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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Taxe sur les transactions financières : Bercy complice du sabotage

Publié le 8 Mai 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage

Par Jérôme Latta| 7 mai 2014
Taxe sur les transactions financières : Bercy complice du sabotage (Attac France) Attac France
 

La TTF adoptée hier n’est que l’ombre de la taxe Tobin, elle est même moins ambitieuse que le projet initial de Bruxelles. S’ils nient ce nouveau reniement, François Hollande et Michel Sapin ne sont pas étrangers à un rétrécissement qui fait le bonheur des banques françaises.



Comme pour marquer l’anniversaire de l’élection de François Hollande, c’est ce 6 mai que plusieurs ministres européens des Finances se sont mis d’accord sur une taxation des transactions financières (TTF) a minima. Le rétrécissement, en regard des enjeux et des bénéfices attendus, est bien tout ce qu’il y a de spectaculaire dans une taxe qui ne concernera qu’une dizaine de pays [Autriche, Belgique, Estonie, France, Allemagne, Grèce, Italie, Portugal, Slovaquie et Espagne], et ne s’appliquera aux actions qu’en 2016 tout en épargnant la plupart des produits financiers dérivés – un marché presque exclusivement spéculatif et qui alimente les risques d’un nouveau désastre.

Inefficace et inutile

Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac, y voit « l’aboutissement d’une année de manœuvres de la France pour saboter le projet proposé par la Commission européenne en mars 2013. Au lieu de freiner fortement la spéculation et de rapporter 35 milliards d’euros, la TTF européenne n’aura quasiment aucun effet et rapportera dix fois moins. » De son côté, l’ONG Oxfam rappelle qu’elle devait financer la solidarité internationale, qui fera donc aussi les frais de cette « taxe en trompe-l’œil ».

Bien qu’il ne s’agisse que de taxer à 0,1% les échanges d’actions et d’obligations et à 0,01% ceux des produits dérivés, le projet suscite l’opposition de plusieurs gouvernements, dont celui du Royaume-Uni qui s’en était exclu et menace de le contester à nouveau devant les juridictions européennes (un premier recours a échoué en avril). Le ministre des Finances luxembourgeois, Pierre Gramegna, a pour sa part regretté que la TTF ne soit « pas bonne pour les marchés de capitaux en Europe », tandis que la Fédération européenne des banques (FBE) déplorait une « taxe sur la croissance ». Mettre en scène leurs victoires comme des défaites, une stratégie ordinaire pour les représentants des intérêts financiers. Faute de connaître le périmètre de la taxe, sur les gigantesques volumes de produits dérivés (estimés à 260 milliards d’euros en Europe au premier trimestre 2014), il ne s’agit que de récriminations préventives.

Bercy, succursale des banques

Il faut voir dans cet aboutissement à la fois l’action de la France, qui s’est opposée sur ce dossier à l’Allemagne, favorable à une TTF plus ambitieuse, et l’effet d’un lobbying intensif de l’industrie bancaire et financière (dont la puissance de feu est connue), nos fleurons nationaux étant particulièrement engagés sur les produits dérivés. À l’échelle continentale, ce sont le Medef et son homologue allemand qui ont poussé pour un rétrécissement du projet de directive préconisé il y a deux ans par la Commission. Comme l’écrit Le Monde, « Bercy a tenté, et visiblement réussi, à vider le projet de la Commission de son contenu : Pierre Moscovici n’a pas hésité, dès l’été dernier, à parler d’une "proposition excessive" de la Commission européenne ». Une nouvelle fois, le gouvernement déborde Bruxelles… sur sa droite.

Le plus consternant dans ce constat d’échec est probablement que François Hollande comme Michel Sapin trouvent de quoi s’en féliciter. Le premier avait déclaré le matin même que «  la finance [avait] été maîtrisée » en évoquant aussi bien la taxe européenne que l’union bancaire ou la séparation des activités bancaires – toutes réformes rendues aussi inoffensives que possible (lire l’interview de Dominique Plihon d’Attac). Le second juge « important de montrer que l’Europe est capable d’avancer et de transformer des idées qui sont là depuis longtemps en actes ». Assumer à ce point ses propres renoncements, en les accompagnant d’un discours mensonger, en dit assez long à la fois sur le positionnement et la volonté politiques du gouvernement, qui font de Bercy une succursale des banques françaises.

Sur ce dossier comme sur tous ceux qui devraient engager des choix forts (aussi forts que ceux martelés durant la campagne de 2012), on assiste à un véritable refus de gouverner, au profit d’une simple gestion des intérêts privés.

