les allocations de ressources et les investissements, les choix prioritaires, les orientations, l’organisation du travail et tout le toutim.
Les subterfuges, les atermoiements, les illusions, les tours de passe-passe, ça suffit. Assez des demi-mesures ou des faux-semblants abrités derrière le mur des Tartuffes et les moulinets démagos. Ils veulent désormais accéder aux manettes. Mais pas leur apparence enrobée d’habits de fumée. Et pas dans dix ans. Maintenant.
Alors comment ?
C’est tellement simple qu’on peine à penser que la solution ne soit pas déjà à l’œuvre, ou plutôt, comme ce n’est visiblement pas encore le cas, qu’il puisse exister de tels blocages ou vents contraires susceptibles d’expliquer qu’elle n’ait pas encore pu émerger logiquement du corps social.
Ah certes, on a souvent évoqué la rengaine de la revalorisation du travail et de ses représentants, laquelle reste la plupart du temps à l’état de pur slogan, régulièrement colporté par des brigades d’élus ou d’apprentis démagogues, de gauche comme de droite, et dans la bouche desquels elle perd vite tout caractère subversif.
Or, déconfiner le monde du travail et lui rendre le pouvoir dont il a été si longtemps privé, conformément à l’ambition légitime qui sourd d’un peu partout en ce début de XXIe siècle, c’est bien autre chose : oser prétendre, comme l’exprime notre infirmière, sortir enfin de la situation de relégation, de soumission, voire de ségrégation dans laquelle le travail se débat, nouveau Tiers-État, depuis les origines du monde moderne, eu égard au statut de véritable décideur en dernier ressort qui échoit au capital financier, c’est à dire l’actionnaire ou le représentant de la puissance publique magnifiquement baptisée « tutelle ».
Transposons le cas de notre infirmière à tous les salariés : elle et ses semblables peuplent les bureaux, les ateliers, les salles de réunions, les salles d’opérations comme les salles de marchés, les conf. tel, les réseaux, les métiers et les secteurs d’activité, et sont aujourd’hui la courroie de transmission essentielle du fonctionnement de l’économie, l’une des deux jambes sur lesquelles repose la performance de toute cellule de base : Entreprise, hôpital, maison de retraite, commerce de proximité, multinationale, start-up, PME : Bref, ce qu’il est convenu d’appeler LA force de travail ou LE facteur travail au sens macro-économique.
Or sans le facteur travail, pas de production matérielle ni intellectuelle, pas de valeur ajoutée, c’est à dire pas de fabrication ni de prestation de services susceptibles d’être vendus sur un marché pour venir s’auto-rémunérer et rémunérer par la même occasion l’autre facteur indispensable au fonctionnement de la production et des échanges : le capital financier qui permet de son côté de créer l’entreprise, de la faire tourner et de payer les fournisseurs en attendant qu’elle soit payée par les clients, enfin d’investir.
Mais pourquoi faut-il donc que le capital financier et lui seul, s’arroge le droit de disposer de l’exclusivité du champ de la décision économique, du pouvoir de direction effectif avec sa composante normative et même disciplinaire, voire parfois, droit de vie ou de mort (économique s’entend) sur les autres acteurs du système ? Sans compter la détention du monopole des choix d’investissement, des orientations à caractère stratégique, l’administration des « ressources humaines », l’environnement, la division du travail, le mode de management, la politique commerciale, les alliances, rachats, OPA, absorptions, fusions acquisitions etc
Pourquoi faut-il que le grand cocu du processus de création de valeur de toute l’histoire soit toujours ces hamsters de travailleurs, ouvriers, agents de maîtrise ou cadres y compris supérieurs, qui pédalent furieusement pendant que les décisions se prennent au-dessus de leurs têtes et qu’ils doivent au surplus les endosser ? Pourquoi ce sempiternel plafond de verre, cet espace très confiné auquel ils n’ont jamais accès, sinon par effraction, ou par accident, quand il est trop tard pour redresser la barre ? Pourquoi n’ont-ils pas institutionnellement droit, en tant que co-auteurs du processus de création de tout ce qui se vend et se consomme, et facteur indispensable au même titre que l’autre, le capital financier, à un partage au moins égal de la parole et de la décision ?
