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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

LE COURRIER DES PORTS

Publié le 25 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Granville

Bulletin de l’association pour la Promotion des Ports de Granville

177, rue de la Fontaine – 50400 Granville

Courriel : appg@netcourrier.com Bulletin n° 60 – Août 2017

Imprimé par l’APPG – Bulletin périodique d’information à destination de ses adhérents

Edito

Le 29 mai dernier, le conseil municipal de Granville a entériné un nouveau Plan Local d’Urbanisme qui privatise la majeure partie des terre-pleins portuaires pour y développer du tourisme et de l’immobilier au mépris des activités économiques existantes.

Avec d’autres associations de protection et de sauvegarde de notre espace de vie, nous avons tenté de dialoguer en vain. Durant la procédure de révision, et ce depuis la concertation jusqu’aux conclusions de l’enquête publique, nous n’avons jamais été confrontés à autre chose qu’un monologue.

En faisant une fois de plus le choix exclusif du tout ou rien en faveur du tout tourisme et de l’immobilier sur le port, la municipalité Granvillaise a confirmé qu’elle n’a aucune vision objective des enjeux économiques du territoire. Bien plus, elle méconnaît les activités existantes et montre une absence totale d’ambition pour l’exploitation du potentiel portuaire.

Le prétendu consensus affirmé à grands renfort de déclarations intempestives dans la presse s’est révélé voler en éclats lors du dernier conseil portuaire. L’APPG a même eu droit à des menaces de rétorsion contre ceux qui lanceraient une procédure pour obtenir l’annulation du PLU. La méthode ne nous a ni convaincus ni impressionnés. A défaut d’être entendue, l’APPG avec d’autres associations et une dizaine de particuliers ou professionnels a engagé une ultime démarche avant la procédure contentieuse : un recours gracieux en annulation de cette approbation du PLU est actuellement déposé sur le bureau du maire.

Livrer les quais à l’appétit d’opérateurs privés, c’est obérer définitivement l’avenir économique des ports de Granville, c’est bannir le commerce de fret et asphyxier la pêche professionnelle en les privant des espaces de travail qui leurs sont nécessaires (une copie numérique de ce Courrier des Ports est disponible sur simple demande à appg@netcourrier.com).

Nous demandons à chaque adhérent de porter à la connaissance de son entourage le combat de l'APPG et d'appeler à nous rejoindre.

Questions aux associations

Nous avons rencontré Françoise de Lignac (Association des Amis de l’Anse de Hérel – AAAH) et Catherine De Vos (Vies et Mémoires du Vieux Granville – VMVG) pour leur poser deux questions :

Quelles sont, pour l’essentiel, les raisons qui poussent l’association dont vous êtes présidente, à s’opposer à la révision en cours du PLU de Granville ?

AAAH : Notre association a pour objet de « défendre l’environnement dans tous ses aspects, en matière notamment d’urbanisme, d’architecture et de défense des sites bâtis et naturels ». Le nouveau règlement et le nouveau zonage très inadaptés aux lieux aggraveraient la situation actuelle de dégradation de la ville par les promoteurs et certains constructeurs, notamment en ce qui concerne le cadre de vie, le patrimoine, l’environnement et les paysages. Les projets d’aménagement insuffisamment étudiés et non actualisés peuvent avoir des conséquences graves sur le développement économique potentiel de Granville Terre et Mer. En effet, le projet départemental d’aménagement des Ports de Granville sur lequel s’appuie la municipalité impacterait de façon irréversible la partie ouest de notre ville et particulièrement l’anse de Hérel et le CRNG.

VMVG : Les buts de notre association nous permettent de réagir contre une révision de PLU qui va profondément modifier et parfois de façon insidieuse, le cadre de vie des Granvillais. Ce projet de modification d’urbanisme est un cadeau royal de la municipalité aux investisseurs sans qu’il y ait aucune préoccupation de l’aspect économique et par conséquent de création de nouveaux emplois.

Pourquoi avoir décidé de vous réunir avec d’autres associations pour manifester votre opposition ?

AAAH : Nos deux associations et l’APPG agissent dans des domaines en partie différenciés qui sont complémentaires et nous pouvons rechercher ensemble, plus efficacement, des propositions pertinentes à mettre en œuvre.

VMVG : Nos trois associations couvrent tous les secteurs de la ville et nos buts sont totalement complémentaires. Nous sommes très solidaires car c’est l’avenir de la ville qui est menacé par cette révision de PLU. Enfin, nous pourrons équitablement nous partager les frais financiers (avocat) sachant que nous ne recevons aucune subvention.

 

AAAH et VMVG : La ville de Granville, par son passé, sa riche histoire maritime et humaine, son patrimoine et ses habitants, mérite beaucoup mieux que ce PLU dangereux pour son avenir.

 

André Piraud, marin-pêcheur

André Piraud est marin-pêcheur à bord de Octopussy. Ce navire de 12 mètres est polyvalent mais débarque en criée bulots et coquilles. C’est l’un des 52 navires de pêche de Granville, qui est, il faut le rappeler, le premier port coquiller français*.

La pêche professionnelle n’est pas une activité pittoresque, même si le spectacle des navires entrant ou sortant du port est toujours plaisant. La pêche est une industrie qui a ses contraintes et ses exigences. Parmi les contraintes, il y a celle de la polyvalence, comme dans la plupart des ports. Mais à Granville un même navire peut faire trois métiers différents dans la même semaine. On doit passer parfois d’un chalut à des dragues à coquilles, à des casiers à bulots …

Mettre un chalut à terre ne peut pas se faire n’importe où. Les deux angles que le quai d’Orléans forme avec le quai sud et le quai nord sont indispensables. C’est une des exigences de la pêche : disposer des espaces à terre nécessaires à la gestion des apparaux, la maintenance des navires et l’avitaillement, notamment en fuel.

Le port est l’outil industriel dont la pêche a besoin et l’usage du domaine public est un point clé de l’aménagement du port. Pour les pêcheurs, partager le domaine avec les autres activités portuaires est normal. Mais partager, c’est utiliser ensemble l’espace, ce n’est pas séparer les usages. C’est pourtant hélas cette séparation que veut réaliser le PLU qui prévoit de privatiser le quai d’Orléans et le quai sud au profit d’activités plus touristiques que portuaires.

Pour André Piraud, cette privatisation est une ligne rouge qui ne doit pas être franchie. C’est pourquoi il contestera le PLU devant le tribunal

*Avec 19 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel, la pêche est le premier employeur des ports de Granville : sur les 790 emplois liés aux ports de Granville, 330 sont des pêcheurs.

Alors que la pêche n’a pas l’espace nécessaire pour travailler et stoker ses apparaux,

les quais sont utilisés pour pourvoir au déficit du stationnement.

La réponse du PLU … encore et encore de l’immobilier, même à cet emplacement !

 

Emmanuel Hélie, restaurateur

Emmanuel Hélie est restaurateur à l’enseigne Les Casteliers, 74 rue du Port. La bonne santé de son commerce est due à la qualité de la cuisine et du service et à l’ambiance chaleureuse du décor. Mais Les Casteliers a un autre atout majeur : il est situé dans la « carte postale » du port de Granville. C’est la relation visuelle directe entre l’assiette et les bateaux de pêche, entre le décor « irlandais » et les vieux gréements qui est l’esprit de la « carte postale » que les touristes viennent chercher ici.

Mais Emmanuel Hélie est Granvillais dans l’âme et la « carte postale » n’est pas pour lui un décor de théâtre. C’est au contraire l’image d’un lieu de vie où les différentes activités portuaires sont encouragées et organisées. La nécessaire connexion entre la ville et le port doit se faire par la rue du port qui doit être une vraie Rue Du Port et non pas juste une rue appelée « du port ».

