L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse
Publié le 11 Juillet 2017
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansRéformes Macron Medef
Pour son premier projet de loi examiné à l'Assemblée nationale mardi 10 juillet, celui qui doit permettre au gouvernement de réformer le code du travail par ordonnances, Muriel Pénicaud n'est pas vraiment malmenée.
Avec plus de 300 députés de la République en marche, une quarantaine d'alliés du MoDem et des Républicains "constructifs", il n'y a aucun danger pour la ministre et son projet. Preuve en est, les motions déposées par l'opposition, Socialistes et Insoumis en tête, sont sans surprise balayées (39 pour, 186 contre). Voilà qui va permettre à Muriel Pénicaud d'aller vite. Vu le peu de débat à l'Assemblée autour du texte, les discussions pourraient être bouclées dès jeudi 13 juillet.
Mais l'affaire Las Vegas fragilise la ministre du travail et perturbe la marche forcée du gouvernement sur la loi Travail. Avec l'ouverture d'une information judiciaire pour favoritisme, le sort de la ministre est désormais entre les mains des enquêteurs. S'ils décidaient de la mettre en examen, elle serait contrainte de démissionner du gouvernement, selon la règle édictée par le Premier ministre Edouard Phillipe.
Le 4 juillet dernier, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner avait rappelé la position de l'exécutif : "Il y a une règle simple, rappelée par le Premier ministre: s'il y avait une mise en examen, y compris dans le dossier qui la concerne – où on parle quand même juste d'un dépassement d'un seuil de marché public pour une manifestation internationale qui s'est tenue à Las Vegas, Muriel Pénicaud devrait quitter le gouvernement". Muriel Pénicaud qui a "pris acte" de la décision du parquet a dit dimanche dans un communiqué attendre "sereinement les conclusions qui seront tirées à l'issue de la procédure".
Publié le 4 Juillet 2017
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansTribune libre
- La 2X2 voies Granville Avranches (enfin Ponts)
Le journal la Manche Libre nous a offert dans son édition du 1er juillet un article au titre évocateur « La Granville-Avranches se fera ! » assorti d’une photo montrant la mine réjouie de l’un des frondeurs Granvillais, Jean-Marc Julienne.
Il affirme «le contournement de Sartilly a été réalisé, celui de Marcey les Grèves est en construction et toutes les acquisition ont été faites. Il reste maintenant à trouver des compensations foncières avec le monde agricole afin de les pénaliser le moins possible ».
On ne peut que s’interroger sur de tels propos :
D’abord les acquisitions foncières réalisées avant que la compensation n’ait été réalisée ? Il faut être vraiment naïf pour signer dans de telles conditions.
Ensuite le brillant frondeur déclare « il faut trouver des compensations foncières » ? Bien mais où ?
Les terres agricoles ne sont pas extensibles ! Ce sont des centaines d’hectares de terres agricoles (souvent des prairies) englouties par cette infrastructure routière.
A moins que les élus ne songent à investir en l’acquisition de terres à l’étranger au détriment des populations locales comme le font certains pays ou groupes financiers !
Il faut le savoir la compensation en surface est IMPOSSIBLE sinon déshabiller Pierre pour habiller Paul selon le diction populaire.
Ces terres agricoles sont donc perdues à jamais.
Quant un projet de ce type murit dans la tête des élus, il doit toujours être assorti d’une alternative.
Dans le présent cas elle était connue, il s’agissait d’effectuer sur le tracé actuel des zones longues de doublement pour les véhicules lents.
Déjà la déviation de Sartilly a couté cher en perte de terres, mais aussi de prairies de linéaires de haies bocagères, quant à celle de Marcey les Grèves, c’est un gouffre énorme en perte d’espace agricole.
Enfin puisque rien ne semble freiner l’ardeur des destructeur du foncier agricole (et alimentaire) il serait bien que des mesures draconiennes de circulation soient prises notamment quant à la circulation des cars et surtout des camions, afin qu’ils empruntent OBLIGATOIREMENT ce nouveau réseau, et non plus les routes secondaires départementales à commencer par l’axe Avranches-La Haye Pesnel-Gavray, qui provoque une situation de dangerosité énorme dans le bourg de la Haye-Pesnel.
