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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Trump bafoue le droit international. Le Sahara occidental n'est pas à vendre

Publié le 14 Décembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Droits de l'homme

 

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Démembrement d’EDF : un plan « Hercule » qui devrait s’appeler le plan « Judas »

Publié le 14 Décembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Europe, Politique, Services publics

 

 

 

 

samedi 12 décembre 2020 Par

Article publié initialement sur le site de la Gauche républicaine et socialiste (https://g-r-s.fr/).

 

I- Un secteur soumis aux règles européennes et à leurs dérives libérales

L’Union européenne est compétente en matière de réglementation de la production d’énergie, et en particulier d’électricité. En effet, lArticle 194 du Traité de Lisbonne (celui qui imposa les effets du projet de TCE malgré son rejet référendaire par les Français) a institutionnalisé les compétences de l’UE en matière énergétique :

« Dans le cadre de l’établissement ou du fonctionnement du marché intérieur et en tenant compte de l’exigence de préserver et d’améliorer l’environnement, la politique de l’Union dans le domaine de l’énergie vise, dans un esprit de solidarité entre les États membres :

  • à assurer le fonctionnement du marché de l’énergie ;
  • à assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique dans l’Union ;
  • à promouvoir l’efficacité énergétique et les économies d’énergie ainsi que le développement des énergies nouvelles et renouvelables ;
  • et à promouvoir l’interconnexion des réseaux énergétiques.»

Or un des principes fondamentaux de l’UE est la concurrence libre et non faussée. Elle applique donc ce principe à la production de l’électricité.

Pour la France, cela a deux conséquences majeures : la création d’un marché de l’énergie et le démantèlement d’EDF.

II- La création d’un marché de l’énergie

A la demande de la Commission européenne, la France a créé en 2010, l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH). Il fut mis en œuvre en 2011. Ce marché régulé consiste en l’obligation qui est faite à EDF de fournir pour un volume global maximal de 100 TWh/an de l’électricité à un tarif réglementé qui est de 42 €/MWh.

Cela signifie que si le prix du marché est inférieur à 42 €/MWh, les opérateurs privés achètent leur électricité au prix du marché. En revanche, lorsque le prix du marché est supérieur à 42 €/MWh, les opérateurs privés l’achètent en dessous du prix du marché à EDF et la revendent au prix du marché à d’autres opérateurs. En réalité dans cette hypothèse, il ne s’agit plus d’un marché de l’énergie mais d’une rente de situation financière car ces opérateurs privés du marché de l’énergie, pour leur grande majorité, ne produisent pas d’électricité, ils se contentent de la commercialiser. Ainsi de 2011 à 2013, le prix moyen de gros de l’électricité était supérieur à 50 €/Mwh – ce qui était une situation de rente pure pour les opérateurs privés. De 2013 à 2015, le prix moyen de gros fluctuait autour de 42 €/MWh ce qui constituait une situation d’arbitrage pour les opérateurs privés en fonction du prix réel de l’achat. entre 2015 et 2017, le prix moyen de gros été inférieur à 40 €/MWh: situation dans laquelle les opérateurs privés n’achètent pas d’électricité au prix de l’ARENH. Or depuis 2018, le prix du marché est supérieur à 42 €/MWh, nous sommes donc à nouveau dans une situation de rente pure pour les opérateurs privés.

Cette obligation faite à EDF de vendre de l’électricité à un prix fixe à des opérateurs privés, handicape EDF lorsque le prix du marché est supérieur à celui auquel elle est obligée de vendre puisqu’elle ne peut pas bénéficier de cette augmentation de tarif. Depuis 2011, date de création de cette obligation, EDF s’est trouvée dans cette situation pendant six ans sur neuf ans.

Pire, selon EDF le prix de l’ARENH ne couvre pas ses frais de production. En effet EDF a demandé une réévaluation du prix afin qu’il passe de 42 € à 53€/MWh. Donc selon EDF, à chaque fois qu’un producteur privé achète de l’électricité à ce prix régulé, EDF perd de l’argent et voit ses capacités productives mises en péril. Il semblerait que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) envisage d’augmenter l’ARENH à 48€/MWH mais ce prix est toujours inférieur au prix de revient déclaré par EDF.