Parce que c’est ainsi depuis des lustres en vertu d’un droit de propriété qui ne s’attache qu’à ceux qui détiennent et investissent du numéraire ou des biens, et non à ceux qui investissent le seul capital dont ils disposent, à savoir leur sueur. Et que voilà bientôt deux siècles et demi que le salariat accepte son statut de déclassé, de pauvre bougre qui turbine en silence, tremble à la moindre contre-performance ou coup de Trafalgar et, par bonheur si tout va bien, n’a d’autre pitance que son salaire réduit à la portion congrue.
Il est peut-être temps de remédier à ce hold-up qui dure depuis l’avènement du capitalisme. C’est le seul moyen de redonner au travailleur une prise sur des évènements qu’il passe sa vie à subir, et partant, à toute la société entendue comme l’addition de ces opérateurs du quotidien qui sont aussi des citoyens auquel le statut démocratique le plus élémentaire est refusé, tant d’un point de vue constitutionnel qu’au plan humain, dès qu’ils franchissent la porte de leur atelier, de leur agence ou de leur bureau.
En théorie pourtant, il est à l’œuvre partout ailleurs et il préside en principe à la vie du pays, comme le rappelle sa constitution ! Pas de part du capital ? Pas de droit de vote ni d’influence sur les décisions, pas de contrôle sur les affaires et leur logique. Oui, la démocratie s’arrête bien à la porte de l’entreprise, publique ou privée, grande ou petite, et prive le salariat ou ses avatars plus récents de tout véritable levier de contrôle.
Alors comment remédier à cet état de fait ? Où trouver la ressource pour avoir voix au chapitre (voire plus) et retourner au bénéfice du monde du travail, la loi d’airain du capital qui ne connaît que ceux qui font partie du saint des saints, à savoir le tour de table financier ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, rien de plus simple : nul besoin de fortune personnelle, d’emprunt ni d’apport particulier. Obtenir tout simplement de voir sa force de travail monétisée, valorisée autrement qu’à travers le seul salaire.
Il suffit en effet que le travail soi-même donne soudain droit à des actions, au même titre que la détention de biens ou de capitaux, et que la montée progressive des salariés dans le capital de l’entreprise se fasse tranquillement, gratuitement et automatiquement au fur et à mesure qu’ils reçoivent des parts en proportion – et en reconnaissance – de leur contribution à la formation de la valeur ajoutée, c’est à dire de la richesse produite par l’entité qui fabrique et qui vend pour qu’ils accèdent, ipso facto au vrai pouvoir, celui qui désigne et révoque les dirigeants et administre toute l’activité, dès lors que leur poids dépassera la barre des 50 %, ce qui, mécaniquement, ne peut manquer d’arriver à terme plus ou moins long.
Cette distribution de capital aux travailleurs en pleine propriété marque de fait leur entrée dans le cercle restreint du véritable pouvoir dirigeant, resté jusque-là inaccessible et inviolé, avec sa dimension symbolique en termes de dignité et la reconnaissance juridique et financière d’une parfaite égalité de droits avec les anciens tauliers, preuve d’une « valeur travail » qui, enfin, n’aurait pas que le nom. Mais encore faudrait-il concentrer les efforts sur cette revendication stratégique, véritable sésame de la puissance effective.
C’est en effet la véritable clé d’une réelle prise de pouvoir, comme dans toute OPA par exemple, et selon les canons mêmes du monde des affaires, ce qui la rend inattaquable. La détention de la plus grande partie de ce capital entendu à la fois comme représentation comptable des apports en société et comme lieu sanctuarisé du pouvoir sans partage, ne souffre aucune discussion en tant que critère décisif, et marqueur emblématique du changement radical de paradigme. En d’autres termes, c’est un transfert de souveraineté qui se joue au sein de l’entreprise même, siège du pouvoir économique, et qui fait écho à celui intervenu, il y a environ 150 ans, dans l’ordre politique avec l’avènement du suffrage universel.
Ainsi l’entreprise rejoindrait-elle la République avec laquelle elle ne fait pas toujours bon ménage sinon quand il y va de ses intérêts directs et qu’elle s’emploie à ensorceler les représentants élus pour parvenir à ses fins. Car la plupart du temps, et sauf nécessité urgente, elle préfère vivre sa vie de son côté, en marge des institutions démocratiques et à l’abri des règles applicables au reste de la Nation.
