L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse
Publié le 14 Juillet 2020
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansEnvironnement, Justice
Pollution de l’air : le Conseil d’État ordonne au gouvernement de prendre des mesures sous peine d’une astreinte record de 10 millions d’euros par semestre de retard. 54 000 euros par jour, c’est le montant le plus élevé jamais imposé pour contraindre l’État à exécuter une décision prise par le juge administratif.
Dessin de Large pour Urtikan.net
Le nouveau ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, visé par une enquête pour viol, a dit jeudi "avoir le droit à la présomption d'innocence" et affirme avoir demandé à ne pas avoir de remontées d'informations sur les affaires le concernant. "Je ne commente pas les affaires de justice en général et pas la mienne depuis 3 ans en particulier. Je constate simplement qu'il y a eu trois décisions de justice, deux enquêtes préliminaires ont été classées sans suite et un non lieu rendu par deux juges d’instruction (...) alors il me semble qu'au bout de trois décisions de justice, on peut penser que j'ai le droit à la présomption d'innocence", a déclaré M. Darmanin sur RTL.
Le ministre, dont la nomination à l'Intérieur a provoqué la colère et l'indignation des associations féministes, a déclaré n'avoir "évidemment" rien à se reprocher et marcher "la tête haute". Il a affirmé avoir, dès sa prise de fonction, écrit une lettre à son administration "pour n'avoir aucune information ni moi-même, ni mon cabinet, en ce qui me concerne". "Je suis à la disposition des magistrats", a-t-il souligné. "Je me rendrais à n'importe quelle convocation des magistrats instructeurs", a-t-il complété.
C'est une "situation pas facile à vivre pour ceux qui sont accusés à tort", pour "votre famille, vos amis, votre réputation", a fait valoir M. Darmanin. "Le combat politique fait naître de drôles de choses", a-t-il relevé. Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l'avait sollicité en 2009, lorsqu'il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (parti devenu LR), pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon. Selon ses déclarations, M. Darmanin lui aurait fait miroiter son appui, et elle se serait sentie contrainte de "passer à la casserole", ainsi qu'elle l'a expliqué aux enquêteurs. M. Darmanin a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme, mais selon lui, librement consentie. Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d'appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.
Des militantes féministes manifestent contre la participation de Darmanin au gouvernement. Certaines ont tenté de perturber sa passation de pouvoir avec Christophe Castaner mardi, d'autres ont manifesté place de la Madeleine. "Quand j'ai découvert la nomination du gouvernement j'ai vraiment eu l'impression de me prendre une énorme claque. Comment on peut imaginer qu'une femme victime de viol va aller porter plainte au commissariat alors qu'elle sait que le patron [de la police] est poursuivi lui-même dans le cadre d'une enquête pour viol ?", interroge Caroline de Haas, militante au sein du collectif #NousToutes, au micro d'Europe 1 mercredi.
Pour Caroline de Haas, cette nomination "n'a aucun sens". En revanche, le message envoyé par le président de la République lui semble très clair : "Les femmes victimes de viol ne trouveront pas d'interlocuteurs au sein du ministère de l'Intérieur." L'Élysée avait déjà répondu à ces reproches lundi soir, estimant que les poursuites à l'encontre de Gérald Darmanin n'était "pas un obstacle". Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a lui souligné que le nouveau ministre de l'Intérieur peut bénéficier de la présomption d'innocence.
Caroline de Haas s'en prend également au nouveau ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, qu'elle désigne comme un "militant anti-feministe". "On marche complètement sur la tête. Ça faisait très longtemps que je n'avais pas vu un gouvernement aussi anti-feministe", conclut-elle.
Publié le 9 Juillet 2020
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansEnfumage, Jupiter, Politique
Une ministre de la Culture passée par Les Grosses Têtes ? C’est possible. Roselyne Bachelot a été nommée au ministère de la culture pour figurer dans l’équipe gouvernementale de Jean Castex. Dessin de Lasserpe pour Urtikan.net.
