L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse
Publié le 11 Mars 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansEnvironnement, Luttes
Chers amis de la forêt tropicale,
Imaginez la fusion de l’horreur : le rachat de Monsanto par Bayer.
Le groupe dominera le marché mondial des semences et des pesticides - au détriment des consommateurs, des agriculteurs et de l’environnement.
Avec comme conséquence l’utilisation des OGM et d’encore plus de poisons chimiques dans les champs, à l’extrême opposé d’une agriculture écologique et respectueuse des ressources. Bayer et une poignée d’entreprises dominent l’alimentation de la population mondiale. La suprématie de quelques-uns menace les assiettes de tous les autres.
L’Union européenne doit encore valider cet accord, mais la date a été repoussée à plusieurs reprises à cause des protestations massives.
Ce 5 avril 2018, l’UE rendra enfin sa décision. Il est désormais temps d’accroître la pression et de dire « stop » à la fusion Bayer - Monsanto !
Les libéraux et l’ensemble de la bourgeoisie en rêvaient, Macron et ses sbires vont le faire : s’attaquer à l’anomalie néolibérale que constituent la SNCF et ses cheminots, les priver de leur régime et de leur statut pour en faire une main d’œuvre moins coûteuse que vont pouvoir se répartir les entreprises privées qui se jetteront sur le juteux marché du rail lorsqu’il sera ouvert à la concurrence
Le réseau, moins rentable, restera à la charge du contribuable, car ce gouvernement est fidèle au premier précepte de ceux qui l’ont précédé : Nationalisez les pertes, privatisez les gains. On ne peut pas se dire surpris, on le sentait venir depuis un moment, avec les intenses campagnes de dénigrement de la SNCF et de ses travailleuses et travailleurs depuis plusieurs mois. Désormais, le gouvernement joue la fermeté thatchérienne et agite la haine et la division parmi la population, en ciblant le cheminot : “Voilà le privilégié !”. Pour contrer cette rhétorique écœurante, plusieurs mensonges sont à dénoncer, plusieurs vérités sont à rétablir :
“Le statut des cheminots creuse la dette de la SNCF”
Depuis les années 1990, la dette de la SNCF a quasiment doublé. De quoi mettre des rictus scandalisés sur le visage de tout chroniqueur libéral, qui adore agiter la dette pour justifier tout et n’importe quoi. Pour le gouvernement, la chose est entendue : Pour résoudre la question de la dette, il faut supprimer le statut des cheminots.
On ne voit pourtant pas bien le rapport. Les effectifs de cheminots n’ont cessé de diminuer : Entre 2005 et 2010, la SNCF a supprimé 14 200 postes et 4 500 entre 2010 et 2015. Pourquoi coûteraient-ils de plus en plus cher ?
Alors, qui s’amuse à creuser la dette ? Les investissements colossaux des dernières décennies pour la construction de lignes grandes vitesses (LGV), obsession contemporaine pour relier des métropoles entre elles, sont bien plus responsables. Prenons l’exemple de la LGV Bordeaux-Tours : Lisea, société créée par Vinci qui reste son principal actionnaire, devait financer entièrement le chantier de la LGV Tours-Bordeaux au sein d’un “partenariat public-privé”. Or, elle n’a finalement consenti qu’à 2,4 milliards d’euros sur les 7,6 de coût total, le reste au frais de subvention publique et de la SNCF. En outre, elle a aussi fait pression pour augmenter le nombre de rames, bien au dessus des besoins du marché et donc plaçant l’opérateur, la SNCF, dans une situation de client captif et à perte. Pourtant, Lisea percevra durant 44 ans la totalité des péages. Addition annuelle pour la SNCF : 250 millions d’euros de déficit annuel.
Qui creuse la dette ? Les politiques et hauts cadres de la SNCF qui ont consenti des montages aussi foireux au profit du privé, ou les cheminots ? L’argument du gouvernement reviendrait à dire que nous payons plus cher nos autoroute à cause de leurs agents d’entretiens, alors que chacun sait désormais qu’en vendant des autoroutes déjà rentabilisés à des sociétés privés (dont Vinci), l’Etat s’est tiré une balle dans le pied, et a flingué notre portefeuille.
“C’est scandaleux que les cheminots conservent leur statut alors que des agriculteurs n’ont pas de retraites”
Oui, c’est nettement plus scandaleux car il y a un lien de cause à effet : Nous subissons tous, à des degrés divers, l’accaparement des richesses par les 1% les plus riches, alors que, non, le statut des cheminots ne fait de mal à personne, surtout pas aux agriculteurs, qui ont bien d’autres ennemis : la Grande distribution, les coopératives et les sociétés comme Lactalis, les fabricants de pesticides qui leur donne le cancer… Mais pas les cheminots ! Le statut des cheminots aura beau être supprimé, ça ne tombera pas dans les proches des agriculteurs ou des salariés du privé, bien au contraire !
Avec la réforme par ordonnances de la SNCF, le gouvernement suit une stratégie déjà mise en oeuvre par Thatcher et Reagan au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : S’en prendre aux secteurs les plus syndiqués, les plus solidaires (les contrôleurs aériens pour Reagan, les mineurs pour Thatcher), attirer la vindicte de la population contre eux, leur supprimer leurs droits… Et ce faisant, réduire la norme générale en terme de droits sociaux pour tout le monde. C’est ce qui se passe actuellement avec les cheminots. Le gouvernement veut “se les faire”, parce qu’ils évoluent avec un régime de formations, de retraites et d’indemnités qui est très social, trop peu libéral, puisque l’entreprise comme les salariés y cotisent plus : Ce régime est la démonstration qu’on peut prendre une partie de la valeur ajoutée d’une organisation et la répartir équitablement au sein d’un collectif de travail. Or, le gouvernement veut l’inverse pour nous tous : L’ubérisation, où chaque travailleur est isolé et économise tout seul de son coté pour des risques pourtant liés au travail (accidents, maladies, vieillesse…), dont l’entreprise peut se laver les mains, contrairement à la SNCF qui est soumise à de multiples responsabilités sociales et sanitaires.
Qu’est-ce que les autres groupes professionnels vont gagner de la suppression du statut de cheminot ? A court terme, la satisfaction malsaine de se dire que “c’est bien fait pour eux, y’a pas de raison que moi je trime sans compte pénibilité et pour partir plus tard à la retraite, et qu’eux non !” A long terme, un effet simple et avantageux pour le patronat : Il n’y aura plus de catégories “privilégiées” auxquelles vous pourrez vous comparez, de système que vous pourrez revendiquer. Le privilégié, ce sera vous. Le prochain groupe professionnel sur la liste, c’est sans doute le vôtre. Alors, on se réjouit que le mieux loti tombe, ou on se bat avec lui pour avoir la même chose que lui, à savoir une meilleure répartition des gains d’un collectif de travail ?
“L’ouverture à la concurrence va faire baisser les prix et améliorer la qualité du service”.
Pour le gouvernement, détruire l’idée même qu’un régime de retraite puisse permettre de partir plus tôt dans certains cas et que la pénibilité soit prise en compte est un bonus au sein d’une affaire plus vaste : Celle qui consiste à offrir aux entreprises privés qui investiront le lucratif marché du rail dans quelques années la possibilité d’avoir une main d’oeuvre peu coûteuse, sans trop de normes en matière de formation ou de sécurité. Bref, un marché ouvert, déréglementé et sans contraintes.