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Alstom : ce que propose la CGT

Publié le 7 Mai 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Austérité et dictature financière

Regard  2 mai 2014
Alstom : ce que propose la CGT
 

Quel actionnariat, et surtout quelle stratégie industrielle pour Alstom, placé devant l’alternative General Electric/Siemens ? Les réponses de Bernard Devert, responsable des questions industrielles pour la fédération CGT de la métallurgie.

Quand les salariés d’Alstom ont ils été informés des projets de démantèlement de leur entreprise et de vente à General Electric ?

 

Comme tout le monde, le jeudi 28 avril, en lisant la presse et en écoutant les radios. Pourtant les discussions entre le patron de Alstom, Patrick Kron, et les dirigeants de Général Electric remonte à plus de trois mois. Lorsque Arnaud Montebourg s’est rendu en février aux États-Unis au coté de François Hollande, General Electric refuse pourtant de le rencontrer. Patrick Kron a mené seul ces discussions avec GE. Même son directeur financier n’était pas dans le coup.

 

Vous tombez donc de l’armoire ?

 

Pas tout a fait. Cela fait des années que nous alertons sur la situation d’Alstom, notamment sur ses difficultés de trésorerie. Les salariés étaient déjà inquiets. Il y a trois semaines un vaste plan de restructuration était lancé pour réduire les emplois et déménager le siège de Alstom-transport vers la Hollande, fiscalement moins contraignante…

« Des sommes considérables pour les acquisitions, au détriment des investissements »

Comment est-on arrivé à la situation actuelle ?

 

Quand en 2006, l’État se retire d’Alstom après y être rentré en 2004, on se souvient que sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, le groupe Bouygues devient l’actionnaire de référence avec une participation au capital du groupe de 30%. Patrick Kron mène alors une politique active de cession d’actifs et de croissance externe. Il rachète des usines en Russie, au Kazakhstan, aux États-Unis. Il achète également une filiale d’Areva qui apportait beaucoup de cash à Areva. Pour toutes ces acquisitions, Alstom débourse des sommes considérables au détriment des investissements au sein de l’entreprise. Pour donner un exemple, le TGV ou les trains RER se fabriquent dans des hangars non chauffés, les ouvriers travaillent avec gants et bonnets en hiver. Pas l’idéal pour préparer le TGV du futur, qui doit s’accompagner de nouveaux sauts technologiques. Pendant cette période, Alstom engrange des commandes pour un montant de 53 milliards, mais ces défauts d’investissement se traduisent par une baisse de la qualité de la production, un retard dans les délais de fabrication. L’entreprise paye des pénalités de retard de près de 300 millions. En quelques années, l’entreprise est passée de réserves de 2 milliards à un déficit de 4 milliards. Ce qui n’a pas empêché de verser des dividendes de 1,4 milliards à Bouygues… et Patrick Kron.

 

Qu’est-ce qui a déclenché, finalement, le processus de cession ?

 

Ce qui précipite la situation est l’arrivée du mur de dettes avec des remboursements d’emprunts qui se montent à 700 millions par an. C’est alors que Bouygues prend la décision de se retirer. Et c’est dans ce contexte que s’amorcent les négociations entre Kron et GE. L’offre de l’américain, "l’OPA amicale" est rassemblée dans un document de 120 pages dont l’existence est révélée jeudi 28. Dans la journée, l’action d’Alstom gagne 20% et la valeur des actions de Bouygues grimpe de 400 millions.

« L’ensemble des syndicats s’est positionné pour une troisième voie »

Comment les syndicats et les salariés ont-ils été informés ?

 

Vendredi, un comité de groupe européen se tient comme prévu en Allemagne. Patrick Kron y fait un court passage et annonce qu’il donnera toutes les informations aux salariés en temps utile… Et l’on découvre que le conseil d’administration devait se prononcer dès le dimanche soir sur la vente à GE ! Finalement la réunion est reportée de 48 heures. Le ministère met tout en œuvre pour que Siemens fasse une offre. Mercredi soir donc, le CA accepte de ne pas décider mais confirme le choix privilégié de GE. La décision définitive est reportée à fin mai.

 

Les syndicats ont-il exprimé une préférence entre les options GE et Siemens ?