Comment donc en résumé, faire que le jour d’après ne ressemble pas au jour d’avant ? Eh bien en opérant cette transformation sociale en forme de démocratie appliquée au niveau de toutes les entités économiques qui détiennent aujourd’hui la réalité du pouvoir sur nos vies, par le biais de ce mécanisme simplissime de transfert de pouvoir au peuple des salariés et assimilés, et comme garantie d’un réel pouvoir de contrôle sur la marche du pays.
Il n’y a en effet qu’un lieu du pouvoir dans l’économie telle que nous la connaissons, c’est la détention majoritaire du capital. Si l’on ne veut pas se battre contre des moulins, il faut que celui-ci change de mains, point final. Tout le reste n’est que littérature ou rêverie. A moins de vouloir remettre en cause le marché et la propriété elle-même, et non la socialiser comme on vient de le voir. Mais alors, bon courage !
Vouloir s’en prendre en effet au phénomène même de la propriété apparaîtrait vain, lequel est ancré dans la réalité sociologique des sociétés développées depuis la nuit des temps. Et comme nous n’en changerons pas l’essence de sitôt, autant la répartir avantageusement, en renversant l’ancien rapport de force, contrairement à la démarche habituelle de ceux qui prônent à intervalles réguliers nationalisations ou étatisations qui consistent simplement à remplacer patron privé par patron public sans pour autant faire la moindre place dans la direction effective des opérations à la collectivité des destins embarqués dans l’aventure. Ou pire, à socialiser les pertes tout en privatisant les bénéfices, comme l’histoire l’a si souvent montré.
Place donc aux opérateurs de production eux-mêmes, avec leur savoir-faire et leur intelligence directement interpellée par leurs nouvelles responsabilités de copropriétaires, qui s’avèrent d’ailleurs souvent très capables de s’auto-diriger, au moins aussi bien, à tout le moins, que nombre de patrons autoproclamés ou d’héritage, voire de rencontre, dont l’actualité nous donne chaque jour des exemples de manquements graves en termes de loyauté, de probité, de clairvoyance ou de capacité de discernement.
Gardons donc la propriété individuelle mais débarrassons-la de ses oripeaux archaïques en y associant tous ceux qui en ont l’ambition et la capacité collective. Car eux seuls savent où sont leurs véritables intérêts ainsi que ceux de la Nation à laquelle ils appartiennent. Eux seuls sont capables de réorienter les décisions d’investissement en temps de crise pour satisfaire à l’intérêt général, eux seuls auront un intérêt direct à s’opposer aux délocalisations ou à la division mondialiste du travail, en particulier dans le domaine des médicaments. Mais pas seulement.
Eux seuls constituent également le seul levier capable de réorienter les choix vers des investissements plus respectueux de l’environnement par acceptation de rendements moindres, à vocation industrielle « propre » plutôt que strictement financière. A la différence des spéculateurs, eux seuls sont capables de sobriété car, alimentés par leur salaire au lieu de dépendre du seul profit par nécessité vitale ou esprit de lucre, ils sont à même, parce qu’ils sont citoyens par ailleurs, de faire jouer la raison en faveur de solutions le cas échéant plus coûteuses, mais présentant d’autres avantages en termes d’utilité collective et de bien commun.
Comment mieux éviter enfin, sans violence ni effusion de sang, que les mauvaises habitudes et les abandons ne fassent leur réapparition qu’en franchissant cette étape décisive qu’est le transfert de la propriété de l’entreprise à ses salariés, lesquels ne sont pas plus bêtes que d’autres pour la diriger, avec un peu de formation et d’entraînement, tout en respectant les intérêts des anciens actionnaires devenus minoritaires mais toujours en possession de leurs actions et des droits qui s’y attachent ?
Alors, déconfinons le monde du travail et donnons-lui le vrai pouvoir, avec l’entière propriété de ses outils de travail et la possibilité d’exercer souverainement le contrôle juridique et financier de leur activité ! Avec en filigrane le pari que cette prise de responsabilité nouvelle engendre une dynamique qui fait si cruellement défaut à un modèle entrepreneurial et managérial aujourd’hui à bout de souffle !
Là réside la seule garantie que nous ayons de maîtriser le jour d’après, ensemble et à l’abri de tous les envahisseurs, prédateurs, apprentis sorciers et autres illusionnistes guidés par leur seul intérêt égoïste, l’ambition d’une démonstration de réussite sociale, ou la simple volonté de puissance à titre personnel.