Il est indispensable d’y organiser le partage intelligent du domaine portuaire depuis le quai nord jusqu’à la cale de radoub en longeant le bassin à flot, la criée et le port d’échouage. La rue du Port, c’est l’espace où doit être organisée l’alliance entre le port et la ville. Les commerces de la façade urbaine sont en lien direct avec les marins, qu’ils soient pêcheurs ou skippers.

Ouvrir le quai sud et le quai d’Orléans à des établissements hôteliers et des commerces, notamment de bouche, non seulement priverait Granville du bénéfice du fret maritime, mais aussi mettrait en péril les commerces de la rue du Port (les mois d’hiver sont toujours un moment rude).

Pour Emmanuel Hélie, le nouveau PLU ne prend pas en compte les vrais enjeux économiques de la rue du Port, le PLU ne met pas suffisamment en valeur la cale de radoub, qui doit être un point fort pour le carénage et la maintenance des navires de tous types, le PLU ne donne pas d’orientations pour un aménagement intelligent de la rue du Port.

Pour ces trois raisons principales, il contestera le PLU devant le tribunal administratif.

 

Franck Lemonnier, mytiliculteur

Franck Lemonnier est mytiliculteur. Il a planté ses bouchots sur les grèves de Chausey et débarque ses moules à la criée de Granville. Il est l’un des gens de mer dont le travail fait la renommée nationale de la Baie du Mont Saint-Michel et plus particulièrement des ports de Granville. Le métier de mytiliculteur se fonde sur trois matières premières indispensables : un bon naissain, une bonne qualité des eaux et un bon usage du domaine maritime et portuaire. C’est pourquoi Franck Lemonnier considère que le PLU de Granville voté en mai dernier met en péril son activité et plus largement celle des éleveurs d’huîtres, de palourdes… de la baie de Granville.

Pour lui, ce PLU ne cherche pas à améliorer la qualité des eaux marines et des cours d’eaux côtiers, il aura au contraire pour résultat d’aggraver une situation déjà préoccupante. La qualité de l’eau, à Chausey comme à la côte, se dégrade et des eaux encore cotées A (meilleure qualité) ne mériteraient en fait qu’un classement en B. Les épisodes d’interdiction de baignade et de pêche à pied se multiplient et cependant, le PLU reste muet sur ce sujet pourtant crucial.

Ce PLU met aussi en péril le bon usage du domaine portuaire. Il ne s’agit pas seulement de poser son bateau le long du quai sud mais il est nécessaire que l’espace publique de ce quai permette que les services (réparation, entretien, changement d’apparaux), les fournitures et les marins eux-mêmes puissent accéder aux navires. Or, il est prévu de privatiser le domaine portuaire pour la réalisation de programmes immobiliers et hôteliers. Cette privatisation pénaliserait les pêcheurs et les conchyliculteurs. De plus, ce serait céder aux intérêts immobiliers privés un bien construit depuis le XVIème siècle par l’argent public, venant des taxes versées par les pêcheurs et les armateurs.

Face à ces deux principaux défauts, Franck Lemonnier a décidé de défendre l’avenir de son métier et en conséquence de demander aux juges d’invalider les dispositions du PLU nuisibles aux conchyliculteurs.

Les 170000 m3 de vases rejetées à proximité du littoral posent un problème pour la qualité des eaux côtières proches ainsi que pour l’estran.

Celles-ci modifient la granulosité des fonds sableux où elles sont déversées, qui deviennent impropres à la vie de nombreux coquillages, élevés ou sauvages

Nous avons souvent pu constater que les distances autorisées pour les rejets ne sont que rarement respectées. Les déversements à proximité du roc deviennent même une entrave au chalutage côtier en périodes autorisées.

 

 

 

 

 

 

Bulletin d’adhésion APPG année 2017

 

Adhésion individuelle : 10 € - cotisation annuelle de base

Adhésion couple : 15 € - cotisation annuelle de base

Cotisation de soutien : ………. €

Chèque à libeller à l’ordre de : ’APPG et à retourner à APPG, 177 rue de la Fontaine, 50400 Granville

 

M. Mme Melle Nom …………………………………………… Prénom ………………………………………

M. Mme Melle Nom …………………………………………… Prénom ………………………………………(si couple)

Adresse …………………………………………………………………………………………………………………….

Code postal ……………….. Ville ……………………………………………… Pays ……………………………..

Téléphone …………………………………… Courriel ………………………………………………………………..

 

Le …../…../ 2017 Signature (s)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Préparez vos bandreroles et hachetez-vous de bonnes chausssures !

Publié le 24 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Austérité et dictature financière

 

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Les grands enjeux d’une guerre contre le Venezuela

Publié le 24 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans International

La révolution bolivarienne, amorcée par Hugo Chavez, en 1999, se caractérise, entre autres,  par le renversement du contrôle des pouvoirs de l’État et de ses richesses, passant ces derniers des mains des élites à celles du peuple.  Cette mutation, pourtant profondément démocratique, n’a jamais été du goût de ces élites dont le grand-prêtre est toujours l’Oncle Sam.

Avec les années, le peuple vénézuélien a émergé et est devenu un véritable peuple en mesure de s’affirmer et d’assurer son propre développement. Il entraîne avec lui des façons nouvelles de répondre aux attentes et besoins de tous ceux et celles qui en font partie. Là où les gouvernements antérieurs ne trouvaient pas les ressources nécessaires pour assurer des services de santé gratuits dans tous les coins du pays et disponibles à toutes les personnes qui en avaient besoin, la révolution bolivarienne y parvint. On peut en dire tout autant pour l’éducation qui n’est plus un privilège réservé aux enfants des élites, mais à tous les enfants du peuple. À ces deux grands secteurs, on peut y ajouter celui du logement. Plus d’un million de logements ont été construits et aménagés pour des familles à faible revenu.

Le fait que le Venezuela puisse assurer ces trois services essentiels, santé-éducation-logement, à sa population devient un problème majeur pour les gouvernements de facture néo-libérale, dirigés par des élites qui n’ont pas l’habitude de chercher des solutions aux problèmes cruciaux de leurs peuples, mais de s’attarder, plutôt, à répondre aux intérêts des leurs élites. Pour ces derniers, les intérêts du peuple passent au second plan.

Une telle approche, c’est ignorer complètement  le réveil des peuples et le décloisonnement d’un monde qui n’est plus sous le contrôle d’un pouvoir et d’une pensée unique. Les grands prêtres politiques et religieux de ces pouvoirs impériaux se sentent de plus en plus menacés par l’émergence de ces peuples qui ne veulent rien de plus que d’occuper la  place qui leur revient. N’est-ce pas le sens profond de la démocratie qui donne au peuple le premier et le dernier mot sur son propre destin.

Ce n’est malheureusement pas la démocratie dont rêvent les élites. Leur démocratie est celle sur laquelle elles s’assurent d’avoir plein contrôle, du début à la fin des mises en scène des grandes campagnes électorales, en vue de canaliser l’acte par excellence, pour eux, de la démocratie, qu’est le vote.  Quant au dépouillement des votes, ces élites préfèrent s’en tenir au mode traditionnel du comptage et recomptage. Cet exercice leur permet de corriger les erreurs qui sont de nature à modifier les résultats escomptés. Les équipements de haute technologie qui réduisent au maximum les erreurs de comptage n’intéressent pas vraiment les démocraties néo-libérales. Ce sont les pays émergents qui  font appel à ces hautes technologies.  Ils en ont besoin pour contenir les fraudeurs de la démocratie néo-libérale.

De toute évidence, le Venezuela est devenu une menace pour toutes les démocraties qui donnent à leurs élites priorité d’intérêt sur celui du peuple. Le Venezuela avec sa révolution bolivarienne qui donne priorité aux intérêts du peuple sur ceux des élites devient un très mauvais exemple à donner aux peuples de l’Amérique latine. C’est sans doute en ce sens qu’il faut entendre le décret d’Obama déclarant que le Venezuela représentait une menace grave pour la sécurité nationale des États-Unis.  C’est évidemment une menace grave pour celui qui vit de la rente des peuples de l’Amérique latine.  C’est un peu comme le policier qui poursuit le voleur. Il est pour ce dernier une menace à sa sécurité.