 

Dans une déclaration commune, l’ensemble des syndicats s’est positionné pour une troisième voie, celle d’une participation publique avec rachat par des fonds publics du capital détenu par Bouygues. Le ministre de l’Économie envisage cette prise de participation et une recapitalisation d’Alstom par la vente d’une partie du capital d’EDF (on parle de 10%), ce que la CGT refuse. On ne va pas déshabiller Paul pour habiller Patrick. Ce qui est en jeu, c’est le démantèlement du groupe par la vente la filiale Alstom Power, qui représente 63% de l’activité du groupe. Nous faisons remarquer que Siemens est par ailleurs engagé dans une restructuration qui se traduit par la fermeture de deux usines ferroviaires, et que GE cherche avant à acquérir le marché des éoliennes en mer et du réseau super Grid… Autant dire que ces options ne sont pas bonnes pour l’emploi.

 

Vous avez été reçus ce mercredi par Arnaud Montebourg. Quelles sont les propositions de la CGT ?

 

Nous voulons informer les salariés. Nous sommes à l’initiative d’assemblées générales sur tous les sites du groupe. Si nous ne l’avions pas fait, les salariés ne seraient informés de rien directement. C’est franchement très moyen en matière de démocratie et de dialogue social. Et c’est contradiction avec les exigences en matière d’information des salariés, selon le droit européen. Nous envisageons de porter plainte au niveau européen contre la direction d’Alstom pour délit d’entrave. Nous souhaitons une table ronde avec la direction d’Alstom.

« Nous demandons une participation publique »

Au-delà, que préconisez-vous pour l’avenir d’Alstom, en termes d’actionnariat et de stratégie industrielle ?

 

Voici, en trois points, ce que nous défendons comme propositions auprès du ministre, puisqu’il ne nous est pas donné de rencontrer la direction du groupe.

 

1. Pas de démantèlement du groupe Alstom. Nous savons ce qu’il advient des groupes découpés. Il n’y a plus rien de Pechiney. La sidérurgie française est fragilisée et n’est plus en capacité de répondre aux besoins. Nous avons d’ailleurs toutes les peines à connaître le contenu du rapport remis au ministre sur le sujet, dont nous disposons seulement des conclusions : selon ses auteurs, GE ne serait intéressé que par la partie électrique (qui représente 70% du groupe, 30% revenant à la partie transport). Ce qui intéresse GE, ce sont les technologies de l’éolien et celles des réseaux. L’État français va dépenser 7 milliards pour l’éolien : on comprend que GE soit attiré par les techniques et par ce marché. Ils sont également intéressés par les turbines des EPR, les centrales de gaz en lien avec l’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis. Sous l’impulsion d’Obama, GE rapatrie sur le territoire américain ses outils de production. Le gouvernement américain vient de décider de taxer de 35% les entreprises qui ne feraient pas revenir sur le sol américain les moyens de production.

 

2. Nous demandons une participation publique pour faire face aux échéances financières d’Alstom. Il ne faut pas céder au chantage ni aux sirènes de GE. Et il faut bien reconnaître que leur appel est puissant. GE met 10 milliards sur la table. Cela intéresse bougrement le premier actionnaire, Martin Bouygues, et tous les actionnaires d’Alstom.

 

3. Il est nécessaire de prendre le temps pour définir un changement de stratégie industrielle. Nous demandons que cessent les croissances externes au détriment des investissements dans le matériel et dans la formation, les compétences des salariés. Cela ne signifie pas que nous sommes opposés à toute coopération avec d’autres entreprises, sur des projets précis. Par exemple, nous pensons que des projets devraient être conduit avec EDF, la SNCF, la RATP, la région Ile-de-France pour développer les transports qui correspondent aux besoins d’une société mobile et qui doit opérer une bascule énergétique et environnementale.

 

Nos idées commencent à être entendues. Nous sommes au tout début d’une course de vitesse.

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Ciné Débat Granville : lundi 12 mai 20h15

Publié le 3 Mai 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces

 

CINE DEBAT GRANVILLE
 
vous invite à venir nombreux
 
A LA PROJECTION DE
  
VANDAL
un film de Hélier Cisterne
2013
avec Marine Foïs, Jean-Marc Bar, Ramzi Bedia et Zinedine Benchenine
 
LUNDI 12 MAI 2014
20h15
 
Cinéma Le Sélect
GRANVILLE
 
Tarif unique : 5 €
 
 
Prix Louis Deluc 2013 du meilleur premier film
 
 
Chérif, 15 ans, est un adolescent rebelle et solitaire. Dépassée, sa mère décide de le placer chez son oncle et sa tante à Strasbourg, où il doit reprendre son CAP maçonnerie. C'est sa dernière chance.