Publié le 9 Juillet 2020
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansEnvironnement, Enfumage
Ce jeudi matin, des activistes de Greenpeace se sont hissés au sommet de la plus haute grue d’Europe de Notre-Dame de Paris à 80 mètres du sol, pour y déployer une bannière de 27 mètres de long, portant le message « Climat : aux actes ! ».
A qui s’adressent-ils ? Directement à Emmanuel Macron, pour dénoncer son inaction climatique.
Oui, c’est bien là le drame. CETA, glyphosate, centrales à charbon, permis d’hydrocarbures, émissions carbone… la liste de ses renoncements et mensonges est interminable. Résultat : en trois ans de mandat, E. Macron a creusé le retard de la France vers la transition écologique. Il a beau se dire « garant de l’Accord de Paris », la France n’en respecte même pas les objectifs. Pire : il y a quelques mois, le gouvernement a revu à la hausse son droit à polluer, en catimini.
Stop à l’écologie de façade
Nous venons de vivre le premier semestre le plus chaud jamais enregistré en France. Le dérèglement climatique s’accélère. Peut-on accepter que, d’été en été, les canicules deviennent la norme ? Que l'Amazonie, trésor de biodiversité, parte à nouveau en fumée ces prochaines semaines, alors que la France est complice de sa déforestation, du propre aveu d'E. Macron ? Et ce alors qu’une large majorité de Français·es est prête pour la transition écologique ? Il ne manque que la volonté politique. Et elle manque cruellement !
La politique anti-climatique d’E. Macron est accélérée par les plans de relance : ces dernières semaines, des milliards d’argent public ont été accordés à l’aérien et l’automobile sans conditionnalités sérieuses. De multiples propositions de la Convention citoyenne pour le climat ont été rejetées. Ses discours verts ne résistent pas à l’épreuve des faits : Emmanuel Macron est un hypocrite du climat !
Avec votre aide, nous pouvons révéler au grand jour le décalage entre les discours et les actes du chef de l’État. Son hypocrisie doit cesser : Emmanuel Macron ne doit plus duper personne avec ses discours grandiloquents et ses promesses jamais tenues.
Publié le 9 Juillet 2020
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansFront de gauche
Ci-dessous la prise de parole des élu(e)s de la Gauche debout lors du conseil municipal d'installation de CEC dimanche dernier. Vous trouverez également la tribune des élu(e)s de la Gauche debout pur le C Ma ville spécial élections.
Un pétition très importante à signer et à faire suivre largement lancée par l'association de défense du CHPC sur la fermeture du centre de soin non programmé de Valognes le 13 juillet prochain :http://chng.it/y5mqm8WFGP
le flyer sur une initiative importante lancée par le MNL sur les violences sexuelles et sexistes. Rdv à 14h30 place De Gaulle samedi.
Publié le 7 Juillet 2020
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansPolitique, Jupiter
Le secrétaire général de l'Elysée a annoncé, lundi 6 juillet, la composition du premier gouvernement de Jean Castex. La liste lue par Alexis Kohler sur le perron du palais présidentiel comporte 31 noms, 14 hommes et 17 femmes. Les ministres (et les ministres délégués) sont attendus mardi à 15 heures pour un premier Conseil des ministres.
