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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Nucléaire : dernière ligne droite pour la cuve de l'EPR de Flamanville

Publié le 14 Juin 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Nucléaire

L’Autorité de sûreté nucléaire demandera leur avis à un panel d’experts les 26 et 27 juin

Séquence atterrissage. Un bon nombre d’experts du secteur nucléaire vont trancher, ces prochains jours, la question de « l’aptitude au service » de la cuve du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche), deux ans après la révélation par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’une « anomalie sérieuse, voire très sérieuse », selon son président Pierre-Franck Chevet

Forgés à partir de 2006 à l’usine du Creusot d’Areva, installés en 2014 et en 2016 dans le bâtiment réacteur de la centrale d’EDF, la cuve et son couvercle présentent une teneur en carbone de l’acier supérieure aux valeurs attendues, pouvant potentiellement amoindrir la résistance de ces équipements critiques pour la sûreté du réacteur nucléaire.
La première étape de cette séquence se tient ce mercredi, à l’occasion d’une plénière extraordinaire du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire. Saisi fin 2015 par la ministre de l’Energie Ségolène Royal, le HCTISN publiera ses recommandations au plus tard fin juin, qui devraient demander à EDF et à Areva de publier plus d’informations.
Mais les débats les plus attendus sont ceux qui auront lieu les 26 et 27 juin à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires (GPESPN) y examinera les conclusions de l’IRSN, l’expert technique de l’ASN, et de certains services de cette dernière, à l’issue de six mois d’instruction du dossier technique présenté par Areva. Tout l’enjeu pour l’équipementier a été de démontrer que, en dépit des sous-performances de son acier, les essais menés sur des pièces représentatives de la cuve et de son couvercle démontraient leur tenue, même en cas d’accident nucléaire. Administrativement, un arrêté publié fin 2015 a déjà prévu un régime dérogatoire pour justifier de leur conformité (« Les Echos » du 21 janvier 2016).
Avis définitif rendu en septembre
Depuis des mois, EDF affiche sa sérénité. « Nous sommes plus confiants que jamais pour obtenir l’approbation par l’Autorité de sûreté nucléaire de la cuve et des éléments du circuit primaire de Flamanville 3 », a assuré Jean-Bernard Lévy, dans une interview aux « Echos » début juin. Une confiance qui se base sur les derniers échanges réalisés, fin mai, entre les exploitants et les contrôleurs. « L’ASN ne l’a pas dit publiquement, mais elle a laissé entendre qu’elle n’allait pas rejeter la cuve », indique une source industrielle. Une position que ne démentent pas plusieurs experts au fait du dossier. Les métallurgistes et les divers membres du Groupe permanent qui se pencheront sur le dossier fin juin à l’ASN disposeront aussi, pour formuler leurs propres conclusions, de l’avis d’un expert belge, Bel-V.
Une fois l’avis du Groupe permanent rendu, l’ASN mènera une consultation du public, pour un avis définitif attendu en septembre. Des contrôles supplémentaires seront a minima préconisés par l’ASN pour la cuve et son couvercle, mais, pour EDF et Areva, l’essentiel est de ne pas avoir à les remplacer, un plan B qu’avait demandé l’ASN et que le HCTISN pourrait souhaiter voir rendu public. Si elle est bien confirmée, la validation de la cuve par l’ASN lèvera la condition suspensive à l’augmentation de capital de 4,5 milliards d’euros d’Areva par l’Etat, nécessaire pour assurer son sauvetage financier.

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030381564225-nucleaire-derniere-ligne-droite-pour-la-cuve-de-lepr-de-flamanville-2094269.php#2vwWrxEfzVkQdJaZ.99

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Deuxième tour : élire des député-es de la gauche debout et insoumise !

Publié le 12 Juin 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Législatives 2017

Le premier tour des élections législatives a été marqué par une abstention massive. Cela montre que la crise démocratique est loin d’être finie.

Les candidat-es de la République En Marche arrivent en tête à l’échelle nationale avec un score de 32%. Emmanuel Macron a réussi à rassembler les libéraux de gauche et de droite et bénéficie pleinement du caractère monarchique des institutions de la Vème République. L’Assemblée Nationale est réduite à n’être que la chambre d’application de la politique du Président de la République.

Les candidats-es des forces qui ont soutenu Jean Luc Mélenchon représentent, selon les premières estimations,  environ 14% des suffrages exprimés (11% pour France Insoumise, 3% pour le PCF). Malgré la division, ils constituent la principale force d’opposition de gauche, progressiste et écologiste.

Nous nous félicitons des bons résultats des candidat-es présentés ou soutenus par Ensemble !

Il faut maintenant faire élire le maximum de députés insoumis, communistes, réellement de gauche et écologistes... Il faut rassembler toutes les forces pour cela.

Au-delà, il faut empêcher le Front National, même s’il est affaibli, d’envoyer des député-es à l’Assemblée Nationale pour y déverser sa propagande xénophobe.

Partout où c’est possible, il faut battre les candidat-es de droite et de la République En Marche ou se réclamant de la majorité présidentielle.

Les prochains mois seront décisifs. Emmanuel Macron est décidé à imposer son projet anti social au pas de charge : réforme du code du travail par ordonnance, réforme de l’assurance chômage et des systèmes de retraite… Il faut expliquer et faire connaitre les conséquences négatives de ces projets pour la sécurité et les droits des chômeur-euses et des salarié-es. Des mobilisations larges et unitaires rassemblant des millions  de personnes sont possibles car cette politique n’a pas de légitimité. Pour mettre en échec la grande régression d’Emmanuel Macron, défendre les libertés démocratiques menacées par l’Etat d’Urgence permanent, il faut construire dans tout le pays un large front social et politique des associations, syndicats et partis de gauche et écologistes.

L’Equipe d’Animation Nationale d’Ensemble

Dimanche 11 juin 2017, 21 heures.

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Attention à l'intoxication médicamenteuse !

Publié le 10 Juin 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Les ravages du macronisme

 

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3e circonscription de la Manche: le MRC soutient les candidats de La Gauche Debout

Publié le 7 Juin 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Législatives 2007

 

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Décryptage détaillé des 8 ordonnances que Macron ne voulait pas dévoiler

Publié le 5 Juin 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche

On comprend mieux pourquoi le calendrier annoncé par Emmanuel Macron prévoyait d’attendre après les législatives pour dévoiler le contenu des ordonnances sur le droit du travail : il est explosif.

Le projet fuité va bien au-delà des éléments annoncés publiquement jusqu’ici. Il s'attaque notamment au contrat de travail, aux salaires, et à la santé et la sécurité au travail.

Mais le gouvernement ne dévoile pas l'ensemble du contenu qu'il souhaite modifier et c'est même un objectif assumé pour "ne pas courir le risque de contraintes insurmontables au stade de la rédaction des ordonnances".

Les sujets listés sont beaucoup plus larges que prévu et lui donnent une marge de manœuvre inédite pour modifier la quasi-totalité des droits des salariés en catimini pendant l'été. Les mesures qui concerneraient directement les Ingés, cadres et tech sont nombreuses : salaires tirés vers le bas, télétravail, plafonnement des indemnités prudhommes… 

L'Ugict, CGT Ingés Cadres Techs, publie ici un décryptage détaillée de ces 8 ordonnances qu'Emmanuel Macron aurait préféré ne pas dévoiler avant les législatives.

La méthode : les ordonnances

Le projet de loi rendu public est celui qui va autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnances sur un certain nombre de sujets. Le gouvernement est tenu de préciser dans son projet de loi les sujets sur lesquels il veut réformer par ordonnances, et le calendrier. Une fois la loi d'habilitation votée, il dispose d'un délai pour préparer ses ordonnances et les soumettre au parlement pour ratification. Sans attendre la ratification du Parlement, elles s'appliquent immédiatement.

Ici, le choix retenu laisse la marge de manœuvre la plus importante au gouvernement avec :

  • un nombre de thèmes très élevé
  • un contenu très large, le projet de loi précisant que contrairement à la loi El Khomri, ces dispositions supplétives peuvent être en deçà des droits actuels.
  • un calendrier potentiellement long, pouvant laisser jusqu'à 1 an au gouvernement pour légiférer sans débat avec le parlement.