Très vite, dans cette nouvelle vie, Chérif étouffe. Mais toutes les nuits, des graffeurs œuvrent sur les murs de la ville. Un nouveau monde s'offre à lui.

 
 
 
ATTENTION : le film commencera à 20h30 précises après la présentation de la soirée
 
Le film sera suivi d'une table ronde et d'un débat sur le thème :
"Tags, graffs, art ou vandalisme ?"
 

Avec la participation (sous réserve) de LOKIS, graffeur dont on voit les oeuvres dans le film et d'artistes graffeurs régionaux

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Vente d'Alstom : garantir la filière des Energies Marines Renouvelables par un pôle public !

Publié le 2 Mai 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Front de gauche

 
Communiqué du Front de Gauche Nord Cotentin
Vente d'Alstom : garantir la filière des Energies Marines Renouvelables par un pôle public

Depuis quelques jours, on apprend que la filière énergie d’Alstom se verrait soudainement vendue soit à Genéral Electric, multinationale américaine intéressée par ses brevets et ses implantations industrielles, soit au groupe allemand Siemens, son concurrent direct : les recompositions capitalistiques des grands groupes battent leur plein ; les actionnaires veulent être bien servis.

Or, Cherbourg est directement concerné en raison des deux usines Alstom prévues pour la construction des pales et l'assemblage des éoliennes : les turbines étant fabriquées par Alstom à Saint Nazaire. La population du Nord Cotentin est aussi concernée par les projets d' Alstom pour les hydroliennes dans le raz Blanchard.

Dès le départ le Front de Gauche a été seul à exprimer des réserves sur ce dossier, considérant que le développement de l'industrie des énergies marines renouvelables, filière stratégique d'avenir pour l'emploi et le redressement économique de la France, nécessite une planification équilibrée dans un pôle 100% public de l'énergie, non pas un libre marché incontrôlable, où les transferts de technologies et les délocalisations sont devenus la norme.
La question de la nationalisation doit être posée. Un pôle public permettrait la participation des salariés et de la population aux choix de gestion et garantirait les investissements publics, la formation, la recherche et le respect de l'environnement. Ceci conditionne l’accès à des tarifs sociaux et progressifs. Les candidats du Front de Gauche aux élections européennes défendent cette solution qui a tout son sens en France et en Europe.

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C’est quoi le Partenariat transatlantique ? Dix réponses pour mesurer le danger

Publié le 29 Avril 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Europe

Par Jérôme Latta| 24 avril 2014 Regards
C'est quoi le Partenariat transatlantique ? Dix réponses pour mesurer le (...)
 

TAFTA, TTIP, PTCI… Ce qui se trame derrière ces sigles et dans les négociations secrètes entre l’Union européenne et les États-Unis, c’est la liquidation progressive du pouvoir des États et des citoyens face aux multinationales. Il est urgent de n’en rien ignorer.

Comment ça s’appelle ?

APT (Accord de partenariat transatlantique), TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), PTCI (Partenariat transatlantique sur le commerce et l’Investissement) TAFTA (Trans Atlantic Free Trade Agreement) tout à la fois. Le diable se loge dans les acronymes et la confusion sert les promoteurs de l’opération. Certains opposants réfutent la notion de partenariat et préconisent l’appellation Grand marché transatlantique (GMT), qui a le mérite d’être explicite.

Qu’est-ce que c’est ?

Un traité de libre-échange actuellement en négociation (depuis juillet 2013) entre l’Union européenne et les États-Unis, qui vise en principe à abaisser les droits douaniers, mais cherche surtout à unifier un grand marché transatlantique (voir ci-dessus). C’est le dernier épisode en date d’un processus d’intégration mis à l’agenda depuis l’éclatement du bloc de l’Est, ayant pour objectif l’harmonisation des législations, des règlementations et des normes – avec des arrière-pensées géopolitiques, comme le souci de contrecarrer l’expansion économique de la Chine.

Est-ce qu’on nous cache tout ?

Presque tout. C’est en secret qu’en juin 2013, Le Conseil de l’UE (chefs d’État et de gouvernement) a confié un mandat de négociation à la Commission européenne. Et c’est aussi sans aucun contrôle possible de la part des parlementaires européens, ni aucune consultation des citoyens. Sans grande mobilisation médiatique non plus, le débat est donc largement escamoté, ce qui arrange grandement les promoteurs du GMT.