La Révolution bolivarienne est comme un véhicule nouveau genre qui fait fureur auprès du peuple qui y retrouve fierté et dignité, santé et éducation, logements, participation dans les décisions importantes de son devenir. Le peuple a adoré son premier grand conducteur de ce véhicule, nouveau genre, en la personne de Chavez. Ce même peuple maintient ce même appui à son successeur, Nicolas Maduro. Il en a donné une preuve éclatante lors du vote portant sur l’Assemblée nationale constituante en votant massivement, le 30 juillet dernier, pour cette dernière.

Lorsqu’une voiture va trop bien et risque de mettre en faillite d’autres modèles, il faut d’une manière ou d’une autre la discréditer et faire apparaître de nombreux vices cachés dans ce véhicule, nouveau genre. Les élites, frustrées par la performance de ce nouveau véhicule, se disent pourquoi ne pas y verser de l’eau dans le réservoir d’essence pour en affecter l’énergie? Pourquoi ne pas y ajouter quelques grains de sable dans son huile à transmission pour en faire grincer les  engrenages ? À ceci s’ajoute évidemment la création de la rareté des pièces de rechange qui finissent par décourager leurs utilisateurs. Ce sont là l’expression des guerres économiques dont Washington a le secret. Le mode d’emploi repose sur les mêmes principes qui ont donné naissance à l’embargo économique contre Cuba, lequel dure depuis plus de 55 ans.

Dans un mémorandum secret remis au président Eisenhower, le 6 avril 1960, l’adjoint du sous-secrétaire d’État d’alors, Lester Mallory écrit ceci :

« La majorité des Cubains appuient Castro (…) Il n’existe pas une opposition politique effective. (…) L’unique moyen possible pour lui faire perdre l’appui interne est de provoquer la désillusion et le mécontentement en provoquant l’insatisfaction économique (…) et la pénurie. (…) Il faut mettre rapidement en pratique tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique (…) refusant à Cuba argent et biens de toute nature de manière à réduire les salaires et l’emploi, provoquant ainsi la faim, le découragement et la chute du gouvernement. »

Ce discours contre Castro s’applique à tous les dirigeants politiques et à tous les peuples de l’Amérique latine qui refusent de se soumettre aux dictats de Washington.

Le combat que mène présentement le peuple vénézuélien est le combat de tous les peuples de l’Amérique latine, d’Afrique et du Moyen-Orient.

Je souhaite que le pape François s’oppose fermement à toute intervention militaire des Etats-Unis au Venezuela et qu’il fasse front commun avec la Russie pour empêcher cette intervention de conquête et de domination.

Oscar Fortin

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Les Baladins de l'arc en ciel à Hudimesnil

Publié le 21 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces

 

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Les 60 ans du personnage mythique de Franquin

Publié le 15 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces

Pour les 60 ans du personnage mythique de Franquin, Gaston Lagaffe est à l’honneur cette année : expositions, nouvelles éditions, événements exceptionnels… rien n’est oublié ou presque…

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Nouvelle catilinaire

Publié le 15 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Liberté - Egalité - Fraternité, Justice

PERSONNE
illustration : Le Leviathan, Hobbes

Il est des jours comme cela où des sentiments s’imposent comme une rémanence, puis comme une pensée lancinante. L’article lu, le journal refermé, reste un bouillonnement interne.

« Au pays des Droits de l’Homme » (qui avait oublié la moitié de l’Humanité, petits joueurs ! , petits révolutionnaires ! ), il est des sentiments qui devraient faire tache. Mais il n’en est rien, faute à la torpeur estivale, faute aux remugles des barbecues.

Face à l’État, face à ce Léviathan sans scrupule, le Citoyen n’est que peu de chose, surtout en l’absence de soutiens moraux et logistiques de ses semblables.

On ne peut défier, impunément, le lion.

Le Léviathan intimide, veut faire taire les consciences, alors il réprime avec application quand il ne fait pas du chiffre. En dictature, on ne s’embarrasse pas des conventions ; en République, la répression est bien différente, c’est bien plus subtil, mais elle n’en reste pas moins répression. Une bonne dose d’intimidation, de poursuites judiciaires coûteuses pour le prévenu, des « lois scélérates » contraires aux grands principes fondamentaux, un soupçon d’arbitraire : c’est la « tortore » républicaine.

L’État a ses petits et ses grands serviteurs : ces derniers mériteront la reconnaissance pour leurs services, leur docilité, leur obséquiosité, ils mériteront assurément le « hochet national » (1), sublime invention de celui qui se faisait appeler « l’Empereur de la République ». Sacré Napoléon, il avait tout compris de la piètre nature humaine. Un gêneur, un préfet trop social, trop libre, trop indépendant sera écarté sans ménagement.

Pourtant, l’État sait se montrer souple : il manie le grand écart.

Pour les « évadés fiscaux », dont les biens planqués mériteraient le statut et le sort des « biens nationaux de seconde origine » (2), le « verrou de Bercy » et le règlement feutré sont le lot enviable.

Pour les Autres, ceux qui auraient, par exemple, l’idée saugrenue de pallier les carences de l’État bourgeois, plus préoccupé à satisfaire les désirs de quelques-uns et cela au détriment de l’Intérêt général, les poursuites judiciaires et la menace de privation de liberté sont le lot peu enviable.

Agir en conscience, comme aider des mineurs migrant, fuyant la guerre, espérant s’affranchir de la misère, l’une comme l’autre suscitées, entretenues en partie par ces mêmes pays riches qui les rejettent, est un acte répréhensible.

Alors que la mission humanitaire pour les mineurs incombe, légalement, à l’État, c’est une bien étrange situation, comme si le pyromane s’en allait vaillamment ester en justice.

Aristote estimait que l’Homme est un animal politique.

La Fontaine avait donc raison d’écrire Les animaux malades de la peste. Et Molière de lancer : « la peste soit de l’avarice et des avaricieux ».

L’État léonin se moque du fait que « le Parquet n’est pas une autorité judiciaire », se contrefiche de la santé publique. Il traîne quelques lourds dossiers en la matière : amiante, sang contaminé, hormones de croissance, Tchernobyl, diesel, perturbateurs endocriniens, rayonnements électromagnétiques, ... Les milliers de molécules chimiques générées, utilisées, disséminées forment des cocktails méphitiques ignorés : l’État ne semble pas gêné aux entournures, bien au contraire.

Alors quand un citoyen agriculteur, appelons-le Cédric, car tel est son prénom, vient à son tour à la barre et dit :

« j’ai souvenance
d’avoir fait ce qui est juste, en conscience,
Nourrir, loger, soigner des mineurs isolés,
Car dans la Roya, on accueille les exilés »,

« Sa peccadille [est] jugée un cas pendable » comme dans la fable de La Fontaine (3).

Coupable de « délit de solidarité » qu’ils disent. Ô superbe oxymoron !

Pourquoi ne pas créer un « délit d’Humanité » pour parachever le grotesque ?

Le tribunal l’accuse « d’agir de façon intéressée parce qu’il y aurait un caractère politique à sa démarche solidaire. Bien sûr que Cédric fait un acte politique. Mais ce n’est pas un politicien. Il fait de la politique au sens le plus noble du terme ». (4)

Où va-t-on si les Citoyens font de la Politique ?

Où va-t-on s’ils se mêlent de la vie de la cité ?

L’État, lui, commet des crimes de connivence : il a signé, couvert par le secret des affaires (5), un pacte faustien avec le Capital.