8 sujets listés, qui donneront chacun lieu à une ordonnance soumise à ratification par le parlement

⁃ Renvoyer à l'entreprise de nouveaux sujets, la loi ne définissant plus que des dispositions supplétives, s'appliquant en l'absence d'accord. La liste de ces sujets est très longue, et couvre y compris des thèmes pour lesquels la loi, grâce à la mobilisation de l'année dernière, prévoyait qu'il était impossible de déroger par accord d'entreprise: le contrat de travail, le temps de travail, les salaires, la santé et la sécurité, et l’emploi

  • Plafonner les indemnités prudhommes en cas de licenciement abusif, sans aucune précision sur le montant du plafond [ Voir le détail ↓ ]
  • Etendre le référendum pour permettre l'adoption d'un accord contre l'avis des syndicats majoritaires. Les référendums introduits par la loi El Khomri ne pouvaient jusque là qu'être utilisés par les syndicats, l'employeur pourra désormais en déclencher [ Voir le détail ↓ ]
  • Redéfinir le rôle de l'accord de branche et réduire leur nombre [ Voir le détail ↓ ]
  • La "simplification" des institutions représentatives du personnel et la fusion entre délégué du personnel, CHSCT et comité d'entreprise dans une instance unique. Le projet va plus loin que prévu et prévoit à titre expérimental de fusionner aussi le Délégué Syndical [ Voir le détail ↓ ]
  • Renforcer les moyens du dialogue social avec des moyens en formation et en temps supplémentaire, et l'introduction d'une forme de chèque syndical [ Voir le détail ↓ ]
  • Renforcer le pouvoir de Conseils d'Administrations et "inciter" à une meilleure représentation des salariés dans les CA [ Voir le détail ↓ ]
  • Réformer l'assurance chômage  [ Voir le détail ↓ ]

 

L'argumentation "politique" : les droits des salariés seraient responsables du chômage et de la précarité

La réforme s'inscrit dans la droite ligne de la loi El Khomri et des arguments mille fois entendus mais jamais démontrés qui font de l'excessive protection des salariés en CDI la source du chômage de masse et de la précarité. Aucune étude économique n'ayant jamais fait le lien entre baisse des protections des salariés et création d'emploi, l'exposé des motifs se garde bien de citer le moindre chiffre. La stratégie affichée, pour éviter comme l'année dernière de focaliser le débat sur la réforme du code du travail, est de la présenter en même temps que la réforme de l'assurance chômage et de la formation professionnelle, de façon à afficher une sorte de "flexi sécurité" à la française. C'est ce qui explique le projet envisage d'intégrer la réforme de l'assurance chômage aux ordonnances, contrairement à ce qui était annoncé dans le programme d'Emmanuel Macron.

Alors que depuis 2013, 4 réformes du code du travail ont été menées – loi dite « sécurisation de l’emploi », loi Rebsamen, loi Macron, loi El Khomri – ayant toutes en commun de faire reculer les droits des salarié-es, aucune évaluation n’est prévue. Elles devaient pourtant créer de l’emploi, dommage que l’on ne vérifie pas que les résultats sont atteints…Surtout, elles commencent à peine à s’appliquer, et causent sur le terrain une pagaille généralisée. 

Quand on prétend simplifier, c’est quand même étonnant de multiplier les réformes non ? 

La possibilité de réviser l'ensemble des droits à la baisse

Suite à la mobilisation, le gouvernement a été obligé de modifier la loi El Khomri l'année dernière. Dans la première version de son projet de loi, les règles supplétives ne correspondaient pas au contenu actuel du droit du travail. Par exemple, ils prévoyaient d'augmenter les durées maximum de travail (notamment pour les apprentis mineurs, le travail de nuit...).

Le projet d'ordonnance Macron précise dans une discrète note de bas de page, que contrairement à la loi El Khomri, les règles supplétives ne seront pas à droit constant. Ceci signifie que le gouvernement pourra, sur l'ensemble des sujets, revoir nos droits à la baisse!

Ordonnance 1 : le renvoi à l’entreprise de la quasi-totalité des droits : la généralisation du dumping 

La loi El Khomri a réécrit la partie du code du travail portant sur le temps de travail, en renvoyant à la négociation d'entreprise de nombreuses questions qui étaient jusque là définies dans la loi. C'est le cas par exemple des heures supplémentaires, qui devaient auparavant être rémunérées partout avec une majoration de 25% puis 50%. Désormais, un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir une majoration de 10%, sans qu'un accord au niveau de la branche puisse l'interdire. La règle des 25 et 50% n'est plus que supplétive, c'est à dire qu'elle s'applique seulement quand il n'y a pas d'accord d'entreprise.

La liste des droits pour lesquels les dispositions de la loi ne s'appliqueront que s'il n'y a pas d'accord d'entreprise est longue.

1- Temps de travail

La loi El Khomri qui a largement détricoté la durée légale du travail ne suffit visiblement pas car le gouvernement souhaite une encore s'y attaquer dans ces ordonnances.

Le travail de nuit est notamment mentionné. On se souvient que le gouvernement avait essayé d'augmenter la durée maximale du travail de nuit et été contraint de reculer l'année dernière. Il pourrait donc cette année:

  • ⁃ augmenter les durées maximum de travail de nuit
  • ⁃ Supprimer les contreparties obligatoires en matière de repos et de rémunération
  • ⁃ Modifier la définition du travail de nuit, qui correspond aujourd'hui au travail effectué entre 21h et 6h du matin. Demain, cette plage horaire pourrait être raccourcie.

Exemple : Aujourd'hui tout travail effectué au cours d'une période d'au moins 9 heures consécutives comprenant l'intervalle entre minuit et 5 heures est considéré comme du travail de nuit. Il s'agit d'une disposition d'ordre public. A défaut d'accord particulier, c'est entre 21h et 6 heures. Avec les ordonnances, cette période pourrait être raccourcie par un accord d'entreprise entre minuit et 5 heures par exemple. Par conséquent le nombre d'heures majorées pour le salarié serait plus faible.

 Le télétravail est également ciblé. Alors que les syndicats viennent de forcer le patronat à signer un document prévoyant une négociation interprofessionnelle encadrant le télétravail, les ordonnances pourraient autoriser les entreprises à définir elles-mêmes l'ensemble des droits des télétravailleurs. Grâce à l’accord signé en 2005 par l’ensemble des syndicats, le télétravail est encadré dans la loi, qui impose par exemple à l’employeur de prendre à sa charge les équipements de travail. Le document issu de la concertation qui vient de s’achever prévoit de renforcer ces protections, par exemple en matière d’accident de travail. C’est une priorité pour l’UGICT-CGT, étant donné que les ingés, cadres et tech sont de plus en plus nombreux à opter pour le télétravail. C’est le résultat de cette laborieuse négociation que mettraient à bas les ordonnances.

On se souvient que l’année dernière, le gouvernement voulait autoriser à fractionner les 11h de repos obligatoire, ciblant directement les ingés, cadres et tech, nombreux à être au forfait jour. Cette disposition pourrait être réintroduite dans les ordonnances.

La durée légale du travail n'est rappelée à aucun endroit du document. L'exposé des motifs se contente de lister comme dispositions relevant de l’ordre public que le Smic, l'égalité professionnelle et les seuils d’expositions au risques (matières, charges, températures…). Le gouvernement ne prendra toutefois probablement pas le risque politique de s'attaquer au symbole des 35h. Il peut toutefois amplifier la loi El Khomri et permettre aux entreprises de définir le taux de rémunération et le seuil de déclenchement des heures sup (35h, 39h...), avec la possibilité de descendre en dessous des 10% de majoration...ce qui reviendrait à supprimer dans les faits la durée légale du travail.

Rien n'empêche non plus le gouvernement de légiférer pour généraliser le travail du dimanche comme il avait commencé à le faire dans la loi Macron de 2015.

2- Le contrat de travail

Ce sujet n'a absolument pas été évoqué dans la campagne électorale, ni été débattu. Le projet autorise le gouvernement à modifier de fond en comble les règles légales régissant le contrat de travail en les renvoyant à l'accord d'entreprise. Très laconique, il se contente d'identifier 2 cibles :

Le recours aux CDI et CDD :

Aujourd'hui, le code du travail énumère limitativement les cas de recours aux CDD qui sont d'ordre public (remplacement, surcroit temporaire d'activité, CDD d'usage, activité saisonnière), c'est à dire qu'un accord ne peut ajouter de nouveaux cas de recours.

Avec ses ordonnances, le gouvernement pourrait permettre par accord d'entreprise :

  • de créer de nouveaux cas de recours au CDD ;
  • de modifier ou supprimer la durée maximale d'un CDD et le nombre de renouvellement (18 mois et 3 renouvellements aujourd'hui) ;
  • ou encore de modifier le montant de l'indemnité de précarité (10%).
  • Les "conditions et conséquences" de la rupture du CDI.