C’est grave ?

Oui, très grave.

D’accord, mais plus précisément ?

En résumé, le GMT aboutirait à un dramatique abandon de souveraineté de la part des États, au profit d’un pouvoir accru des entreprises multinationales. Le gigantesque marché unique attendu d’un futur traité serait aussi défini comme une instance supranationale dont les règles auront vocation à s’aligner (par le bas) en faveur d’un maximum de libéralisation et de dérégulation, et à se substituer aux législations et aux instances nationales, privant celles-ci de leur pouvoir de décision et les populations de tout moyen de contrôle démocratique.

L’abaissement des droits de douane est-il un prétexte ?

Pour une large part, dans la mesure où ils sont d’ores et déjà très réduits entre les deux zones (2% en moyenne)… sauf pour certains secteurs comme l’agriculture, dans lesquels les États-Unis ont tout intérêt à voir s’effacer les absurdes réticences européennes à l’encontre de la viande aux hormones, des poulets désinfectés au chlore, des OGM ou des pesticides. Dans ce domaine, l’abandon des législations de l’UE, protectrices pour les consommateurs, conduirait à la généralisation du modèle intensif d’agriculture et d’élevage, avec des conséquences sanitaires et environnementale incalculables.

D’ailleurs, s’agit-il seulement de droits de douane ?

Non, bien sûr : les "obstacles" à la "liberté" du commerce désignent aussi les barrières réglementaires (ou "barrières non-tarifaires"). Justement, le mandat de la Commission se donne pour objectif « d’éliminer les obstacles inutiles au commerce et à l’investissement y compris les obstacles non tarifaires existants ». L’harmonisation attendue pourra ainsi affecter, au-delà des biens marchands, le secteur des services et par extension les législations du travail jugées trop protectrices, mais aussi s’étendre au champ de la propriété intellectuelle, de la protection des données personnelles et à des domaines comme l’éducation et les autres services publics. Seule la culture, après intervention du gouvernement français, est exclue du périmètre – et encore partiellement, puisque cette exclusion ne concerne que l’audiovisuel, et temporairement puisqu’il s’agit d’une simple suspension.

L’objectif global est-il donc d’inféoder les États et les citoyens aux intérêts privés du commerce international ?

Bingo. En plaçant les traités internationaux au-dessus des législations nationales, le commerce international se livre à une vaste opération de destruction de la souveraineté juridique des États, qui permet déjà aux grandes entreprises d’attaquer ces derniers. C’est ainsi que la société américaine Lone Pine Resources réclame 250 millions de dollars d’indemnité au gouvernement canadien, dont le moratoire sur la fracturation hydraulique pour l’exploitation des gaz de schiste contreviendrait à la liberté d’entreprendre garantie par l’ALENA (accord de libre-échange entre la Canada, les États-Unis et le Mexique). Les exemples de ce genre abondent, comme celui de cette société suédoise qui demande près de 4 milliards d’euros à l’Allemagne pour avoir décidé de sortir du nucléaire (voir aussi la vidéo ci-dessous). Les litiges de ce genre se règlent devant des tribunaux arbitraux indépendants des justices nationales, et le mandat de la Commission européenne vise à établir un mécanisme arbitral "investisseur-État" qui se substituerait aux juridictions démocratiques.

Heureusement, le Parti socialiste au pouvoir ne peut cautionner un tel processus de dumping social, fiscal et environnemental, conduisant à aggraver les délocalisations, le démantèlement de la protection sociale et des services publics, l’abandon de la souveraineté démocratique des peuples au profit des intérêts privés, n’est-ce pas ?

Ah ah ah. Au nom de la lutte contre le protectionnisme et des dogmes libéraux en vigueur, l’ancienne ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq s’est faite l’ardente défenseure des négociations, et le PS ne craint de se ranger aux côtés de l’UMP dans ce combat. François Hollande a même déclaré à Barack Obama que rien ne s’opposait à « aller vite » dans ce dossier.

Le combat est-il perdu d’avance ?

Bien sûr que non. Le texte final devra être adopté, à l’horizon 2016, par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, avant d’être ratifié dans chaque pays. Il faut se souvenir de la mise en échec de l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement) à la fin des années 90, et de l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) à la fin de la décennie suivante. Un vaste front d’organisations et de partis s’oppose au projet, notamment au travers du collectif Stop TAFTA, plusieurs collectivités se sont déclarées "zones hors Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement". La prise de conscience s’étend et laisse une chance de ne pas abandonner le dossier aux lobbies. Ah, et puis des élections européennes ont bientôt lieu, donnant une occasion de se mobiliser, aussi bien au cours de la campagne qu’au moment du vote.