Le principe de l’Union européenne de concurrence libre et non faussée conduit donc à la création d’un marché inégalitaire au bénéfice des opérateurs privés et au détriment d’EDF et cela est inacceptable !

III- Le plan « Hercule » un démembrement industriel d’EDF et un risque de disparition d’expertise technique

Le plan « Hercule » est la réponse d’Emmanuel Macron et des Techno-Libéraux français à la demande de la Commission de réorganisation structurelle d’EDF afin d’empêcher que l’organisation interne d’EDF ne soit, selon la commission, un frein à la concurrence.

Ce plan a connu, pour l’instant, deux modalités et devrait être finalisé d’ici la fin de l’année.

1. Le projet Edouard Philippe

– La première proposition du gouvernement Édouard Philippe en avril 2019 était de scinder le groupe EDF, de manière à écarter le nucléaire et ses risques financiers des autres secteurs. Dans les faits, création de deux entités, une société « bleue »  et une société « verte », d’ici 2022. Ces deux entités étaient de droit public et pilotées par le groupe EDF qui restait lui aussi une entreprise publique.

La société « bleue », détenue par l’État, comprendrait le secteur du nucléaire existant. Ce secteur est soumis à l’Arenh et est le plus déficitaire. Il serait composé aussi des barrages hydroélectriques et du transport d’électricité (RTE).

L’État français devra investir 8 milliards d’euros pour racheter les actions EDF aux investisseurs privés.

Une autre société, « Verte », couvrirait les énergies renouvelables restantes, les réseaux (Enedis), les services énergétiques (transport, acheminement) et le commerce (EDF achète l’énergie comme les autres à l’Arenh). Cette seconde entité, propriété de la première, serait introduite en bourse, l’État conservant 65 % du capital via la société Bleue avec une introduction en bourse à hauteur de 35 % et comprendrait Enedis, EDF Renouvelables, Dalkia, la direction du commerce, les activités d’outre-mer et de la Corse d’EDF.

Cette réforme risque fort de faire porter le secteur le plus déficitaire — le nucléaire dit ancien — à l’État, donc au contribuable, tandis que les activités plus rentables — renouvelables et distribution — seraient privatisées. Il faut rappeler qu’ EDF a une dette de 41 milliard avec une menace de 20 milliards de plus sur ses produits financiers hybrides (dette transformable en action par les créanciers) en fin 2019.

Il faut cependant se rappeler aussi que les actifs positifs constitués par EDF et qui sont monnayables (actions, obligations) pour le démantèlement des réacteurs anciens et la fin de cycle des combustibles (par ex. Bure) représentent le même montant soit 41 milliards.

2. Le plan « Hercule » modifié par la Commission européenne

« La position de la Commission européenne consiste à privilégier une holding sans rôle opérationnel ni contrôle sur ses filiales et une indépendance entre celles-ci […] et ne percevant pas de dividendes, ceci étend versé directement aux actionnaires de la holding. […]  Cette position entraînerait l’impossibilité de maintenir un groupe intégré et irait au-delà des exigences posées par les textes européens » (note de l’agence des participations de l’État datée du 6 mai 2020).

Toujours selon l’agence, la Direction générale de la concurrence justifierait la désintégration juridique, financière, comptable et opérationnelle du groupe par « l’ampleur de l’aide qui serait octroyée à EDF du fait du SIEG (service d’intérêt économique général, le service public en droit européen) […] afin d’éviter que le soutien au nucléaire régulé ne profite d’une quelconque manière aux autres entités du groupe ». En définitive, si les demandes de l’Europe étaient acceptées par la France, il s’agirait d’un démantèlement pur et simple d’EDF.

Donc le plan de la Commission européenne est la mise en place d’au moins 4 structures différentes et autonomes : EDF-holding (droit privé), EDF bleue filiale autonome du secteur nucléaire (entreprise publique), société Azur (barrages hydroélectriques et statut juridique non défini) et EDF verte filiale autonome énergies renouvelable (société anonyme donc de droit privé).