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Tester le degré de soumission des peuples

Publié le 2 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Dictature des multinationales et du MEDEF, Société

Coronavirus – Pourquoi l’hystérie ne retombe-t-elle pas?

Par Dominique Muselet

La diminution du nombre de morts, le désengorgement des hôpitaux et l’annonce de la fin du confinement devraient normalement avoir atténué la peur du virus. On peut donc se demander pourquoi on continue, sur les plateaux de télévision, à entretenir l’hystérie, à grand coups de propagande anxiogène. Comme les médias dominants sont la voix de leurs maîtres, c’est sans doute que l’oligarchie a intérêt à maintenir un certain niveau d’hystérisation.


A mon avis, il y a deux raisons, à cela. D’une part il ne faut pas perdre le contrôle de la population et d’autre part il faut la préparer à de plus grandes souffrances. Noémie Klein a expliqué tout ça dans la Stratégie du choc. Une population submergée par des émotions fortes ne peut plus penser logiquement.  Ses défenses tombent et elle accepte de se soumettre à des mesures restrictives et/ou abusives qu’elle n’aurait jamais acceptées autrement. Tétanisée, elle se laisse dépouiller de ses libertés, de ses droits, de ses biens collectifs ou personnels, en échange de vagues promesses de sécurité.

Le gouvernement par la peur et la haine, dans sa version hystérique, a commencé, pour l’Occident, après les attentats du 11 septembre 2001 avec la guerre de Georges W. Bush contre le terrorisme, une guerre sans fin, puisque l’ennemi est à la fois partout et nulle part. Les États-Unis peinaient à maintenir sur le monde une hégémonie remise en cause par la Chine, la Russie, et les Républiques bolivariennes. La guerre contre le terrorisme a permis aux États-Unis d’entraîner la nation et ses satellites dans des guerres de pillage tous azimut. Cerise sur le gâteau, les dirigeants étasuniens ont pu imposer le Patriot Act, et les dirigeants français l’État d’urgence à leurs populations. A l’époque, on nous a répété sur tous les tons qu’il fallait nous habituer à vivre avec le terrorisme et, aujourd’hui, on nous rabâche qu’il faut s’habituer à vivre avec le coronavirus. Nos dirigeants ne cessent de nous désigner des ennemis, au dehors et au-dedans, qui changent tout le temps. On ne peut s’empêcher de penser à 1984 de Georges Orwell :

 

« Au sixième jour de la Semaine de la Haine … Alors que « la haine générale contre l’Eurasia avait atteint son point culminant … juste à ce moment, on annonça qu’après tout l’Océania n’était pas en guerre contre l’Eurasia. L’Océania était en guerre contre l’Estasia … Il n’y eut naturellement aucune déclaration d’un changement quelconque. On apprit simplement, partout à la fois, avec une extrême soudaineté, que l’ennemi c’était l’Estasia et non l’Eurasia … L’orateur, qui étreignait encore le tube du microphone, les épaules courbées en avant, la main libre déchirant l’air, avait sans interruption continué son discours. Une minute après, les sauvages hurlements de rage éclataient de nouveau dans la foule. La Haine continuait exactement comme auparavant, sauf que la cible avait été changée.»

La Macronie veut que nous comprenions bien qu’il n’y aura pas de « retour à la vie normale » Nous serons en liberté surveillée, un peu comme des prisonniers qui viennent de finir leur peine. Et la réinsertion ne sera pas facile. Car le monde que nous allons retrouver dehors n’a rien de réjouissant !

Pendant que nous étions en prison, les Ehpad ont été décimés. Cela a beaucoup choqué à l’étranger. “Sacrifiées”, “abandonnées”, “stigmatisées” : le drame des personnes âgées en France a titré le journal québécois, le Devoir : « L’un des exemples les plus flagrants de ce que l’on pourrait qualifier de mépris à l’égard des aînés est le fait que les autorités françaises, notamment, n’ont pas comptabilisé le nombre de décès résultant du Covid-19 dans les maisons de retraite [au début de la crise]. Faut-il en conclure que leurs décès étaient insignifiants par rapport à ceux des jeunes adultes ? »

En France on est habitué. Depuis que les maisons de retraites ont été bradées au privé par des gouvernements aux ordres de la finance, les scandales succèdent aux scandales dans l’indifférence générale. L’essentiel étant que les profits des actionnaires augmentent sans cesse. Il y a un an, on lisait sur France Inter :

« Personnel insuffisant et désemparé, tarifs élevés, seniors livrés à eux-mêmes et rationnés… Le groupe Korian, qui affiche des bénéfices record, est à nouveau pointé du doigt depuis la mort de cinq personnes dans une de ses maisons de retraite, des suites d’une probable intoxication alimentaire … En 2016, il avait déjà doublé les dividendes versés à ses actionnaires, en l’espace de cinq ans ».

Et on vient d’apprendre, dans un article titré : Dépistage : les salariés de Korian payent leur protection que « Le groupe Korian instaure une campagne de dépistage de ses salariés, conformément aux instructions et annonces gouvernementales pour les EHPAD. Mais il impose à tous ses salariés de régler la facture du dépistage à travers leur carte Vitale et leur mutuelle, donc au frais de la princesse et de la Sécurité sociale. » Et le journaliste de s’indigner naïvement : « Le traitement et la pilule sont durs à avaler mais jusqu’où la marchandisation de la santé va-t-elle aller? » Eh bien, je peux lui répondre sans difficulté : jusqu’où nous les laisserons aller !

La médecine libérale, elle aussi, a été abandonnée. Le président de la fédération des médecins des Bouches-du-Rhône, dans un article intitulé : Il y a de quoi se jeter d’un pont » la détresse des médecins libéraux, alerte sur la détresse et l’angoisse des généralistes et médecins libéraux face au manque de moyens pour lutter contre le coronavirus.

