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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Soutien aux cheminots en lutte !

Publié le 16 Juin 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes

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Défendons notre hôpital public de proximité

Publié le 13 Juin 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé

 

L 'Assemblée publique du 2 juin 2014 à Granville (200 personnes) a montré l'attachement de la population à son hôpital.

La réunion du 10 l'a confirmé et permis la reconstitution du Comité des usagers du pays granvillais pour la défense de l'hôpital public.

Aujourd'hui, la fermeture programmée du service de cardio pour 3 semaines, à partir du 30 juin, plane comme une menace sur le maintien du service et, à terme, sur l'existence même du site de Granville.

Nous exigeons:

- le recrutement de cardiologues titulaires
- le maintien de tous les services existants pour assurer la permanence des soins sur le territoire.

 

vous souhaitez être informés ? participer aux actions ? laissez votre e-mail ci-dessous ou écrivez-nous en nous indiquant votre commune de résidence à usagers.hopital.granville[at]gmail.com


Comité des usagers du pays granvillais pour la défense de l'hôpital public    Contacter l'auteur de la pétition

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NON A LA FERMETURE DES URGENCES DE VALOGNES, LA NUIT, du 23 juin au 13 septembre

Publié le 10 Juin 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé

Dans cette période difficile pour les personnels hospitaliers qui subissent les effets des restructurations , les usagers sont grandement concernés également...
Une pétition en ligne pour défendre l'accès aux services d'urgences sur le site de Valognes qui en période estivale draine une part importante de touristes profitant de notre belle région

Accepter cette fermeture , c'est laisser croire aux élus , aux décideurs que ces mesures sont bonnes et c'est accepter la réduction des moyens de prise en charge des patients

 pétition en ligne contre la fermeture

 

à signer et à diffuser: ici

 
Tract intersyndical CGT, FO, UNSA
Après avoir tenté de fermer la traumatologie des urgences du site Pasteur, la nuit cet été, la direction, prétextant un manque d’infirmier(e)s de 0,70 ETP, s’attaque cette fois-ci au service d’urgences de Valognes en le fermant la nuit (de 20h à 8h) du 23 juin au 13 septembre 2014.
C’est une aberration quand on sait que les urgences de Valognes couvrent, en cette période estivale, toutes les zones touristiques du Cotentin, de la côte Ouest à la côte Est.
Encore une fois la logique comptable est mise en avant pour justifier ce projet. (économiser sur les personnels médicaux intérimaires et paramédicaux)
Lors de la réunion de présentation du projet par la direction, le 5 juin, les personnels de ce service, ont fait une déclaration commune pour montrer leur colère et leur opposition à ce projet et ont quitté la salle :

« Nous voilà une nouvelle fois sacrifiés sur l’autel du mépris. On commence à en avoir l’habitude. Après la maternité, la chirurgie, le laboratoire, la cuisine, la blanchisserie, l’HAD, la pharmacie… vient le tour des urgences. Certes l’amputation n’est que partielle, mais nous ne sommes pas dupes. C’est la fermeture pure et simple qui se profile à l’horizon. Aujourd’hui, nous sommes venus en noir, la couleur du deuil, car il s’agit bien d’un enterrement auquel nous assistons. C’est pourquoi, nous allons quitter cette pièce en silence par respect pour le mourant. Vous avez choisi le 23 juin, journée du don d’organes, sachez que nous ne sommes pas encore en état de mort cérébrale et que nous nous battrons jusqu’au dernier soupir. »

Afin de soutenir le personnel des Urgences de Valognes dans cette lutte, l’intersyndicale CGT FO UNSA appelle à une journée de grève et d’action
le vendredi 13 juin 2014 à 10h
en demandant aux personnels du CHPC, aux usagers et à la population du Cotentin de venir les soutenir
devant le Centre Hospitalier de Valognes
Un préavis de grève a été déposé.
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Ciné-Débat Granville : 16 juin 2014

Publié le 9 Juin 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces

CINE DEBAT GRANVILLE
 
vous invite à venir nombreux
 
A SA DERNIERE PROJECTION AVANT L'ETE
 
MY SWEET HOOLIGAN
un film documentaire de Jean-Marie VINCLAIR
 
LUNDI 16 JUIN 2014
20h15
 
Cinéma Le Sélect
GRANVILLE
 
Tarif unique : 5 €
 
 
Trois ans de la vie du groupe de musique Saint-Lois "LES LANSKIES"
 
 
 
ATTENTION : le film commencera à 20h30 précises après la présentation de la soirée
 
 
Le film sera suivi d'un débat
avec la participation de Jean-Marie VINCLAIR, le réalisateur du film.
 