Cette position de la Commission européenne interdit la mise en place d’une stratégie de groupe et de toute politique industrielle, et permet que les filiales de la holding EDF se fassent concurrence entre elles ! De plus, la Commission demande la séparation juridique des activités nucléaires régulées et des activités de nouveau nucléaire interdisant que les bénéfices tirés des investissements déjà amortis ne puissent être réinvestis dans des activités nucléaires nouvelles. Cela impose aussi que les compétences et les expertises qui sont le fruit des activités nucléaires régulées ne puissent être utilisées pour la mise en place du nouveau nucléaire.

3. Le cas particulier des barrages hydroélectriques

Il est à noter qu’en ce qui concerne les barrages hydroélectriques (société Azur), 150 contrats de concession arrivent à terme d’ici 2023 et donc devront éventuellement être concédés à nouveau selon des procédures d’appel d’offres et de mise en concurrence – ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent et représenterai un nouveau marché juteux puisque les investissements sont déjà amortis (les barrages sont construits depuis longtemps et rapportent 1,5 milliards d’€ par an !).

Cette demande de la Commission européenne remonte à 2015 (mise en demeure par la commission) même si la droite avait commencé à anticiper cette demande dès 2010.

Les barrages hydroélectriques constituent la première source d’électricité renouvelable en France. Si l’État en est propriétaire, ce parc est aujourd’hui exploité à plus de 80 % par EDF – avec 433 barrages – via des contrats de concessions. Cependant la question de l’hydroélectrique n’est pas qu’une question de production d’électricité mais aussi touche à la sûreté, à la gestion de l’eau et des crues, sujets encore plus important désormais, du fait du réchauffement climatique. Par ailleurs, la production hydroélectrique permet de réguler les creux et les crêtes de production des autres sources d’énergie. Cette régulation ne peut être efficace que si la production hydroélectrique est intégrée à la production d’autres énergies – à défaut au moins régulée par la même entité. Cette ouverture à la concurrence remet en cause donc possiblement, des intérêts majeurs des populations.

*

*          *

Sur ce sujet majeur d’intérêt général qu’est la maîtrise de la production d’électricité, sa sécurisation et sa revente au prix le plus juste pour les consommateurs, le gouvernement a cédé aux demandes libérales et destructrices de l’Union européenne.

La GRS demande au contraire la création d’un service public de l’énergie qui puisse être contrôlé à la fois par les citoyens, les élus locaux et des représentants de l’État. Et si EDF doit changer ce n’est pas en la démembrant en des entités indépendantes et qui se feront la concurrence comme le veut l’Union européenne et le met en place le Gouvernement Castex mais en la démocratisant.

De plus, la GRS condamne cette privatisation rampante de pans entiers de l’activité d’EDF et en particulier des secteurs des énergies renouvelables  et du nucléaire nouveau (construction et exploitation de nouvelles centrales). Ces secteurs sont primordiaux pour entamer la transition énergétique et ce sujet d’intérêt général est trop important pour le laisser à la propriété privée et aux forces du marché. Les modalités de transition énergétique doivent être le fruit d’un débat national et ses instruments publics.

Enfin ce démembrement « Hercule » qui relève davantage du lit de Procuste que du combat contre l’hydre de Lerne interdira toute stratégie industrielle et tout patriotisme économique. En effet EDF n’est pas une entreprise seule mais participe d’un écosystème de filières, d’innovation et de recherche. Or c’est justement de politique de renforcement de filière et particulièrement de filières en France dont nous avons besoin pour relancer et renforcer notre économie- l’exact contraire de ce que fait le Gouvernement en accord avec l’Union européenne.

Alors nous devons et nous allons nous mobiliser pour contrecarrer ce plan de « Judas » – cette trahison qu’est le plan « Hercule ».

