Par Maud Vergnol Lundi, 22 Septembre, 2014
"Cité dans une dizaine d’affaires et mis en examen pour corruption active et trafic d’influence, celui qui prétend vouloir « protéger » les Français pense surtout à lui-même, et à sa principale motivation, inavouable, d’échapper à la justice. Alors qu’est-il arrivé à la démocratie française pour que le récidiviste en chef et sa bande organisée puissent envisager à nouveau de diriger le pays ?"
L’épilogue de l’insupportable feuilleton du retour de Nicolas Sarkozy, concocté dès le lendemain de sa défaite en 2012, s’est finalement joué hier soir sur le plateau de la télévision publique. La mise en scène sacrificielle, calquée sur le mythe bonapartiste du retour de l’île d’Elbe, était parfaitement calibrée. Ainsi donc, le multimillionnaire, heureux en ménage et comblé par ses activités lucratives au Qatar, renoncerait à la belle vie par « sens du devoir ».
Mais le scénario s’avère vite indigent, tant la crédibilité de l’ancien locataire de l’Élysée est écornée. Son nouveau credo ? Imposer sa personne plutôt que ses idées. Car sa marge de manœuvre idéologique est mince, lui qui a tout essayé, de la révolution néoconservatrice au retour du discours gaulliste, qui osa invoquer Jaurès et Guy Môquet en 2007, avant de leur préférer Charles Maurras, et de dérouler le tapis rouge à l’extrême droite.
Cité dans une dizaine d’affaires et mis en examen pour corruption active et trafic d’influence, celui qui prétend vouloir « protéger » les Français pense surtout à lui-même, et à sa principale motivation, inavouable, d’échapper à la justice. Alors qu’est-il arrivé à la démocratie française pour que le récidiviste en chef et sa bande organisée puissent envisager à nouveau de diriger le pays ?
L’échec de la politique de Hollande et son entêtement à rester dans les clous austéritaires offrent une fenêtre de tir inespérée à l’ancien président des riches. De son côté, bien qu’il s’en défende comme un beau diable, le couple Hollande-Valls se frotte les mains du retour de son meilleur ennemi, apte à réanimer le clivage gauche-droite et à effacer son propre coup de force libéral. Alors on aurait tort de prendre ce remake indigeste à la légère. Car il signe aussi celui d’un bipartisme mortifère, qui enferme le débat politique dans le présidentialisme, relègue les grands choix de société derrière les tambouilles politiciennes, et tente de condamner le peuple de gauche à attendre gentiment 2017.
La guerre contre la santé solidaire,ou dit autrement, la guerre pour la marchandisation et la privatisation des profits des secteurs rentables de la santé et pour la socialisation des pertes des secteurs non rentables pour les actionnaires, est entrée dans une phase cruciale. Rappelons que les dépenses de santé représentent 11,1% du PIB. Les prédateurs ne se cachent plus pour attaquer la santé et l'assurance-maladie, ils disent ce qu’ils font et font ce qu’ils disent. De Warren Buffet, deuxième homme le plus riche du monde, jusqu’à Denis Kessler, actuel président de la SCOR, en passant par Guillaume Sarkozy, le patron de Médéric Malakoff, tous assument ouvertement cette guerre. Devant cette offensive unie et bien organisée, y-a-t-il une résistance à la hauteur des enjeux ? Que nenni ! La confusion règne. Beaucoup sont ins- trumentalisés par les prédateurs y compris des dirigeants politiques et des organismes complémentaires. Bien qu’il ait eu une accélération de la prédation décrite à partir de 2002 avec même un passage en turbo depuis la dernière présidentielle, il sera montré que cette logique prévaut depuis au moins 43 ans (depuis les ordonnances de 1967) et que les gouvernements de gauche ne l’ont guère enrayée et que la gauche elle-même a aussi mis la main à la pâte à ce processus. Le livre se termine par une proposition alternative d'un nouveau système solidaire de santé et d'assurance maladie et appelle à une insurrection des consciences.
A gauche !
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