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Manifestations du 1er MAI dans la Manche

Publié le 28 Avril 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes

 


 

Contre l’austérité, POUR l’emploi, la protection sociale et les Services Publics ! A l’appel de la FSU, la CGT, FO et Solidaires.
RASSEMBLEMENTS A 10h30
Cherbourg (Mairie)
Saint-Lô (Mairie)
Granville (Mairie)
Avranches (Mairie)
Coutances (Mairie)
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L’UFAL dénonce la visite du Premier ministre Valls au Vaticans

Publié le 28 Avril 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Laïcité

Par Samedi 26 avril 2014

Le Premier ministre n’a pas à représenter ès-qualités l’État aux manifestations religieuses dites de canonisation des anciens pontifes de l’église catholique Karol Józef Wojtyła (dit Jean-Paul II) et Angelo Giuseppe Roncalli (dit Jean XXIII). 

Rencontre entre Manuel Valls et le pape lors de la viste de Hollande au Vatican

Rencontre entre Manuel Valls et le pape lors de la
visite de Hollande au Vatican

La République Française est en effet de par sa Constitution une République laïque qui assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de religion et qui assure la liberté de conscience, c’est-à-dire la possibilité de croire ou de ne pas croire. Ses représentants n’ont donc pas à marquer leur déférence pour une religion ou une autre, comme l’avait fait remarquer le Parti Socialiste en 2011 alors que le Premier ministre UMP s’était rendu au Vatican pour la béatification de Karol Wojtyla.

La participation du Premier ministre à ces manifestations purement cultuelles constitue donc une atteinte majeure aux principes de notre République. L’UFAL considère que cet acte symbolique vise en fait à consolider la main tendue du gouvernement à l’extrême-droite catholique ; depuis sa nomination, Manuel Valls n’a eu de cesse d’envoyer des signes d’apaisement à la nébuleuse issue de la Manif pour tous et aux familialistes liés à l’épiscopat, qui avaient combattus violemment la loi en faveur du mariage pour tous.

La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a soutenu cette démarche, arguant que « Le Vatican est un État (…) Ce sont des relations qui sont établies (…) Le Premier ministre accomplit cette démarche au titre d’un État laïque. » C’est une démonstration de plus de la volonté de ce gouvernement de faire allégeance à l’église catholique. Par sa participation, il accorde un statut de reconnaissance publique à une manifestation strictement religieuse et privée, violant ainsi ouvertement la loi de 1905.

Madame Taubira comme Monsieur Valls ne peuvent ignorer que la Cité du Vatican n’est qu’une concession territoriale, accordée au pape par Mussolini en 1929, non un Etat à part entière. Le « Saint-Siège » est le lieu du pouvoir spirituel et de la mission dogmatique du pape, spécialement lorsqu’il procède à des actes purement cultuels.

L’UFAL s’inquiète de savoir jusqu’où ira cette main tendue à l’église catholique. Le gouvernement serait-il tenté d’atténuer les conséquences néfastes de sa politique d’austérité par le recours à la charité religieuse ?

L’UFAL demande le retour aux principes de la République et appelle à la mobilisation des citoyens pour imposer le respect de la Constitution et de la laïcité de l’Etat.

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Le dernier tour de bonneteau de Hollande : augmenter le pouvoir d’achat en tarissant les ressources de la protection sociale solidaire

Publié le 3 Avril 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage

bonneteauPar  Mercredi 2 avril 2014

Le Président de la République, dans son allocution télévisée a annoncé un pacte de solidarité axé sur une baisse d’impôts d’ici 2017 et, plus surprenant, une baisse des cotisations sociales payées par les salariés. Présenté comme la contrepartie sociale au pacte de responsabilité qui se traduira par une baisse de “charges” des entreprises de 30 milliards d’euros, sans aucune contrepartie pour l’emploi, le pacte de solidarité est un nouvel avatar de promesses d’augmentations du pouvoir d’achat… par la baisse des salaires !