Et que nous rapportera cette concurrence en lieu et place du sordide monopole actuel ? L’exemple du fret français et du transport de voyageur britannique peuvent nous servir de boule de cristal, et attention les yeux :
En France, le transport de marchandise a été ouvert à la concurrence en 2006. Le bilan est catastrophique, sauf si l’objectif était de tuer l’activité : Alors qu’en 1947, 75 % des marchandises transitaient en France par le rail, ce taux n’est plus que de 10 % en 2014. De 1990 à 2015, le transport routier de marchandises a crû de 40 % tandis que le transport ferroviaire baissait de 34 %. La part modale du transport routier atteignait 85 % en 2014, contre 82,6% en 2008. La France est le seul pays d’Europe occidentale où le fret s’est effondré à ce point en quinze ans. Pour la SNCF, la concurrence a causé plus du doublement de la dette imputable au fret entre 2008 et 2014, selon la Cour des comptes. Pas les cheminots, l’ouverture à la concurrence du fret !
Les récents sondages décrivent une opinion publique soutien du gouvernement. A croire que les salarié.e.s du privé à qui on a retiré une flopée de droits en septembre dernier, les fonctionnaires que le gouvernement harcèle constamment ou encore les personnels des services et du commerce qui croulent sous un management dégueulasse se disent qu’il n’y a pas de raison qu’il existe encore dans ce pays un îlot de travailleuses et de travailleurs qui ont encore une sécurité sociale efficace, qui peuvent partir à la retraite un peu avant que leur boulot ne les tue, qui cotisent plus pour avoir plus de droits. Qu’il n’y a pas de raison qu’eux aussi ne connaissent pas les affres du RSI, les faibles remboursements de la MSA, les queues aux caisses primaires d’assurance maladie. Ce raisonnement est presque compréhensible quand on sait combien les gens souffrent, mais il est le signe terrible d’un peuple divisé, de travailleuses et de travailleurs pour qui la solidarité de classe a cédé la place au ressentiment entre corporations que les puissants opposent les unes aux autres en bons cyniques qu’ils sont. Eux regardent cela de haut et se marrent : “Qu’ils continuent de cracher sur les cheminots pendant que nous augmentons nos milliards sur leurs dos à tous”. Refusons ce scénario qu’ils ont écrit d’avance pour nous. Faisons dérailler leurs plans dégueulasses et soutenons les cheminots. La manifestation est le 22 mars.
Ces derniers mois, les noms d’Orano, Enedis et Engie ont respectivement remplacé les marques Areva, ErDF et GDF-Suez, ringardes ou déconsidérées. On ne peut que penser à la célèbre réplique “Il faut que tout change pour que rien ne change” de Tancrède dans le roman “Le Guépard”, popularisé par Luchino Visconti dans le film éponyme sorti en 1963.
L’idée, vieille comme le monde, est de changer les apparences pour continuer à s’en mettre plein les poches tout en trompant, volant, polluant (au choix ou, le fin du fin, en faisant les trois en même temps).
Les géants de l’énergie ne sont pas précurseurs à ce jeu de bonneteau : on se souvient par exemple de la Compagnie générales des eaux, célèbre pour avoir distribué du liquide tant sous les tables que dans les tuyaux, qui s’est renommée Vivendi puis Véolia.
Ces nombreux changements de nom n’ont pas seulement pour conséquence d’enterrer les errements des dirigeants industriels, ils embrouillent aussi les citoyens qui ont très logiquement du mal à suivre.
Ainsi, aujourd’hui, Vivendi ne s’occupe plus que de “communication et divertissement”, c’est-à-dire de décérébrer la population, laissant à Véolia les activités de “distribution” et de “valorisation des déchets” (et des ordures !).
De son côté, plombée par les incommensurables échecs de sa “grande prêtresse” Anne Lauvergeon (cf par exemple La Décroissance du mois dernier [1]), Areva s’appelle désormais Orano, une sorte de rapprochement avec la saltimbanque (Nadine) Morano, tout aussi ridicule que l’ex “géant du nucléaire”.
Attention, accrochez-vous, cela va devenir plus compliqué. Souvenez-vous de l’époque pas si lointaine où les choses étaient claires pour tout le monde et faciles à retenir : Électricité de France (EDF) s’occupait de l’électricité et Gaz de France (GDF) du gaz. Ces deux structures n’étaient alors pas des entreprises mais, depuis 1946, de véritables services publics même si, hélas, EDF été ensuite dévoyée et transformée en organisation atomique.
Aujourd’hui, tout a changé. Les grandes manœuvres ont commencé en 2004 : sous la houlette du ministre de l’économie de l’époque, le regrettable Nicolas Sarkozy, Gaz de France est transformée en société anonyme, sous prétexte de la moderniser. En 2008, l’entreprise est fusionnée avec Suez et devient donc GDF-Suez, tandis qu’une entreprise est créée pour gérer la distribution de gaz : Gaz réseau distribution France (GrDF). En 2015, GDF-Suez prend le nom d’Engie.
De son côté, toujours sous l’impulsion du futur mari de Carla Bruni, EDF est transformée en 2005 en une société anonyme, EDF SA, propriétaire des moyens de production (centrales, barrages, etc) et vendeuse d’électricité. C’est peut-être encore aujourd’hui votre fournisseur d’électricité si vous n’avez pas eu la bonne idée de la quitter comme le font désormais plus de cent mille personnes chaque mois.
En 2008, comme précédemment pour le gaz, un distributeur d’électricité est créé, nommé dans un premier temps ErDF (Électricité réseau distribution France) et qui s’appelle depuis peu Enedis.
Le principe de séparation (l’électricité à EDF, le gaz à GDF) est alors supprimé : les deux géants se font face dans les deux énergies et divers concurrent apparaissent comme Enercoop, Direct énergie, des entreprises étrangères, et même d’étranges fournisseurs virtuels qui ne produisent rien mais sont autorisés par la loi à acheter de l’énergie en gros aux grands producteurs pour la revendre ensuite au détail sous leurs propres noms.
Notons déjà une curiosité : les distributeurs GrDF et Enedis sont censés traiter de façon égalitaire tous les concurrents mais ils appartiennent respectivement à Engie et à EDF, lesquels sont logiquement accusés par tous les autres d’être privilégiés.
Autre singularité : l’ancienne entreprise historique du gaz a changé de nom puisque GDF a laissé place à Engie, le distributeur de gaz gardant le nom de GrDF. Mais, dans l’électricité, c’est l’inverse : le producteur historique a conservé son nom (EDF) alors que c’est l’entreprise de distribution qui a été renommée (Enedis). Résultat des courses, sans surprise, la plupart des gens n’y comprennent plus rien et ne savent plus qui est qui et qui fait quoi.
Par exemple, c’est le distributeur d’électricité Enedis qui tente actuellement d’infliger les compteurs communicants (espions et malfaisants) Linky à l’ensemble de la population qui, d’ailleurs, se révolte contre ce programme totalitaire. Mais beaucoup de gens confondent Enedis et Engie ! Pourtant, l’un est distributeur d’électricité alors que l’autre est principalement producteur de gaz (mais aussi d’électricité, vous suivez ?)
En clair, tout a changé mais rien n’a changé : les noms et les logos ont valsé, mais ce sont toujours les dirigeants qui font n’importe quoi et les citoyens qui comblent les factures.
D’ailleurs, la Cour des comptes vient de publier un rapport tonitruant qui dénonce le fait que le distributeur Enedis va gagner des milliards sur notre dos grâce aux compteurs Linky qui sont donc encore plus nuisibles que nous le pensions.