Le tourisme est en perdition. Cette activité, non essentielle, est actuellement généreusement renflouée par le contribuable. Elle était pourtant la fierté de nos dirigeants, tous acharnés à transformer la France en un gigantesque Disney Land, où nous serions tous réduits à vendre des souvenirs fabriqués en Chine à des touristes chinois.

A vrai dire, il n’y a quasiment plus rien qui marche en France. Les petites entreprises sont en train de faire faillite en cascade, les salariés et indépendants vont se retrouver au chômage sans indemnités puisque Macron les a supprimées, et les Français vont glisser toujours plus dans la précarité, la pauvreté, la morosité, la dépression.

La crise sanitaire a, bien sûr, fait quelques gagnants, les mêmes que d’habitude, les multinationales et les mafias :

Les multinationales, parce que la situation leur profite (nouvelles technologies, surveillance, formation, armement, big pharma, etc.) ou que, « too big to fall », elles bénéficient de la « solidarité nationale ». C’est le capitalisme socialiste à usage exclusif des multinationales que nous connaissons bien puisque nous en faisons les frais : privatisation des profits et socialisation des pertes.

Les mafias, parce qu’elles remplacent des gouvernements défaillants, en distribuant nourriture et matériel médical, pour redorer leur image et laver leur argent.

Au plan politique, un événement capital s’est produit, selon Politis, pendant que nous étions en prison :

« L’abandon des contre-pouvoirs ». Politis s’en prends naïvement au Conseil d’État : « Ultime recours administratif vanté comme le garant des libertés fondamentales, le Conseil d’État, assailli de requêtes contre l’action du gouvernement, agit tel un soutien indéfectible du pouvoir et rejette à tour de bras. Son échec traduit celui des contre-pouvoirs français … Au 15 avril : 41 rejets avaient été prononcés sur 46 requêtes, soit 90% ».

Nous, ça fait longtemps qu’on le sait que « l’ensemble des contre-pouvoirs vacillent » dans les régimes dits démocratiques et tout particulièrement en France. Nous écoutons assidûment les Pinçon-Charlot et la corruption et la collusion des soi-disant « élites » n’ont plus de secret pour nous. Nous savons parfaitement que l’élite médiatique fricote avec l’élite entrepreneuriale qui fricote avec l’élite de la fonction publique, qui fricote avec l’élite judiciaire, qui fricote avec l’élite politique. Tout ce joli monde se tient par la barbichette et s’entend comme larrons en foire pour nous esclavagiser et nous dépouiller à qui mieux mieux. La seule question qu’on se pose encore, c’est jusques à quand ? Jusques à quand les gens vont-ils supporter ça ?

Il y a quand même quelque chose qui m’a fait plaisir, aujourd’hui, en dehors de prendre un peu le soleil à la fenêtre. La côte de popularité de la Macronie a encore dégringolée, selon un sondage que même Macron ne peut pas contester car il vient d’un institut de Sciences Po : « Méfiance et peur sont au maximum dans le pays et les Français ont du ressentiment envers leur gouvernement qu’ils jugent inefficace ». Tiens donc ! « Seulement 32% des français ont confiance dans le gouvernement contre 60% des Allemands et des Britanniques ». Voilà ce qui arrive quand on érige en doctrine l’incohérence et l’amateurisme !

Nous savions déjà que nous entretenions le plus grand nombre d’élus du monde (618 384 soit 1/108 hab) mais, pendant que nous étions enfermés, le Conseil d’État nous a appris que tous ces élus ne servent absolument à rien, que ce sont des incapables, et que seule la Macronie sait ce qu’il faut faire. Les maires ne sont pas d’accord et franchement, moi non plus je ne vois pas comment on pourrait  être plus incapable que la Macronie.

D’ailleurs, nos élus, infatigables et imaginatifs, ne ménagent pas leurs efforts pour résoudre les problèmes de transport et de pollution. « La présidente de la région Valérie Pécresse, travaille « avec le RER-vélo », un collectif d’associations qui a imaginé neuf lignes cyclables, jusqu’à Mantes-la-Jolie ou Melun ». Vous voyez, on est sauvé !

Pour finir, je ne saurais trop vous conseiller de regarder Ruy Blas, une merveilleuse pièce de Victor Hugo, le grand pourfendeur de « Napoléon le petit », qui n’a pas pris une ride, et dont la tirade contre les ministres vous rappellera sûrement quelque chose :

« Ô ministres intègres !

Conseillers vertueux ! Voilà votre façon

De servir, serviteurs qui pillez la maison !

Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,

L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !

Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts

Que remplir votre poche et vous enfuir après !

Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,

Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !



Tout se fait par intrigue et rien par loyauté.