Voici la liste officielle du nouveau gouvernement :
• Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
• Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique
• Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports
• Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance
• Florence Parly, ministre des Armées
• Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur
• Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l'emploi et de l'insertion
• Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mers
• Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
• Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, ministre de la Justice
• Roselyne Bachelot, ministre de la Culture
• Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé
• Annick Girardin, ministre de la Mer
• Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, recherche et innovation
• Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation
• Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique
Ministres délégués :
• Marc Fesneau, ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec Parlement et de la participation citoyenne
• Elisabeth Moreno, ministre auprès du Premier ministre, chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances
• Franck Riester, ministre auprès du ministre de l'Europe et des Aff étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l'attractivité
• Emmanuelle Wargon, ministre auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement
• Jean-Baptiste Djebbari, ministre auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports
• Olivier Dussopt, ministre auprès du ministre de l'Economie, chargé des Comptes publics
• Agnès Pannier-Runacher, ministre auprès du ministre de l'Economie, chargée de l'Industrie
• Alain Griset, ministre auprès du ministre de l'Economie, chargé des petites et moyennes entreprises
• Roxana Maracineanu, ministre auprès du ministre de l'Education nationale, chargée des Sports
• Geneviève Darrieussecq, ministre auprès de la ministre des Armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants
• Marlène Schiappa, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la citoyenneté
• Brigitte Klinkert, ministre auprès de la ministre du Travail, chargée de l'Insertion
• Nadia Hai, ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires, chargée de la Ville
• Brigitte Bourguignon, ministre auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, chargée de l'Autonomie
• Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement
Publié le 4 Juillet 2020
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansJupiter, Politique
Jean Castex gagne plus de 200 000 euros d’argent public par an grâce au cumul de fonctions
L’homme choisi par Edouard Philippe pour organiser la sortie du confinement n’est pas seulement un ancien du ministère de la santé qui a contribué à la destruction de l’hôpital ; c’est actuellement un haut fonctionnaire qui cumule divers émoluments pour la coquette somme de 200 000 euros par an
Un haut fonctionnaire issu du sérail
Jean Castex a été directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère de la Solidarité et de la Cohésion sociale entre 2004 et 2006, mais aussi directeur de cabinet de Xavier Bertrand au ministère de la Santé entre 2005 et 2007. Autant dire que le milieu de la santé, il l’a pratiqué – et ce en pleine réforme « hôpital 2005 ». Il l’a pratiqué non pas du côté du soin et des patients, mais au service d’une administration et d’une gestion implacables.
Lorsqu’il a quitté la Cour des comptes, en 2004, pour devenir directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, son « challenge » était clair : après avoir contribué aux préconisations de la cour des comptes pour ce qui deviendrait « l’hôpital 2005 », il s’agissait désormais pour lui de les mettre en œuvre, avec tout le « pragmatisme » dont il s’enorgueillit. En toute certitude, il affirmait alors : « Les acteurs du monde hospitalier, dans une très large majorité, ne sont pas défavorables aux changements. Il faut arrêter de flageller l’hôpital ou de s’autoflageller ». Il a donc bien été l’acteur conscient et délibéré de la « transformation » de l’hôpital et des soins qui a conduit à la situation totalement dégradée que nous connaissons aujourd’hui ainsi qu’à l’impossibilité où nous nous trouvons d’endiguer la pandémie autrement que par le confinement. Si bien qu’on pourrait pour le moment l’appeler « Monsieur confinement » en attendant de pouvoir l’appeler « Monsieur déconfinement ».
Comme on n’arrête pas cet homme « de conviction », ce parcours professionnel s’est doublé d’une carrière politique, ouvertement « de droite » comme il l’affirme lui-même. Sarkozyste, il est Maire (LR) de Prades depuis 2008 et conseiller départemental des Pyrénées-Orientales. En tant que président d’une communauté de communes, l’élu a du remplir une déclaration d’intérêts consultable sur le site de la haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Sa dernière déclaration date du 14 janvier 2020. Un article de l’OBS en rend compte en détail : « Président de l’Agence nationale du sport (depuis 2019), il est aussi le monsieur JO 2024 de l’exécutif en tant que délégué interministériel (depuis 2017) aux jeux Olympiques et Paralympiques et aux grands événements sportifs. Il a perçu, pour cette dernière fonction, une rémunération de 160 467 € net en 2019. Il faut ajouter ses émoluments de maire soit 22 044 € brut par an et 25 670 € brut annuel pour son mandat de conseiller départemental. Soit un total de plus de 200 000 € par an. »
Les « lettres de noblesse » de Monsieur Déconfinement
On l’aura compris, ce n’est pas pour sa compétence technique ni sa clairvoyance en matière de pandémie que Castex a été choisi. La mise en œuvre sociale et politique de la sortie du confinement sera un exercice de haute volée. Ils le savent et le redoutent.