Ce scandale a été rendu possible par la félonie de la Commission de régulation de l’énergie, une autorité administrative dite “indépendante”. Les membres de cette commission, de véritables parasites au sens biologique du terme, sont très grassement payés pour faire le sale boulot. On trouve même parmi eux une ancienne activiste de Greenpeace : l’époque est médiocre, on a les Tancrède que l’on peut
Publié le 7 Mars 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansNucléaire
Soirée exceptionnelle à Flamanville en présence de Naoto Kan
Jeudi 15 mars 2018
Conférence de Naoto Kan, ancien Premier Ministre japonais, en responsabilité au moment de la catastrophe de Fukushima en mars 2011.
Le CRILAN et le Can-Ouest accueilleront jeudi 15 mars Naoto Kan, premier ministre du Japon au moment de la catastrophe de Fukushima qui a débuté il y a 7 ans. Il nous dira sa profonde aspiration à un monde libéré du nucléaire, et cela à proximité du chantier de Flamanville où les nucléocrates s’acharnent à vouloir mettre le nouveau réacteur EPR en service malgré une cuve qu’ils ont reconnue non conforme, pour laquelle désormais, la rupture ne peut être exclue et par conséquent la catastrophe.
Puis suivra la projection du film Le couvercle du soleil en présence du producteur Tomiyoshi Tachibana qui retrace l’indicible tragédie vécue par les équipes gouvernementales impuissantes et paralysées dans leur capacité à agir.
« Le couvercle du soleil, une fiction journalistique puissante qui se définit comme une quête de la vérité dans laquelle les ministres de l’époque apparaissent sous leur véritable nom, où l’accident et sa gestion sont scrupuleusement retracés. Les informations sont chaotiques et des hommes doivent gérer dans une tension extrême une situation limite. »
Tel est le défi que souhaite relever la Communauté de communes de Granville Terre et Mer (GTM).
En clair et décodé, comment organiser les circuits courts de distribution tant des produits agricoles que de la pêche jusque dans l’assiette du consommateur soit chez lui, soit au restaurant, soit dans la restauration collective.
Projet magnifique et noble s’il en est puisque le secteur compte déjà nombre de pêcheurs, mais aussi d’agriculteurs qui ont fait le choix de produire et distribuer localement, et un certain nombre de transformateurs locaux dont l’espace commercial dépasse maintenant largement les limites de la communauté de communes et s’est tant mieux pour tous.
En conséquence par délibération communautaire du 27 juin 2017 il a été accédé par GTM à la proposition émanant de la Chambre d’Agriculture de la Manche, en collaboration avec la chambre des Métiers et la Chambre de Commerce et d’industrie Ouest Normandie, afin de réaliser une étude de faisabilité de l’objectif en titre, donc à structurer les circuits courts sur le territoire tant pour les produits de la terre que les produits de la mer.
Le coût de cette étude est chiffré à 28 816,50 € TTC dont 80 % financés par l’État dans le cadre de l’appel à projets territoires à énergie positive pour la croissance verte !
Bref c’est nous qui payons rassurez vous !
Donc cette étude a été votée à l’unanimité.
Cet été GTM à l’initiative desdites chambres consulaires a lancé une enquête pour établir un état des lieux de l’offre et de la demande en produits locaux sur le territoire.
C’était court et de bon goût, mais dans un souci de participation, j’ai volontiers répondu à l’enquête me demandant toutefois ce qu’il en adviendrait à l’automne.
Pour mémoire je me souviens de l’enquête menée également sur Internet pour les Etats Généraux de l’alimentation sur laquelle les consommateurs qu’on a pris pour des billes n’ont eu aucun retour, confirmant qu’on les écoute mais qu’on ne les entend pas !
Silence radio, lorsque le 5 février 2018 je reçois un courriel m’invitant à une réunion de restitution de ladite enquête et au lancement de la nouvelle phase, le lieu choisi étant la Haye-Pesnel, la date le 21 février 2018.
La réunion s’ouvre dirigée par la Chambre d’Agriculture de la Manche, largement phagocytée par la FDSEA, qui a délégué un certain nombre de salariés pour animer les ateliers et faire le compte rendu de chaque atelier.
Plusieurs maires locaux ont fait le déplacement, sauf celui de la Haye-Pesnel, qui pourtant dans la presse parle de « ses » paysans comme jadis le seigneur du château parlait de « ses » serfs » qu’il entend défendre, tout en laissant partir récemment 1,1 ha de terres agricoles en prairie, pour entreposer des bagnoles !
Les chiffres tombent, l’enquête (sur 45000 habitants) a généré 469 réponses de consommateurs (dont 337 locaux et 132 visiteurs extérieurs à GTM) et 70 de professionnels (parmi lesquels 30 agriculteurs en circuit court). Je me demande toutefois si parmi ceux-ci il y a des adhérents du Groupement des Agriculteurs Biologiques et de la Confédération Paysanne ?
Les autres chiffres qui nous ont été fournis résultent d’un panel beaucoup trop restreint pour être fiable mais les débats où peu d’agriculteurs étaient présents, trop peu d’élus malgré l’enjeu et le vote unanime du mois de juin.
Il ressort néanmoins que la demande est forte en produits locaux, alors il a été question de produits de saison, de qu’est-ce qu’on entend par circuit court ?
En fait chacun y est allé de sa définition, mais il est clair qu’on ne peut parler de circuit court pour des produits de base cultivés à l’extérieur du département, néanmoins certains transformateurs ne peuvent tout trouver sur le territoire de GTM surtout en bio, mais la volonté est d’y parvenir.
Lors du débat certains consommateurs avaient posé la question de vente de produit de la pêche à l’arrivée des bateaux, en fait cela portait surtout sur la manifestation annuelle « La Mer sur un Plateau » organisée à Granville où la vente de produits de la mer est plus chère que chez les poissonniers de la commune.
La Cheffe de la soirée a promis avant une prochaine réunion une analyse des témoignages de cette soirée, nous invitant au verre de l’amitié avec du jus de pomme non local et du jus d’orange encore moins.
Cerise sur le gâteau les animateurs de la soirée ont distribué à tous les participants une seule plaquette de produits du terroir des agriculteurs et artisans de la Manche, où quelques bios semblent s’être égarés, réalisée par Manche Terroirs et Bienvenue à la ferme qui semblent être des satellites de la FDSEA.
D’ou mon étonnement aux élus présents, me demandant pourquoi les plaquettes des agriculteurs bios n’avaient pas été distribuées.
Il est clair que l’approvisionnement en circuit court et de saison est préférable en produits issus de l’agriculture biologique plutôt qu’en conventionnel car on ne connaît pas les produits phyto sanitaires utilisés pour leur culture ni les intrants chimiques ?
Cela me rappelle il y a quelques années les débats sur la traçabilité au sein desquels j’aimais à préciser que la merde tracée reste toujours de la merde.
En France sous Macron en 2018 : 500 robocops attaquent 15 jeunes pacifiques
Un jeune banquier opportuniste et sans scrupule a été porté jusqu'à l'Elysée par sa classe sociale (industriels, financiers, etc). Gourou de la secte « En marche » qu'il a créée, le dénommé Emmanuel Macron entend imposer sa mégalomanie à tous les citoyens du pays et, pour ce faire, se présente comme un mythe vivant en se faisant appeler « Jupiter ».
Mais l'autocrate a dernièrement été obligé de baisser pavillon face à la détermination des citoyens opposés au projet absurde d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Aussi, pour reprendre la main devant l'opinion, rien de mieux qu'une belle attaque militaire contre d'autres résistants : c'est ainsi que, le 23 février, plus de 500 gendarmes ont été lancés contre la quinzaine de jeunes qui vivent dans le Bois Lejuc, dont la destruction est programmée par les fous qui veulent enfouir à 500m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs.