Et la Justice dans tout cela ? Elle est à la fois privée de moyens : il ne faudrait pas qu’il lui vienne l’idée de s’intéresser aux entourloupes à grande échelle. Et elle est aussi dénuée de conscience : les comparutions immédiates sont une négation de la notion même de justice, c’est une sorte d’abattage sociale. Elle n’est pas très regardante sur ce que l’on lui soumet et, surtout, sur ce que l’on ne lui soumet pas. Que penser d’une institution qui rechigne à reconnaître ses erreurs, ses fautes ?

J’allais oublier de vous dire ce qui m’a habité le reste du jour : la nausée !

Et cette envie de jeter des pelletées généreuses de sable dans cette machinerie diabolique.

Et cette envie de rendre « fort ce qui est juste ».

« Personne » 
26 thermidor an 225

(1) Légion d’honneur.

(2) Définition des « biens nationaux » sur http://www.archives.cg19.fr/recherche/serie/id/208

(3) Fable Les animaux malades de la peste sur 
http://gallica.bnf.fr/essentiels/fontaine/fables/animaux-malades-peste

(4) Humanité, 9 août 2017, Le pouvoir condamne Cédric par vengeance : « Cédric Herrou a écopé, hier en appel, de quatre mois avec sursis, pour ‘‘délit de solidarité’’ avec les exilés. »

(5) Comme le contrat secret pour l’exploitation des autoroutes.

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Dormez braves gens…

Publié le 13 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Politique

Près de 100 jours après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, le gouvernement a le droit cet été à un peu plus de deux semaines de vacances. Plusieurs ministres ont déjà prévenu qu’ils partiront moins longtemps, voire quasiment pas du tout. En jeu, déjà : la rentrée politique de l’exécutif et les nombreux chantiers qui l’attendent. De la rentrée scolaire aux ordonnances sur le code du Travail, en passant par les textes budgétaires, les réformes des aides au logement et la loi antiterroriste censé préparer la fin de l’état d’urgence.

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Voilà pourquoi la Corée du Nord déteste autant les États-Unis…

Publié le 13 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche

Source : Association d’amitié franco-coréenne, 24-06-2010

Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver

Le 25 juin 2010 marque le soixantième anniversaire du début de la Guerre de Corée, appelée «Guerre de Libération de la patrie » en République populaire démocratique de Corée.  Entre 1950 et 1953, les hostilités ont fait près de quatre millions de victimes, mais l’ « héritage » de cette guerre va  bien au-delà de ce bilan humain déjà terrifiant : l‘accord d’armistice signé à Panmunjom le 27 juillet 1953 a scellé la division de la péninsule coréenne en établissant une ligne de démarcation militaire entre le nord et le sud, et, faute de véritable traité de paix, la Corée reste « techniquement » en état de belligérance.

Au lendemain de la libération de la Corée (15 août 1945), après 35 ans de colonisation japonaise, le peuple coréen pouvait pourtant légitimement prétendre à recouvrer son indépendance et sa souveraineté, comme s’y étaient engagés les pays alliés lors de la Conférence du Caire (novembre 1943). Cette légitime aspiration de la nation coréenne ne fut malheureusement pas réalisée dans le contexte d’affrontement des grandes puissances : dès le mois de septembre 1945, deux zones d’occupation, soviétique et américaine, se mirent en place de part et d’autre du 38emeparallèle. En 1948, l’organisation d’élections séparées au sud, sous l’égide de l’ONU où les Etats-Unis disposaient de la majorité, aboutit à la création de deux Etats coréens : la République de Corée au sud, la République populaire démocratique de Corée au nord. La partition de fait de la Corée était réalisée. La nation coréenne se trouvait dramatiquement divisée contre son gré par la « frontière » artificielle du 38eme parallèle, autour de laquelle divers accrochages firent des milliers de morts de 1945 à 1950.

La thèse de l’offensive nord-coréenne du 25 juin 1950 servit de prétexte à une intervention militaire des Etats-Unis, dans le cadre d’une stratégie américaine globale de « refoulement du communisme ».  L’intervention américaine en Corée fut légitimée par le Conseil de sécurité de l’ONU  – où l’URSS ne siégeait pas en raison du refus d’y admettre la jeune République populaire de Chine -, le président américain Harry Truman présentant alors l’envoi de troupes en Corée comme une « opération de police » dont le but était de repousser un « raid de bandits contre la République de Corée ». Le président américain l’a fait sans déclaration de guerre, jusqu’alors une condition préalable à la participation militaire des Etats-Unis à l’étranger. Il a ainsi établi un précédent pour le président Lyndon Johnson qui a engagé des troupes dans la Guerre du Vietnam sans jamais solliciter un mandat du Congrès pour son action. Les interventions en Irak et en Afghanistan ont été menées selon les mêmes principes.

Pour cette « opération de police », les Etats-Unis eurent recours à des armes de destruction massive,  ou menacèrent d’en utiliser, ce qui contribue encore à éclairer la situation actuelle. Comme l’écrit  l’historien américain Bruce Cumings en conclusion de l’article que nous reproduisons ci-après, « la Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les Etats-Unis ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée ». Cumings écrivait ces lignes en 2004, sous l’administration Bush. Elles restent d’une troublante actualité, surtout  après l’annonce, le 6 avril 2010, de la nouvelle posture nucléaire de l’administration Obama, selon laquelle les Etats-Unis s’autorisent à frapper la Corée du Nord avec des armes nucléaires même si celle-ci n’utilise que des armes conventionnelles.

Mémoires de feu en Corée du Nord
Quand les USA détruisaient un pays pour le sauver

La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les USA ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.

 

Bombardier B-29 US en mission, juillet 1950.© Roger-Viollet

Plutôt que d’une guerre « oubliée », mieux vaudrait parler, s’agissant de la guerre de Corée (1950-1953), d’une guerre inconnue. L’effet incroyablement destructeur des campagnes aériennes US contre la Corée du Nord – qui allèrent du largage continu et à grande échelle de bombes incendiaires (essentiellement au napalm) aux menaces de recours aux armes nucléaires et chimiques ((Stephen Endicott, Edward Hagerman, « Les armes biologiques de la guerre de Corée », Le Monde diplomatique, juillet 1999.)) et à la destruction de gigantesques barrages nord-coréens dans la phase finale de la guerre – est indélébile. Ces faits sont toutefois peu connus, même des historiens, et les analyses de la presse sur le problème nucléaire nord-coréen ces dix dernières années n’en font jamais fait état.

La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la seconde guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires US. Si les attaques d’Hiroshima et de Nagasaki ont fait l’objet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins d’attention. Quant aux stratégies nucléaire et aérienne de Washington en Asie du Nord-Est après la guerre de Corée, elles sont encore moins bien comprises, alors que ces stratégies ont défini les choix nord-coréens et demeurent un facteur-clé dans l’élaboration de la stratégie US en matière de sécurité nationale.

Le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale. Son utilisation provoqua un débat majeur pendant la guerre du Vietnam, attisé par des photos insoutenables d’enfants qui couraient nus sur les routes, leur peau partant en lambeaux… Une quantité encore plus grande de napalm fut néanmoins larguée sur la Corée, dont l’effet fut beaucoup plus dévastateur, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comptait bien plus de villes peuplées que le Nord-Vietnam. En 2003, j’ai participé à une conférence aux côtés d’anciens combattants US de la guerre de Corée. Lors d’une discussion à propos du napalm, un survivant de la bataille du Réservoir de Changjin (Chosin, en japonais), qui avait perdu un œil et une partie de la jambe, affirma que cette arme était bel et bien ignoble, mais qu’elle « tombait sur les bonnes personnes ».