L’Espagne est un égout où vient l’impureté

De toute nation. – tout seigneur à ses gages



L’alguazil, dur au pauvre, au riche s’attendrit.

La nuit on assassine, et chacun crie : à l’aide !

– Hier on m’a volé, moi, près du pont de Tolède ! –

La moitié de Madrid pille l’autre moitié.

Tous les juges vendus. Pas un soldat payé.

(salaireavie.fr)

Dominique Muselet

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masqués mais pas muselés !

Publié le 1 Mai 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Liberté - Egalité - Fraternité

La section de Granville du Parti Communiste Français ne manifestera pas ce 1er mai, pour la première fois de son histoire. Il y aurait pourtant bien des raisons de le faire.
La pandémie qui paralyse le pays a montré à chacun, s’il en était besoin, que les Français qui comptent se trouvent au bas des reconnaissances sociales et salariales.

Comment survivre aujourd’hui sans les personnels de santé, les caissières de magasin, les aides à la personne, les manutentionnaires ou les salariés du transport, tous en première ligne pour la lutte contre le COVID-19 ?

Pourtant, bien que glorifiant ces travailleurs qu’il méprisait ouvertement il y a peu de temps, le gouvernement profite de la situation pour continuer le démantèlement des services publics, la restriction de nos libertés et la soumission au profit des grands multinationales.

 Jo et JM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'application StopCovid n'est-elle qu'une opération de diversion qui menace les libertés publiques ?

Publié le 22 Avril 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Société, Jupiter

La pandémie du Coronavirus représente pour le gouvernement une aubaine pour étendre la surveillance de masse avec son application « stop covid », et masquer ses insuffisances sur la gestion de la crise. Après avoir enclenché son attaque contre le droit du travail avec une ordonnance qui déroge durablement à la durée du temps de travail, le gouvernement veut étendre la surveillance de masse avec son application « Stop Covid ».

Pour le gouvernement, il s’agit de faire payer les conséquences de la crise au monde du travail ; d’où la dérogation sur le temps de travail prévue jusqu’à la fin de l’année. Les conséquences de la crise sanitaire sont déjà portées essentiellement par le monde du travail, notamment les « premiers de corvée » : personnels soignants des hôpitaux, des EPHAD, les livreurs, les personnels du commerce, les vigiles, pompiers, gendarmes, etc. qui sont directement exposés au risque sanitaire sans avoir de dispositifs de protection, car introuvables ou en cours de livraison depuis la Chine.

 Dans le même temps, le gouvernement s’apprête à étendre ses dispositifs de surveillance de masse accrue de la population avec des solutions technologiques mises en place ou envisagées sous prétexte d’accompagner le déconfinement. Cela représente à terme un danger pour les libertés publiques.

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Pour le reconstruire, il faut dès à présent repenser notre système public de santé

Publié le 21 Avril 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Politique, Santé, Services publics, Société

 

 
 
 
 
lundi 13 avril 2020

Lors de son allocution télévisée du 16 mars 2020, M. Le Président de la République a déclaré que la société française était en guerre contre cette menace invisible, mais tueuse, qu’est le Covid-19, appelant les Françaises et Français à l’unité plutôt qu’à ouvrir des polémiques néfastes à l’efficacité de l’action des autorités sanitaires. Peu après était déclaré l’état d’urgence sanitaire. Pour autant, s’il faut éviter, en effet, les polémiques en ces temps de confinement, il nous semble urgent d’ouvrir dès maintenant un large débat démocratique sur ce que nous voulons construire à partir du jour d’après. Car, il ne saurait être question de refermer la parenthèse et de reprendre le fil des choix et des politiques publics qui ont mené à la catastrophe que nous vivons actuellement. Souvenons-nous de la crise financière de 2008 et de la grave récession qui en a suivi et dont beaucoup de pays européens portent encore les stigmates. Main sur le cœur, les dirigeants d’alors déclaraient solennellement que l’autorégulation des marchés, « c’était fini ». La parenthèse keynésienne a duré moins de deux ans, avant que les politiques d’austérité ne reprennent de plus belle, visant en particulier la protection sociale et les services publics. Renflouées par les contribuables, les banques ont repris leur business spéculatif as usual.