Un employeur doit justifier d'une cause réelle et sérieuse pour procéder à un licenciement (licenciement économique, motif disciplinaire, inaptitude physique, etc.). Il doit par ailleurs respecter une procédure, qui implique une convocation à un entretien préalable, une lettre indiquant les motifs de licenciement, la possibilité pour le salarié de se faire assister par un syndicat... Il doit enfin respecter un préavis et verser une indemnité de licenciement. 

Ces éléments sont aujourd'hui définis par la loi. Le gouvernement pourrait renvoyer l'ensemble de ces dispositions à l'accord d'entreprise. Il pourrait également permettre de prédéfinir des motifs de licenciement soit dans le contrat de travail, soit dans un simple accord d'entreprise, revendications de longue date du MEDEF.

3- La santé et la sécurité

Cette partie du code du travail, fondamentale pour les salariés, définit l'ensemble des protections des salariés en matière de santé et de sécurité. Le projet de loi est très laconique, et se limite à dire que les seuils d'exposition aux risques (matières dangereuses, charges, températures…) devraient rester définis dans la loi. En l'état de sa formulation, ce projet pourrait permettre au Gouvernement de transférer à la négociation d'entreprise des éléments essentiels tels que :

-       le droit d'alerte des représentants du personnel et droit de retrait des salariés confrontés à un danger grave et imminent (comme les Risques psychosociaux, les risques industriels, les violences sexuelles…). Cette disposition est particulièrement grave pour les ingés, cadres et tech, qui souvent, du fait de leurs responsabilités, sont les premiers informés de ces risques. Ceci fragiliserait considérablement le début de statut pour les lanceurs d’alerte que nous venons d’arracher !

  • l'information et la formation des salariés,
  • la protection des mineurs de moins de 18 ans,
  • les obligations relatives aux équipements de sécurité,
  • l'organisation des locaux de travail (fenêtres, vestiaires, …),
  • les modalités de prévention contre des risques spécifiques (chimiques, biologiques, sonores, …),
  • le document unique d'évaluation des risques professionnels.

Il est particulièrement grave que le Gouvernement ait souhaité se réserver la possibilité de transférer ces éléments à la négociation collective sans explicité ses intentions. La santé des salarié-es n'est pas négociable !

4- Le salaire

Sur les salaires, au-delà des dangers réels de dumping que fait courir la décentralisation de la négociation salaire, il y a au moins 2 risques importants :

  • On a constaté pendant la crise que l’on négociait moins les salaires dans l’entreprise et que les augmentations étaient très faibles. Néanmoins, les salaires réels ont progressé en France même pendant ces années de crise, essentiellement grâce aux accords salariaux de branches qui ont automatiquement fait augmenter les salaires. Ce résultat est aussi le fruit de la couverture conventionnelle avec 96% des salariés en France qui sont couverts par un accord de branche grâce au droit à l’extension. Renvoyer la négociation salaire dans l’entreprise c’est à coup sûr baisser le niveau général des salaires réels.

    Un article des Echos explique parfaitement ce mécanisme avec cet exemple : entre 2009-2012 (au cœur de la crise systémique) : lorsque l’augmentation de salaire est de 1% dans la branche, la hausse à court terme du salaire moyen de base est supérieure de 0,12% à ce qu’elle aurait dû être s il n'y avait pas eu d’augmentation conventionnelle de branche.

    En clair le vœu du Medef est exaucé cela permettra de geler voire de baisser les salaires
     
  • Le salaire conventionnel est le salaire de référence d’un niveau de classification. Ne plus négocier le salaire au niveau de la branche revient à avoir des grilles de classifications sans salaires qui leur correspond. Cela revient à affaiblir considérablement les grilles de classification et la reconnaissance des qualifications.

    Les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires tirent déjà les salaires vers le bas, avec un tassement de la reconnaissance de la qualif et une absence de déroulé de carrière qui frappe particulièrement les ingés cadres tech, et notamment les jeunes diplômé-es. Avec cette disposition, la seule augmentation annuelle de salaire sera (et c’est de plus en plus hypothétique) celle du SMIC. C’est la négation totale de la qualification.
5- L’emploi

Le projet de loi d’habilitation prévoit également d’élargir le champ de la négociation d’entreprise aux dispositions du titre 2 du livre 1er de la 5e partie du code du travail relatif à la sauvegarde et au maintien de l’emploi.

Ces dispositions concernent pourtant, pour l’essentiel des aides et dispositifs mis en place par l’Etat (aide au développement de l’emploi et des compétences, aide à l'élaboration d'un plan de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, aide aux actions de formation pour l'adaptation des salariés, contrat de génération, …).

Cependant, certains droits importants des salariés peuvent également être attaqués.
L’ordonnance peut prévoir que la part du salaire perçue par les salariés lorsque leur employeur les place en chômage partiel est négociée dans chaque entreprise.
Elle peut également permettre de revenir sur les droits des salariés dans le cadre des accords de maintien de l’emploi.

Ces accords, créés par la loi de sécurisation de l’emploi de 2013 permettent, en cas de « difficultés économique conjoncturelles » d’imposer aux salariés des modifications de la durée du travail, ainsi que la rémunération, sous peine d’être licencié.

La CGT avait dès l’origine dénoncé les risques de dumping social et les chantages à l’emploi.

Les ordonnances risquent de revenir sur les maigres garanties dont bénéficient les salariés :

  • Impossibilité de diminuer la rémunération en dessous de 120% du minimum conventionnel ;
  • Obligation de prévoir des efforts des dirigeants et actionnaires ;
  • Impossibilité de prévoir une durée dépassant 5 ans ; …

Ordonnance 2 : le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif

Pour la 3e fois, Emmanuel Macron essaie de faire adopter cette disposition contre l'avis de l'ensemble des organisations syndicales. Il s'agit, en cas de condamnation d'un employeur par les prudhommes pour licenciement abusif, de limiter le montant des dommages et intérêts versés au salarié. Initialement prévue dans la loi macron de 2015, elle a été rétorquée par le conseil constitutionnel. Avec quelques modifications de forme, elle a été glissée en 2016 dans la loi el khomri, puis retirée, face à la mobilisation. Aujourd'hui, la condamnation est adaptée au préjudice subi, et le juge tient compte de l'ancienneté, la durée du chômage, la situation de famille et le nombre d'enfants à charge, l'âge, etc.

Le projet d’habilitation ne donne aucune information sur le montant des plafonds retenus, mais on se souvient que ceux retenus l'année dernière dans la première version de la loi El khomri étaient particulièrement faibles (plafonds inférieurs aux condamnations moyennes). En outre, le gouvernement avait parlé d’instaurer des condamnations forfaitaires, indépendamment du salaire du salarié concerné, ce qui aurait particulièrement ciblé les ingés cadres et techs, et tiré le montant des condamnations vers le bas.     

Pourquoi tant d'insistance ? Parce qu'il s'agit de la clé de voûte du code du travail. D'une part, le plafonnement les condamnations en cas de licenciement abusif permet aux employeurs de le provisionner, et de se donner les moyens sans aucun risque de condamnation de licencier un-e salarié sans motif. Le but est de permettre à l'employeur de choisir entre le respecter du droit du travail et le risque d'une condamnation d'un montant maximum prédéfini. Côté salarié, c'est le règne de l'arbitraire.  Comment réclamer le paiement de ses heures sup ou remettre en cause une directive si du jour au lendemain on peut, dans motif, être mis à la porte? Au prétexte de leurs responsabilités professionnelles, la liberté d’expression des cadres est souvent remise en cause, là c’est le baillon !

Ordonnance 3 : Les referendum pour faciliter l'adoption d'accords d'entreprise

Pour généraliser les accords dérogatoires d'entreprise, il faut faciliter leur adoption. Pour cela, la loi El Khomri a inventé le référendum, permettant, quand un accord est refusé par les syndicats majoritaires, de le faire adopter par référendum auprès des salariés. Le 1er référendum organisé a confirmé les craintes de la Cgt. Initié à RTE, le référendum visait à faire adopter un recul des droits des agents de maintenance sur leurs astreintes et du travail le soir et le WE...en demandant leur avis à l'ensemble des salarié-es, dont la moitié (et notamment les ingés, cadres et tech) n'était pas concernée. Diviser pour mieux régner...Grâce à la mobilisation de la Cgt et au travail d'infos des cadres et agents de maîtrise que la direction voulait instrumentaliser, le référendum a été un échec. Ceci n'a été possible que grâce à la forte implantation syndicale, ce qui est loin d'être le cas partout...