Les bonnes personnes ? Comme lorsqu’un bombardement toucha par erreur une douzaine de soldats US : « Tout autour de moi, les hommes étaient brûlés. Ils se roulaient dans la neige. Des hommes que je connaissais, avec qui j’avais marché et combattu, me suppliaient de leur tirer dessus… C’était terrible. Quand le napalm avait complètement brûlé la peau, elle se détachait en lambeaux du visage, des bras, des jambes… comme des chips de pommes de terre frites ((Cité dans Clay Blair, Forgotten War, Random House, New York, 1989.)). »

Un peu plus tard, George Barrett, du New York Times, découvrit un « tribut macabre à la totalité de la guerre moderne » dans un village au nord d’Anyang (en Corée du Sud) : « Les habitants de tout le village et dans les champs environnants furent tués et conservèrent exactement l’attitude qu’ils avaient lorsqu’ils furent frappés par le napalm : un homme s’apprêtait à monter sur sa bicyclette, une cinquantaine d’enfants jouaient dans un orphelinat, une mère de famille étrangement intacte tenait dans la main une page du catalogue Sears-Roebuck où était cochée la commande no 3811294 pour une “ravissante liseuse couleur corail”. » Dean Acheson, secrétaire d’Etat, voulait que ce genre de « reportage à sensation » soit signalé à la censure afin qu’on puisse y mettre un terme (3).

L’un des premiers ordres d’incendier des villes et des villages que j’ai trouvés dans les archives fut donné dans l’extrême sud-est de la Corée, pendant que des combats violents se déroulaient le long du périmètre de Pusan, début août 1950, alors que des milliers de guérilleros harcelaient les soldats US. Le 6 août 1950, un officier US donna l’ordre à l’armée de l’air « que soient oblitérées les villes suivantes » : Chongsong, Chinbo et Kusu-Dong. Des bombardiers stratégiques B-29 furent également mis à contribution pour des bombardements tactiques. Le 16 août, cinq formations de B-29 frappèrent une zone rectangulaire près du front qui comptait un grand nombre de villes et de villages, et créèrent un océan de feu en larguant des centaines de tonnes de napalm. Un ordre semblable fut émis le 20 août. Et le 26 août, on trouve dans ces mêmes archives la simple mention : « Onze villages incendiés (4) ».

Les pilotes avaient ordre de frapper les cibles qu’ils pouvaient discerner pour éviter de frapper des civils, mais ils bombardaient souvent des centres de population importants identifiés par radar, ou larguaient d’énormes quantités de napalm sur des objectifs secondaires lorsque la cible principale ne pouvait être atteinte. La ville industrielle de Hungnam fut la cible d’une attaque majeure le 31 juillet 1950, au cours de laquelle 500 tonnes de bombes furent lâchées à travers les nuages. Les flammes s’élevèrent jusqu’à une centaine de mètres. L’armée US largua 625 tonnes de bombes sur la Corée du Nord le 12 août, un tonnage qui aurait requis une flotte de 250 B-17 pendant la seconde guerre mondiale. Fin août, les formations de B-29 déversaient 800 tonnes de bombes par jour sur le Nord (5). Ce tonnage consistait en grande partie en napalm pur. De juin à fin octobre 1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm.

Au sein de l’armée de l’air US, certains se délectaient des vertus de cette arme relativement nouvelle, introduite à la fin de la précédente guerre, se riant des protestations communistes et fourvoyant la presse en parlant de « bombardements de précision ». Les civils, aimaient-ils à prétendre, étaient prévenus de l’arrivée des bombardiers par des tracts, alors que tous les pilotes savaient que ces tracts n’avaient aucun effet (6). Cela n’était qu’un prélude à la destruction de la plupart des villes et villages nord-coréens qui allait suivre l’entrée de la Chine dans la guerre.

 

Pablo Picasso, Massacre en Corée, 1951

Larguer trente bombes atomiques ?

L’entrée des Chinois dans le conflit provoqua une escalade immédiate de la campagne aérienne. A compter du début novembre 1950, le général MacArthur ordonna que la zone située entre le front et la frontière chinoise soit transformée en désert, que l’aviation détruise tous les « équipements, usines, villes et villages » sur des milliers de kilomètres carrés du territoire nord-coréen. Comme le rapporta un attaché militaire britannique auprès du quartier général de MacArthur, le général US donna l’ordre de « détruire tous les moyens de communication, tous les équipements, usines, villes et villages » à l’exception des barrages de Najin, près de la frontière soviétique et de Yalu (épargnés pour ne pas provoquer Moscou et Pékin). « Cette destruction [devait] débuter à la frontière mandchoue et continuer vers le sud. » Le 8 novembre 1950, 79 B-29 larguaient 550 tonnes de bombes incendiaires sur Sinuiju, « rayant de la carte ». Une semaine plus tard, un déluge de napalm s’abattait sur Hoeryong « dans le but de liquider l’endroit ». Le 25 novembre, « une grande partie de la région du Nord-Ouest entre le Yalu et les lignes ennemies plus au sud (…) est plus ou moins en feu ». La zone allait bientôt devenir une « étendue déserte de terre brûlée (7) ».

Général Mac Arthur  azs

Tout cela se passait avant la grande offensive sino-coréenne qui chassa les forces de l’ONU du nord de la Corée. Au début de l’attaque, les 14 et 15 décembre, l’aviation US lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à l’aviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à l’aide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951). A mesure que les USAméricains se retiraient au sud du 30e parallèle, la politique incendiaire de la terre brûlée se poursuivit : Uijongbu, Wonju et d’autres petites villes du Sud, dont l’ennemi se rapprochait, furent la proie des flammes (8).

L’aviation militaire tenta aussi de décapiter la direction nord-coréenne. Pendant la guerre en Irak, en mars 2003, le monde a appris l’existence de la bombe surnommée « MOAB » (Mother of all bombs, Mère de toutes les bombes), pesant 21 500 livres et d’une capacité explosive de 18 000 livres de TNT. Newsweek en publia une photo en couverture, sous le titre « Pourquoi l’Amérique fait-elle peur au monde ? (9) ». Au cours de l’hiver 1950-1951, Kim Il-sung et ses alliés les plus proches étaient revenus à leur point de départ des années 1930 et se terraient dans de profonds bunkers à Kanggye, près de la frontière mandchoue. Après trois mois de vaines recherches à la suite du débarquement d’Inch’on, les B-29 larguèrent des bombes « Tarzan » sur Kanggye. Il s’agissait d’une bombe nouvelle, énorme, de 12 000 livres, jamais utilisée auparavant. Mais ce n’était encore qu’un pétard à côté de l’arme incendiaire ultime, la bombe atomique.

Le 9 juillet 1950, deux semaines seulement après le début de la guerre, le général MacArthur envoya au général Ridgway un « message urgent » qui incita les chefs d’état-major (CEM) « à examiner s’il fallait ou non donner des bombes A à MacArthur ». Le général Charles Bolte, chef des opérations, fut chargé de discuter avec MacArthur de l’utilisation de bombes atomiques « en soutien direct aux combats terrestres ». Bolte estimait qu’on pouvait réserver de 10 à 20 bombes au théâtre coréen sans que les capacités militaires globales des USA s’en trouvent affectées « outre mesure ». MacArthur suggéra à Bolte une utilisation tactique des armes atomiques et lui donna un aperçu des ambitions extraordinaires qu’il nourrissait dans le cadre de la guerre, notamment l’occupation du Nord et une riposte à une potentielle intervention chinoise ou soviétique comme suit : « Je les isolerai en Corée du Nord. En Corée, je vois un cul-de-sac. Les seuls passages en provenance de Mandchourie et de Vladivostok comportent de nombreux tunnels et ponts. Je vois là une occasion unique d’utiliser la bombe atomique, pour frapper un coup qui barrerait la route et demanderait un travail de réparation de six mois. »

A ce stade de la guerre, toutefois, les chefs d’état-major rejetèrent l’usage de la bombe car les cibles suffisamment importantes pour nécessiter des armes nucléaires manquaient, ils redoutaient les réactions de l’opinion mondiale cinq ans après Hiroshima et ils s’attendaient que le cours de la guerre soit renversé par des moyens militaires classiques. Le calcul ne fut plus le même lorsque d’importants contingents de soldats chinois entrèrent en guerre, en octobre et novembre 1950.