Et la soirée sera enrichie d'un mini concert !
"Patrick CANY et les Botanistes"
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Granville terre et mer : Hopital en danger !

Publié le 6 Juin 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé

Bonsoir/jour à toutes/tous,

H O P I T A L   E N   D A N G E R
pour décider des actions à mener pour maintenir le site de Granville du Centre Hospitalier Avranches/Granville,

La coordination pour la défense de l'Hôpital de Granville
dont le Front de gauche est partie prenante

vous invite à un Atelier Citoyen
Mardi 10 juin à 18h30
Salle de convivialité, rue des pas à Yquelon (derrière centre commercial L.)



Lundi 2 juin, il y avait 200 personnes (on a compté les chaises) au débat citoyen sur le devenir de l'Hôpital de Granville, salle de Hérel. (cf article en pièce jointe)
Un compte-rendu du débat sera diffusé en fin de semaine sur le blog des ateliers citoyens http://atelierscitoyensgranvillais.blogspot.fr/

Ce jeudi 5 juin, un Conseil Communautaire de Granville Terre et Mer (GTM) s'est tenu, et il a été question de l'hôpital :
- Une motion a été votée à l'unanimité des élus délégués communautaires pour réclamer à l'ARS l'embauche de médecins cardiologues. MAIS :
- le "pool" d'élus prévu lundi soir se réduit à peau de chagrin : il n'y aura que Jean-Marie Sevin (Président de GTM) et Dominique Baudry (Maire de Granville, Vice-Présidente GTM et Présidente du Conseil de surveillance de l'Hôpital Granville-Avranches) à aller voir l'Agence régionale de Santé (ARS)
- les usagers ne sont pas désirés pour les accompagner à l'ARS
- Par contre, D. Baudry a demandé au Dr Montécot de les y accompagner.

C'est inacceptable ! L'Hôpital est un service public ! Le notre, à toutes et tous : les usagers doivent être représentés à cette délégation !

Soyons nombreux mardi 10 juin à 18h30 à Yquelon (Salle de convivialité derrière centre commercial L.) pour déterminer quelles actions mener !
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Finalement, ce sera 14 !

Publié le 5 Juin 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Réforme territoriale

EnsembleCommuniqué de Ensemble.

 

 

 

 

Toute la journée du lundi 2 juin, le nombre de régions a varié selon l'humeur du président de la République et des coups de téléphone, comme en plein remaniement ministériel.

 

Sauf que c'est l'ensemble de l'architecture administrative, l'organisation du territoire, et le rapport aux citoyens que le président veut trancher d'un coup de crayon.

Projet autocratique qui ne prend en rien en compte les communautés de destin nées d'histoires communes, de langues et cultures partagées.

 

En pleine crise d'orthodoxie libérale, comme hier sur les retraites hier et demain, sans doute, sur les seuils sociaux, le président va plus loin encore que la droite dans la remodelage de la société française pour ancrer durablement les politiques initiées par le gouvernement Sarkozy : autoritarisme, disparition de la solidarité nationale, suppression de l'égalité entre territoires.

 

Car en réalité, il s'agit bien d' « adapter » la France à la compétition mondialisée, en affichant comme objectif à la réforme l'organisation d'espaces de taille à « rivaliser » avec les autres régions européennes. En cohérence avec les métropoles qui concentreront activité économique et financière au détriment des autres territoires.

 

En voulant doter ces entités régionales de compétences exclusives, notamment développement économique, transports emploi, …, le gouvernement socialiste confirme son abandon de tout rôle aménageur et redistributeur de l'Etat. Car au passage, les départements, acteurs essentiels de la solidarité nationale (au travers du RSA, de l'APA, de la PCH) seront supprimés, sans que l'on sache qui assurera leurs missions.

 

Enfin, cette réforme est menée dans un total déni de démocratie. Au lieu de réformer les territoires dans une logique de guerre économique, c'est la démocratie française qu'il faut radicalement refonder, c'est aux aspirations sociales de la population qu'il faut répondre !

 

Alors que des sondages montrent que plus de 80% des français rejettent le redécoupage présidentiel, François Hollande a choisi de passer en force.

Une telle réorganisation de l'organisation administrative ne peut se faire sans consultation des citoyens !

De ces nouvelles régions, couplées à la disparition des départements, à l'avenir incertain des intercommunalités et à l'asphyxie financière des communes continueront d'éloigner inexorablement le citoyen de la décision politique !