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Manifestation pour le Retrait de la loi Sécurité Globale samedi 12 décembre Mairie Avranches 15h

Publié le 11 Décembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Droits de l'homme

 

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De diverses violences et de la perversion du discours de l’oligarchie

Publié le 9 Décembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Société, Politique, Jupiter

mardi 8 décembre 2020 Par

Souhaiter l’idéal sans analyser le réel, c’est se tirer une balle dans le pied pour avancer plus vite. Trois marqueurs apparaissent dans le système qui nous oppresse : la remise en cause de tous les conquis sociaux du siècle dernier, l’extrême violence utilisée par l’oligarchie pour y arriver et enfin le nouveau management comme perversion de la logique des mots (on prétend tout faire pour défendre les pauvres !).

Commençons par l’état de la pauvreté

Cela tombe bien, l’Insee, la Cnaf et l’Observatoire des inégalités ont fourni leurs chiffres. 5,3 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian (soit 885 euros pour une personne seule) fin 2018, dernière année pour laquelle les données des revenus sont actuellement disponibles. Soit 8,3 % de la population  : 0,4 % de plus en 5 ans, une hausse de près de 350 000 personnes dont 250 000 rien que pour l’année 2018. Ce qui illustre un théorème du néolibéralisme, à savoir que chaque président fera pire que le précédent.

Comment pouvons-nous extrapoler ces chiffres au moment où est écrit cet article ? Les données du RSA donnent une indication : 1 844 000 allocataires du RSA en 2018, environ 2,1 millions fin 2020. Soit près de 250 000 allocataires de plus. Comme le niveau de revenu du RSA est très nettement en-dessous du seuil de pauvreté, vous pouvez entrevoir l’augmentation exponentielle du nombre de pauvres à fin 2020. Des associations prévoient près d’un million de pauvres en plus fin 2020 !

Donnons les ordres de grandeur : le salaire médian 1 770 euros (50 % ont moins que cela pour vivre), le SMIC net 1 200 euros, seuil de pauvreté à 60 % du salaire médian 1062 euros, minimum vieillesse et adulte handicapé 900 euros, seuil de pauvreté à 50 % du salaire médian 885 euros, seuil de pauvreté à 40 % du salaire médian 708 euros, RSA, Allocation de solidarité spécifique (chômeurs en fin de droits) 500 euros, niveau de vie des 10 % les plus pauvres des jeunes de 18-24 ans, 360 euros ! Et pendant ce temps-là, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande, l’enrichissement des plus riches est exponentiel !

En 2017, 1,5 million d’enfants de moins de 18 ans vivaient dans un ménage dont le niveau de vie était inférieur au seuil de pauvreté de 50 % du niveau de vie médian. Ces enfants vivent dans la pauvreté, mais ils ne sont pas pauvres par eux-mêmes : ce ne sont pas des enfants pauvres mais des enfants de pauvres. Le plus souvent, leurs parents sont au chômage ou inactifs. Les enfants qui vivent avec leur mère seule sont les plus exposés. 22 % des jeunes de 18 à 29 ans qui vivent seuls (hors étudiants) figurent parmi les pauvres en 2017. Jusqu’à 25 ans, ils n’ont pas droit à un minimum social.