Le gouvernement veut donc étendre le recours aux référendum. Jusque là réservé aux syndicats, il pourrait maintenant être lancé à l'initiative et dans les conditions décidées par l'employeur. Il y a fort à parier que les mises en opposition des salarié-es vont être maximum, avec le risque de faire exploser les collectifs de travail

Ordonnance 4- Redéfinir le rôle de l’accord de branche et réduire leur nombre

Grâce à la mobilisation contre la loi El Khomri, nous avons réussi à ce que la loi précise qu’il y a 6 sujets sur lesquels l’accord de branche prime forcément sur l’accord d’entreprise :

  • Les salaires
  • Les classifications
  • L’égalité professionnelle
  • La pénibilité
  • La formation professionnelle
  • La prévoyance

Réformer cette disposition par ordonnance a probablement pour objectif de supprimer tout ou partie de ces 6 domaines.

La loi El Khomri prévoit aussi la restructuration des branches professionnelles, pour en limiter le nombre. La CGT partage totalement cet objectif, la question c’est la méthode et les périmètre. La fusion aura-t-elle pour objectif de tirer les garanties conventionnelles vers le haut ou vers le bas ? En clair, fusionnera-t-on des branches avec un haut niveau de protection avec des branches de dumping, comme la branche Syntec ?

L’ordonnance pourrait viser à accélérer le chantier et réduire encore plus drastiquement le nombre de branches.

Ordonnance 5 : Le regroupement des instances représentatives, la disparition des CE, CHSCT et DP

Alors que la réforme de 2015 (loi Rebsamen) commence à peine à s'appliquer, le gouvernement remet le couvert pour réformer les instances de l'entreprise. L'objectif: fusionner le Comité d'Entreprise, le CHSCT et le Délégué du personnel dans une instance unique. Pourtant, plusieurs possibilités ont été introduites en 2015, et notamment

  • pour les entreprises de moins de 300, l'employeur peut mettre en place une délégation unique du personnel regroupant CE et DP
  • Dans les entreprises de plus de 300, par accord d'entreprise, l'employeur peut créer une instance unique

Le gouvernement veut aller encore plus loin (sans évaluation des réformes précédentes), ce qui pose plusieurs problèmes :

  • La remise en cause du rôle du CHSCT, qui, aujourd'hui, a une personnalité juridique qui lui permet d'aller en justice, de faire des enquêtes ou diligenter des expertises (par exemple sur les risques psycho sociaux, les violences sexuelles…) C’est ce qui a permis de faire annuler un plan social à la FNAC, du fait des risques psycho sociaux qu’il faisait courir aux salarié-es qui auraient vu leur charge de travail exploser
  • Le risque que les missions du CHSCT soient financées sur le budget du CE, amputant d'autant les moyens pour organiser une offre de culture et de loisir, la restauration...en particulier, le CHSCT peut demander des expertises sur la santé et la sécurité, financées par l'employeur. Le Medef cherche depuis longtemps, pour limiter le nombre d'expertises à les faire payer par le CE.
  • La baisse du nombre d'élu-es, et la suppression des instances de proximité, les DP et les CHSCT

L'existence d'une instance dédiée à la sécurité et à la santé au travail est primordiale pour forcer les employeurs à ce saisir de ces thématiques, et notamment des risques psycho sociaux qui, avec les burn out, explosent chez les ICT. 

Enfin, le gouvernement sort du chapeau, une mesure jamais annoncée ou débattue, la possibilité d'ajouter dans cette instance la négociation. Ce serait la rupture avec notre modèle historique de démocratie sociale dans l'entreprise, qui repose d'un côté sur des élu-es, disposant de droits d'information, de consultation, d'expertise et d'alerte, de l'autre sur des syndicats, qui seuls ont la capacité de négocier.

Pourquoi cette distinction? Pour adosser le droit à la négociation aux droits et protections syndicales, et ainsi garantir l'indépendance des négociateurs vis à vis de l'employeur. Depuis de longues années le Medef veut autoriser la négociation avec les élus sans étiquette,

Ordonnance 6 : Le renforcement des moyens du dialogue social

Il s’agit probablement d’une contrepartie destinée à faire avaler la pilule de tous les reculs précédents, mais le compte n’y est absolument pas. Le projet prévoit :

  • Une forme de chèque syndical, avec la possibilité par le salarié d’apport des ressources financées par l’employeur au syndicat de son choix, sur le modèle de ce qui existe à Axa
  • Un renforcement de la formation des élu-es, et des mesures (non précisées), pour reconnaître celui-ci dans les carrières et lutter contre la discrimination syndicale. La CGT porte de nombreuses propositions sur le sujet, rendues publiques à l’occasion de l’action de groupe contre les discriminations syndicales à Safran. Pas de réponse là-dessus pour l’instant…

Les grands absents, les salarié-es des petites entreprises dans lesquels il n’y a souvent ni représent-es du personnels, ni syndicats. Pourtant, la CGT porte une propostion simple pour garantir une représentation à tous les salarié-es des entreprises de moins de 50

Ordonnance 7 : Conseils d’Administrations

Au lieu de généraliser les administrateurs salariés, d'augmenter leur nombre et leurs prérogatives pour se rapprocher des pays d'Europe du Nord, on se limite à des mesures "incitatives". Sachant que le patronat refuse obstinément de partager les orientations et décisions stratégiques, une simple incitation ne permettra pas d'aller bien loin.

La CGT et son UGICT font de nombreuses propositions pour définanciariser l’entreprise et renforcer les moyens d’intervention des représentants du personnel et des cadres sur les orientations stratégiques. Visiblement, Emmanuel Macron ne les a pas lues…

Ordonnance 8 : réforme de l’assurance chômage

Le gouvernement s’était engagé auprès des syndicats que la réforme de l’assurance chômage ne se ferait pas par ordonnance, visiblement les arbitrages ne sont pas si clairs. Les éléments annoncés sur l’assurance chômage et la formation professionnelle sont les suivants :

  • L’ouverture du système aux indépendants et aux salarié-s après une démission, le renforcement du contrôle des chômeurs
  • La gestion tripartite du système (actuellement géré uniquement par les syndicats et le patronat) au prétexte que la dette du régime est actuellement garantie par l’Etat
  • Une réforme de son financement, avec suppression des cotisations chômage qui seraient remplacées par la CSG
  • L’utilisation des fonds de la formation professionnelle pour financer la formation des demandeurs d’emploi, la fin du paritarisme de sa gestion

Cette réforme d’ensemble pose plusieurs questions :

  • Quels financements supplémentaires pour l’ouverture de l’assurance chômage aux indépendant-es ? En effet, une telle réforme, pour constituer un progrès, suppose la mobilisation de ressources supplémentaires conséquentes. Or le régime est actuellement déficitaire, et le programme d’Emmanuel Macron prévoit de diminuer les dépenses de l’assurance chômage d’un quart en cinq ans. La menace est alors que le Président finance sa réforme par une baisse massive des droits au chômage pour les salariés déjà couverts. Pourtant, la CGT propose de longue date des mesures de financement, comme le déplafonnement des cotisations et des allocations qui permettrait de dégager 800 millions de ressources supplémentaires chaque année.
  • Le changement de financement et de gouvernement du régime, avec l’abandon d’un système de cotisation sociale, induit un changement total de conception pour les droits. Actuellement, le régime est contributif, avec des salarié-es qui cotisent et perçoivent des allocations proportionnelles à leur salaire antérieur ; ce système est assortit à des mesures de répartition pour augmenter les allocations des salarié-es les plus précaires. Le caractère contributif du régime est ce qui garantit l’adhésion de toutes et tous au régime : les ICT étant moins fréquemment au chômage, leurs cotisations financent largement le système et permettent d’assurer une meilleure protection à toutes et tous. En contrepartie l’assurance chômage assure aux ICT un niveau d’allocation leur permettant de maintenir en partie leur niveau de vie, le temps de retrouver un emploi correspondant à leur niveau de qualification. C’est ce système de solidarité qui construit l’attachement commun de l’ensemble des salariés à l’assurance chômage et évite que les plus aisés cherchent à le contourner pour se tourner vers des systèmes non solidaires de capitalisation. Financer le régime par la CSG à la place des cotisations induit un changement de modèle : si le système n’est plus contributif, mais financé par tous, le lien entre salaire et prestation pourrait être remis en cause au moins en partie. L’UGICT-CGT est particulièrement inquiète par cet aspect, qui risque de servir de prétexte à un alignement vers le bas du montant et de la durée des allocations, avec la pénalisation directe des ingénieurs cadres et techniciens.
  • La répartition des richesses. Aujourd’hui, les cotisations chômage sont financées à 2/3 par la part dite employeur et 1/3 par la part dite salariale. La CSG elle est un impôt, qui repose essentiellement sur les salarié-es et ne taxe que marginalement le capital. L’augmentation de la CSG proposée par Emmanuel Macron pénalisera directement les retraité-es (et notamment les Ingés, cadres et tech retraités, Emmanuel Macron ayant annoncé que les retraité-es les plus modestes seraient exonéré-es), l’assurance chômage n’étant financée aujourd’hui que par les actifs.
  • Le maintien de la formation professionnelle des salarié-es.15% des fonds de la formation professionnelle, financée par les cotisations salariales et patronales profitent actuellement à la formation des privé-es d’emploi. Augmenter, comme veut le faire Emmanuel Macron, la part dévolue à la formation des demandeurs d’emploi sans augmenter son financement pose plusieurs questions :
    • Cela s’inscrit dans le prolongement des plans de formation des chômeurs de François Hollande (« plan000 »), qui à force d’objectifs chiffrés, génèrent de nombreuses formations « bidon ». Surtout, ce n’est pas la formation qui crée de l’emploi ! La formation facilite le retour à l’emploi, mais une majorité de chômeurs reste sans emploi à l’issue de sa formation
    • C’est « déshabiller Pierre pour habiller Paul», et baisser la formation des salarié-es qui est déjà très insuffisante pour faire face à l’évolution nécessaire des qualifications notamment à la révolution numérique. C’est donc une mesure à courte vue, qui menace l’emploi et la compétitivité à moyen long terme des entreprises. Ce type de mesure repose sur un discours stigmatisant les Ingés, Cadres et Techs, qui sont les salarié-es qui profitent aujourd’hui le plus de la formation professionnelle. Au lieu de diminuer la formation des ICT, et plus généralement des salarié-es, pour redéployer vers les privé-es d’emploi, il faut augmenter le financement de la formation professionnelle par les entreprises qui baisse depuis des années ! S’il est indispensable de permettre une réelle formation des privés d’emploi, la formation en direction des salariés en emploi doit également être améliorée et augmentée.
  • La fin du paritarisme, et la gestion directe du régime par l’Etat. Le recul de la démocratie sociale a déjà conduit à confier à l’Etat la gestion de la Sécurité sociale, faisant ainsi reculer la couverture  solidaire des salariés au profit des complémentaires santés et assurances privées. Alors que l’assurance chômage et la formation professionnelle sont deux éléments essentiels de la gestion paritaire, il ne faut pas leur faire suivre le même chemin
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Législatives : le PCF a-t-il tout fait pour le rassemblement ?

