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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Nous exigeons de connaître l'utilisation des nouvelles recettes de la CSG

Publié le 9 Février 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage

Depuis le mois de janvier 2018, nous payons tous un surplus de CSG de 1,7%. Au total, ce sont plus de 20 milliards d'euros supplémentaires qui vont rentrer dans les caisses de l'Etat. Le "trou de la sécu" étant en 2017 d'environ 4 milliards d'euros, le problème devrait normalement être résolu ! Mais à quoi seront alors affectés les excédents de la cagnotte, c'est "là qu'est l'os". Selon les affirmations du gouvernement, ces sommes doivent compenser les baisses de charges pesant sur le travail, en basculant une partie du financement de la protection sociale vers la CSG.  Mais ces compensations doivent se faire en deux temps, janvier 2018 et automne 2018. Quant à la suppression de la taxe d'habitation, ça va prendre trois ans. Donc comme une banque, le gouvernement va "placer" l'argent perçu dès janvier 2018 mais nous le redistribuera, si ça arrive, au compte-goutte !

Nous devons absolument savoir à quoi l'argent va servir puisque c'est nous qui payons ! 

Le prélèvement de cette nouvelle CSG est en lui-même injuste puisqu'il discrimine certains groupes de français et renvoie aux oubliettes la notion d’égalité chère à notre République.

Retraités, fonctionnaires et salariés du privé ne sont pas traités de la même façon. Certains toucheront une compensation du prélèvement à différents niveaux, d'autres rien (retraités). "Diviser pour mieux régner", monter les gens les uns contre les autres en créant des inégalités de "classe", c'est la politique de nos gouvernements successifs !

Rappelons que la CSG (Cotisation sociale généralisée) a été mise en application en 1991 et était destinée au financement de la protection sociale suite à la faillite de la Sécurité sociale. Elle ne devait durer que 5 ans !

Ses revenus étaient donc affectés à l'assurance maladie, aux retraites (!), aux prestations familiales, à la perte d'autonomie et au remboursement de la dette sociale (trou de la sécu) qui, soit dit en passant, a été couvert en plus par la CRDS (Contribution à la réduction de la dette sociale) en 1996. La situation ne s'est jamais améliorée et aujourd'hui, on nous demande de payer encore plus, toujours plus.

Le gouvernement a par ailleurs évoqué l'idée que les prélèvements supplémentaires sur les retraites pourraient aller à l'aide aux jeunes dans le cadre d'une solidarité inter-générationnelle.

Nous ne contestons pas le fait que les plus aisés doivent, par solidarité, aider les moins chanceux, mais nous devons nous interroger sérieusement cette fois sur l'utilisation de cet argent.

Pour beaucoup, ce sont plusieurs centaines d'euros supplémentaires qui vont partir annuellement dans cet impôt. Il est donc normal que nous puissions savoir comment cet argent va être utilisé.

Il est hors de question que ces sommes, qui vont être très importantes (22,6 milliards d'euros), aillent, une fois de plus au remboursement de la dette de l'Etat ou à l’enrichissement de nos élus et du système politique.

Nous exigeons donc de nos élus parlementaires, députés et sénateurs, de nous informer sur l’utilisation de cet argent !

Nous pouvons faire un courrier à notre député de circonscription et/ou à notre sénateur

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Linky 501 communes les refuses, pourquoi ? Conférence débat 22 février à Avranches

Publié le 6 Février 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Résistance

 

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Un big bang annoncé dans la fonction publique

Publié le 2 Février 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Services publics

Un big bang annoncé dans la fonction publique
Mani festation des agents publics, le 10 octobre 2017, à Bordeaux. J. Demarthon/AFP - R. Duvignau/Reuters

Réforme. « Atteinte frontale », « stupéfaction », « dynamitage de la fonction publique » : les syndicats réagissent vivement aux annonces surprises du gouvernement, qui propose un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires et l’usage accru de contractuels.

«Un plan de départs volontaires » dans la fonction publique : la formule est explosive, et la déflagration provient alors même que le grand chantier de réflexion pour la transformation de l’action publique commence à peine. Jeudi, au sortir du premier comité interministériel qui devait enclencher une réflexion dans les ministères jusqu’en avril sur des réformes structurelles, le ministre de l’Action et des Comptes publics a lâché la bombe tout en tentant d’atténuer son effet : « Il ne s’agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s’agit d’adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics », a assuré M. Darmanin. Pour autant, Édouard Philippe a ajouté vouloir étendre « largement » le recours aux contractuels, et développer davantage la rémunération au « mérite » des fonctionnaires. Une provocation, une semaine après la lettre de 8 des 9 organisations syndicales de fonctionnaires réclamant l’ouverture d’une concertation en vue d’un nouveau plan de titularisation des agents contractuels.