 

Sur tous ces sujets, Ensemble ! réclame un référendum immédiat !

Face à l’accélération de la crise sociale et politique, contre la finance et l'austérité, « Ensemble ! Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire » appelle toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés le 12 avril dernier à poursuivre le travail d'élaboration d'alternatives à l'austérité, pour le droit au logement, l'égalité des droits et la 6è république, la transformation sociale et écologique !

Le 4 juin 2014.

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L'hôpital de Granville une nouvelle fois menacé

Publié le 29 Mai 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé

Nous vous invitons à la réunion publique/débat
sur l'avenir de l'Hôpital de Granville
Lundi 2 juin à 20h30, salle de Hérel à Granville
à l'initiative de la Coordination pour la défense de l'Hôpital de Granville
dont le Front de gauche est partie prenante

  

Petit historique de l'Hôpital de Granville sur le blog des Ateliers citoyens granvillais

L'Hôpital de Granville fut inauguré en 1982.
1992 : fusion sous la forme d'un seul centre hospitalier Avranches/Granville.
Malgré la résistance de la population avec le Comité des Usagers pour la Défense de l'Hôpital depuis 1994, on a assisté à une successsion de fermetures de services à Granville.

Après validation du projet d'établissement 2008/2013, dans un souci d'équilibre Avranches/Granville les services de médecine sont à Granville et la chirurgie à Avranches.
La construction de 80 lits sur le terrain de l'hôpital pour le Normandy, Centre de Rééducation fFonctionnelle était justifiée par la nécessité d'un service de cardiologie et pneumologie Une unité de réadaptation cardio-pulmonaire est souhaitée dans le cadre d'un partenariat public/privé.

Dans le projet 2013/2018, il est question à nouveau, de détricoter le site de Granville en réunissant les deux services de cardiologie à Avranches sans justification médicale:
fermeture du service de cardiologie à Granville.
Difficulté de recrutement de praticiens hospitaliers, départ de certains nécessitant le recours massif à l'intérim médical, grévant le déficit budgétaire de 4M€
Manque de dialogue social, absence de réflexion pour améliorer l'attractivé des médecins.

La réunion du 2 juin à 20h30 Salle de Hérel à Granville a pour objectif d'informer les élus et la population de cettte situation.

pour la Coordination pour la défense de l'Hôpital de Granville,
Marie-T. Petit-Signe
--
(si vous voulez communiquer vos réflexions, exemples, liens, données... aux autres participants et contacts des ateliers citoyens, vous pouvez nous écrire à cette adresse et nous transmettrons à tout le monde)

Images intégrées 1
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3 raisons de ne pas s'abstenir

Publié le 24 Mai 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Europe

 
 Nous voilà maintenant à 2 jours de l'élection européenne, ce dimanche 25 mai.

 

N'hésitez pas à faire circuler ce message auprès de vos amis et contacts .....
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Austérité en Grèce : les chiffres du désastre

Publié le 22 Mai 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Austérité et dictature financière

  Regards 20 mai 2014

Infographie. Chômage, pauvreté, économie en berne, dépression(s)… Dans quel état est la Grèce après le passage du tsunami de l’austérité ? Réponse en quelques données qui donnent une idée de ses ravages, mais aussi de qui en fait les frais.


"Un pays qui vient de sortir d’une guerre destructrice ou d’un grand krach économique"  : c’est en ces termes que le site francophone d’actualités grecques okeanews.fr, qui les a compilés, qualifie les indicateurs économiques du pays. Nous avons retenu quelques-unes de ces données pour les rassembler dans ce résumé de la situation économique et sociale, c’est-à-dire des effets de la purge imposée par la Troïka Commission européenne-Banque centrale européenne-Fonds monétaire international. Des institutions férues de chiffres, mais qui préféreraient probablement ne pas considérer ceux-ci – sans même parler de leur capacité à imaginer la façon dont ils affectent des millions de vies humaines.

Alors que les sondages anticipent une poussée de la gauche radicale dans les pays les plus en crise, les élections locales en Grèce ont été marquées par une forte progression de Syriza. Enfin une évolution politique obéissant à quelque logique.

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Alexis Tsipras, meilleur espoir européen

Publié le 16 Mai 2014 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Europe

Par Rémi Douat| 15 mai 2014
Alexis Tsipras, meilleur espoir européen
 

Portrait. Jeune, souriant, Alexis Tsipras incarne déjà pour les Grecs l’alternative à la Troïka qui les étreint. Il porte les couleurs de la gauche européenne pour l’élection du président de la Commission européenne. Le parcours d’un homme radical aux portes du pouvoir dans son pays.