La violence légale de l’État

Notons le changement du Code de déontologie de la police Hollande-Valls en 2014 préfigurant le changement progressif du schéma du maintien de l’ordre. De la police encore républicaine en 1968 avec le préfet Grimaud et sa célèbre note aux gardiens de la paix jusqu’à l’épisode de la destruction des libertés publiques revendiquée par le préfet Lallemand lors de son audition au Sénat – où il défend l’autonomie des policiers sans superviseur, l’utilisation des LBD 40, etc. – que sont devenus le Syndicat Général de la Police et la FASP  majoritaire avec sa direction républicaine des années 80 et au début des années 90 ? Nous vous renvoyons à l’étude faite dans Respublica intitulée « Le long combat des policiers républicains dans la police nationale ».
Aujourd’hui, la hiérarchie policière a pris le contrôle du discours des directions des quatre plus importants syndicats de police, alors que, jusqu’en 1993, la direction du SGP et de la Fasp étaient des contrepoids à la volonté des gouvernements de contrôler les syndicats de police. Pire, aujourd’hui, la majorité des policiers votent RN alors que jusqu’à la fin du siècle dernier, il y avait un pourcentage de votes FN dans la police très nettement plus faible que dans la population française. Aujourd’hui, les directions des quatre premiers syndicats de police (FO, Alliance, Unsa, CFDT) deviennent les bras armés du ministre de l’Intérieur avec les mêmes éléments de langage que le RN.
Pire, ils font le lit d’un remplacement progressif d’une police nationale civile par trois autres polices : la police municipale armée sous dépendance directe du maire ou du président d’EPCI (comme aux Etats-Unis !), la police privée (promotionnée par la loi « Sécurité globale ») et la police militaire de la gendarmerie, sans syndicat de salariés (après que le seuil de 10.000 habitants pour l’activité de la gendarmerie soit déjà passé à 20.000 habitants par un gouvernement PS, nous voilà à un moment où il est question d’élever ce seuil à 40.000 habitants !).

Mais la dérive sécuritaire de l’extrême centre macroniste (nous reprenons le concept d’extrême centre de l’historien Pierre Serna dans son livre L’extrême centre ou le poison français, paru en 2019) ne s’arrête pas là.
Par décret du 14 août 2020, les Directions départementales interministérielles (DDI sous la responsabilité du Premier ministre depuis leur création, en décembre 2009) deviennent « des services déconcentrés de l’État relevant du ministre de l’Intérieur. Elles sont placées sous l’autorité du préfet de département ». L’article 2 du décret prévoit en outre que les carrières des fonctionnaires de ces directions départementales, l’organisation du service, les conditions de travail et ses missions dépendent désormais aussi du ministère de l’Intérieur.
C’est donc comme si les ministères de la Transition écologique, de la Santé, du Logement, de la Jeunesse et des Sports perdaient leurs fonctionnaires dans les départements, au profit, là encore, de l’Intérieur.
Comme le détaille Jean-Claude Boual dans un récent article, ce mode de gouvernement est une sorte de retour à l’Ancien Régime. Aujourd’hui, tout comme le roi jadis, Jupiter-Macron ne gouverne plus qu’avec deux ministres : le ministre des Finances pour les questions de budget (l’Intendant de la Ferme générale d’autrefois, l’une des figures les plus honnies des révolutionnaires, car chargé de récolter l’impôt auprès de la population, quand les nobles et le clergé en étaient dispensés) et le ministre de l’Intérieur (le Lieutenant général de la police, qui avait tout pouvoir sur les questions d’ordre public, notamment pour réprimer les pauvres), les autres ministres étant là pour la décoration.

Le silence des intellectuels

Face à cette « stratégie du choc », face à la perversion de la logique des mots du nouveau management global que disent nos intellectuels ? Comme Flaubert et les Goncourt, ils n’ont rien vu en dehors de leur entre-soi bourgeois ! « Rester silencieux, quand on a la possibilité d’intervenir dans l’espace public, m’est toujours apparu comme une forme de « trahison » surtout lorsque les auteurs des propos insultants appartiennent à mon propre milieu professionnel, » déclare le socio-historien Gérard Noiriel dans Dire la vérité au pouvoir. Les intellectuels en question (Agone, p. 263). Noiriel qui définit l’intellectuel comme celui qui « dit la vérité au pouvoir au nom des opprimés », tout en préservant l’autonomie propre de l’univers scientifique….

La protection des fonctionnaires

Que dire, après la décapitation de l’enseignant républicain Samuel Paty, du non-respect par le ministère de l’Éducation de l’article 11 de la loi du 13 juillet 1983 ? Ce texte indique : « Les fonctionnaires bénéficient, à l’occasion de leurs fonctions et conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales, d’une protection (…). La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l’occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. »

Et si on s’intéressait aux causes ?