- Le développement des circuits courts !
Dans la même édition du journal on apprend que le conseil communautaire de Granville Terre et Mer envisage de « dynamiser les circuits courts » ! Que voilà une idée qu’elle est bonne aurait dit le regretté Coluche.
Et pour ce faire de diligenter une étude au coût approximatif de 30.000 €.
Là par contre on peut légitimement se poser des questions, la première étant de déléguer cette étude à un cabinet privé, alors que ce pourrait être une mission de la communauté de communes à un prix moindre, les économies étant reversées à la mise en place de l’approvisionnement en circuits courts.
Diantre, la plupart des producteurs sont connus, notamment en bio, car autant que faire ce peut, éviter de donner à consommer des produits traités (Carottes de Créances pourtant en AOP). Il y va de la pérennité de la santé des gens.
Il suffit déjà au conseil communautaire de contacter la Confédération Paysanne de la Manche et le Gab (Groupement des agriculteurs biologiques).
Une remarque intéressante a été effectuée par le maire de la Lucerne d’Outremer, en privilégiant dans un premier temps l’alimentation en circuits courts et bio notamment pour l’ensemble de la restauration collectives y compris bien sûr les cantines !
Cela peut donner des idées aux élus, nombre d’exemples existent déjà dans ce pays notamment à Bouguenais en Loire Atlantique, à Barjac (Gard) et à Mouans Sartoux (Alpes Maritimes) où la mairie a acquis des terres, embauché un maraîcher, qui cultive en bio pour fournir des légumes, destinés à confectionner les 1300 repas journaliers de la commune.
Les élus doivent être soutenus dans cette démarche locale, où aussi des commencements d’approvisionnement en bio et circuits courts ont été initiés et doivent se développer, en totalité en bio et pour l’ensemble de la restauration collective municipale.
Publié le 3 Juillet 2017
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansNucléaire
Résistivité de la cuve de l’EPR : L’état juge et partie …
Communiqué CRILAN du 26 juin 2017 : La démocratie à la française est en marche !
Sans surprise, l’IRSN, partie prenante de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) vient de remettre à cette dernière l’alibi technique qu’elle attendait pour justifier la validation de la cuve défectueuse du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, susceptible de ne pas résister à de fortes pressions et d’occasionner un accident majeur. Le contrôle des aciers rendus vulnérables par des excès de carbone a été effectué par…AREVA.
Récemment, la construction des installations nucléaires produisant de l’électricité en France a été transférée d’AREVA à EDF. Ceci ne signifie nullement qu’AREVA, à l’origine du projet EPR, a de ce fait obtenu la neutralité nécessaire pour contrôler la ténacité des aciers. Cependant, c’est AREVA qui a été chargée des expertises en cas de pression trop forte susceptible de créer un accident majeur, et ce, sur des pièces dites « sacrificielles » (1) autres que celles concernées.
Il n’est pas possible en démocratie et dans un Etat qui se dit « de droit », dans lequel on prétend respecter la séparation des pouvoirs, que l’on admette que l’Etat industriel AREVA soit contrôlé par lui-même, que la validation de ce contrôle bénéficie à …l’Etat industriel, (majoritaire à EDF), que l’avis de l’ Autorité sur la Sûreté nucléaire dont les directions sont nommées par le Gouvernement, le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat soit transmise à …L’Etat , institution politique.
Une fois de plus, avec le nucléaire, l’Etat montre ses tentations totalisantes. Rappelons que le président Macron avait annoncé avant son élection que Fessenheim ne serait arrêté en 2018 qu’aprèsla mise en marche de l’EPR de Flamanville.
Après ces faux semblants de consultations diverses et en cas d’accident, qui sera responsable, qui sera coupable, les directions de L’IRSN ? de L’ASN ? d’AREVA ? d’EDF ? Le ministre de l’Environnement ? Les divers présidents concernés y compris celui de la République ?Le lampiste sous pression ou le « big chief » ?