3  février. Siège du Parti communiste français. La coupole dessinée par Oscar Niemeyer est comble. Ce soir on joue à guichets fermés et un écran de retransmission a même été installé dans le hall pour que tous puissent voir la star. Alexis Tsipras, vient de terminer son discours de candidat à la présidence de la commission européenne. Parmi ceux qui se pressent pour l’applaudir, on croise Susan George, Étienne Balibar, Bernard Thibault… Et Jacqueline Tesson. Ivryenne, elle a eu envie de «  mettre un visage et une voix sur celui qui a réussi à faire en Grèce ce que nous ne parvenons pas à faire en France  ». «  Vous imaginez  ? poursuit Jacqueline les yeux brillants, un peu comme si le Front de gauche était devant le PS et l’UMP  !  » Comment est-il parvenu à rassembler un camp tout aussi dispersé que la gauche française  ? Comment a-t-il pu gagner la confiance de suffisamment de ses concitoyens pour qu’ils voient en lui une alternative crédible aux pressions de la Commission européenne ou du FMI venus mettre son pays en coupe réglée  ?

Ce soir, une fois encore, Alexis Tsipras argumente avec méthode. D’une éloquence sans emphase, il n’a pas la faconde d’un Jean-Luc Mélenchon. Exit les poncifs journalistiques qui appellent abusivement Tsipras le "Mélenchon grec". Son style  ? Celui d’un mec normal. D’ailleurs même son apparence est ordinaire. Il ressemble à beaucoup des jeunes hommes d’aujourd’hui, cheveux courts, allure sportive, sourire un peu timide. Il circule en moto et ne porte pas de cravate. Malgré l’affluence des grands jours, celle des militants et des journalistes, le leader de la gauche radicale est d’un calme olympien, un calme dont il a su faire une marque de fabrique. Ton neutre, maîtrise de soi et amabilité courtoise font désormais partie du personnage. Égal à lui-même en toutes circonstances, la forêt de micros et caméras qu’il ne manque pas de provoquer à chacun de ses déplacements en France ne semble pas vraiment l’impressionner. Il maintient d’ailleurs ses distances avec les médias, triant sur le volet et selon des critères mystérieux les deux ou trois journalistes qui pourront lui parler lors de son passage à Paris.

En plus d’être normal Alexis Tsipras serait sympa. C’est en tout cas ainsi que le voit Philippe Marlière auteur de La Gauche radicale en Europe (éd. du Croquant)  : «  Il est authentiquement chaleureux et sympathique.  » «  Tsipras  ? You get what you see, anglicise Stathis Kouvelakis, enseignant chercheur en philosophie politique et proche d’Alexis Tsipras. Il a l’air simple et gentil  ? Il est simple et gentil. Il n’est pas pompeux comme bien d’autres dans la vie politique grecque et française où le moindre dirigeant, fût-il de la gauche radicale, se comporte parfois comme un petit marquis. Il possède des qualités humaines très inhabituelles pour un homme politique. Il est facile d’accès et il a une grande capacité d’écoute qui tranche avec nombre de représentants politiques. Certains lui en font même parfois le reproche arguant qu’il est trop souple ou trop influençable.  »

Un grec moderne

Résumons. Sympa, normal, gentil. Le gendre idéal en quelque sorte. Mais comment est-il parvenu à se faire un nom qui claque comme une menace pour les argentiers européens  ? Il ne porte pourtant pas un patronyme célèbre qui ouvre les portes. Il n’est pas issu d’une dynastie politique comme la Grèce aime à en assurer la pérennité. Il tranche même avec la vieille classe politique, bien loin des caciques dinosoresques du Pasok, à côté desquels Hollande est un symbole de modernité. «  Le Pasok apparaît aujourd’hui complètement hors-sol, confirme Philippe Marlière. C’est un parti de notables coupés des réalités.  » Lui ne vient pas de ce milieu fermé. Son père est un entrepreneur du bâtiment et il mène une jeunesse athénienne ni cossue ni pauvre. Il fait des études d’ingénieur et commence sa vie professionnelle dans l’entreprise de papa. Mais il avait déjà bu le calice de la passion politique. Né quatre jours après la chute des colonels, en juillet  1974, il grandit dans le chaudron des débats politiques. Comme beaucoup de jeunes grecs c’est au lycée qu’il se pique de combat d’idées. Il adhère à la jeunesse communiste. «  Il est à l’image de son parcours, analyse Philippe Marlière. La matrice est communiste, à laquelle il a ajouté des problématiques contemporaines telles que le féminisme et l’environnement.  »