Depuis le début de cet article, nous égrenons quelques conséquences concrètes scandaleuses des politiques menées depuis des décennies. Et si on s’intéressait aux causes de ces conséquences ? Si on réfléchissait sur le pourquoi de nos échecs depuis des décennies ? Ne faudrait-il pas engager une bataille politico-culturelle  contre ceux qui déplorent les effets des causes qu’ils chérissent ? Ne faudrait-il pas remettre en cause nos propres modes de pensée ou celles des organisations qui nous sont chères car « on ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré » (Albert Einstein). Peut-être nous apercevrions-nous que la logique du capital nous a entraînés à ces conséquences scandaleuses via le mariage entre le mouvement réformateur néolibéral et l’ordolibéralisme allemand, base de la construction de l’Union européenne. Cela nous changerait du moralisme désuet du bien et du mal de la vie politique française…

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A propos du projet du Conseil Départemental pour le port de Granville

Publié le 8 Décembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Tribune libre, Environnement

 

Autres considérations au sujet du Port ..

                                      Au sujet du projet du Conseil Départemental pour le port de Granville , il faut considérer que la flotte de pêche est constituée d'une cinquantaine  de navires actuellement . Parmi ceux ci une douzaine de bulotiers , dont le nombre va plutôt diminuer dans un avenir porche , et quelques caseyeurs sont les seuls demandeurs d'une plage d'accès horaire plus large dans le port . Les autres unités ne demandent rien . Ils partent aux alentours de la pleine mer et reviennent , avec la marée dix - douze heures plus tard . Idem pour ceux qui font "le large", on profite toujours du courant favorable pour partir et on revient  de même 24 heures , 72 heures ou quatre jours plus tard . Serait il économiquement justifié de dépenser 2 ou 3 millions d'€ pour créer des surprofondeurs , difficiles à réaliser (assises des jetées) et coûteuses à entretenir par des dragages réguliers ? Ceci à l'avantage d'une quinzaine d'unités seulement de la petite flottille .                                                                                                                                                                                                       Par ailleurs ,  30 places pour la pêche dans l'extension du Hérel , c'est vider complètement le bassin à flot de la pêche pendant 6 mois de l'année , quand la plupart des  bateaux sont en Manche-Est et habituer les professionnels à ce vide - qu'il faudrait bien combler - par quoi ? De la plaisance pardi !

                                      Alors ON nous met en avant la sécurité . Mais a t on jamais vu des opérations de sauvetage de la SNSM échouer par le fait que nous avons un port à marée ? Non , surtout avec la présence de la base d'hélicoptère à Bréville .

                                     Il faut aussi considérer que si l'on augmente les possibilités d'exploitation des petites unités on augmente la pression de capture dans la bande côtière , là ou la ressource est la plus fragile , la plus accessible et donc la plus vulnérable . Un accès au port plus long augmenterait sans doute aussi le nombre de navettes vers Chausey , ce qui n'est plus souhaitable bien sûr , sauf dans la tête de quelques inconscients dépourvus de respect envers l'environnement .

                                     En ce qui concerne la navigation de loisirs (en chute libre) , sans toucher aux infrastructures , en réorganisant le bassin du Hérel , les mouillages de l'avant port et en créant des racks pour les plus petites unités , on peut augmenter la capacité  .  Car le prix de l'extension plaisance du CD est beaucoup trop élevé au regard des emplois potentiels créés et surtout , dans tous les autres ports , le coût  d'un nouvel anneau est 2 fois moins élevé qu'ici ! Ce n'est sûrement pas avec les amodiations dérisoires du projet de la rue des Iles que le CD va financer tout cela . En outre la création d'un parc à voitures au bout de la rue du Port sur le futur terre plein du "chantier naval" ET RUE DES ISLES , est un non sens du point de vue urbanisme et circulation automobile en ramenant 4/500 places en complète contradiction avec le programme de la nouvelle Municipalité .

                                    A bien y regarder ce projet basé sur la sacro-sainte croissance et la politique de l'offre , sans aucune considération environnementale  est plus un projet obsolète du 20e siècle qu'un projet d'avenir pour le 21e . Arrêtons le BÉTONNAGE DU LITTORAL *et préservons des activités  comme le cabotage , qui va retrouver tout son intérêt avec les taxes routières auxquelles on ne coupera pas .