Publié le 5 Juin 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche

 

Le PCF et la France Insoumise (FI) se renvoient la responsabilité de la division pour les législatives de juin 2017.

Cette division peut entrainer l’élimination de la gauche du deuxième tour des législatives dans de très nombreuses circonscriptions alors que, unie, elle arriverait en tête du 1er tour dans plus de 200 d’entre elles.

Mais pourquoi cette désunion ?

I - La volonté du PCF d’aboutir à des candidatures communes est-elle réelle ou feinte ?

Dans son courrier au PCF du 4 mai 2017 ( consultable à : http://www.youscribe.com/catalogue/documents/actualite-et-debat-de-soc... ), les responsables de la FI nient la réalité de la volonté du PCF d’aboutir à un accord pour les législatives. En dehors de se donner le beau rôle, la FI y accuse le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, d’avoir déclaré « qu’il n’y aura pas d’accord entre le PCF et la FI », comme rapporté dans le CommunisteS (supplément à l’Humanité) du 11 janvier 2017 ( Consultable à : http://www.pcf.fr/95229 , page 3 colonne du milieu ).

Pourtant, sur la page précédente de ce même numéro de CommunisteS, dans la retranscription des voeux de Pierre Laurent pour l’année 2017, il est question à de multiples reprises de rassemblement :

- « Le rassemblement auquel je n’ai cessé d’appeler tout au long de l’année écoulée ... est celui des forces vives de la gauche de ce pays. »

- « Oui, nous rêvions mieux pour partir en campagne, un socle de rassemblement plus large encore... »

- « Nous lançons notre campagne en faveur du vote pour Jean-Luc Mélenchon avec cet objectif : élargir le rassemblement le plus loin possible... »

- « Nous sommes déjà à pied d’œuvre pour présenter ou soutenir dans toutes les circonscriptions des candidats du rassemblement aux élections législatives. » ; etc.

Pourquoi cette contradiction ?

Parce que l’accord dont il est question dans le CommunisteS du 11 janvier, l’accord que refuse le PCF, c’est le seul et unique accord que lui ait proposé la FI : intégrer la France Insoumise.

Oui au rassemblement ; non à l’intégration.

II - La FI était-elle au courant de cette différence ?

Deux représentants de la FI étaient présents aux vœux de Pierre Laurent  : A. Corbière et E. Coquerel. Ils ont entendu les multiples appels de Pierre Laurent au rassemblement de toute la gauche de transformation et écologiste. Ils ne pouvaient donc pas se tromper sur le sens de la phrase disant qu’il n’y aurait pas d’accord.

- Précédemment, le 2 novembre 2016, a eu lieu une rencontre entre la FI et le PCF. Un compte-rendu de cette rencontre, fait par la FI, est consultable par le lien suivant : https://lafranceinsoumise.fr/2016/11/04/compte-rendu-de-rencontre-part... . On peut y lire que le PCF a demandé un cadre commun pour les législatives, ainsi que la possibilité de construire pour les législatives des accords politiques plus larges avec EELV et les frondeurs du PS. La réponse de la FI précise la nécessité pour le PCF d’intégrer la FI et de signer la charte de la FI, comme préalable à des candidatures de rassemblement aux législatives.

- Dans le numéro du 1er février 2017 de CommunisteS est publiée la déclaration du Comité Exécutif National du PCF : « Construire un pacte de majorité ». Il y est dit à propos des élections législatives : «  Nous appelons toutes les forces de gauche à retrouver le chemin du dialogue, à débattre des projets et des contenus pour travailler au maximum de convergences permettant la construction d’un pacte de majorité. »

- Dans sa conférence de presse du 25 avril 2017 ( à lire ici : http://www.pcf.fr/99154 ), Pierre Laurent renouvelle à plusieurs reprises l’appel au rassemblement de toutes les forces de gauche, mais aussi de toutes les voix qui se sont portées sur J-L Mélenchon, B. Hamon, Ph Poutou et N. Arthaud, ce qui permettrait d’arriver en tête du 1er tour des législatives dans 212 circonscriptions.

- Dernier exemple cité, mais il y en a bien d’autres, la lettre du 3 mai 2017, de P. Laurent à J-L Mélenchon concernant les législatives ( consultable ici : http://www.pcf.fr/99563 ). Il y est dit, entre autres : « Je l’écris avec la préoccupation de trouver une issue positive à nos discussions, c’est à dire le chemin du rassemblement de nos forces dans les élections législatives... ». De nombreuses propositions y sont faites, de nombreux arguments y sont développés, pour tenter de persuader de la nécessité de trouver un accord national permettant de s’unir pour les législatives.

Tous ces exemples démontrent clairement que les dirigeants de la FI ne pouvaient pas ignorer que le PCF souhaitait un accord national des forces ayant soutenu J-L Mélenchon, et au delà si possible de toutes les forces de la gauche de transformation et écologiste, afin de présenter des candidatures uniques dans un maximum de circonscriptions, aux législatives.

Mais pourquoi le PCF n’a t-il pas accepté les propositions que la FI lui a faite dans son courrier du 4 mai 2017 ?

III - Les propositions de la FI, d’accord limité à quelques circonscriptions, étaient-elles acceptables ?

Reprenons les propositions faites par la FI dans son courrier du 4 mai 2017 ( consultable à : http://www.youscribe.com/catalogue/documents/actualite-et-debat-de-soc... ).

Passons rapidement sur cette histoire de « partager le territoire entre 50% de candidatures PCF et 50% de candidatures FI ». Le PCF réclame depuis le début que le rassemblement se fasse avec les autres partenaires du Front de Gauche, la société civile, EELV et les Hamonistes, équitablement et dans le respect de chacun.

Après avoir refusé, pour la 5ème fois, un accord national si le PCF n’intègre pas la FI, proposition est faite par la FI d’un accord sur 52 circonscriptions : 26 pour le PCF et 26 pour la FI.

Mais quand on regarde le détail des 26 circonscriptions proposées par la FI au PCF, on est sidéré !

Sur ces 26 circonscriptions, 11 sont déjà attribuées par la FI à des communistes qui ont intégré la FI et signé sa charte. Donc, pour ces 11 circonscriptions, le PCF n’aurait rien à dire ! Pas le droit de choisir les circonscriptions, pas le droit de choisir ses candidats et pas le droit de revendiquer les voix qu’ils obtiendront puisqu’ils ont signé la charte de la FI. A souligner que, parmi ces 11, figure François Ruffin qui n’est pas plus communiste que FI et qui est soutenu de la même façon par les deux partis. Pourquoi donc l’attribuer au PCF ?