Lors d’une célèbre conférence de presse, le 30 novembre, le président Truman agita la menace de la bombe atomique (10). Ce n’était pas une bourde comme on le supposa alors. Le même jour, le général de l’armée de l’air Stratemeyer envoya l’ordre au général Hoyt Vandenberg de placer le commandement stratégique aérien en alerte « afin qu’il soit prêt à envoyer sans retard des formations de bombardiers équipés de bombes moyennes en Extrême-Orient, (…) ce supplément[devant] comprendre des capacités atomiques ». Le général d’aviation Curtis LeMay se souvient à juste titre que les CEM étaient parvenus auparavant à la conclusion que les armes atomiques ne seraient probablement pas employées en Corée, sauf dans le cadre d’une « campagne atomique générale contre la Chine maoïste ». Mais puisque les ordres changeaient en raison de l’entrée en guerre des forces chinoises, LeMay voulait être chargé de la tâche ; il déclara à Stratemeyer que son quartier général était le seul qui possédait l’expérience, la formation technique et « la connaissance intime » des méthodes de largage. L’homme qui dirigea le bombardement incendiaire de Tokyo en mars 1945 était prêt à mettre le cap de nouveau sur l’Extrême-Orient pour diriger les attaques (11). Washington se souciait peu à l’époque de savoir comment Moscou allait réagir car les USAméricains possédaient au moins 450 bombes atomiques tandis que les Soviétiques n’en avaient que 25.

Curtis LeMay

Peu de temps après, le 9 décembre, MacArthur fit savoir qu’il voulait un pouvoir discrétionnaire concernant l’utilisation des armes atomiques sur le théâtre coréen, et, le 24 décembre, il soumit une « liste de cibles devant retarder l’avancée de l’ennemi » pour lesquelles il disait avoir besoin de 26 bombes atomiques. Il demandait en outre que 4 bombes soient larguées sur les « forces d’invasion » et 4 autres sur les « concentrations ennemies cruciales de moyens aériens ».

Dans des interviews parues après sa mort, MacArthur affirmait avoir un plan permettant de remporter la guerre en dix jours : « J’aurais largué une trentaine de bombes atomiques (…) en mettant le paquet le long de la frontière avec la Mandchourie. » Il aurait ensuite amené 500 000 soldats de la Chine nationaliste au Yalu, puis aurait « répandu derrière nous, de la mer du Japon à la mer Jaune, une ceinture de cobalt radioactif (…) dont la durée de vie active se situe entre soixante et cent vingt années. Pendant soixante ans au moins, il n’aurait pas pu y avoir d’invasion terrestre de la Corée par le nord ». Il avait la certitude que les Russes n’auraient pas bougé devant cette stratégie de l’extrême : « Mon plan était simple comme bonjour (12). »

La radioactivité du cobalt 60 est 320 fois plus élevée que celle du radium. Selon l’historien Carroll Quigley, une bombe H de 400 tonnes au cobalt pourrait détruire toute vie animale sur terre. Les propos bellicistes de MacArthur paraissent insensés, mais il n’était pas le seul à penser de la sorte. Avant l’offensive sino-coréenne, un comité dépendant des chefs d’état-major avait déclaré que les bombes atomiques pourraient s’avérer être le « facteur décisif » qui stopperait l’avancée chinoise en Corée. Au départ, on envisageait éventuellement leur utilisation dans « un cordon sanitaire[pouvant] être établi par l’ONU suivant une bande située en Mandchourie juste au nord de la frontière coréenne ».

La Chine en ligne de mire

Quelques mois plus tard, le député Albert Gore (le père d’Al Gore, candidat démocrate malheureux en 2000), qui s’opposa par la suite à la guerre du Vietnam, déplorait que « la Corée détruise peu à peu la virilité US » et suggérait de mettre fin à la guerre par « quelque chose de cataclysmique », à savoir une ceinture radioactive qui diviserait la péninsule coréenne en deux de façon permanente. Bien que le général Ridgway n’ait pas parlé de bombe au cobalt, après avoir succédé à MacArthur en tant que commandant US en Corée, il renouvela en mai 1951 la demande formulée par son prédécesseur le 24 décembre, réclamant cette fois 38 bombes atomiques (13). Cette demande ne fut pas acceptée.

Début avril 1951, les USA furent à deux doigts d’utiliser des armes atomiques, au moment, précisément, où Truman révoquait MacArthur. Si les informations concernant cet événement sont encore en grande partie classées secrètes, il est désormais clair que Truman ne destitua pas MacArthur uniquement en raison de son insubordination réitérée, mais parce qu’il voulait un commandant fiable sur le terrain au cas où Washington décide de recourir aux armes atomiques. En d’autres termes, Truman se débarrassa de MacArthur pour garder ouverte sa politique en matière d’armes atomiques. Le 10 mars 1951, après que les Chinois eurent massé de nouvelles forces près de la frontière coréenne et que les Soviétiques eurent stationné 200 bombardiers sur les bases aériennes de Mandchourie (d’où ils pouvaient frapper non seulement la Corée, mais les bases US au Japon) (14), MacArthur demanda une « force atomique de type Jour J » afin de conserver la supériorité aérienne sur le théâtre coréen. Le 14 mars, le général Vandenberg écrivait : « Finletter et Lovett alertés sur les discussions atomiques. Je pense que tout est prêt. » Fin mars, Stratemeyer rapporta que les fosses de chargement des bombes atomiques sur la base aérienne de Kadena, à Okinawa, étaient de nouveau opérationnelles. Les bombes y furent transportées en pièces détachées, puis montées sur la base, seul le noyau nucléaire restant à placer. Le 5 avril, les CEM ordonnèrent que des représailles atomiques immédiates soient lancées contre les bases mandchoues si de nouveaux contingents importants de soldats chinois se joignaient aux combats ou, semble-t-il, si des bombardiers étaient déployés de là contre des positions US. Le même jour, Gordon Dean, président de la Commission sur l’énergie atomique, prit des dispositions pour faire transférer 9 têtes nucléaires Mark IV au 9e groupe de bombardiers de l’aviation militaire, affecté au transport des bombes atomiques. (…)

Les chefs d’état-major envisagèrent de nouveau l’emploi des armes nucléaires en juin 1951 – cette fois, du point de vue tactique sur le champ de bataille (15) – et ce fut le cas à maintes autres reprises jusqu’en 1953. Robert Oppenheimer, l’ancien directeur du Projet Manhattan, travailla sur le Projet Vista, destiné à évaluer la faisabilité de l’usage tactique des armes atomiques. Au début de 1951, un jeune homme du nom de Samuel Cohen, qui effectuait une mission secrète pour le département de la défense, étudia les batailles ayant conduit à la seconde prise de Séoul et en conclut qu’il devait exister un moyen de détruire l’ennemi sans détruire la ville. Il allait devenir le père de la bombe à neutrons (16).