                                  * Ce projet suppose d'artificialiser encore presque 6ha de grèves , où se joue toute la vie primaire des espèces , et d'y couler 15 à 20000 T. de béton ! sans compter ensuite les peinture sous marines toxiques , les effluents , hydrocarbures et autres , les tonnes de zinc et de plomb dilués par les anodes de coques  ...                                                        

Pierre Hedouin
 

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CONTRE LA DESTRUCTION DE L’OCÉAN ET LA DISPARITION DES PÊCHEURS ARTISANS

Publié le 8 Décembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Environnement

 

 

Quand les industriels ne nous laissent pas le choix

C'est la consommation moyenne par an de poissons sauvages et d'élevage en France. Une consommation trois fois supérieure* à ce qui serait durable, en limitant au maximum notre impact sur les écosystèmes marins.

Une consommation qui va bien au-delà de ce que nos pêcheurs français peuvent pêcher, puisque 66% des poissons que nous consommons proviennent de quinze pays. Arrivent en tête, le saumon, la crevette, le cabillaud et le thon.*

Pourtant, une consommation durable ne devrait reposer que sur la pêche de poissons sauvages. Or, de nombreux poissons favoris des français proviennent d'élevage industriels, nécessitant d'énormes quantités de poissons sauvages pour leur alimentation. Ainsi, près de 20% des poissons sauvages pêchés chaque année, sont réduits en farine afin de nourrir ces poissons d'élevage alors qu'ils sont tout à fait comestibles*.

Notre consommation non durable fait donc le jeu des industriels de la pêche : 75% des poissons en France sont achetés en grande distribution et proviennent essentiellement de la pêche et de l'élevage industriels.

In fine, les citoyens sont délibérément trompés, puisque la grande distribution se vante de vendre du poisson durable, alors que 83% des poissons portant le label MSC "pêche durable" — en situation de monopole — proviennent de pêcheries industrielles et destructrices*. Alors, comment consommer de manière responsable ?

Vous pouvez agir en réduisant votre consommation de poissons et en privilégiant du poisson local pêché de manière douce par les artisans français. Mais ce ne sera pas suffisant. BLOOM vous propose d'aller plus loin en transformant en profondeur le modèle existant et destructeur de la pêche.

NON AU POISSON INDUSTRIEL

Les décideurs politiques et industriels se plaisent à incriminer les consommateurs mais c'est juste une manière de se défausser de leurs responsabilités. Ce sont eux, les maîtres du jeu.

En donnant 60€ à BLOOM, soit 20,4€ après déduction fiscale, vous pouvez changer ces règles qui nous sont imposées. Attaquons-nous à la source du problème : la pêche industrielle et la grande distribution, qui prononcent la sentence de mort de l'océan et des pêcheurs artisans.

Battons-nous pour retrouver sur nos étals du poisson pêché de manière réellement durable et locale !

JE CHANGE LES RÈGLES DU JEU

Un grand merci de changer avec nous les règles du jeu,

L'équipe de BLOOM

Alexia, Fanny, Frédéric, Isaure, Jasmina, Lætitia, Sabine, Valérie

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Violences policières : les images édifiantes du tabassage d'un producteur de musique

Publié le 27 Novembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Droits de l'homme, Justice

 

 

La scène a été capturée par les caméras de vidéo-surveillance. Pendant près de cinq minutes, on voit un homme se faire frapper à plusieurs reprises par des policiers. Une vingtaine de coups de poing, de coups de pied et de matraque. Michel Zecler est producteur de musique. Ses blessures ont nécessité six jours d'interruption de travail. "À ce moment-là, je me dis que j'ai peur. Je me dis que c'est peut-être mon dernier jour aujourd'hui", raconte-t-il. Les faits se sont déroulés samedi 21 novembre, vers 19h40. Michel Zecler était dans la rue, sans masque lorsqu'il a vu des policiers. Il raconte alors avoir décidé de rentrer dans son studio d'enregistrement.