Mais quel est donc ce profil rare dont semble doté Castex et qui lui vaut une mission aussi périlleuse ? Inconnu du grand public, on découvre son personnage à travers ceux qui le connaissent. Franck Louvier, ancien conseiller de Sarkozy le décrit ainsi : « C’est un vrai couteau suisse, il a des connexions un peu partout, il sait faire ce qu’il faut faire au bon endroit. ». Il précise : « Non seulement c’est un haut fonctionnaire qui connaît très bien l’administration, mais, avec son expérience d’élu local, il sait comment fonctionne concrètement le pays. Il a l’habitude de travailler avec tout le monde, à chaque niveau de l’État. Le genre de profil qui manque à la macronie. En cette période de crise, il en faudrait dix comme lui… ».
Ajoutons à cela son ancrage dans le milieu de la santé et les liens que sa position de maire peut lui permettre avec ses homologues locaux et territoriaux, et le tour est joué.
C’est clair, la Macronie est incurable. On peut se trouver face à une crise sanitaire dont les enjeux se comptent en milliers de morts, la stratégie est toujours la même : communication d’un côté, répression de l’autre. Il y a pourtant des dizaines, voire des centaines de milliers de vies à la clé. C’est aux soignants, aux travailleurs, aux associations aux organisations du monde du travail et de la santé qu’il revient de prévenir un éventuel rebond de l’épidémie, notamment en luttant pour imposer l’arrêt des productions non essentielles !
60 % d’abstention pour une élection municipale, c’est du jamais vu ! Encore moins de participation qu’au premier tour. Chez les jeunes et les quartiers populaires, ici et là, on voit des taux d’abstentions de plus de 75 %, la Seine-Saint-Denis en est un triste exemple ! Nous vivons une crise de la démocratie sans précédent. Le coronavirus Sars-Cov-2 ne peut pas expliquer seul ce désastre civique. Nous savions que le macronisme perdait sa base sociale. Nous savons depuis le 28 juin qu’il a perdu sa base électorale. Les fusions bricolées dans la hâte du déconfinement n’ont confirmé qu’une chose : la toxicité électorale du label LaReM. D’autant que cette crise de la démocratie se double d’une crise de la représentation que l’abstention galopante accentue en la rendant plus visible encore, entretenant ainsi une spirale dont on voit mal où elle s’arrêtera. Si on ajoute à cela l’actualité du fonctionnement de la justice et de la police, on voit que la démocrature n’est pas loin. Nous y reviendrons.
Dans une situation de ce type, on peut craindre une accélération du rythme de transformation néolibérale une fois que le gérant actuel du capital, le président Macron, aura choisi sa nouvelle ligne stratégique entre la primauté du capitalisme vert et l’alliance des droites ou un mix des deux. Nous devons rester très attentifs à la possibilité d’un nouveau krach financier vu l’importance des bulles et des endettements notamment du secteur des entreprises privées. De plus, la votation du 28 juin a probablement montré le niveau de colère de nombreux citoyens quant à la gestion sanitaire et le peu d’égard de l’oligarchie face aux demandes sociales dans le secteur de la santé mais aussi dans bien d’autres secteurs (comme l’éducation nationale). Des mouvements populaires ne sont pas impossibles dans cette situation à l’automne.
Revenons au scrutin du 28 juin 2020.