« C’est hallucinant, a réagi Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’union fédérale des syndicats de l’État CGT. Ces annonces sont une atteinte frontale à la fonction publique. Rappelons le contexte : le 10 octobre 2017, l’ensemble des organisations syndicales de la fonction publique avaient appelé à la grève ; dernièrement, il y a eu des luttes sectorielles importantes, avec la mobilisation historique de l’administration pénitentiaire, le mouvement dans les Ehpad, etc. Et maintenant, nous apprenons par voie de presse, à la sortie de ce comité, un “plan de départs volontaires”, une rémunération qui sera plus individualisée et un recours aux contrats largement étendu pour les métiers qui ne relèvent pas “d’une spécificité propre aux services publics”. » « C’est la stupéfaction, confirme Philippe Soubirous (FO), on apprend par voie de presse un certain nombre d’orientations du gouvernement alors que cela n’était pas à l’agenda social. Ils veulent dégrader les services publics et transférer les missions au privé. Or, c’est au Parlement qu’un débat doit avoir lieu pour savoir si nos écoles, nos hôpitaux, nos services doivent être publics ou privés. » Pour l’Union syndicale Solidaires, il s’agit d’un « dynamitage de la fonction publique », car « la gestion des personnels sera traitée sans attendre les annonces structurantes, qui seront dépendantes du rapport du comité d’experts et des réflexions menées actuellement au sein des ministères pour déterminer quelles missions ils gardent et quelles missions ils jettent ». Le gouvernement a également annoncé vouloir « un dialogue social plus fluide et recentré sur les enjeux les plus importants, sur le modèle de ce qui a été fait dans le cadre des ordonnances “Travail” ». Un « modèle » de dialogue social que n’avaient pas vraiment apprécié les syndicats, descendus pour la plupart le manifester dans la rue. Une nouvelle décision unilatérale qui passe d’autant plus mal que les élections professionnelles auront lieu en décembre de cette année.

Depuis le lancement, en octobre, de son programme « Action publique 2022 », le gouvernement a prétendu organiser commissions, forums régionaux et chantiers transverses pour « moderniser » en discutant et concertant. Mais la méthode ne convainc pas. Ni les formules avancées par le ministre Darmanin, assurant en octobre vouloir simplement « améliorer la qualité de service » et « offrir un environnement de travail modernisé aux agents ». Car, une note interne a révélé un objectif bien plus pragmatique. Le 27 septembre 2017, le premier ministre s’adressait aux secrétaires généraux de ministères avec des objectifs clairs et chiffrés : « Pour l’État et des opérateurs, 10 milliards d’euros d’économies à documenter pour 2020-2022, en supplément des mesures qui seront mises en place d’ici à 2019, et plus de 37 000 ETP (équivalents temps plein – NDLR) à supprimer sur la même période pour atteindre l’objectif de - 50 000 ETP sur 2018-2022. » Pour les administrations de sécurité sociale, les économies doivent atteindre « 10 milliards d’euros, à trouver sur-le-champ hors objectif national de dépenses d’assurance-maladie » ; pour les collectivités territoriales « 16 milliards d’euros, dont 3 milliards d’euros pour la société du Grand Paris et une réduction de - 70 000 ETP sur la période ».