Les agents l'ont suivi à l'intérieur. De jeunes artistes présents dans le studio lui sont finalement venus en aide. Les agents ont alors appelé des renforts et ont jeté une grenade lacrymogène dans le studio pour le faire sortir. Après les faits, les policiers ont accusé Michel Zecler d'usage de stupéfiants et d'avoir tenté de subtiliser leurs armes. Mais aucun élément n'étaye pour l'instant leurs propos. Le parquet a classé sans suite toutes les poursuites contre le producteur de musique et il a également saisi l'IGPN.

Invité du 20 Heures de France 2, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé qu’il allait demander leur révocation, « dès que les faits seront établis par la justice ». Il les a accusés d’avoir « sali l’uniforme de la République ». Le ministre a été reçu le président de la République jeudi après midi, selon une source gouvernementale. Interrogé, l’Elysée a seulement indiqué que le président suit la situation de près. Plusieurs proches d’Emmanuel Macron ont exprimé sur Twitter leur indignation après le passage à tabac du producteur. Dans une rare déclaration publique, le procureur de Paris Rémy Heitz a souhaité que l’IGPN, saisie du dossier, enquête « le plus rapidement possible ».

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi 26 novembre qu'il allait instaurer "une commission indépendante chargée de proposer une nouvelle écriture de l'article 24" de la proposition de loi sur la "sécurité globale", a indiqué Matignon. L'article litigieux, voté en première lecture par l'Assemblée nationale vendredi et qui doit être soumis au Sénat, prévoit de pénaliser la diffusion malveillante de l'image des policiers et gendarmes. Il est d'autant plus critiqué par les oppositions qu'une succession d'affaires présumées de violences policières a soulevé l'émotion dans le pays ces derniers jours. La commission, créée sur proposition du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et qui verra à sa tête le président de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH), Jean-Marc Burguburu, doit rendre ses travaux "pour la fin du mois de décembre". L'objectif est de "nourrir utilement l'examen de la proposition de loi sur la sécurité globale en janvier au Sénat dans le respect des prérogatives de la représentation nationale", ont indiqué les services du Premier ministre.

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Les Restos du cœur lancent leur 36e campagne d’hiver

Publié le 25 Novembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche

 

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Rassemblement contre la loi de sécurité globale, samedi 28 novembre, 15h, mairie d'Avranches

Publié le 25 Novembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Droits de l'homme, Politique

 

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Jean-Michel Blanquer dans la tourmente après les révélations sur le syndicat Avenir lycéen

Publié le 23 Novembre 2020 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Education, Enfumage

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Un syndicat créé et financé par le ministère de l'Education pour servir ses intérêts ? L'affaire révélée par «Mediapart» et «Libération» ne passe pas inaperçue auprès des organisations de jeunesse. La gauche demande une commission d'enquête parlementaire.

Le Mouvement national lycéen se dit  «sidéré d’apprendre» que l’organisation créée en 2018 était un «outil de propagande […] largement financé par le ministère pour faire pression sur les syndicats d’enseignants et d’élèves afin de les empêcher de mener à bien leurs luttes sociales».

Le syndicat de parent d’élève FCPE, de son côté, rappelle qu'«en tant qu’adulte, nous avons un devoir d’exemplarité. Si nous portons un regard bienveillant sur les activités militantes de nos enfants et leurs capacités d’autonomie, nous restons à leurs côtés pour qu’ils puissent en toute circonstance bénéficier d’un accompagnement sain, juste et honnête, à l’abri de toute tentative d’influence ou mainmise des institutions».

Vers une commission d’enquête

Jean-Michel Blanquer va devoir s’expliquer à l’Assemblée nationale. Le député LR du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont a posé une question écrite au gouvernement sur le sujet. La gauche parlementaire s’est aussi saisie du dossier et une proposition de résolution pour créer une commission d’enquête sur l’activité du syndicat Avenir lycéen et ses liens avec l’exécutif a été signée.

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