Après le confinement, tout sera à reconstruire, à commencer par notre système public de santé. Et pour reconstruire, il faut avoir pensé, comme l’ont fait en pleine seconde guerre mondiale, économistes, technocrates, syndicalistes, politiques dans les pays alliés, ce qui déboucha en France sur le fameux programme du CNR. Car s’il n’y a pas d’alternative, le scénario de 2008 risque de se produire. Il suffit pour s’en convaincre de prendre connaissance de la récente note de la Caisse des Dépôts et Consignation sur l’hôpital public – qui préconise la même politique austéritaire mais en pire – ou encore des déclarations ahurissantes du directeur général de l’ARS Grand-Est annonçant fièrement, à grands renforts de communication, en plein confinement et donc dans la région la plus touchée, son plan de fermetures de lits pour le CHU de Nancy, plan concocté avec des consultants de Cap Gemini. Cette fois c’était un peu gros et il a été limogé. Mais cela mérite d’être médité : cet inspecteur général des affaires sociales était persuadé de plaire à ses seigneurs en sortant une telle obscénité, anticipant que ces derniers reprendraient la même politique une fois la pandémie passée.

La pandémie du Covid-19 a mis en lumière deux conséquences funestes des politiques néolibérales en matière de santé. D’une part, la France n’a plus de souveraineté sanitaire ; d’autre part, son système public de santé est exsangue après des décennies de rigueur budgétaire à courte vue.

Elle n’a plus de souveraineté sanitaire, alors que la première mission d’un État est de garantir la sécurité et la santé de ses ressortissants. La croyance aveugle dans le libre-échange a fait que nous dépendons désormais de pays comme la Chine et l’Inde pour les approvisionnements de masques FFP2, de principes actifs de médicaments, voire de médicaments indispensables (anticancéreux, antibiotiques, médicaments anesthésiques). Or, en phase pandémique, le libre-échange s’efface derrière le principe sécuritaire. C’est alors la foire internationale d’empoigne pendant que les pouvoirs publics cherchent à rassurer leur population en affirmant des contre-vérités comme l’inefficacité de la protection par masques ou qu’il n’est pas utile de dépister toute la population, la confusion augmentant lorsque le directeur général de l’OMS affirme le contraire. Voici la première leçon à tirer de cette crise sanitaire : pour ne plus connaître ses discours publics qui ajoutent de la confusion à la peur, nous devons impérativement reconstruire notre indépendance sanitaire. Il ne s’agit pas seulement de relocaliser une grande partie de ce que nous avons sous-traité aux pays dits émergents, ce qui, au passage, permettrait de combattre la désindustrialisation de notre économie et créerait des emplois. Cette relocalisation pourrait prendre la forme d’un pôle public du médicament ou d’entreprises, nationales ou européennes, mais à but non lucratif, qui produiraient les médicaments et dispositifs indispensables. Il s’agit aussi de se donner une autre politique de la recherche publique qui éviterait, par exemple, que des recherches prometteuses sur les coronavirus, lancées 2002, ne se tarissent parce que les fonds publics ont été orientés vers la dernière mode scientifique. L’effort budgétaire en faveur de la recherche doit être impérativement réévalué pour atteindre le niveau de pays comparables comme l’Allemagne, pourtant toujours prise en exemple. C’est la raison pour laquelle les premiers tests de dépistage ont été inventés par nos voisins. De plus, il faut en finir avec le réflexe du financement de la recherche par projets. La recherche fondamentale suppose de la stabilité et du temps comme l’a rappelé le chercheur Bruno Canard. Elle doit être attractive pour les aspirants à la recherche, dont la précarité est la règle à ce jour.

Seconde leçon de la pandémie de Covid-19 : notre système public de santé, en particulier hospitalier, menace ruines. Du reste, c’est une leçon sans l’être car depuis des mois les soignants de l’hôpital public tirent le signal d’alarme, sans être entendus des décideurs politiques. Cela fait des années que ces derniers rêvent de faire de l’hôpital un aéroport qui renverrait immédiatement les patients une fois leur opération ou leur prise en charge effectuée. L’hôpital serait un lieu de soins spécialisés et techniques sans hébergement. Une sorte d’usine à soins. Au nom de cette politique du « virage ambulatoire », on a fermé drastiquement des lits, on a limité les effectifs de personnels soignants, par ailleurs sous-payés. Cette pensée financière de la liquidité appliquée à la santé est venue se fracasser sur la pandémie de Covid. La capacité en lits de réanimation, au nombre de 5000, est sous-dimensionnée pour faire face à un tel défi. L’hôpital est certes un lieu de soins aigus spécialisés et techniques, mais il doit aussi prendre en charge une autre épidémie, celle des malades chroniques, doublement touché par le Covid, tout en étant capable d’héberger. Là encore, nos amis Allemands n’ont pas fait cette erreur. Reconstruire un service public hospitalier attractif, avec des équipes stables, bien formées, correctement payées et financées de façon pérenne, à rebours de la logique marchande de la tarification à l’activité. Mais d’une façon générale, c’est l’ensemble du système public de santé qu’il faut repenser à la lumière de la double épidémie de Covid et de maladies chroniques. On n’en finirait pas d’énumérer les chantiers : reconstruire la psychiatrie publique de secteur afin d’éviter les malades souffrant de troubles psychiatriques de faire partie des populations les plus vulnérables, avec les sans domicile fixe, lorsque survient une telle pandémie ; se doter de lits d’aval suffisants ; médicaliser les EHPAD et leur donner les moyens humains et financiers de prendre en charge dignement et avec des soins de qualité nos aînés.