Publié le 29 Juin 2017
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansTribune libre
Invité ce matin sur BFMTV, le nouveau ministre de l’Agriculture Stéphane TRAVERS a déclaré tout de go « être favorable au retour des pesticides de type néonicotinoïdes en agriculture au prétexte que pour certaines cultures il n’existe pas de produits de substitution ».
Il a également dit « Nous ne sommes pas en conformité avec le droit européen »
Il est vrai que les députés Français (les précédents dont il faisait partie sous l’étiquette socialiste, il serait intéressant d’ailleurs de savoir ce qu’il a voté) ont voté l’interdiction des pesticides , avec des dérogations possibles jusqu’en 2020.
Monsieur TRAVERS sait ce qu’il en est puisque c’est le cas des producteurs de carottes de Créances (AOP de surcroît) qui utilisent par dérogation un pesticide interdit en France depuis plusieurs années.
Cela déjà pose question, comment font les maraîchers bios pour récolter sans pesticides ?
Mais je pense que notre vaillant député, en marche, devenu ministre a peut être reçu l’appui de lobbys puissants, voire également du syndicat majoritaire, puisque la France reste le premier utilisateur de ces produits en Europe.
Bien évidemment le ministre de la Transition écologique Hulot a réagi immédiatement, lequel a été appuyé aussitôt par le premier ministre qui tranché au profit de Hulot.
Mais il nous faut rester vigilants, d’autres tentatives auront certainement lieu.
Il est vrai que dans sa campagne le président Macaron 1er avait déclaré ne pas revenir sur cette interdiction.
Il a aussi écrit dans son programme vouloir placer la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides, qu’il juge responsables du cancer des enfants depuis 20ans.
Il a oublié les adultes à commencer par les agriculteurs eux-mêmes, les arboriculteurs, les viticulteurs et les voisins de ces exploitations.
Le candidat à la présidence a également inclus dans son programme un financement de 5 milliards d’euros pour la transition agricole afin :
- de faire monter en gamme les exploitations agricoles.
- permettre leur adaptation aux normes environnementales.
- assurer le bien être animal.
Tout ceci peut paraître positif, mais les propos sont ambigus notamment « la montée en gamme des exploitations agricoles » si c’est pour accroitre la production, le nombre d’animaux par exploitation, l’agrandissement des exploitation, l’installation de robots, en bref voguer vers par exemple l'agro-industrie de la ferme des 1000 vaches, ce n’est sûrement pas le bon choix.
Il veut aussi être auprès des agriculteurs pour qu’ils vivent de leur travail et non d’aides publiques, certes bien mais ce n’est pas le modèle productiviste qui peut y conduire, mais l’agriculture bio qui en plus génèrera de nombreux emplois.
Il souhaite aussi que d’ici à 2022 (donc à la fin du mandat, c’est malin!) 50 % des produits des cantines scolaires et des restaurants d’entreprise, soient bio, écologiques et issus de circuits.
C’est presque parfait, mais il ne faut pas oublier l’ensemble de la restauration collective municipale y compris les maisons de retraite. Pourquoi aussi seulement 50 % ?
Il faut inciter à la conversion des exploitations en bio, mais il faut aussi limiter la taille, afin de ne pas sombrer dans l’agro-industrie bio.
Ce programme est loin d’être ambitieux, si en plus le ministre de l’agriculture tente d’amoindrir ces maigres perspectives, à nous consommateurs d’être vigilants.
C’est curieux un article de la Gazette de la semaine dernière parlait de l’augmentation du prix du beurre, notamment pour les professionnels de la restauration, de la pâtisserie, de la boulangerie. L’auteur parmi les facteurs n’hésite pas à citer la mauvaise qualité du lait moins riche en matières grasses. La cause n’en serait elle pas le mode d’élevage des vaches laitières, souvent en stabulation courtes, nourries au maïs ensilé et aux tourteaux de soja ?