 

L’abaissement des cotisations salariales n’est en effet qu’une mesure en trompe-l’œil et constitue une nouvelle attaque frontale de la cotisation sociale qui finance la Sécurité sociale. Certes, cette mesure se traduira par une augmentation immédiate du salaire net des salariés et pourrait faire illusion comme augmentation des salaires directs. Sauf que cette mesure (dont le montant n’a pas été précisé) se traduira une fois de plus par un tarissement des ressources de la Sécurité sociale qui, par le salaire indirect des travailleurs, financent les prestations d’assurance maladie, les pensions de retraite ou encore les prestations familiales. Autrement dit, le Président de la République entend donner d’une main une augmentation de salaire qu’il reprendra de l’autre, car il faudra bien compenser cette baisse de ressources.

 

L’idée d’un abaissement des cotisations salariales ne suscite toutefois pas d’opposition de principe aux yeux de l’UFAL. Rappelons qu’historiquement, l’augmentation des cotisations salariales a été décidée pour compenser les décisions successives de baisse des cotisations patronales acquittées par les employeurs. En effet, le montant des cotisations salariales est neutre pour le patronat car elles viennent en déduction des salaires bruts. Réduire les cotisations salariales ne pourrait avoir du sens cependant qu’en augmentant dans le même temps les cotisations patronales pour garantir le financement de la Sécurité sociale.

 

L’allègement de cotisations salariales annoncé par François Hollande ne vise néanmoins nullement à inverser la tendance car le gouvernement a fait parallèlement de l’allègement des cotisations patronales son objectif politique premier au nom du rétablissement de la sacro-sainte compétitivité des entreprises. En conséquence le pacte de solidarité aura pour conséquence de réduire sans contrepartie le montant des recettes de la Sécurité sociale qui financent les dépenses sociales, lesquelles représentent en moyenne 33 % du revenu disponible brut des ménages.

 

Par conséquent, le gouvernement sera confronté à une alternative pour le moins mortifère pour les Français : soit il entend réduire encore les dépenses de sécurité sociale (le salaire socialisé) notamment par une nouvelle baisse des remboursements d’assurance maladie, auquel cas, les ménages (qui le peuvent) n’auront pas d’autre choix que de consacrer leur illusoire surcroît de pouvoir d’achat à la souscription de contrats d’assurance complémentaire privée. Soit il entend maintenir le niveau des prestations sociales, auquel cas cela se traduira une nouvelle fois par une augmentation des impôts les plus injustes comme la CSG ou pire encore la TVA. Notons qu’à la différence de la cotisation sociale, les impôts ne participent pas du salaire socialisé et n’ouvrent aucun droit personnel à des prestations sociales. Avec le pacte de responsabilité qui vise à supprimer la cotisation sociale de la branche famille à l’horizon 2017 et le pacte de solidarité qui réduira les cotisations salariales, c’est l’idée même de salaire socialisé qui est directement menacée. Nous allons tout droit vers une étatisation complète de notre système de sécurité sociale et vers une mise sous tutelle étatique (elle-même placée sous le diktat de Bruxelles) de l’ensemble de notre modèle social républicain. Il est urgent de faire entendre notre voix et de nous opposer à la destruction programmée du salaire et de la Sécurité sociale qui aura des conséquences sociales et économiques désastreuses

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Démocratie d’élection, démocratie d’action…

Publié le 1 Avril 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Politique

participative.jpgUne maire sera élue, vendredi soir, à Granville. La démocratie d’élection, la formation d'une majorité et d'une opposition ,c’est le pouvoir des urnes qui ne garantit pas nécessairement l'intérêt général, ni dans la durée, ni pour la totalité des citoyens. La démocratie d’action expose les élus à l’épreuve du pouvoir. Confrontés à la complexité des situations et au caractère imprévisible des évènements, l’élu(e) peut considérer que « parce que je  suis  élu(e), j’incarne la volonté générale ». C’est considérer que la démocratie est un chèque en blanc et que les citoyens n'ont plus qu'à attendre passivement la prochaine échéance.

 

La démocratie locale est une expérimentation de la démocratie d’action dont la légitimité est constamment à construire. Elle est volonté politique de constituer des majorités qualifiées pour enrichir le débat public en prenant en considération la diversité des positions et des propositions au-delà des considérations électoralistes et partisanes. Elle doit permettre à tous les citoyens de pouvoir débattre publiquement et sereinement des problèmes de la cité ; la presse doit pouvoir rendre compte librement de ces débats. C’est de cette façon que certains maires, trop rares, marquent l’histoire de la cité.