Des milliers de villages anéantis

Le projet nucléaire le plus terrifiant des USA en Corée fut probablement l’opération Hudson Harbor. Cette opération semble avoir fait partie d’un projet plus vaste portant sur « l’exploitation ouverte par le département de la défense et l’exploitation clandestine par la Central Intelligence Agency, en Corée, de la possibilité d’utiliser les armes nouvelles » (un euphémisme désignant ce qu’on appelle maintenant les armes de destruction massive). (…)

Sans recourir aux « armes nouvelles », bien que le napalm ait été très nouveau à l’époque, l’offensive aérienne n’en a pas moins rasé la Corée du Nord et tué des millions de civils avant la fin de la guerre. Pendant trois années, les Nord-Coréens se sont trouvés face à la menace quotidienne d’être brûlés par le napalm : « On ne pouvait pas y échapper », m’a confié l’un eux en 1981. En 1952, pratiquement tout avait été complètement rasé dans le centre et le nord de la Corée. Les survivants vivaient dans des grottes. (…)

Au cours de la guerre, écrivit Conrad Crane, l’armée de l’air US « provoqua une destruction terrible dans toute la Corée du Nord. L’évaluation à l’armistice des dégâts provoqués par les bombardements révéla que sur les 22 villes principales du pays, 18 avaient été au moins à moitié anéanties. » Il ressortait d’un tableau établi par l’auteur que les grandes villes industrielles de Hamhung et de Hungnam avaient été détruites à 80 %-85 %, Sariwon à 95 %, Sinanju à 100 %, le port de Chinnamp’o à 80 % et Pyongyang à 75 %. Un journaliste britannique décrivit l’un des milliers de villages anéantis comme « un monticule étendu de cendres violettes ». Le général William Dean, qui fut capturé après la bataille de Taejon, en juillet 1950, et emmené au Nord, déclara par la suite qu’il ne restait de la plupart des villes et des villages qu’il vit que « des gravats ou des ruines couvertes de neige ». Tous les Coréens qu’il rencontra, ou presque, avaient perdu un parent dans un bombardement (17). Winston Churchill, vers la fin de la guerre, s’émut et déclara à Washington que, lorsque le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale, personne n’imaginait qu’on en « aspergerait » toute une population civile (18).

Telle fut la « guerre limitée » livrée en Corée. En guise d’épitaphe à cette entreprise aérienne effrénée, citons le point de vue de son architecte, le général Curtis LeMay, qui déclara après le début de la guerre : « Nous avons en quelque sorte glissé un mot sous la porte du Pentagone disant : “Laissez-nous aller là-bas (…) incendier cinq des plus grandes villes de Corée du Nord – elles ne sont pas très grandes – ça devrait régler les choses.” Eh bien, on nous a répondu par des cris – “Vous allez tuer de nombreux civils”, et “c’est trop horrible”. Pourtant, en trois ans (…),nous avons incendié toutes (sic) les villes en Corée du Nord de même qu’en Corée du Sud (…). Sur trois ans, on arrive à le faire passer, mais tuer d’un coup quelques personnes pour régler le problème, beaucoup ne peuvent pas l’encaisser (19). »

La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les USA ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.

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Voilà pourquoi la Corée du Nord déteste autant les États-Unis…(suite)

Publié le 13 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche

Notes

(2) Cité dans Clay Blair, Forgotten War, Random House, New York, 1989.

(3) Archives nationales US, dossier 995 000, boîte 6175, dépêche de George Barrett, 8 février 1951.

(4) Archives nationales, RG338, dossier KMAG, boîte 5418, journal KMAG, entrées des 6, 16, 20 et 26 août 1950.

(5) The New York Times, 31 juillet, 2 août et 1er septembre 1950.

(6) Voir « Air War in Korea », dans Air University Quarterly Review 4, n° 2, automne 1950, pp. 19-40, et «Precision bombing », dans Air University Quartely review 4, n° 4, été 1951, pp. 58-65.

(7) Archives MacArthur, RG6, boîte 1, « Stratemeyer à MacArthur », 8 novembre 1950 ; Public Record Office, FO 317, pièce n° 84072, « Bouchier aux chefs d’état-major », 6 novembre 1950 ; pièce no 84073, 25 novembre 1959, sitrep.

(8) Bruce Cumings, The Origins of the Korean War, tome II, Princeton University Press, 1990, pp. 753-754 ; New York Times, 13 décembre 1950 et 3 janvier 1951.

(9) Newsweek, 24 mars 2003.

(10) The New York Times, 30 novembre et 1er décembre 1950.

(11) Hoyt Vandenberg Papers, boîte 86, Stratemeyer à Vandenberg, 30 novembre 1950 ; LeMay à Vandenberg, 2 décembre 1950. Voir aussi Richard Rhodes, Dark Sun : The Making of the Hydrogen Bomb,1955, pp. 444-446.

(12) Bruce Cumings, op. cit., p. 750. Charles Willoughby Papers, boîte 8, interviews par Bob Considine et Jim Lucas en 1954 parus dans le New York Times, 9 avril 1964.

(13) Carroll Quigley, Tragedy and Hope : A History of the World in Our Time, MacMillan, New York, 1966, p. 875. C. Quigley fut le professeur préféré de William Clinton à Georgetown University. Voir aussi B. Cumings, op. cit., p. 750.

(14) Les documents rendus publics après l’effondrement de l’Union soviétique ne semblent pas corroborer cette information. Selon les historiens, les Soviétiques ne déployèrent pas une force aérienne de cette importance à l’époque, contrairement à ce que pensaient les services de renseignement – en raison peut-être d’une désinformation efficace de la part des Chinois.

(15) Il ne s’agissait pas d’utiliser des armes nucléaires dites tactiques, non encore disponibles en 1951, mais d’utiliser les Mark IV tactiquement dans les combats, comme les bombes classiques larguées par les B-29 avaient été utilisées dans les combats depuis fin août 1950.

(16) Samuel Cohen était un ami d’enfance d’Herman Kahn. Voir Fred Kaplan, The Wizards of the Armageddon, Simon & Schuster, New York, 1983, p. 220. Sur Oppenheimer et le projet Vista, voir B. Cumings, op. cit., pp. 751-752, David C. Elliot, « Project Vista and Nuclear Weapons in Europe », dans International Security 2, no 1, été 1986, pp. 163-183.

(17) Conrad Crane, American Airpower Strategy in Korea, University Press of Kansas, Lawrence, 2000, pp. 168-169.

(18) Jon Halliday et Bruce Cumings, Korea : The Unknown War, Pantheon Books, New York, 1988, p. 166.

(19) John Foster Dulles Papers, histoire orale Curtis LeMay, 28 avril 1966.

Bruce Cumings –  Professeur d’histoire à l’université de Chicago ; auteur de Parallax Visions : Making Sense of American-East Asian Relations, Duke University Press, Londres, 1999 et de North Korea, Another Country, The New Press, New York, 2004.

Source : Association d’amitié franco-coréenne, 24-06-2010

 

“bombardement au napalm d’un village près de Hanchon, Corée du Nord, le 10 mai 1951. L’utilisation du napalm sur des villages est devenue plus tard tristement célèbre au Viêt-Nam, mais beaucoup plus a été larguées sur la Corée du Nord. (Photo : AP)”

 
 

Bombardement des États-Unis du port de Wonsan en 1951. Saturation américaine bombardant les 18 aplanies de 22 villes de la Corée du Nord, un niveau inégal de destruction dans les guerres modernes. (Photo : Ministère de la Défense américain)

Note : Voir aussi : Strategic Air Warfare : An Interview with Generals Curtis E. LeMay, Leon W. Johnson, David A. Burchinal, and Jack J. Catton

d’où est tirée p.88 cette déclaration de Curtis LeMay “Over a period of three years or so we killed off – what – twenty percent of the population of Korea.”. “Sur une période d’environ 3 ans, nous avons tué – disons – vingt pourcents de la population de Corée”. Aujourd’hui, les historiens penchent plutôt pour un bilan total au moins du tiers de ses 8 à 9 millions d’habitants de l’époque (Source).

Voir aussi Richard Rhodes, “The General and World War III,” The New Yorker, June 19, 1995, p. 53.