Édouard Philippe a nommé 34 « experts » au profil homogène

Très vite, tous les syndicats de la fonction publique et des associations comme la Convergence des services publics, portant la parole d’élus, d’associations et d’usagers, ont dénoncé cette réforme construite comme une machine de guerre contre la fonction publique et le service public. Et ce n’est pas la nomination du Comité d’action publique, ou CAP 22, qui les a rassurés. Plutôt que de faire appel aux professionnels du secteur, aux syndicats représentatifs, aux responsables de l’aménagement du territoire, aux associations d’usagers, aux spécialistes de l’environnement ou des transports, Édouard Philippe a nommé des « experts » au profil homogène : 17 des 34  membres ont usé les bancs de l’École nationale d’administration. On y dénombre moult hauts fonctionnaires passés au privé, des créateurs d’entreprises numériques, des dirigeants de fonds d’investissement qui pourraient être intéressés par la privatisation de marchés publics, des anciens de la commission Attali. Celle-ci, en son temps, proposait déjà d’abandonner des missions pour les donner au privé, de diminuer la dépense publique, de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires… Autant de points que l’on retrouve dans la feuille de route actuelle de l’action publique 2022. Même Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux et membre du CAP 22, remarque que « beaucoup de membres de CAP 22 sont de formation économique ou issus du monde financier, ce qui replace chaque discussion sous l’angle financier ». Et, comme le relèvent 7 associations de cadres territoriaux, aucun fonctionnaire territorial n’y siège. Quant à la plateforme numérique lancée en parallèle pour sonder agents et usagers, seules 3 200 contributions y ont été recensées ! Peu de personnes croient encore à ce simulacre d’échanges… Devant cette « tarte à la crème de la concertation », dénoncée par Jean-Marc Canon, l’intersyndicale des fonctionnaires, prévue le 6 février, est plus que jamais d’actualité. Et la volonté de la confédération d’organiser à la mi-mars une grande journée d’action devrait toucher plus d’une organisation.

Journaliste, rubrique social
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Dans le cadre de la journée internationale des droits des Femmes, le comité Manche Droits des femmes, vous invite à son forum

Publié le 1 Février 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Droit des femmes

Réservez dès maintenant !

Dans le cadre de la journée internationale des droits des Femmes, le comité Manche Droits des femmes, vous invite à son forum pour les droits des femmes d’ici ou d’ailleurs

    12 associations et organismes engagé-e-s pour la défense des droits des femmes: contraception, accompagnement des victimes de violences, lutte pour l’égalité professionnelle, accueil et aide aux migrant-e-s, lutte contre le sexisme, le racisme

    10 artistes féministes : théâtre, chansons, caricatures, dessin, photos, sculptures…

     5 auteures, libraires, rédactrices de revues,

Vous accueilleront dans cet espace de rencontres, d’échanges et de débats pour découvrir « le féminisme dans tous ses états »

Samedi 10 mars, de 14 à 18 heures salle Saint Nicolas

Rue Marine-Dunkerque à Granville

Entrée : 2 euros (une boisson comprise) pour les adultes

 
 
Faites connaitre notre action, transférez nos informations
 et notre adresse mail à vos réseaux:

visitez et faites visiter notre page Facebook ICI

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Assemblée Générale du comité Manche droits des femmes

Publié le 30 Janvier 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Droit des femmes

 

 

 

 

Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous inviter à notre assemblée générale qui se tiendra :
le vendredi 16 février 2018 à 17h30
Salle R1, mairie de Coutances
Pour le comité,
La présidente
Chantal Tambour
 
Faites connaitre notre action, transférez nos informations
 et notre adresse mail à vos réseaux:

visitez et faites visiter notre page Facebook ICI

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URGENT INVITATION A LA CREATION DU COLLECTIF D'USAGERS DE DEFENSE DES USAGERS DES GARES DU SUD MANCHE

Publié le 27 Janvier 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Services publics

URGENT INVITATION A LA CRÉATION DU COLLECTIF D'USAGERS DE DÉFENSE DES USAGERS DES GARES DU SUD MANCHE

Comme vous le savez certainement, les guichets des gares d'Avranches et Villedieu doivent fermer définitivement fin mars 2018, donc il y a URGENCE à réagir.

C'est un recul énorme du service public dans le Sud Manche qui n'est déjà pas bien desservi par le transport ferroviaire, et un recul supplémentaire de l'emploi sur notre bassin d'emploi..

C'est pourquoi nous proposons de créer un Collectif de défense des gares du Sud Manche le plus large possible afin de pouvoir peser sur ces décisions injustifiées au sens du Service Public.

Nous vous convions donc le vendredi 2 février 2018 à 20h30 au café solidaire le Ti'Boussa rue de la Liberté à Avranches à la réunion de mise en place du Collectif, afin d'organiser une réunion publique la semaine suivante et définir un plan d'action pour empêcher les fermetures des guichets.

Nous comptons sur votre présence afin d'être ensemble le plus fort possible.

Merci de répondre à ce mail afin d'organiser la logistique.

Ci joint un communiqué à diffuser autour de vous par vos réseaux.

On lâche rien!!
 

Union Locale CGT d'Avranches
2 rue Boudrie
50300 Avranches
tél: 02 33 58 33 30
mail: ulcgtavranches@orange.fr
permanences les samedi de 10h à 12h
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Inondations : Stop à la bétonisation !

Publié le 27 Janvier 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Environnement

Inondations : Stop à la bétonisation !