Donc, cette proposition donne 15 circonscriptions, sans concurrence FI, à des candidats du PCF, 26 circonscriptions, sans concurrence PCF, à des candidats FI et 11 circonscriptions, sans concurrence PCF, à des candidats FI adhérents du PCF (dont les voix et le financement public qui va avec seront comptabilisés pour la FI).

On a connu plus équitable comme accord entre partenaires qui se respectent !

IV - Mais pourquoi le PCF refuse t-il d’intégrer la FI et de signer sa charte ?

Pourquoi ne pas signer la charte ?

- Les candidats aux législatives qui signent la charte de la FI s’engagent à « faire campagne sur le même programme national : l’Avenir en commun ». Entre le programme du PCF (La France en commun) et celui de la FI (l’Avenir en commun), il y a beaucoup de convergences, mais il y a aussi des divergences importantes, qui nécessitent discussions et compromis pour se rassembler. Il est évident qu’un parti ne peut s’engager sur un programme avec lequel il a des désaccords et qu’il n’a pas eu le droit de discuter.

- Les candidats qui signent la charte s’engagent à « se rattacher à l’étiquette politique « la France insoumise » lors du dépôt de candidature afin de participer à la totalisation des voix au niveau national ». Accepter ce point signifierait pour le PCF la perte de toutes voix aux élections législatives, puisqu’elles seraient comptabilisées pour la FI. Or, le financement public des partis politiques se fait en fonction du nombre de voix obtenues aux législatives. Le PCF perdrait donc tout financement public au profit de la FI, avec d’énormes difficultés financières à la clé.

- Les signataires de la charte s’engagent à « respecter la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme l’Avenir en commun ». Pour le PCF, les élus reçoivent leur mandat des électeurs et c’est à eux qu’ils doivent rendre des comptes. Cela peut conduire à des différences de positionnement des élus, mais pas de façon importante sur les questions essentielles. Cela permet aux élus de respecter la volonté de leurs électeurs en fonction de spécificités locales, tant que cela reste en accord avec les orientations politiques du PCF.

- Les signataires de la charte s’engagent à « se rattacher à l’association de financement « la France insoumise » lors du dépôt de candidature, ce qui inclut la possibilité d’accords de reversement entre cette association et les candidats ou le groupement politique qu’ils désigneront ». En bref, cela voudrait dire qu’une part importante des finances du PCF serait soumise au bon vouloir de reversement d’une autre organisation politique. Ça laisse rêveur…

Pourquoi ne pas intégrer la FI ?

Les conditions d’intégration de la FI ont toujours été énoncées très clairement par ses dirigeants : y entrer en acceptant en l’état tout ce qui a été construit précédemment. Cela signifie accepter les structures de la FI et ce qui a été précédemment élaboré de son programme.

- Comme dit plus haut, le programme de la FI comporte des points de désaccord importants avec le programme du PCF. Par exemple, la FI prévoit de fusionner la CGS à l’impôt, ce qui veut dire passer dans l’impôt une partie du financement de la Sécurité Sociale. C’est le premier pas du désengagement des entreprises du financement de notre Sécu et c’est inacceptable. Il n’est donc pas possible que l’Avenir en commun devienne le programme du PCF.

- A propos des structures de la FI, passons rapidement en revue ses principaux responsables :

- J-L Mélenchon,Parti de Gauche.

- M. Bompard (directeur de campagne de JLM),Parti de Gauche.

- A. Corbière (porte-parole de JLM),Parti de Gauche.

- M. Billard (coordinatrice du programme écologie),Parti de Gauche.

- E. Coquerel (coordinateur du PG),Parti de Gauche.

- R. Garrido (porte-parole de JLM),Parti de Gauche.

- D. Simonnet (coordinatrice du PG),Parti de Gauche.

- J. Généreux (coordinateur du projet),Parti de Gauche.

- L. Chaïbi (animatrice de l’espace politique de la FI),Parti de Gauche.

- P. Juraver (animateur de l’espace des luttes de la FI),Parti de Gauche.

- S. Chikirou (responsable communication)Parti de Gauche.

- A. Léaument (en charge de la coordination numérique),Parti de Gauche.

On trouve enfin C. Girard (responsable du programme de la FI) et M. Panot (coordinatrice des groupes d’appui de la FI) qui semblent ne pas être passées par le Parti de Gauche avant d’entrer à la FI.

A noter que, ayant pour titre la fonction assez vague « d’orateur national », on trouve encore un membre du PG, deux ex-membres du PS (devenus l’une FI et l’autre Nouvelle Gauche Socialiste), deux membres du PCF et une ex-membre du NPA.

Soit, sur 20 dirigeants, 13 membres du Parti de Gauche.

En somme, tout en n’étant pas un parti et en revendiquant n’avoir aucune affiliation à un parti, la France Insoumise est dirigée par le Parti de Gauche.

Il est aisé de comprendre que le PCF ne peut pas intégrer un mouvement entièrement dirigé par un autre parti. Or, comme les dirigeants de la FI ne sont pas démocratiquement élus par les « adhérents », que tous sont unilatéralement désignés par J-L Mélenchon, aucune évolution n’est à attendre, qui permettrait une ouverture de la direction de la FI aux différentes composantes de la gauche de transformation.

V - Les communistes sont-ils seuls à avoir des problèmes avec la FI ?

- Caroline de Haas est la militante féministe qui a lancé la pétition contre la loi El Khomri, pétition qui a recueilli un million et demi de signatures l’an dernier. Elle s’est proposée comme candidate de la gauche de transformation et écologiste contre Myriam El Khomri, la ministre de la loi « travail », dans la 18ème circonscription de Paris. Tout le monde a dit oui, sauf la FI ( voir l’historique des discussions : https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/130517/lunite-est-un-co...;;utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5 ) , c’est son droit. Mais depuis, C. de Haas est la cible d’insoumis qui tentent de discréditer sa candidature en faisant courir le bruit qu’elle aurait soutenu B. Hamon à la présidentielle ( témoignage de Caroline de Haas dans cette vidéo : http://www.regards.fr/web/article/caroline-de-haas-le-ps-n-est-plus-un... ), ce qui est faux.

Le secrétaire national d’EELV, après avoir lancé un appel au rassemblement pour les législatives, a reçu de la FI la même réponse que celle faite au PCF ( un article à ce sujet : http://www.liberation.fr/france/2017/05/05/legislatives-pas-d-accord-n... ). La réaction de David Cormand montre à quel point cette proposition est inacceptable : « Nous avons reçu une fin de non-recevoir de la France Insoumise puisque son exigence, c’est la soumission. »

Le rejet de tout accord par la FI est généralisé, à quelques exceptions locales près.

VI - Du très moche et de l’espoir !

Commençons par le plus moche, pour finir par le plus positif.

Le Partenaire d’or revient à J-L Mélenchon pour son SMS du 4 mai à Pierre Laurent, dans lequel il déclare aux communistes : « Vous êtes la mort et le néant. » ( A voir ici, par exemple : http://elections2017.actu.orange.fr/news/jean-luc-melenchon-a-pierre-l... ).

Un Partenaire d’argent à Raquel Garrido pour son tweet mettant sur le même plan le FN et le PCF ( à voir ici : https://twitter.com/raquelgarridofi/status/860146327237349376 ).

Un Partenaire de bronze à la direction de la FI qui impose un candidat FI contre la candidate communiste Michèle Picard, à Vénissieux, alors que les comités d’appuis locaux de la FI avaient majoritairement décidé le rassemblement derrière Michèle Picard, pour avoir une chance que la gauche l’emporte dans cette circonscription

( décrit ici : http://www.expressions-venissieux.fr/2017-05-18-france-insoumise-natio... ).

Un Partenaire d’argent encore à J-L Mélenchon qui a déclaré que le PCF ne soutenait aucun candidat de la FI aux législatives. Il avait juste oublié que, entre autres, le PCF venait de retirer son candidat de la 4ème circonscription de Marseille pour laisser la place au parachuté de la FI : J-L Mélenchon lui-même ( article sur le sujet : http://www.liberation.fr/desintox/2017/05/19/monsieur-melenchon-le-pcf...;;utm_so ).

Quelques exemples de circonscriptions où le PCF retire unilatéralement ses candidats pour éviter la catastrophe :

- Eure et Loire : le PCF retire ses candidats de 2 circonscription sur 4, pour lutter contre la division des candidatures de la gauche de transformation ( lire : http://www.lechorepublicain.fr/dreux/politique/2017/05/11/le-parti-com... ). La FI maintient ses candidats dans les 4 circonscriptions.