Quand la crise a commencé à frapper durement son pays, il s’est investi dans le mouvement des Places. Avec toute une génération il a occupé Syntagma, la grande place centrale d’Athènes face au parlement grec pour s’opposer à la purge d’austérité et exiger une démocratie directe. «  Aujourd’hui, c’est toute une population qui se radicalise et se trouve séduite par Alexis Tsipras. En un mot, il est moderne. Ne serait-ce que par son très jeune âge. Accéder à de telles responsabilités si jeune est impensable   », poursuite Philippe Marlière. Il prend la tête de Syriza à 37 ans et devient le plus jeune dirigeant de parti jamais désigné en Grèce. «   Syriza a longtemps été un parti de jeunes, plutôt urbains, analyse Stathis Kouvelakis. La nouveauté, c’est que les actifs des villes ont déserté le Pasok pour se tourner vers Syriza. Hier encore dominant, le Pasok est aujourd’hui réduit à l’état de groupuscule.  »

Alexis Tsipras était là au bon moment. Il lui fallait une qualité en plus. Une qualité en or  : la ténacité. «  Elle est remarquable  », assure Pierre Laurent, président du Parti de la gauche européenne, et hôte d’Alexis Tsipras au siège du Parti communiste. Il lui en fallait pour unir la grande diversité des forces en présence. Syriza est bâti sur une coalition de traditions politiques différentes, du trotskysme au centre-gauche. Entre la ligne dite réaliste, représentée principalement par les économistes de Syriza et la ligne la plus radicale, Alexis Tsipras marche sur un fil. Mais l’équilibre fonctionne. Encore marginal il y a cinq ans, il est aujourd’hui aux portes du pouvoir. En octobre  2009, Syriza ne réunit que 4,6 % des électeurs et 13 députés à la Vouli, le parlement grec. Le 6  mai 2012, lors des législatives anticipées, Syriza fait une percée et rafle 16,8 % des suffrages et 52 sièges à la Vouli jusqu’à atteindre en juin dernier 26,9 % et 71 députés.

Une aura internationale

À un peuple à genoux, il promet un coup d’arrêt aux politiques d’austérité, un changement de statut de la Banque centrale européenne et une annulation partielle de la dette. En d’autres termes, on rebat les cartes et on propose un «  New deal  » à l’échelle européenne permettant de faire redémarrer la croissance. Son ennemi principal est aussi devenu celui d’une majorité de Grecs. Il porte le nom de Memorandum, cet accord passé entre le gouvernement grec et ses créanciers de l’Union européenne et du FMI. En échange d’un prêt de 130  milliards d’euros, la Grèce s’engage à réduire ses dépenses. À Bruxelles, on appelle ça un assainissement de la situation financière, dans la vie quotidienne grecque, une asphyxie organisée. Et si la Grèce se voyait refuser un allégement de la dette  ? «  Nous n’hésiterions pas à interrompre les remboursements du pays, si c’est nécessaire pour assurer les besoins de l’économie et de la société grecque  », répond Tsipras. Mais je ne pense pas que cela arrivera.  » Espoir et fermeté, telles semblent être les bases de son succès. «  Les Grecs n’attendent pas d’Alexis Tsipras une révolution, expose Vangelis Goulas, responsable de Syriza France. Mais ils savent qu’il est le seul capable de changer la donne concrètement pour eux. Nous vivons en Grèce dans un climat terrible. En l’espace de trois ans, nous avons reculé de plusieurs décennies, en termes de droits sociaux, de libertés syndicales, de droits de l’Homme ou encore de liberté de la presse.  » Alexis Tsipras donne confiance  : «  Il n’est pas là pour faire de la figuration et entend prendre le pouvoir  », aime à répéter ce militant de Syriza.

C’est donc Alexis Tsipras, 39 ans, à la tête d’un parti en pleine croissance, Syriza, que la gauche radicale européenne a choisi pour porter ses couleurs au printemps prochain. Il sera candidat au poste de président de la Commission européenne. Pour Pierre Laurent, «  cette candidature marque une maturité de la gauche européenne et signe la prise de conscience que le combat pour la transformation se joue à l’échelon européen  ». Pour Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche, «  cette candidature est un événement important. Elle peut produire un appel d’air. C’est un espoir pour la Grèce, mais aussi pour l’Europe entière. L’objectif est de créer une dynamique de résistance  ».