Pour tenter de « justifier » cette opération aussi disproportionnée que stupide, les séides de Macron ont évoqué une prétendue « ZAD » et agité l'existence d'une supposée « zone de non-droits ». Rien de surprenant de leur part, mais hélas ces âneries ont été reproduites telles quelles par de nombreux médias. La palme étant assurément pour le regrettable Christophe Barbier - qui squatte perpétuellement les plateaux des chaînes d'info sans jamais être expulsé, lui - qui a carrément parlé de « blacks-blocks » (en pleine campagne !), il est vrai que c'était sur BFM-TV.
Pour mémoire, ce sont bien les forces dites de l' « ordre » qui sont dangereuses, comme a pu hélas l'expérimenter dans sa chair un jeune qui a eu le pied déchiqueté en manifestant l'été dernier contre Cigéo. Pour connaître et comprendre ce qu'il se passe autour de Bure, outre les infos des associations CEDRA et QV, on se référera à Reporterre.
… et Hulot regarde ailleurs !
Évacuation de Bure : Nicolas Hulot face à ses contradictions France2, 22 février 2018 : http://bit.ly/2Ftdgrn
Bure: Nicolas Hulot se passerait bien de cette archive photo Huffingtonpost, 22 février 2018 : http://bit.ly/2HIgqYM
Bure, « la moins mauvaise solution » selon Nicolas Hulot Le Républicain Lorrain, 10 novembre 2017 : http://bit.ly/2EZ0Idv
No comment...
Confirmant qu'il ne connaît strictement RIEN au dossier de Bure, Hulot se laisse aller à avancer que l'enfouissement serait « la moins mauvaise solution ». Or il s'agit tout au plus d'une option, mais assurément pas d'une « solution ». Et RIEN ne permet d'affirmer qu'elle serait « la moins mauvaise ».
Bien au contraire, l'enfouissement est probablement la PIRE des options et, de plus, elle est probablement impossible à réaliser, voir ci-dessous les Cigéo-Papers. Mais encore faudrait-il que le ministre des shampoings descende de son kite-surf et accepte de prendre 10 minutes pour se renseigner...
Bure : les CIGEO-PAPERS prouvent l'ineptie du projet !
Notre ami Michel Guéritte, animateur de villesurterre.eu, a mis au jour une pièce exceptionnelle : une thèse de 470 pages, soutenue le 11 décembre 2017 dans le cadre de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, et qui révèle l'ineptie totale du projet Cigéo !
Ce que nous dénoncions de longue date, que ce soit par simple bon sens (qui peut vraiment croire qu'enfouir les déchets nucléaires est une « solution »?) ou par certaines informations parcellaires déjà mises au jour, est confirmé de façon tonitruante et incontestable.
Le plus incroyable est que ce travail a été financé pendant 3 ans... par l'Andra (Agence nationale des déchets radioactifs), celle qui est chargée de justifier par tous les moyens l'enfouissement des déchets nucléaires !
Il est d'ailleurs notable que, parmi les membres du jury, figure un membre de la direction de la recherche et du développement de l’Andra, ce qui, comme le reconnaît Le Monde, « confère à son travail une forme de reconnaissance officielle ».
Nous vous laissons découvrir sur le site de Michel Guéritte, Villesurterre.com, les révélations et aveux plus incroyables les uns que les autres. Confrontés à leur total échec scientifique, les apprentis sorciers tentent désormais de « justifier » le projet Cigéo par une stratégie de bluff et d’esbroufe.
Hulot porte-parole du lobby nucléaire
Hulot recule sur la baisse du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025 Le Monde, 7 novembre 2017 : http://lemde.fr/2hNjGXE
Déchets radioactifs : Nicolas Hulot confirme sa soumission au lobby nucléaire Observatoire du nucléaire, 10 novembre 2017 : http://bit.ly/2HLd6fO
Lévy et Hulot sont dans un bateau, et c'est Lévy qui conduit...
Depuis des années (cf par exemples les archives de la primaire écolo de 2011) nous avons signifié que Nicolas Hulot était un faux-écolo mis en scène par les pires pollueurs TF1-Bouygues, l'Oreal, EDF, etc.
Cet imposteur n'en finit plus de trahir les combats écologistes et, depuis qu'il est ministre, il apporte même sa caution aux pires exactions. En l'occurrence, il n'a pas eu un mot pour condamner l'absurde opération militaire lancée sur Bure par les fous Macron et Collomb.
D'autre part, le lobby nucléaire ayant décidé (malgré les lois votées) que la part du nucléaire ne serait pas réduite (*), c'est M. Ushuaia en personne qui a été chargé de faire savoir que la diminution prévue était repoussée aux calendes grecques, et il s'est acquitté avec discipline de sa mission.
Cependant, malgré ses torts immenses, nous reconnaissons que M. Hulot ne mérite pas d'être l'objet de rumeurs nocives et infondées : il est donc nécessaire de condamner avec la plus grande virulence la rumeur selon laquelle Nicolas Hulot serait écologiste.
(*) Nous maintenons que cette diminution aura quand même lieu : pas du fait de décisions politiques courageuses, bien sûr, mais par la force des choses, les réacteurs étant de plus en plus délabrés et EDF n'ayant pas l'argent nécessaire pour les rafistoler.
EPR : encore des malfaçons en France et en Chine
À 10 mois de son démarrage, un problème de soudure découvert sur l'EPR de Flamanville Novethic, 22 février 2018 : http://bit.ly/2ENGyja
Nucléaire : un équipement « défectueux » sur l’EPR chinois Le Parisien, 13 décembre 2017 : http://bit.ly/2HMWdkN
Évidemment, c'est le contraire qui aurait été étonnant : de nouvelles malfaçons sont encore régulièrement découvertes sur les EPR en chantier, que ce soit celui de Flamanville (Manche) et ceux de Taïshan (Chine), qui devaient respectivement entrer en service en 2012 et 2014 et qui sont toujours loin d'être achevés. Aux dernières nouvelles, il n'y avait carrément plus de nouvelles (dernières ou pas) de l'EPR de Finlande qui, lui, devait fonctionner... en 2009. Pour mémoire, les lancements des chantiers de ces réacteurs ont été encensés la majorité des médias français. L'actualité est un grand cirque amnésique...
Manifestation "massive" pour perpétuer la centrale de Fessenheim
Il paraît que la centrale nucléaire de Fessenheim va enfin fermer. Mais, quand on lit ce qu'en dit EDF, on en est moins convaincu : « EDF précise que l'arrêt de production est conditionné au respect de la double condition annoncée en avril 2017, soit d'une part que l'abrogation de l'autorisation d'exploiter la centrale de Fessenheim ne prenne effet qu'à la date de mise en service de l'EPR et d'autre part que la fermeture soit nécessaire au respect du plafond légal de 63,2 GW, tant à la date de la demande d'abrogation qu'à la date de mise en service de l'EPR. »
En clair, si l'EPR n'entre pas en service (une réalité qui se prolonge toujours plus longtemps), ou si une autre centrale rencontre des problèmes (on pense par exemple au réacteur de Paluel, dans lequel EDF a – oups ! - laissé tomber un générateur de vapeur de 465 tonnes), alors la centrale de Fessenheim ne sera pas fermée. Façon de parler car le réacteur n°2 est à l'arrêt en continu depuis bientôt deux ans, et le n°1 ne fonctionne qu'épisodiquement...