- Bouches du Rhône : le PCF retire ses candidats de 4 circonscriptions : celle où J-L Mélenchon est parachuté et 3 autres où le risque d’élection du FN est très important. En retour, la FI retire ses candidats sur 1 circonscription ( article : https://marsactu.fr/bref/pcf-se-retire-quatre-circonscriptions/ ).

- Loire-Atlantique : le PCF retire ses candidats de deux circonscriptions ( article : http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/legislatives-... ). Aucune réciprocité de la part de la FI.

Quelques exemples qui montrent que le rassemblement est possible ...

- En Bretagne, à Fougères, le PCF, EELV, Bretagne Ecologie et des partisans de Benoit Hamon se rassemblent autour d’un même candidat ( voir l’article : http://www.lachroniquerepublicaine.fr/2017/05/13/legislatives-benoit-m... ).

- Dans les trois circonscriptions du Jura, le PCF, le PS et EELV présentent des candidatures communes ( voir l’article : http://www.communcommune.com/2017/05/legislatives-dans-le-jura-le-pcf-...;;utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_share_auto ).-

- Dans le Béarn, alliance entre le PCF, République & Socialisme et EELV ( voir l’article : http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2017/04/20/bearn-front-de-gauche...,2116620.php ).

... même avec la France Insoumise :

En Seine-Maritime, accord de non concurrence dans 2 circonscriptions où la FI soutient des candidats communistes ( voir l’article : http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/pays-d... ).

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Calendrier La Gauche debout 2ème Circonscription

Publié le 1 Juin 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche

Prochaines dates

Mercredi 31 mai, 20h30, salle des Biards, Isigny-le-Buat ( « La Charulière » 50540 LES BIARDS)

Jeudi 1er juin, 20h30, Agora, Granville

Samedi 3 juin, 9h30, cours Jonville, Granville

Samedi 3 juin, 18h, salle de l'Amitié, Carolles

Lundi 5 juin (Pentecôte), 20h30, salle Patton, Saint-James

Mardi 6 juin, 20h30, Espace du bocage, 3A rue Guillaume le Conquérant, La Haye-Pesnel (derrière la Poste, parking place de la Mairie)

Mercredi 7 juin, 20h30, salle Ernest-Lenoël, immeuble des Halles, 24, place du Marché, Avranches.

Jeudi 8 juin, quartier Saint-Nicolas, au bas des immeubles (s'il fait beau), Granville

 

Toujours les permanences

Tous les lundis, de 17 h à 19 h, forum Jules Ferry, 41, rue Saint-Paul, Granville.

Toues les jeudis, de 17h30 à 19h30, salle du Foyer Commandant Bindel, place d'Estouteville, Avranches.

 


Grand apéro de fin de campagne

Vendredi 9 juin, avec la fanfare l'Étoile cirée, devant la Rafale, place Cambernon, Granville, en soirée.

Les professions de foi des 4 circonscriptions de la Manche ;

2ème Circonscription 

4ème Circonscription

3ème Circonscription

1ère Circonscription

 

 

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Quid du premier gouvernement de Monsieur MACRON ?

Publié le 24 Mai 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Tribune libre

Les médias déroulent actuellement la composition du premier gouvernement de César/Macron.

A part quelques noms de jeunes recrues, parmi lesquelles le premier ministre Monsieur Edouard PHILIPPE quelque temps rocardien, puis passé à droite, ce que j'appelle une régression politique, figurent beaucoup d'anciens.

A propos du premier ministre, j'ai regardé le reportage sur sa campagne municipale de 2014 sur FR3 hier soir réalisé par son "copain de lycée" "gauchiste" comme il l'a lui même présenté. On voit un personnage énarque en campagne, composant sa liste en ajoutant et en évinçant, mais sur le fond assez creux, et franchement j'habiterais le Havre il ne me viendrait pas à l'esprit de voter pour lui.

Voilà çà c'est fait.

Venons en au gouvernement et ses nommés.

Pour Collomb c'est la récompense de l'assiduité et de la trahison dans les rangs socialistes bien qu'il soit un macronien de plusieurs mois. Adieu mairie, adieu Lyon Métropole, bonjour l'ambiance à l'intérieur.

Pour Hulot, le pays a connu des girouettes célébres à commencer par Edgard Faure (qui aimait à dire : ce n'est pas la girouette qui tourne mais le vent) mais là on atteind le graal, on est au stade de l'éolienne. Après avoir été un hélicologiste reconnu, gouté de tous les gouvernements de gauche de droite (Chirac, Sarkosy, Hollande), cotoyé rapidement les Verts, qui l'ont évincé à leur primaire, maintenant il n'est ni droite ni gauche, mais macronien.

Chacun se rappellera il y a quelques semaine sa déclaration sur le fait qu'il ne soit pas candidat "j'avais peur de me retrouver au deuxième tour" quelle modestie, quelle humilité !

Mais maintenant Monsieur HULOT est ministre d'Etat et numéro 2 dans l'ordre protocolaire.

Dans le programme MACRON pas d'abandon du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes, bien au contraire, malgré des précisions, qui laissaient entrevoir une toute petite porte de sortie honorable !

Souvenirs : Dans les 110 propositions de Mitterrand en 1981, il y avait entre autres, l'abandon de l'extension du camp militaire du Larzac et de la construction de la centrale nucléaire de plogoff, eh bien se fut fait dès le mois de juin 1981.

Alors moi je n'ai que deux mots pour le ministre de la transition écologique :

- Demandez au président MACRON l'abandon du projet d'aéroport à NOTRE DAME DES LANDES assorti de travaux avec piste nouvelle pour celui de Nantes-Atlantique (exploité déjà par Vinci qui se fera une joie de payer la facture).

- Demandez l'abandon de la mise en service de l'EPR de Flamanville, en prenant sérieusement en compte les dysfonctionnements. Petit rappel les deux réacteurs de la centrale actuelle sont à l'arrêt. Il n'y aurait pas un problème ?

Un petit mot sur ministre de l'Europe et des Affaires Etrangères LE DRIAN, accompagné de Mme GOULARD, il va pouvoir continuer son activité de meilleur vendeur de Rafales !

Pour les autres attendez quelques jours ...

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Le premier gouvernement d'Emmanuel Macron est nommé

Publié le 22 Mai 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Politique

 

 

Edouard Philippe : Premier ministre : Député-maire du Havre. Énarque de 46 ans, ce proche d’Alain Juppé a longtemps milité au PS, aux côtés de Michel Rocard, avant de rejoindre l’UMP en 2002.

François Bayrou, ministre de la Justice avec le rang de ministre d'Etat : Maire de Pau. A près de 66 ans, cet ancien ministre de l'Éducation nationale a apporté un soutien décisif le 22 février 2017 à Emmanuel Macron. Le président du Mouvement démocrate (MoDem), se voit ainsi récompensé d'un poste ministériel avec rang de ministre d'Etat.

Bruno Le Maire, ministre de l'économie : Député LR de l'Eure, 48 ans. Diplomate de formation grandi en politique à l'ombre de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, il avait été un temps pressenti pour renouer avec le Quai d'Orsay, où il fut un conseiller influent durant la crise irakienne de 2003.

Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères : Ministre PS de la défense, 69 ans; Poids lourd de la présidence sortante, Jean-Yves Le Drian quitte le ministère de la Défense, où il s'est imposé comme une valeur sûre depuis cinq ans, pour prendre la tête du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, l'un des dossiers clefs d'Emmanuel Macron.

Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, au rang de ministre d'Etat : Agé de 69 ans, le sénateur-maire socialiste de Lyon Gérard Collomb, est l’un des artisans de la victoire d'Emmanuel Macron, auquel il a cru dès le début de son aventure, mettant tous ses réseaux à son service.

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires : Député PS du Finistère, 54 ans. Soutien de la première heure d'Emmanuel Macron et artisan de l'ombre de sa victoire présidentielle, Richard Ferrand a fait longtemps figure de Premier ministre potentiel.

Christophe Castaner, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement : Député des Alpes-de-Haute-Provence, 51 ans. Fidèle de la première heure, Christophe Castaner se voit confier le porte-parolat du gouvernement et les relations avec le Parlement, une nomination à valeur de symbole pour cet élu du Sud-Est peu connu du grand public qui incarne la recomposition politique prônée par Emmanuel Macron.

Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes : A 66 ans, la députée européenne centriste Marielle de Sarnez entre pour la première fois dans un gouvernement dans le sillage de François Bayrou, dont elle est une fidèle. Entre 1993 à 1997, elle était conseillère puis directrice de cabinet de François Bayrou au ministère de l'Éducation nationale.