Cette fois encore le timing est bon. Alexis Tsipras a besoin d’entremêler le combat européen et le combat grec. La tenue en mai des élections européennes coïncidera en Grèce avec celles des municipales et des régionales. Elles auront valeur de test. Alexis Tsipras y voit «  un véritable référendum contre le gouvernement du memorandum et de la subordination  ». C’est pour lui une étape vers l’obtention d’élections législatives anticipées en mai 2015 où il compte bien que Syriza sorte en tête. Alors, son leader entrerait à la Villa Maximos,

Le Matignon Grec

Cette candidature à la Commission européenne lui permettra de gagner les galons internationaux qui lui font encore défaut pour gravir les marches de Maximos. Depuis sa tournée européenne, Alexis Tsipras lance aussi un message à ses compatriotes  : l’échelle internationale ne l’impressionne pas. Il n’hésite pas à sortir du débat grec et à entrer dans l’arène européenne. Profitant de son séjour en France, il décoche quelques flèches à François Hollande : «  Les socialistes rejettent leurs mandats progressistes et sont avec Madame Merkel les “co-managers” du consensus néolibéral.  » François Hollande n’apprécie pas. Il n’a pas daigné le recevoir. «  Pour les socialistes français voir le Pasok mourir et voir une gauche radicale prendre sa relève doit être très déstabilisant. Je crois qu’Alexis Tsipras gêne les socialistes français, commente Stathis Kouvelakis. Ce qui se passe en Grèce pourrait se passer en France.  »

La dialectique entre le niveau national et européen, Alexis Tsipras commence à bien la manier. Européen convaincu, il écarte une possible sortie de l’euro et affirme que seul le refus de l’austérité permettrait à l’Europe de rester soudée. Angela Merkel est, dit-il en substance, dans le camp des anti-européens. Ce point de vue pro-européen, il l’articule avec la défense de son peuple à qui il propose de retrouver sa part de souveraineté, d’être à nouveau acteur du destin du pays et pas seulement de le subir. «  Le pays est pris dans l’étau de la Troïka, décrit Stathis Kouvelakis. C’est maintenant un pays sous surveillance.  » «  Se dégager de la pression de la Troïka permettra d’aider vraiment la population qui doit aujourd’hui faire face à une crise humanitaire, affirme Vangelis Goulas. Dans l’approche de Syriza, la dette n’est pas simplement un problème grec. La solution ne peut qu’être solidaire et la renégociation l’objet d’une conférence pan-européenne.  »

Mais en faisant quel compromis  ? La question agite la gauche radicale grecque. Philippe Marlière se souvient de son passage à Londres, il y a un an. Alexis Tsipras faisait alors un discours devant un parterre de décideurs à la London Shools of economics  : «  Selon moi, il a opéré un recentrage à ce moment-là, précise Philippe Marlière. J’ai trouvé qu’il avait lissé son discours et s’écartait du lexique traditionnel de la gauche radicale.  » À l’annulation pure et simple de la dette, il substitue la «  renégociation de la dette  ». Peu après, Alexis Tsipras s’envole pour Washington. Il fait un discours devant la Brooking Institution, un think tank libéral  : «  J’espère vous avoir convaincu que je ne suis pas aussi dangereux que certains ne le pensent  », dit-il en conclusion. La phrase reste en travers de la gorge des plus à gauche de la coalition qui justement, entend bien être dangereuse pour le capitalisme.

«  La partie est tendue, estime Stathis Kouvelakis, car Alexis Tsipras doit montrer qu’il est prêt à prendre le pouvoir tout en n’abandonnant pas le créneau de la radicalité. Il ne doit pas oublier que c’est ce créneau-là qui a permis son succès.  » Tout en sachant que, si les électeurs attendent un changement, souhaitent-ils pour autant une rupture  ? Un récent sondage publié en Grèce révèle que 75 % des électeurs de la gauche radicale pensent que Tsipras ne reviendra pas sur le Memorandum. «  On n’est pas aujourd’hui en Grèce dans le romantisme des lendemains qui chantent, explique Stathis Kouvelaki. C’est un peuple à genoux chez qui l’idée prévaut aujourd’hui qu’il faut essayer la gauche radicale de Syriza.  »

Si le succès politique est l’affaire d’une rencontre réussie entre un homme, un peuple et une époque, Alexis Tsipras a toutes les chances d’être au rendez-vous.

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