Pour un moratoire sur la construction de nouvelles zones commerciales !


Les inondations qui touchent notre pays sont de plus en plus fréquentes. Et il serait faux de croire que les aléas climatiques soient la seule explication !

L’artificialisation des terres agricoles imperméabilise plusieurs dizaines de milliers d’hectares chaque année en France. Chaque minute, ce sont environ 1000 m² de terres généralement agricoles qui sont recouvertes sous du bitume ou du béton !

Tous les 7 ans, la surface d’un département est ainsi artificialisée.

Généralement situés en périphérie urbaine, ces espaces servaient de zones tampon et permettaient une régulation hydrique qui fait défaut aujourd’hui.

La France compte 807 centres commerciaux s’étalant sur plus de 17 millions de m². Parce que « trop n’est jamais assez », ce sont près de 77 nouvelles grandes surfaces qui pourraient sortir de terre en 2018.

Or, selon un sondage exclusif* mené par l’IFOP pour le compte d’Agir pour l’Environnement, 92% des personnes consultées estiment que la France est suffisamment dotée en hypermarchés, notamment en périphérie urbaine.

Chaque année, une bien peu transparente « Commission Nationale d’Aménagement Commercial » valide entre 2 et 3 millions de m² supplémentaires d’espace commercial ! Entre 2010 et 2016, le pourcentage d’autorisations se situe invariablement entre 88 et 90%.

Nous payons aujourd’hui des décennies d’incurie. Selon l’agronome Jacques Caplat d’Agir pour l’Environnement, une terre bien structurée et riche en matières organiques, c’est-à-dire en petites racines, en humus, en vers de terre, absorbe 100 mm d’eau par heure (jusqu’à 300 mm dans certains cas) !

Il est grand temps d’adopter un moratoire sur la construction ou l’extension de nouvelles surfaces commerciales situées en périphérie urbaine.

SIGNEZ LA PÉTITION !


* L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus entre les 9 et 10 janvier 2018

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Un message du Comité de défense de l'hôpital public de Granville

Publié le 26 Janvier 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé, Luttes

Le comité appelle à participer aux rassemblements organisés par les salariés des EHPAD et à les soutenir.

Un rassemblement est prévu mardi 30 janvier à Saint-Lô à 14 heures devant le conseil départemental

 

Covoiturage au départ de Granville : rdv parking du stade Dior à 13 h

 

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Vent de grogne dans les hôpitaux

Publié le 25 Janvier 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé

Le service public est au bord de l’épuisement. Urgences engorgées, personnels fatigués : les hôpitaux souffrent, les conflits sociaux explosent. Ces derniers jours, la révolte s’est étendue sur les réseaux sociaux à travers le hashtag « #BalanceTonHosto ».

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La Sécu dévoile à des employeurs les motifs d'arrêt de travail de leurs salariés

Publié le 25 Janvier 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé

La Sécu dévoile à des employeurs les motifs d'arrêt de travail de leurs salariés

Pour lutter contre l'absentéisme, l'Assurance maladie lance une expérimentation hardie. Elle dévoile aux entreprises des données que l'on pensait secrètes.

Il y a des entreprises qui, aux yeux de l'Assurance maladie, présentent un niveau d'absentéisme "anormal": quatre fois plus d'arrêts de travail que leurs consoeurs de leur secteur dans la même région. Pour les faire revenir dans le droit chemin, elle a lancé une expérimentation inédite: les alerter sur leur score record, tout en les informant sur les motifs d'absences de leurs salariés. Entretien avec Laurent Bailly, responsable du département des services aux assurés, en charge du programme.  

Pourquoi cette expérimentation, qui a donné lieu à des premières visites d'entreprise en novembre et décembre 2017?  

L'entreprise connaît son taux absentéisme, mais n'a pas de point de comparaison avec ses concurrents. Lui apporter ces informations peut la "challenger". Et lui faire amorcer une réflexion sur ses conditions de travail, puisqu'on sait qu'il y a une corrélation entre ces dernières et le nombre et la durée des arrêts. Pour encourager la prise de conscience, nous convertissons les absences en coût direct (valeur des salaires versés) et en coûts indirects (nous renvoyons à des études ayant calculé que ceux-ci atteignent un à quatre fois les coûts directs).  

REPORTAGE >> "Elle est en arrêt maladie, on la découvre radieuse sur Facebook, à Deauville" 

Mais vous allez aussi plus loin en divulguant à l'entreprise les motifs des arrêts de travail de ses salariés...  