Sylvie Goulard, ministre des armées : Eurodéputée, 52 ans. Centriste et polyglotte (anglais, allemand et italien) cette Européenne convaincue sera un pièce maîtresse du gouvernement pour améliorer la coopération militaire, une des priorités de l'UE.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition Ecologique et Solidaire avec rang de ministre d'Etat : Nicolas Hulot, 62 ans, est aux avant-postes de la défense de l'environnement depuis près de 30 ans avec sa fondation mais aussi en côtoyant de près les locataires de l'Elysée, sensibles à son inoxydable popularité et son message non partisan.

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé : Médecin, 54 ans. Professeur spécialisée en hématologie, enseignante et chercheur, Agnès Buzyn était depuis mars 2016 la présidente de la Haute autorité de santé (HAS).

Jacques Mézard, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation : A 69 ans, le sénateur PRG Jacques Mézard, élu d'un département rural, le Cantal, entame une carrière ministérielle. Président du groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) au Sénat depuis 2011, il avait soutenu Emmanuel Macron dès le lancement de son mouvement En Marche!.

Laura Flessel, ministre des Sports : Escrimeuse française, quintuple médaillée olympique, 45 ans. Laura Flessel a touché à tout depuis sa retraite sportive en 2012. Avec cette nomination, elle aura une feuille de route claire: porter haut la candidature de Paris pour les JO-2024.

Françoise Nyssen, ministre de la Culture : La présidente d'Actes Sud, 65 ans, est connue pour son engagement citoyen et une détermination sans faille qui a fait d'une "petite" maison l'un des fleurons de l'édition française, heureuse éditrice de trois Prix Goncourt (Laurent Gaudé, Jérôme Ferrari et Mathias Enard) et de deux prix Nobel de littérature (Imre Kertész et Svetlana Alexievitch). Sa maison peut aussi se targuer d'être l'éditeur de la série de polars suédois "Millenium", imaginée par Stieg Larsson et poursuivie par David Lagercrantz.

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics : A seulement 34 ans, Gérald Darmanin, maire de Tourcoing et vice-président LR de la région Hauts-de-France, est un grand espoir de la droite qui a été proche de Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy avant de répondre aux sirènes de rassemblement d'Emmanuel Macron.

Muriel Penicaud, ministre du Travail : Dirigeante d’entreprises, 62 ans. Muriel Pénicaud est une spécialiste des ressources humaines, qui allie une bonne connaissance de ce ministère, où elle a conseillé Martine Aubry au début des années 1990, à une longue expérience dans le privé. Elle était depuis 2014 directrice générale de Business France, l'agence publique de promotion de la France auprès des investisseurs étrangers.

Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports : Haute-fonctionnaire, 56 ans. Proche de Ségolène Royal, Elisabeth Borne était depuis deux ans à la tête de la RATP après être passée par la Mairie de Paris et la SNCF. Cette polytechnicienne va exercer un rôle politique de premier plan, après une carrière liée aux grandes figures de la gauche au pouvoir.

Annick Girardin, ministre des Outre-mer : Actuellement ministre de la Fonction publique, 52 ans. Après la Francophonie et la Fonction publique, c'est au ministère de l'Outre-mer que va officier l'élue radicale de gauche Annick Girardin, figure politique de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation : A 53 ans, cette professeure en sciences de la vie et de la terre est depuis 2012 présidente de l'Université de Nice-Sofia-Antipolis,réélue en avril 2016.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale : Cet agrégé de droit public de 52 ans était jusqu'ici directeur de l'Essec, l'une des plus prestigieuses écoles de commerce françaises. Inconnu du grand public mais ancien numéro deux du ministère, c'est un homme du sérail, pragmatique qui connaît de l'intérieur la gigantesque machine qu'est l'Education nationale.

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Macron Président : ne laissons pas les banques et les multinationales diriger nos vies. Passons à l’Attac.

Publié le 12 Mai 2017 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Présidentielles 2017

 
 
Macron Président : ne laissons pas les banques et les multinationales diriger nos vies. Passons à l’Attac.
 
 

Déclaration 9 mai 2017

 
 

Dimanche 7 mai, Emmanuel Macron a été élu président de la République avec près de 66 % des suffrages. Cette victoire, en apparence large, est trompeuse. Le programme ultralibéral d’Emmanuel Macron ne dispose, en réalité, pas du soutien populaire. Si nous ne le combattons pas, celui qui est déjà perçu comme le président des banques et des multinationales renforcera la crise sociale et écologique et donnera du grain à moudre à l’extrême-droite.

 
 

La victoire d’Emmanuel Macron n’a rien d’un triomphe. Il n’a été choisi que par 44 % des inscrit·e·s, moins sur son programme que pour faire barrage au Front national. L’abstention et le vote blanc sont à des niveaux historiques pour une élection présidentielle. 61 % des français·es souhaitent qu’il ne dispose pas de majorité à l’Assemblée nationale [1] et 70 % d’entre eux et elles à être opposé·e·s à une réforme du droit du travail par ordonnances [2]. Pourtant, Emmanuel Macron se dit déterminé à mettre en œuvre son programme ultralibéral.

Derrière cette victoire, le Front national signe un record électoral. Avec plus de 10 millions de voix, Marine Le Pen double le score obtenu par son père au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Le FN réalise des scores importants chez les ouvrier·e·s, les employé·e·s, dans les zones rurales et les territoires sinistrés par la mondialisation libérale. L’extrême droite apparaît, pour beaucoup, comme une réponse à la violence du chômage, du travail précaire, des inégalités sociales. C’est un leurre dangereux. En désignant les étranger·e·s comme responsables de la crise, le FN ment et fait le jeu des 1 % les plus riches. En s’attaquant aux associations et aux syndicats, ce parti est un danger mortel pour toutes celles et ceux qui luttent pour les droits des salarié·e·s et des opprimé·e·s.

Qu’on se le dise : Emmanuel Macron, dernier avatar du néolibéralisme, ne sera pas un rempart au Front national. Au contraire, les mesures qu’il préconise risquent de renforcer l’extrême-droite. Le « président manager » entend « lever les blocages  » de notre économie en démantelant le droit du travail par ordonnance, en supprimant plus de 125 000 emplois publics, en signant l’accord commercial de libre-échange Union européenne-Canada (CETA), en remettant en cause des règles prudentielles bancaires établies après la crise financière ou en poursuivant les cadeaux aux grands actionnaires et aux entreprises. À cela s’ajoute le vide sidéral de son projet en matière de transition sociale et écologique, son soutien à l’Europe forteresse – au mépris de la solidarité avec les migrant·e·s – à une Europe de l’austérité au service des multinationales et non des peuples. Emmanuel Macron incarne toutes ces politiques que nous combattons depuis des années.

Les mouvements sociaux doivent porter un regard lucide sur les raisons de leurs échecs passés à faire obstacle aux politiques néolibérales et ne pas attendre 5 ans de plus pour construire un mouvement porteur d’espoir et d’alternatives face aux politiques inégalitaires et aux idées xénophobes de la préférence nationale.

Le président élu est l’ami de la finance, des banques et des multinationales. Les laisserons-nous organiser la concurrence fiscale, les délocalisations, la dérégulation du marché du travail qui ont des conséquences dramatiques sur la vie de millions de gens et servent de fond de commerce à l’extrême droite ? Les laisserons-nous bloquer toute législation qui ne leur serait pas favorable en matière de droits humains, de lutte contre l’impunité fiscale ou de transition sociale et écologique ?

Non ! Dans un récent rapport, Attac démontrait qu’il était possible de récupérer 200 milliards d’euros par an en s’attaquant directement au pouvoir des banques et des multinationales, de leurs dirigeant·e·s et de leurs actionnaires. Dans les mois à venir, Attac poursuivra la construction des convergences avec les acteurs·trices du mouvement social qui souhaitent reprendre l’offensive. Dès le 20 mai prochain, nous passerons de nouveau à l’action pour montrer le vrai visage de nos adversaires. Cet été, nous nous mobiliserons pour faire échec au « 49-3 par ordonnance » visant à démanteler le droit du travail.

N’attendez pas 5 ans de plus pour combattre les politiques libérales passées et à venir. Passez à l’Attac et participez à nos futures actions pour mettre hors d’état de nuire les banques et les multinationales prédatrices.
Et du 23 au 27 août, rejoignez-nous à Toulouse à l’Université européenne des mouvements sociaux pour construire ensemble les mobilisations et les actions de demain. C’est le moment !

 
 

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