Mais un système public de santé, et non seulement de soins, doit aussi investir un ambitieux service public de prévention, et pas seulement individuelle qui tourne vite au blâme de celles et ceux qui, du fait de leur situation, ne peuvent respecter aussi bien les règles de confinement que les injonctions aux « bons comportements ». Cette prévention doit agir sur les causes économiques, sociales et environnementales qui font qu’il existe treize années d’écart d’espérance de vie entre les plus démunis et les plus aisés. Un État démocratique ne peut tolérer le scandale d’une telle inégalité des vies. Pour le moment, nous médicalisons en aval ce que nous ne nous sommes pas donné les moyens de prendre en charge en amont. Il suffit de penser à la santé au travail, sacrifiée sur l’autel de la compétitivité.

Que la sixième puissance mondiale se dote à nouveau d’un système public de santé digne de son rang, capable de protéger la santé de toutes et tous, y compris les plus vulnérables des citoyens, appelle évidemment un financement suffisant et pérenne. La Sécurité sociale doit regagner le terrain perdu aux dépens des complémentaires santé et être reconnue pour ce qu’elle est : un « commun », hors du marché de l’assurance et hors de l’emprise de l’État. C’était d’ailleurs l’ambition de ses fondateurs, méfiants à l’endroit d’un État qu’ils soupçonnaient de vouloir piocher dans les caisses en cas de disette budgétaire. L’avenir leur a donné raison. Récemment, a été abolie la loi Veil de 1994 qui obligeait l’État à compenser les exonérations de cotisations sociales. La Sécurité sociale s’est ainsi vue amputée de 2.5 milliards d’euros pour financer les mesures que les « Gilets Jaunes » avaient arrachées. Cela est inadmissible et les recettes de « la Sécu » doivent être sanctuarisées.

Mais reconstruction ne veut pas dire nostalgie et revenir à un supposé « âge d’or ». Depuis le programme du CNR, les défis auxquels s’affronte la société française sont, pour une bonne part, nouveaux. Il y a bien entendu le défi écologique et les services publics doivent contribuer à le relever. Il y a aussi le problème du non-recours aux droits : si la communication des gouvernements, de gauche comme de droite, dénoncent les « abus » et les « fraudes », elle est beaucoup plus discrète sur ce phénomène massif qui fait que des personnes renoncent à des prestations auxquelles elles ont droit, soit par honte, soit par peur du contrôle, soit par incompréhension des procédures et circuits bureaucratiques. Les services publics, notamment de la santé, doivent être pro-actifs et aller au-devant des populations les plus vulnérables. Dernier défi, sur une liste appelée à s’allonger : le défi démocratique. La démocratie sociale d’après-guerre fut une vraie ambition, hélas souvent déçue. Il nous faut, à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, trouver une nouvelle articulation entre démocratie sociale, démocratie politique, démocratie sanitaire, de même qu’entre démocraties représentative et participative. Démocratiser les services publics et éviter autant que possible leur bureaucratisation est un objectif aussi difficile que stimulant.

On le voit, après la guerre pandémique, il faudra reconstruire. Pas seulement entre experts, mais aussi avec l’appui et l’inventivité de la société. Afin de donner une base juridique solide à ce vaste mouvement, il est impératif d’inscrire les services publics, piliers de la République, dans la Constitution.

Si les membres du CNR ont bâti en pleine guerre les fondements d’une société plus juste et solidaire, nous nous devons d’être à leur hauteur et d’en faire de même, en pleine guerre pandémique. Sur la base d’une conviction : Non, le jour d’après ne pourra en aucun cas ressembler au jour d’avant !

 

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Soumission

Publié le 19 Avril 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Société

(1548 ) 
Étienne de La Boétie : Discours de la servitude volontaire.

Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n'est plus à vous.Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu'on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l'ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu'il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-même à la mort. Ce maître n'a pourtant que deux yeux, deux mains , un corps, et rien de plus que n'a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu'il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D'où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n'est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s'il ne vous les emprunte ?

Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils aussi pas les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-même ? Comment oserait-il vous assaillir, s'il n'était d'intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n'étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu'il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu'il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu'il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu'il les mène à la guerre, à la boucherie, qu'il les rende ministres de ses convoitises et exécuteur de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu'il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu'il soit plus fort, et qu'il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d'indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l'ébranler, mais seulement, de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre.

 

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