N’oublions pas que plus de 30 000 municipalités ont été élues dès le premier tour le 15 mars, principalement en zone rurale et périurbaine. Là où a surgi le mouvement des gilets jaunes. Dans les secteurs où les gilets jaunes sont apparus, la grande majorité des gilets jaunes n’a pas participé aux élections municipales. Dans les zones rurales montagnardes, là où le Réseau Éducation Populaire a participé et est intervenu lors des grandes assemblées citoyennes, nous pouvons dire qu’une petite minorité de 5 à 10 % (âgés de plus de 35 ans) sont devenus des élus municipaux. Mais l’audience des gilets jaunes fait que beaucoup de nouveaux élus hors gilets jaunes souhaitent des politiques plus sociales pour les zones rurales, ce qui va entrer en contradiction avec la poursuite des Actes I, II, III de la dite décentralisation qui diminue les moyens des collectivités locales en augmentant la dépendance des collectivités municipales par rapport aux communautés de communes et des départements. Approfondissement de la crise et du mécontentement en perspective !
Si on regarde les résultats du 2nd tour, on peut dire que la parti Les Républicains conforte sa première place d’organisation politique en nombre de maires et en nombre d’élus ; que le Parti socialiste résiste bien à la deuxième place mais loin derrière et que des appareils politiques ancrés localement, tout comme le PCF, continuent de reculer en termes d’implantation municipale malgré quelques maires nouveaux et ce dernier ne reste la troisième force en nombre d’élus que par son soutien sans condition véritable au Parti socialiste. Par exemple, dans le seul département dirigé par un président communiste, le Val-de-Marne, le PCF a gagné un poste de maire mais en a perdu 4 ! En Seine-Saint-Denis il regagne un bastion historique comme Bobigny face à la droite mais perd Aubervilliers, Saint-Denis et ne parvient pas à reconquérir les villes précédemment perdues comme Le Blanc-Mesnil ou Saint-Ouen. La ceinture rouge s’étiole.
La France insoumise recule en influence électorale depuis son score de 19,58 % des votants en 2017(1). Le premier tour des municipales a montré que son socle représentait 5 % des votants pour une liste FI et pouvant faire près de 10 % pour des « vraies » listes citoyennes (avec des disparités géographiques très importantes, la FI semblant avoir déjà disparu du paysage électoral dans certains secteurs.)). Elle pâtit des changements de lignes stratégiques de sa direction (stratégie 2016-2017 visant à ce que Jean-Luc Mélenchon devienne un candidat commun à gauche, puis stratégie 2018-2019 de refus d’alliance de logos, puis récemment favorable au retour de la première stratégie pour préparer 2022). La France insoumise est perdante de cette élection municipale, sinon la grande absente, la logique de la machine présidentielle prévalant sur la connaissance de terrain.
À l’opposé de l’échiquier politique, le Rassemblement national est l’autre grand perdant de cette élection. Malgré la triste victoire de Perpignan, ce parti perd + de 200 communes, soit 600 sièges d’élus locaux.
Pour sa part, le parti écologiste sort grand vainqueur de ce second tour des municipales. Dans la foulée du bon score des européennes, EELV a souvent pris le leadership de listes d’opposition de gauche ou de centre-gauche, tout en profitant d’un positionnement idéologique à même d’attirer une frange importante de la base sociale et électorale du macronisme de 2017. Les phénomènes de métropolisation et de gentrification favorisent les aspirations de CSP+ pour des villes santé respirables où il fait bon vivre, c’est sur cette base que le parti écologiste fait une forte percée dans les grandes villes (3 maires écolos sur les 5 plus grandes villes françaises) : il sort grand vainqueur de ce second tour des municipales grâce à l’effet vitrine de grandes villes comme Bordeaux ou Lyon.