Areva devient Orano pour enterrer son passé et son passif
Areva change de nom pour effacer un lourd passé industriel… et médiatique Observatoire du nucléaire, 30 janvier 2018 : http://bit.ly/2GH1Kbi
Perquisition chez Areva dans l'affaire UraMin Reuters, 28 novembre 2017 : http://bit.ly/2F5dmry
Niger : « A Arlit, les gens boivent de l’eau contaminée par la radioactivité » Le Monde, 27 février 2018 : http://lemde.fr/2EUSQuc
Si vous êtes un fidèle lecteur de l'excellent mensuel La Décroissance, et en particulier de la non moins excellente chronique antinucléaire publiée en dernière page, vous pourrez découvrir dans le numéro de février les points communs entre le roman "Le Guépard", popularisé par Luchino Visconti dans le film éponyme sorti en 1963, et le renommage d'Areva en Orano.
D'autre part, malgré la longueur des procédures et les manoeuvres dilatoires qui les parsèment, un grand procès devrait avoir lieu dans les mois à venir à propos de la faillite d'Areva, de l'affaire de corruption Uramin, et des turpitudes de Mme Lauvergeon et de ses séides d'alors.
De nombreux journalistes seront aussi soulagés de voir disparaître le nom d'Areva tant ils se sont ridiculisés à encensercette entreprise et sa grande prêtresse, ce qui ne les empêche pas de recommencer chaque fois qu'un atome est mis en exergue (cf plus bas les « exportations fantômes »).
Pendant ce temps, les populations continuent à souffrir des exactions commises par Areva, à commencer par les Nigériens, condamnés à boire de l'eau radioactive. Pour eux, le changement de nom ne se traduit par aucune amélioration.
EDF entraînée vers la faillite par le nucléaire
EDF pris au piège de son équation financière Les Echos, 14 novembre 2017 : http://bit.ly/2ozaw3M
Après la faillite des deux géants mondiaux du nucléaire, Areva et Westinghouse, c'est EDF qui est en situation dramatique. Pendant des décennies, on nous a raconté que, lorsque les réacteurs nucléaires seraient amortis, ils produiraient une électricité à un coût si dérisoire que ce serait un vrai jackpot pour la France.
En réalité, les réacteurs sont dans un état de délabrement avancé, leur rénovation est ruineuse et de plus les énergies renouvelables produisent une électricité de plus en plus massive et à un coût de plus en plus faible, parfois même infime.
Résultat : la France nucléaire est dans l'impasse et EDF est en situation technique de faillite (il reste juste à savoir quand cette « bombe » explosera). Aussi les « experts » de Bercy commencent à échafauder des montages pour que les citoyens assurent la continuité du nucléaire… en le finançant massivement. Le nucléaire, c'est principalement des déchets… et des ordures !
Nucléaire : les exportations fantômes de Macron
Paris espère des avancées sur les EPR lors de la visite de Macron en Inde AFP, 17 novembre 2017 : http://bit.ly/2sTF8Cp
Nucléaire : méga-contrat en vue pour Areva en Chine Les Echos, 9 janvier 2018 : http://bit.ly/2ClwMr2
Combien de milliards la vente à la Chine d'une usine nucléaire va-t-elle _coûter_ à la France ? Observatoire du nucléaire, 10 janvier 2018 : http://bit.ly/2F4gELB
Interrogations sur l’usine chinoise de traitement des déchets nucléaires Le Monde, 23 janvier 2018 : http://lemde.fr/2CqB8xh
On se croirait revenu au temps de Sarkozy et Lauvergeon qui, selon la majorité des médias, vendaient d'innombrables installations nucléaires à chaque déplacement international du mari de Carla. Au final, il y a bien eu un EPR « vendu »… à la France, et deux ilots nucléaires d'EPR bradés à la Chine. On ne sait toujours pas combien de dizaines de milliards ces deux transactions coûtent à la France.
Aujourd'hui rebelote avec Macron en visite en Chine en janvier : selon de nombreux médias, parfois sous la plume des mêmes « journalistes » qu'à l'époque, le gourou de la secte « En marche » aurait fait gagner beaucoup d'argent à la France en vendant à la Chine un grande usine nucléaire de retraitement des déchets radioactifs.
L'Observatoire du nucléaire a été seul a signifier que cette vente était fictive et que, si par extraordinaire elle se concrétisait, elle coûterait des milliards à la France. Deux semaines plus tard, dans un discret encart, Le Monde signalait le caractère bien douteux de cette vente...
Nucléaire : le début de la fin d'une industrie malfaisante
USA : la deuxième mort de Three Mile Island Les Echos, 13 novembre 2017 : http://bit.ly/2ov0D7a
La dernière centrale nucléaire de Californie va fermer San Francisco Chronicle, 11 janvier 2018 : http://bit.ly/2D4dZkT
Belgique : le réacteur nucléaire Doel 3 sera à l'arrêt tout l'hiver Rtbf, 16 novembre 2017 : http://bit.ly/2mPpwNb
Nucléaire: 30 ans après son annonce, l'usine japonaise ne fonctionne toujours pas Les Echos, 9 janvier 2018 : http://bit.ly/2sXIxA6
Japon : la justice annule le redémarrage d'un réacteur Reuters , 13 décembre 2017 : http://reut.rs/2oyuDz1
Nucléaire : un déclin irréversible
Vous le savez désormais, malgré le bla-bla des politiques, du lobby nucléaire et de certains médias incompétents (ou appartenant tout simplement aux industriels !), l'industrie de l'atome est moribonde et condamnée à disparaître. Bien sûr, cela va prendre quelques décennies (nous ne parlons ici que du fonctionnement des installations : si l'on regarde le démantèlement et les déchets, le nucléaire va encore durer des millions d'années!).
En tout cas, les mauvaises nouvelles s'accumulent de façon continuelle et inéluctable pour l'industrie nucléaire. Les centrales sont de plus en plus nombreuses à fermer définitivement, et la mise en service des (rares) nouvelles installations est le plus souvent reportée, voir annulée.
Vers le Fukushima français...
« Nucléaire Danger Immédiat » : un livre frappant RFI, 25 février 2018 : http://bit.ly/2CmCXuN
Nucléaire : EDF a reçu d’Areva des tubes de combustible défectueux Le Monde, 21 novembre 2017 : http://lemde.fr/2CLCqhO
Nucléaire : EDF a découvert 1.063 anomalies et 233 non-conformités sur 23 réacteurs Actu-environnement, 23 février 2018 : http://bit.ly/2BURywO
Les ridicules consignes qui ne vous sauveront pas...
« Deux journalistes révèlent les failles du système nucléaire français, documents exclusifs à l’appui. Problèmes de sécurité à répétition, de conception des infrastructures, centrales à bout de souffle… Le nucléaire est loin d’être sûr en France. ». Si la publication de livres de ce genre est salutaire, les fidèles lecteurs de l'Observatoire du nucléaire ne seront toutefois pas surpris de la conclusion : oui, bien sûr, un accident nucléaire est possible en France. Vous en doutiez ?
Selon que vous serez puissant ou misérable...
Deux agriculteurs corréziens escaladent un pylône à haute tension pour exprimer leur désespoir Francebleu, 8 décembre 2018 : http://bit.ly/2sYtZ3d
La vie paisible de la famille Marcouyoux détruite par les dirigeants d'EDF
Les dirigeants d'EDF et de ses filiales (Enedis et RTE) n'en finissent plus de gâcher la vie de nombreux usagers et habitants. En particulier, on ne peut qu'être ému du sort dramatique de la famille Marcouyoux dont le malheur, causé par les lignes THT d'EDF, a d'abord été reconnu par la justice... avant d'être nié en appel et cassation.