Effectivement. En cas de contrôle de l'assuré, le motif de l'arrêt est codifié, nous disposons donc de l'information. En l'absence de contrôle, nous parvenons à reconstituer la pathologie à partir des consultations et des remboursements de médicaments. Par exemple, si le salarié a vu un psychiatre et pris des antidépresseurs, on peut en conclure qu'il a été arrêté pour dépression. Ce sont des algorithmes qui font le travail. Ils ont été développés à l'origine par le service du contrôle médical, pour essayer de mieux prévoir les contrôles en fonction des pathologies.  

Et le secret médical, dans tout cela? 

Toutes les données sont analysées avec les médecins conseils et les Carsat (caisses retraite et santé au travail), et on s'assure qu'il n'est pas possible, même de manière indirecte, de tracer les personnes. Par ailleurs, nous nous focalisons uniquement sur les établissements de plus de deux cent salariés. Dans les plus petites sociétés, l'employeur pourrait trop facilement établir un lien évident avec tel ou tel collaborateur. Les partenaires sociaux nous ont donné le feu vert pour cette expérimentation, convaincus par les garanties de secret médical que nous leur avons apportées.  

Qu'en dit la Commission nationale de l'informatique et des libertés?  

Nous n'avons pas de demande d'autorisation à effectuer auprès de la Cnil. Pour l'utilisation de de ces données à titre expérimental, nous sommes couverts par des décrets qui permettent une simple déclaration de conformité.  

Présentez-vous à l'employeur les motifs des arrêts de façon exhaustive?  

Nous ciblons uniquement les arrêts pour troubles musculo-squelettiques (TMS), les lombalgies (même si elles peuvent relever d'un TMS), et ceux liés aux risques psychosociaux (RPS). Nous laissons de côté les petits arrêts courants (virus, poignet foulé, etc.), ainsi que les affections de longue durée (pour diabète par exemple), qui pourraient parasiter les données d'absentéisme.  

L'employeur n'est pas curieux de savoir à quoi correspondent ces "autres" arrêts? 

Quand ils représentent 30 à 40% des absences, si. Il faudrait qu'on puisse apporter plus d'information, sans pour autant dévoiler les motifs, car il y a plus de risque de trahir le secret médical. Nous pourrions à l'avenir, au moins avertir de l'existence de pathologies assez typées. Ou indiquer s'il s'agit de causes pouvant disparaître en agissant sur la qualité de vie au travail, ou s'il s'agit "juste" de grippes et autres virus.  

Comment avez-vous choisi les premières entreprises à visiter?  

Nous avons regardé les plus gros "atypismes" sur notre tableau, puis avons réalisé un petit mix territorial. Pour l'instant, cinq entreprises ont été visitées, à Amiens, Bourg en Bresse, Marseille, Grenoble et l'une sur la Côte d'opale. Elles relèvent du secteur de l'aide à la personne, du conseil, du gardiennage et de la sécurité. En nombre d'heures d'arrêt de travail, elles se situent à un niveau quatre fois supérieur à celui des entreprises de leur secteur et de leur région. Leur taux d'absentéisme est énorme: 20%.  

Quel accueil vous ont-elles réservé?  

Ce sont les directeurs de caisse qui se déplacent. Ainsi le chef d'entreprise est en face de quelqu'un qui, potentiellement, connaît les mêmes problématiques de gestion des ressources humaines, de management. Le dialogue peut s'instaurer plus facilement que s'il avait en face de lui un "simple" agent. À la prise de rendez-vous, comme prévu, il y a eu des réticences vis-à-vis de l'institution. Dans deux entretiens sur quatre, le dirigeant nous a dit que la durée des arrêts de travail était aussi notre problème. On leur répond que nos actions de contrôles sont conséquentes. Mais du coup, on s'est dit que, la prochaine fois, avant de démarcher l'entreprise, on contrôlerait ses salariés en arrêt au préalable, pour que l'argument ne puisse pas nous être opposé.  

Que ressort-il de ces visites?  

Les dirigeants ont un discours laissant entendre une prise de conscience. On verra au prochain rendez-vous, dans six mois, si des actions ont bien été mises en place. Nous nous positionnons en tout cas dans une logique "d'offre de service" et pas de "contrôle". Nous tenons à disposition les coordonnées des services prévention de la Carsat, au besoin.  

Combien d'entreprises doivent s'attendre à une visite, en 2018? 

Une quarantaine. Nous visons 200 entreprises par an, à terme.  

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