 

En effet, la démocratie n’est pas seulement du coté d’un pouvoir représentatif qui serait seul légitime. Dans une commune, comme dans une nation, le peuple est constitué de citoyens , de groupes, de minorités qu’il s’agit de mobiliser et de responsabiliser pour parvenir à une société civile organisée. A l’encontre du passage en force et de la culture du secret, la démocratie d’action tient à la recherche constante du compromis démocratique. Elle n’est considérée comme une marque d’affaiblissement ou de faiblesse que par ceux qui, vivant dans la crainte du débat par déficit de convictions profondes, manquent à la fois de courage et de lucidité.

                                                                                    Yann Le Pennec

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Au Front de Gauche camarades !

Publié le 31 Mars 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Front de gauche

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le 31 03
Par Jean Ortiz. Ce n'est pas une claque, c'est un lynchage, une humiliation, une rouste magistrale, un uppercut de la gauche, un désaveu sans appel. François Hollande, qui se voulait "Normal premier" au point de faire concurrence aux livreurs de pizzas en motocyclette, celui qui déclarait la guerre à la finance, est ce matin tout nu, "en pelotas", et son ralliement joyeux, toute honte bue, au néolibéralisme : vomi par le peuple de gauche.

La sanction est désespérante. Les travailleurs n'aiment pas ceux qu'ils considèrent comme des repentis, et les apostats finissent toujours dans les trous noirs de l'histoire. Le vote de ce soir est d'abord un carton rouge au bilan du hollandisme. Il n'est pas une adhésion tsunamique aux droites, mais un naufrage des espoirs soulevés par des promesses finalement non tenues.

Les trahisons aux valeurs de gauche, aux marqueurs de classe, aux intérêts du plus grand nombre, aux besoins des plus faibles, des plus démunis, des exploités, se payent cash tôt ou tard. A force de faire un indécent bisou-bisou permanent avec le patronat, de se vautrer avec le Medef, de ramper devant Mme Merkel, de mépriser les syndicats, d'avilir notre pays, d'en faire une serpillère "transatlantique", de prendre aux pauvres pour donner aux riches, on n'a plus rien de socialiste ni même de social-démocrate. On devient une sorte de nouvelle droite et les gens préfèrent toujours l'original à la pale copie du transfuge.

Tout cela serait méprisable si l'adversaire de classe n'en profitait pas pour s'emparer de centaines de municipalités, pour faire main basse sur leur potentiel, pour balayer des années de " bouclier social ", de gestion démocratique et populaire, même dans un contexte de plus en plus difficile.
Tout cela serait méprisable, si ceux qui allaient trinquer étaient les barons, les notables, les " élites socialistes ", les cumulards, les qui-relèvent-de-l'impôt-sur-les-grandes-fortunes...

Non, non, ceux-là continueront à s'empiffrer, à grossir leur portefeuille, à se repaître des désastres sociaux, qu'ils ont eux-mêmes provoqués.
Non, non, ceux qui vont trinquer encore plus, serrer la ceinture, pleurer les fins de mois, sacrifier leur santé, l'avenir de leurs enfants, ce sont les ouvriers, les fonctionnaires, les retraités, les chômeurs, les précaires, les travailleuses, les petits paysans, les intermittents, "ceux d'en bas"...
Rien que pour cela, ces " socialistes "-là, qui enterrent Jaurés, Allende, Negrin..., exigent d'être combattus et dénoncés comme il se doit. Ils ne connaissent que le rapport de forces, et n'avancent que lorsque le peuple les bouscule. L'heure est au déploiement et à la structuration d'un vrai Front de Gauche, socialo-indépendant, sur des principes et des valeurs de classe, avec un objectif clair : aller vers une société nouvelle anticapitaliste, que nous sommes nombreux à appeler " le socialisme du XXIe siècle ". Cela n'est nullement contradictoire avec la nécessité d'un parti communiste cohérent, fort, combattif, créatif, unitaire... Le peuple et la perspective socialiste en ont plus que jamais besoin.

Face au champ de ruines de ce dimanche, il n'y a plus de temps à perdre. Il n'y a pas de " plan B ", et il nous reste peu de cartouches. Le pire est devant nous si nous ne sommes pas capables d'affronter les défis à venir, notamment les Européennes, autrement que les municipales.

Ce n'est pas qu' Hollande n'a rien compris : il décline consciencieusement le programme du Medef, la politique de l'Union européenne, de la "troïka", avec conviction et sans scrupules. Et qu'importe quel sera le prochain premier ministre. Qu'il soit chasseur de Roms ou plus ratoureux, après avoir touché le fond, il ne touchera pas au fond.

La reconquête commence dès maintenant.

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