Cela n'empêchera pas le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, de partir bientôt jouir des grosses retraites qui lui seront versées entre autre par Vivendi, Thalès et EDF. Pourtant ce gars n'est qu'un imbécile, comme il l'a démontré (cf http://bit.ly/2oAvNtL ) en rêvant publiquement d'un black-out en Allemagne pour y vendre 8 EPR (si les Allemandes ont ce genre de problème, ils s’adresseront en dernier à JB Lévy et EDF, et surtout pas pour acheter des EPR!).
La justice sociale serait de confisquer à JB Lévy sa retraite (vu qu'il ne la mérite pas) et de la reverser à des victimes d'EDF comme la valeureuse famille Marcouyoux.
Publié le 28 Février 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansLuttes, Services publics
L’avenir du transport ferroviaire dans ce pays est tellement alarmant qu’un peu partout sur le territoire national la résistance s’organise.
Un collectif citoyen de défense des axes ferroviaires Paris-Granville, Caen-Tours et Caen-Rennes a vu le jour récemment à Argentan ( voir ci-dessous le texte). Des antennes locales ou comités citoyens locaux se créent dans la foulée à l’exemple de Vire, Avranches ou Flers.
Granville vient de créer le sien.Et pour cause, la ligne Paris Granville est vraiment dans le collimateur.
Une première journée de signatures de la pétition est prévue vendredi 2 mars avec des actions à Granville, Avranches, Villedieu .
Pour Granville, il est possible de récupérer du matériel ( tracts et pétitions) à partir de 11h15 à la gare, et présence toujours à la gare à partir de 16h35 pour faire vivre cette pétition.
En pièces jointes, vous avez le contenu définitif du tract plus un modèle de pétition. Bien sûr, à faire suivre à tous vos réseaux. Et ce n’est qu’un début.
Communiqué
Pour la défense du service public ferroviaire, les citoyens se mobilisent contre les ordonnances !
Le 5 Février a été créé un collectif citoyen de défense des axes ferroviaires Paris Granville, Caen Tours et Caen Rennes.
Ce collectif s’engage à défendre l’intérêt des usagers, des collectivités locales et des salariés du transport. Cela passe notamment par la défense de l’emploi pour l’entretien des voies et du matériel, et la présence de personnel dans les gares, les trains et les guichets pour un accueil et des services de qualité. Le collectif mènera les actions nécessaires à la défense et la modernisation du service public en exigeant que l’Etat, la SNCF et les Régions mettent les moyens budgétaires pour favoriser le transport par fer considéré comme l’un des moins polluants.
Le collectif a comme but de s’opposer aux choix politiques libéraux pris nationalement et régionalement en lien avec les objectifs européens de la concurrence libre et non faussée qui, à terme, ne peut que délivrer des services au rabais et beaucoup plus chers pour les usagers.
Il s’engage à porter les exigences d’une véritable politique des transports voyageurs et Fret avec la nécessité de maintenir un aménagement équilibré du territoire et le respect de l’environnement.
Le collectif exigera d’avoir des tarifs adaptés pour permettre à tous d’avoir accès à un transport de qualité et ainsi encourager les usagers des transports à utiliser le mode ferroviaire qui l’emprunte carbone la plus faible.
Pour rejoindre le comité, adresser un courrier à : Défense des axes sud Normandie, 4 Ter, avenue de la Forêt Normande 61 200 Argentan. La cotisation annuelle est de 10€.
Publié le 27 Février 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansLuttes, Services publics
mercredi 21 février 2018 (20h29) :De : Nemo3637
Quand on évoque le déficit des services publiques, on a envie d’aller au fond des choses, de mieux comprendre. Comment se fait-il dans un pays où les actionnaires du CAC40 continuent à faire des profits pharamineux, où nombre de patrons gagnent près de 5 millions d’euros par an (1), que l’on n’arrive pas, depuis tant d’années, à équilibrer les comptes de la SNCF, ce service public qui n’a jamais été voué à faire du profit ?
Parler du rapport Spinetta c’est tout naturellement évoquer tous les rapports qui ont précédé la privatisation d’un service public. Le préambule à la privatisation de tous les services de santé, de la Sécurité Sociale vouée au démantèlement, de celui de l’éducation est inscrit ici. La rentabilité n’est-elle pas le mot d’ordre premier ? De quel monde veut-on ? L’éducation , la santé des enfants seraient finalement réservées aux plus nantis, toujours plus riches mais proportionnellement de moins en moins nombreux ?…
Libéraux, gouvernants, connaissez-vous vraiment l’odeur de vos « idéaux » ?
L’ENDETTEMENT OBLIGE DE LA SNCF
Dès l’origine, les premières sociétés ferroviaires ont été obligées de s’endetter compte tenu des cahiers des charges qui les engageaient à créer des lignes à priori pas toujours rentables .
« Le fragile équilibre des compagnies, déjà mis à mal par l’expansion contrainte du réseau vers des territoires très peu fréquentés, sera également bouleversé lors de l’éclatement des première et seconde guerres mondiales » (2). Il y avait donc déjà la notion d’un service public bien distincte de la notion de recherche de profit.
Cette tendance à l’endettement se poursuivra après la création de SNCF en 1937. Ainsi, malgré de multiples restructurations accordant une plus large autonomie de gestion à l’entreprise, sa dette augmentera régulièrement jusqu’à atteindre 31.7 milliards d’euros en 1996.
Mais la SNCF devient contrainte, de par les directives européennes, de « restaurer l’équilibre de ses comptes ». Entendez par là qu’on change clairement d’optique et d’objectifs : c’est la rentabilité qui prime et non pas la satisfaction des besoins du public comme à l’origine.
Et on entre alors dans un nouveau secteur d’activités et de gestion fait de déstructurations, de transferts de capitaux...Une principale restructuration sera la création de RFF (réseau français de France) directement issue de la SNCF qui permettra une amélioration première mais qui surtout brouille les cartes de la gestion de l’ensemble.
« (...) à partir de 2013, l’augmentation soutenue des investissements de renouvellement et de développement (LGV Sud Europe Atlantique, LGV Bretagne – Pays de la Loire, contournement de Nîmes et Montpellier) va contribuer à une rapide hausse de la dette de RFF jusqu’à 39,3 milliards d’euros à la clôture de l’exercice 2015 » (3). La petite ligne que prend mamie les jours de marchés est loin d’une priorité !
LA PRIVATISATION A COMMENCE DEPUIS LONGTEMPS.
Dès avant la SNCF devenant une société européenne capitaliste à la recherche de profit comme toutes ses conjointes, se lance dans la divesification et la conquête de nouveaux marchés : Keolis, Geodis, Ouigo, Ouibus, Voyages-sncf, Effia, Altameris, Arep, Systra... « De 187 en 2010, elles sont aujourd’hui plus d’un milliers. À travers elles, la SNCF est présente dans 120 pays. » .
« En 2016, l’opérateur historique du train français réalisait un tiers de son chiffre d’affaires à l’international, contre 12 % il y a dix ans » (4).
En 2015 le groupe a été divisé en trois établissements publics à caractère commercial (EPIC) gérant et créant ses propres filiales au gré d’une stratégie de développement impliquant le transfert d’ activités vers des sociétés privées. SNCF réseau gère ainsi les infrastructures, les voies ferrées, la circulation des rames. SNCF mobilités se consacre au transport des voyageurs et des marchandises sur ses trains. Ces établissements sont incorporés dans la troisième entité, SNCF tout court, qui est donc un holding.
L’objectif est ici atteint. Non pas la résolution de la question de la dette mais le basculement des actifs , comme les wagons, les machines ou l’immobilier vers les sociétés privées en parallèle avec une dette et le coût du personnel restant dans l’entreprise public. La conquête des marchés et les bénéfices promis aux uns, la dette et la rémunération du personnel pour la maison mère et donc à payer avec l’argent public.