Ce parti va ainsi tenter d’assurer un leadership avec le Parti socialiste pour les deux élections de 2021 (départementale et régionale) et de faire émerger de ses propres rangs un candidat commun à gauche pour la présidentielle pour tenter d’être au second tour. Mais Jean-Luc Mélenchon a d’ores et déjà dit qu’il n’y aurait pas de candidat commun de toute la gauche et des écologistes en 2022. À noter que les forces indigénistes, communautaristes et racialistes ont joué leur rôle de diviseur du peuple et n’ont pas porté chance aux organisations de gauche ou de droite qui se sont alliées avec elles lorsque leurs pratiques ont défrayé la chronique (Aubervilliers, Saint-Denis, Villeneuve-Saint-Georges, Bobigny , Bagnolet, etc.) On peut renvoyer aux livres d’Eve Szeftel et de Didier Daeninckx que Respublica a récemment recensés. À noter aussi la fin du clientélisme de type Dassault à Corbeil-Essonnes. Bravo à l’équipe Piriou ! Ailleurs quand les pratiques clientélistes n’ont pas été dénoncées par des campagnes démocratiques, les notables ont réussi à se maintenir. Comme quoi, les alertes démocratiques sont bien nécessaires pour rendre la démocratie éthique !
Que faire ?
D’abord construire un bloc historique de classe et non d’organisations incluant la classe populaire ouvrière et employée (53 % de la population) totalement négligée par tous les grands partis de gauche et des écologistes, les couches moyennes intermédiaires (24 %) et la petite bourgeoisie intellectuelle. Pour cela, il faut :
– engager une pédagogie de victoires partielles dans les luttes sociales ;
– développer le lien social (éducation populaire refondée), et l’esprit de convergence ;
– partir des questions que se pose le peuple pour en débattre de façon argumentée et développer la nécessité d’entrer dans des séquences de formations liées aux luttes sociales (par exemple, comprendre les dernières études d’opinion où le besoin de protection sociale passe avant le pouvoir d’achat et le chômage, et regarder aujourd’hui combien de militants priorisent la bataille sur la sécurité sociale et ont une connaissance suffisante de son contenu ?)
– être prêt de s’engager si nécessaire dans la refondation syndicale ou politique ;
– pratiquer la « double besogne » liant les revendications immédiates au modèle économique, social, environnemental et politique alternatif pour lequel on combat.
Pour nous, c’est le modèle laïque de la République démocratique, sociale et écologique. Et pour vous ? Qu’en pensez-vous ? Merci d’avance pour vos réactions argumentées à l’adresse : evariste@gaucherepublicaine.org
Publié le 30 Juin 2020
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansFront de gauche
Karine Hurel, animatrice de l'association La Gauche debout
Bertrand Hulin, coordonnateur du groupe des élu(e)s de la Gauche debout
La Gauche Debout tient à remercier ses électrices et électeurs qui ont décidé de placer leur confiance dans la liste Passion commune dimanche dernier. Nous mettrons tout en œuvre pour mener à bien le programme que nous avons élaboré en commun avec Passion commune.
La faible participation à ce scrutin nous oblige à nous poser la question de la démocratie citoyenne dans notre vie d’élu.
Cette victoire montre l’intérêt d’une unité politique de gauche, qui n’est pas qu'une association d’étiquettes. Cette unité est une stratégie claire et assumée pour porter sur un projet social, écologique et démocratique, élaboré collectivement depuis des mois.
Social avec la création d’une mutuelle municipale ou en favorisant des politiques d'accès à un habitat de qualité pour toutes et tous. En approfondissant encore les politiques d'aide au maintien à domicile.
Écologique en favorisant les déplacements doux et les transports en commun. Mais également par une politique d’aménagement de la ville respectueuse des terres agricoles, une politique qui rompe concrètement avec l'étalement urbain.
Démocratique avec, par exemple, l’organisation d’une consultation sur la semaine des 4 jours / 4jours 1/2.
Ce collectif de campagne unitaire et dynamique devra mettre en œuvre cette politique au plus prés de la population, mais également à la communauté d'agglomération du Cotentin pour engager nos territoires dans la transition écologique, plus que jamais nécessaire dans la crise sociale et sanitaire que nous connaissons.