 

 
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2 août 2017: Depuis aujourd’hui , l’humanité vit à crédit

Publié le 3 Août 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche

Mercredi, nous avons consommé toutes les ressources naturelles que la planète peut produire en une année. Ce « jour du dépassement de la Terre » survient toujours plus tôt.
La date est fatidique, et toujours plus précoce. Depuis mercredi 2 août, l’humanité vit à crédit : elle a consommé, en seulement sept mois, toutes les ressources que la Terre peut produire en une année. Jusqu’à la fin de 2017, pour continuer à boire, à manger, à nous chauffer ou à nous déplacer, nous allons donc surexploiter les écosystèmes et compromettre leur capacité de régénération. LE MONDE  r Audrey Garric

Ce « jour du dépassement de la Terre » (« Earth Overshoot Day » en anglais) est calculé chaque année par le Global Footprint Network, un institut de recherches international établi à Oakland (Californie). Grâce à plus de 15 000 données des Nations unies, il compare l’empreinte écologique de l’homme, qui mesure l’exploitation des ressources naturelles de la Terre, avec la biocapacité de la planète, c’est-à-dire sa capacité à reconstituer ses réserves et à absorber les gaz à effet de serre. Selon ses calculs, la consommation de l’humanité dépasse de 70 % les ressources disponibles. Autrement dit, l’équivalent de 1,7 planète est nécessaire pour assouvir les besoins des humains.

Nous contractons cette dette car nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, nous prélevons plus de poissons dans les mers qu’il en naît chaque année, et nous rejetons davantage de carbone dans l’atmosphère que les forêts et les océans peuvent en absorber. Les conséquences de cette surconsommation se font déjà sentir : déforestation, déclin de la biodiversité, pénuries en eau, acidification des océans, érosion des sols, accumulation des déchets ou encore élévation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère affectent l’ensemble du globe.

Lire aussi :   La sixième extinction de masse des animaux s’accélère

Une date toujours plus précoce

Encore excédentaire en 1961, avec un quart de ses réserves non consommées, la Terre est devenue déficitaire au début des années 1970. Et le jour du dépassement survient toujours plus tôt. Cette date tombait le 5 novembre en 1985, le 1er octobre en 1998, le 20 août en 2009. Depuis le début de la décennie, toutefois, l’accélération du calendrier est moins rapide. Reste qu’à ce rythme, nous aurons besoin de deux planètes en 2030. En cause, la croissance démographique mondiale, mais surtout des modes de vie toujours plus gourmands en ressources et dépendants des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz).

Tous les humains ne sont toutefois pas responsables dans les mêmes proportions. Avec le train de vie australien ou américain, il faudrait plus de cinq planètes pour vivre. Les Français, eux, en ont besoin de trois, les Chinois de 2,1, bien au-dessus de la frugalité indienne (0,6 planète). Rapporté aux ressources nationales, le Japon aurait besoin de sept fois son pays pour satisfaire sa consommation actuelle, l’Italie et le Royaume-Uni de quatre fois. Au total, l’empreinte écologique des pays développés est cinq fois supérieure à celle des pays pauvres.

« Notre planète est limitée, mais les possibilités humaines ne le sont pas. Vivre selon les moyens que nous accorde notre planète est technologiquement possible, financièrement bénéfique et notre seule chance pour un avenir prospère »,avertit Mathis Wackernagel, le président de Global Footprint Network. Si nous parvenons à faire reculer la date du jour du dépassement mondial de 4,5 jours chaque année, calcule l’ONG, nous retrouverons l’équilibre en consommant les ressources d’une seule Terre d’ici à 2030.

Indicateur imparfait mais pertinent

S’il a le mérite de sensibiliser le grand public, l’indicateur de l’empreinte écologique est critiquéPlusieurs études scientifiques ont montré qu’il simplifie la réalité et utilise des méthodes de calcul et des données parfois incomplètes. Il ne tient par exemple pas compte de la destruction de la biodiversité ou de l’épuisement des sous-sols et ne comptabilise pas directement la consommation d’eau.

« Comme tous les indicateurs agrégés, il pâtit de limites : c’est aussi le cas du produit intérieur brut, remarque Dominique Bourg, philosophe et enseignant à l’université de Lausanne. Cela ne délégitime pas pour autant l’empreinte écologique : c’est un instrument pédagogique qui montre des tendances, à savoir que nous vivons au-dessus de nos moyens, et qui peut guider les gens vers le changement. »

« L’outil est imparfait mais reste pertinent. Il tend même à minimiser la réalité », confirme Aurélien Boutaud, consultant et coauteur de L’Empreinte écologique (La Découverte, 2009). Selon lui, il a permis de « prendre conscience des limites planétaires » et de généraliser une forme de comptabilité par empreinte — carbone, eau, azote ou biodiversité — qui « impute la responsabilité de l’impact environnemental au consommateur final »« Si on regarde les seules émissions de gaz à effet de serre, par exemple, on peut avoir l’impression que les pays riches les ont réduites. En réalité, ils en ont délocalisé une partie vers les pays pauvres, dit-il. L’empreinte carbone de la France est ainsi d’environ 40 % supérieure à ses rejets carbonés. »

Réduire les empreintes carbone et alimentaire

Comment inverser la tendance ? D’abord, en limitant les émissions de gaz à effet de serre, qui représentent à elles seules 60 % de l’empreinte écologique mondiale. Pour réussir à maintenir la hausse des températures bien au-dessous de 2 °C — objectif inscrit dans l’accord de Paris sur le climat de décembre 2015 —, « l’humanité devra s’affranchir des énergies fossiles avant 2050 », rappelle Mathis Wackernagel.

« L’enjeu est d’atteindre un pic des émissions d’ici à 2020, complète Pierre Cannet, le responsable du programme climat et énergie au Fonds mondial pour la nature (WWF) France, l’un des partenaires de l’opération. Ce point d’inflexion doit être trouvé pour la production d’électricité mais également dans la consommation des transports et l’ensemble des activités industrielles. » Les mesures sont connues, qu’il s’agisse de plafonner puis de réduire la production des centrales à charbon, de déployer plus rapidement les énergies renouvelables ou d’améliorer l’efficacité énergétique. Réduire les rejets carbonés de 50 % permettrait de reporter le jour du dépassement de près de trois mois.

Autre levier d’action : limiter l’empreinte alimentaire. « Pour cela, il est indispensable de stopper la déforestation, de diminuer notre consommation de produits dérivés des animaux, de lutter contre le gaspillage alimentaire et d’opter pour des modes de production plus durables, comme le bio, l’agroécologie ou la permaculture », avance Arnaud Gauffier, responsable de l’agriculture et de l’alimentation au WWF.

Signes encourageants

Le Global Footprint Network comme le WWF notent des signes encourageants. Ainsi, l’empreinte écologique par habitant des Etats-Unis a-t-elle diminué de près de 20 % entre 2005 (son point le plus haut) et 2013 (les dernières données disponibles) grâce à la baisse des émissions de carbone, et ce malgré la reprise économique. De même, la Chine, qui affiche la plus grosse empreinte écologique nationale, développe massivement les énergies renouvelables, tandis que sa consommation intérieure de charbon est en baisse — malgré la construction de nouvelles centrales.

Dans l’Hexagone, l’expansion des surfaces en agriculture biologique (+ 17 % en 2016) et la hausse de la consommation de produits bio (+ 22 % pour les ménages, à domicile, en un an« constituent des signaux positifs » pour Arnaud Gauffier, même si « ces efforts sont encore trop faibles ».

« On n’a pas de pays qui se présenterait comme un champion de la révolution des modes de production, juge Pierre Cannet. Le risque est que les pays en développement voient leur empreinte écologique augmenter rapidement et que cette hausse ne soit pas compensée par une baisse suffisante de la pression des pays développés. Il faut parvenir à un équilibre. » Pour espérer vivre de nouveau, un jour, dans les limites de notre planète.

En savoir plus sur

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/08/01/a-compter-du-2-aout-l-humanite-vit-a-credit_5167232_3244.html#V7LosdUUdoU8HPYF.99

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