LE FESTIN EST SERVI !
A travers ce processus de privatisation engagé, l’ autre objectif, toujours inavoué mais primordial, reste la baisse du coût du travail. Rappelons que le génie entrepreneurial français réside avant tout dans cette recherche et dans la danse rituelle et incantatoire quand on évoque les 35 heures…
Tous ceux qui ont la « chance » d’avoir trouvé un boulot dans une des multiples filiales de la SNCF ne bénéficient plus depuis longtemps du « statut de cheminot ». Ces filiales, qui utilisent massivement par ailleurs le travail intérimaire et les CDD, emploient déjà 115 000 salariés hors statut. Quant aux cheminots avec statut, leur nombre en baisse constante, est passé de 178 000 en 2003 à 148 000 en 2016. Le service public, lui, s’est constamment détérioré, faute d’investissement là où ce n’était pas « rentable »... mais sans doute utile . Et cette détérioration a même pu être entretenu au profit, par exemple, des filiales de bus que mettaient sur pied la SNCF.
La morale de cette triste histoire, emblématique de la vision libérale, reste à la fois la promesse d’un échec et celui d’une victoire. Un échec car jamais les privatisations des services publiques dans quelques pays que ce soit n’ont profité aux populations, particulièrement aux plus démunies. Une victoire pour les nantis, les possédants, les spéculateurs capables d’investir un minimum pour faire ensuite de juteux bénéfice dans la spéculation, la revente…
Quel qu’aient été les acrobaties de gestion et de comptabilité dont a été capable la SNCF au cours de ces 50 dernières années, la dette est restée, s’est accrue. Mais l’objectif était-il vraiment sa résolution ? N’était-il pas plutôt de continuer, sous une forme ou sous une autres,à percevoir l’argent public pour une société EPIC condamnée, de par sa nature de service public, au déficit ? Mettre sur le dos des « nantis » que seraient les cheminots, la fameuse dette et la mauvaise gestion de la SNCF fait partie des bobards que l’on fait croire à d’autres pauvres. Et ça marche !
Cet apparent triomphe de la politique de la « bienfaisante privation », préfigure bien sûr une attaque en règle contre la Sécurité Sociale et les quelques services publics restants.
Et Nono croit que demain tout ira mieux….
(1) « En 2015, la rémunération globale des patrons des 120 plus grandes entreprises françaises cotées a atteint 3,5 millions d’euros… Soit une hausse de 20% par rapport à 2014 ! »… « Pour les sociétés qui composent le CAC 40, les plus grosses donc, la rémunération moyenne est en hausse de 18% par rapport à 2014, atteignant ainsi 5 millions d’euros. Proxinvest souligne d’ailleurs que ce montant excède désormais la rémunération maximale socialement acceptable, que le cabinet a fixée à 240 fois le Smic (4,8 millions d’euros). » Manon Gauthier-Faure « Marianne » 13/11/2016. Cela n’est évidemment pas directement lié à la dette de la SNCF mais paraît néanmoins toujours aussi scandaleux et bon à faire savoir...
(2) « Transport et distribution » par siapartners – 06/01/2017
(3) Rapport Mariton, SNCF Réseau
(4) Bellaciao 16/02/2017, Stéphane Ortega / Rapports de force
Keolis, Geodis, Ouigo, Ouibus, Voyages-sncf, Effia, Altameris, Arep, Systra...187 IL Y A 10 ANS, UN MILLIER AUJOURD’HUI DANS 120 PAYS !
En 2020, le transport ferroviaire en Europe sera totalement ouvert à la concurrence, et l’opérateur public historique se prépare depuis de longues années à la « concurrence libre et non faussée ».
Des myriades de filiales ont été créées, en France comme à l’étranger, réduisant les salaires, flexibilisant l’organisation, entamant le contingent des cheminots sous statut. Malgré les discours enthousiastes sur les bénéfices de ce basculement pour les « consommateurs », la réalité qui se profile ressemble davantage à un service de transport au rabais, ainsi qu’à des conditions de travail fortement dégradées pour les salariés.
Keolis, Geodis, Ouigo, Ouibus, Voyages-sncf, Effia, Altameris, Arep, Systra... La liste des filiales de la SNCF, en France et à l’étranger, pourrait être déroulée à l’infini, ou presque. Au nombre de 187 il y a dix ans, elles sont plus d’un millier aujourd’hui. À travers elles, la SNCF est présente dans 120 pays.
UN TIERS DU CHIFFRE D’AFFAIRES SNCF SE RÉALISE À L’INTERNATIONAL
En 2016, l’opérateur historique du train français réalisait un tiers de son chiffre d’affaires à l’international, contre 12 % il y a dix ans. « Le décollage a été rapide et la perspective, d’ici à 2022, est d’atteindre 50 % de l’activité de la SNCF en France, 25 % en Europe et 25 % dans le reste du monde », annonçait le 1er mai Guillaume Pépy, le président du groupe, aux micros d’Europe 1.
Depuis le 1er janvier 2015, le groupe est divisé en trois établissements publics à caractère commercial (EPIC) : SNCF réseau, qui gère les infrastructures, notamment les voies ferrées et la circulation des rames, SNCF mobilités, qui transporte les voyageurs et les marchandises sur ses trains, et SNCF tout court, la holding qui chapeaute l’ensemble. Chacun possède et crée ses propres filiales au gré de sa stratégie de développement, et du transfert d’une partie de ses activités vers ces sociétés privées.
PRIVATISATION LARVÉE ET VENTE À LA DÉCOUPE
Les filiales sont tout aussi présentes sur le territoire national, où elles couvrent des domaines d’activité très variés. Les travaux et la maintenance des voix sont confiés à Sferis, une filiale créée en 2012, tandis que l’aménagement et l’administration des gares reviennent à Gares et connexions.
Effia gère 115 000 places de parking en France, pendant qu’une dizaine de filiales labourent le marché de la logistique de marchandise. De cette myriade de sociétés émergent deux mastodontes : Keolis (SNCF Mobilités) et Geodis (SNCF Réseau). Ces deux géants emploient plus de 50 000 salariés chacun et possèdent à leur tour leurs propres filiales, créant un « mille-feuille » organisationnel difficile à cerner.
« La SNCF monte des filiales en face de chacune de ses activités », détaille Eric Meyer, secrétaire fédéral du syndicat Sud-Rail. Pour le syndicaliste, la stratégie de l’opérateur public est de « mettre en concurrence la maison mère avec ses propres filiales, et de contourner la réglementation du travail ». Prêt de la moitié des 30,5 milliards de chiffre d’affaires du groupe est déjà réalisé dans les filiales.
AU SEIN DE LA SNCF IL N’Y A PLUS D’ACTIFS, TOUT A BASCULÉ DANS DES SOCIÉTÉS PRIVÉES
« Au sein de la SNCF, il n’y a plus d’actifs. Les wagons, les machines ou l’immobilier sont basculés vers des sociétés privées. Dans l’entreprise publique, il ne reste que la dette et le personnel. » Une drôle de répartition. Pour la maison mère, les coûts de la dette de 50 milliards d’euros, et de la rémunération du personnel. Pour les sociétés privées dépendant du groupe, la conquête des marchés et des bénéfices. Un indice révélateur d’une privatisation larvée, qui accompagne la libéralisation progressive du secteur.
LES FILIALES SNCF CONCURRENCENT LA MAISON MÈRE
Pour la CGT cheminot, l’affaire ne fait pas de doutes non plus : « Les filiales se multiplient dans le monde entier, elles atteignent le chiffre record de 1 250, le recours à la sous-traitance explose, les externalisations sont nombreuses » dénonçait le syndicat dans un tract du 23 mai 2017. Pour la Confédération générale du travail, le syndicat historique du chemin de fer, la SNCF est bel et bien sur les rails de la privatisation.
L’ouverture à la concurrence commence avec le fret, puis s’étend au trafic international de voyageur en 2009. En 2020, les lignes à grande vitesse pourront être commercialisées par de nouveaux opérateurs, suivies en 2023 des lignes TER et Intercités. La décision a été entérinée à une courte majorité par le Parlement européen à dominante conservatrice, le 16 décembre 2016. L’opérateur public y voit « une opportunité » et ambitionne de devenir le numéro un des mobilités en Europe.
OUICAR ET OUIBUS, LA SNCF CRÉE DES SOCIÉTÉS PRIVÉES
À cette fin, l’entreprise se diversifie, rachète ou crée des sociétés privées comme Ouicar et Ouibus, lancées pour couvrir les marchés de la location de voitures entre particuliers, et du transport en autocar. Pour Véronique Martin, secrétaire fédérale de la CGT Cheminot, la direction cherche « l’augmentation des marges bénéficiaires, loin des préoccupations de développement du réseau ferroviaire et des besoins de transport des populations. »
FILIALISATION DE LA SOCIÉTÉ POUR MOINS DE CHEMINOTS
« Il y a une stratégie de la direction visant à filialiser de plus en plus d’activités qui pourraient être réalisées par des cheminots », explique la responsable fédérale CGT, prenant pour exemple Sferis (travaux et maintenance des voies). En jeu, la baisse des coûts de production. Les personnels de la filiale ne bénéficient pas du statut de cheminot et ne sont pas soumis aux mêmes réglementations. Tout cela est à l’avantage du groupe SNCF, dont les bénéfices pour 2016 s’élèvent à 567 millions d’euros.
« La direction justifie la baisse des coûts et la course à la rentabilité par l’arrivée de la concurrence. Limitée par le statut des cheminots, elle filialise pour réduire leur effectif. » Leur nombre n’a cessé de baisser depuis quinze ans, passant de 178 000 en 2003 à 148 000 en 2016.
115 000 SALARIÉS HORS STATUT DANS LES FILIALES
Les filiales emploient de leur côté autour de 115 000 salariés hors statut, un nombre en constante augmentation. Le recours à des emplois précaires se généralise à travers l’emploi de CDD, d’intérimaires, y compris dans la maison mère. Le recours massif à la sous-traitance notamment sur le réseau, complète le tableau de la précarité à la SNCF.
CHEMINOTS DÉPOSSÉDÉS
« Les conditions de travail et la qualité du service rendu aux usagers se dégradent. Les cheminots se sentent dépossédés de leur métier », dénonce Véronique Martin. Un malaise que confirme Eric Meyer de SUD-Rail : « Les salariés ne voient plus d’utilité à leur travail, ils n’ont plus de perspectives. On leur dit qu’ils coûtent trop cher, alors que la productivité a augmenté de 40 %. » Suite à de nombreux accidents graves et à plusieurs suicides en début d’année, les fédérations syndicales CGT, CFDT, SUD-Rail et UNSA ont déposé une alarme sociale après de leur direction au début du mois de juin.
KEOLIS, FILIALE XXL AU MANAGEMENT RUGUEUX
Au 1er juillet 2017, Transkeo – filiale de Keolis et SNCF participation – exploitera la ligne de tram-train T11 express, destinée à relier la gare du Bourget à celle d’Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).
Capable de circuler à la fois sur des voies de tramway et celles du train, la T11 express sera la première ligne SNCF du réseau Transilien à rouler sans cheminot. Annonçant des coûts réduits de 40 %, le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) a attribué le marché à la SNCF, qui l’a ensuite confié à sa filiale de droit privé. Les conducteurs seront polyvalents, la vente des billets s’ajoutant à la conduite des rames et à la sécurité des voyageurs. Une inflation de tâches pour une déflation salariale, la centaine de salariés de Transkeo étant moins payée que les cheminots à statut.
KÉOLIS, FILIALE SNCF DE DROIT PRIVÉ = 58 300 SALARIÉS , 23 000 BUS, 5800 TRAINS DANS 16 PAYS
La maison mère de Transkeo, Keolis, exploite déjà 240 km de métro, 660 de tramways et 5800 de trains dans 16 pays. Elle possède une flotte de 23 000 bus et investit dans d’autres modes de déplacements : vélo, covoiturage ou navettes maritimes et fluviales.
Avec 58 300 salariés, c’est une filiale géante détenue à 70 % par la SNCF, avec une participation de la Caisse des Dépôts du Québec à hauteur de 30 %. Avec la ligne T11 express, Keolis prend des parts de marché à l’entreprise publique, et se positionne en vue des autres projets du Grand Paris. Elle convoite les lignes T12 et T13 (tram express à l’ouest et au sud de la région parisienne), prévues pour 2021.
Cet appétit se double d’une gestion managériale rugueuse, avec un recours immodéré aux conseils de discipline. Les comparutions de salariés devant ces instances auraient ainsi augmenté de 500 % dans les transports urbains d’Orléans, selon le syndicat Sud-TAO, pour qui « les conducteurs avec de l’ancienneté et adhérents à un syndicat sont visés ». Les syndicalistes pointent des situations ubuesques, comme ce chauffeur convoqué à un conseil de discipline pour avoir transgressé un ordre. En cause : un changement de chemise tachée de sang, après avoir secouru un enfant percuté par un tram.
OUIBUS, LA SOUS-TRAITANCE TOTALE
La situation des salariés de SNCF C6, filiale gérant la marque Ouibus, n’est pas meilleure. Créée en 2012 pour occuper le marché du bus, la compagnie offre dans un premier temps des conditions attractives pour attirer les chauffeurs recrutés chez ses concurrents. Depuis, l’entreprise s’est développée en faisant appel à la sous-traitance pour exploiter des liaisons transnationales. Une tendance accentuée depuis 2015 et le vote de la loi Macron déréglementant les lignes de ville à ville. « Plus de 80 % des lignes Ouibus sont exploitées par des sous-traitants », relève Rémy Haddad, délégué syndical CGT au hub de Lille. Inquiet de voir se développer le recours à des franchises, il prophétise une évolution de Ouibus vers un modèle de type plateforme. Les lignes pour les sous-traitants et les franchisés, la vente des billets et l’administration pour SNCF C6.
DE OUIBUS EN FAURE EXPRESS
Des craintes confirmées par la décision de Ouibus fin 2016, de transférer son activité lyonnaise vers Faure Express, un exploitant franchisé. Les lignes, les bus et les chauffeurs font partie du voyage. Les sites restants à Lille et Paris pourraient suivre. À Lyon, la direction s’est donné les moyens de liquider l’activité et surtout ses conducteurs.
Démission préalable afin d’intégrer une formation en vue d’un reclassement pour les uns, prime de départ volontaire de 6 000 euros pour d’autres, et injonction à se présenter chez Faure Express le 5 juin pour les derniers irréductibles. Refusant les pertes de salaires d’environ 600 euros consécutives à leur basculement chez un franchisé, ils font maintenant l’objet de la part de Faure Express d’une procédure de licenciement.
La CGT Cheminot a alerté les présidents de SNCF C6, de la SNCF... et de la République. Elle envisage, avec les salariés, de saisir les prud’hommes. Mais la déréglementation en cours dans le droit du travail ne devrait pas les aider dans leur combat.