Attention à la réglementation, l’agriculture en réclame depuis longtemps, moins, Beulin en était l’ardent défenseur, mais tout ceci pour continuer à produire du volume plutôt que de la qualité, et le tout au détriment tant du porte monnaie, mais surtout de la SANTE du consommateur.
Alors prenons les paris, cette fois-ci le premier ministre a choisi Hulot plutôt que Travers, la suite à la prochaine étape, qui sortira le premier et dans combien de temps ?
Le sociologue Éric Fassin dénonce les dangers des dispositifs qui se mettent en place au nom de l’état d’urgence, qui s’apparentent à un « coup d’État légal ».
Avec l’entrée de ce texte dans le droit commun, nous évoluons vers un état d’urgence permanent. Qu’est-ce que cela dit de notre société ?
Éric Fassin En premier lieu, cela pointe une chose importante de notre régime politique. L’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun, c’est-à-dire de l’exception dans la règle, manifeste une contradiction profonde. D’un côté, on nous parle constamment de protéger la démocratie des menaces qui pèsent sur elle – que ce soit le terrorisme ou, on l’a vu à l’occasion de l’élection présidentielle, le Front national. D’un autre côté, les dirigeants néolibéraux n’ont de cesse de saper les fondements de la démocratie, à commencer par les libertés publiques. On songe à la phrase d’un militaire états-unien pendant la guerre du Vietnam : « Il fallait détruire ce village pour le sauver. » Pour sauver la démocratie du terrorisme, on est prêt à renoncer aux droits démocratiques les plus élémentaires. Le problème n’est pas de savoir si l’on fait confiance (ou pas) à nos dirigeants : pour conserver la démocratie, il ne faut pas compter sur la vertu républicaine de nos dirigeants, mais sur la solidité de nos institutions. Et si le FN arrivait au pouvoir en 2022 ? Il aurait déjà à sa disposition tous les outils légaux pour imposer son ordre…
Vous parlez de coup d’État légal. Qu’est-ce que cela signifie ?
Éric Fassin L’état d’urgence, ce n’est plus seulement un cadre juridique. C’est un état d’esprit. On respecte les formes du droit, mais on vide la démocratie de tout contenu. En Grèce, le coup d’État ne se fait plus avec des tanks, mais des banques ; au Brésil, non plus avec des bottes, mais des votes ; en France, ce sont le 49-3 ou les ordonnances. Le coup d’État légal se fait même au nom de la démocratie – comme en Turquie, où Erdogan justifie ainsi sa prise des institutions. C’est en ce sens qu’on peut parler de « coup d’État démocratique ». Après la chute du mur de Berlin, on nous disait que marché et démocratie allaient de pair. Or aujourd’hui, le marché à tout prix, c’est aussi au prix de la démocratie. L’État n’est pas forcément du côté de la démocratie – bien au contraire. Par exemple, l’état d’urgence est instrumentalisé à des fins politiques dans les conflits sociaux : il y a un pouvoir discrétionnaire d’interdire telle manifestation ou d’autoriser telle autre. Et les violences d’État, policières ou judiciaires, menacent le droit de manifester – comme on vient de le voir à Rennes.
De quelle manière s’opèrent les violences policières à la faveur de l’état d’urgence ?
Éric Fassin Depuis longtemps, les « jeunes », c’est-à-dire les hommes des quartiers populaires, souvent d’origine étrangère, sont victimes de violences policières. Jusqu’à récemment, c’était le plus souvent dans l’indifférence générale – sauf en cas d’émeutes, comme en 2005. Ce qui a changé avec la répression du mouvement contre la loi travail, c’est que la violence policière s’est étendue des banlieues aux centres-villes, des classes populaires aux classes moyennes, des « racisés » aux « Blancs ». Les banlieues ont donc servi de laboratoire à une répression d’État qui ne vise plus seulement les gens pour ce qu’ils sont (leur apparence), mais aussi désormais pour ce qu’ils font (politiquement).
Il semble parfois délicat de s’opposer politiquement à ce coup d’État légal…
Éric Fassin Pourquoi un tel recul des libertés ne provoque-t-il pas une résistance voire une révolte démocratique ? C’est que la plupart des gens ne se sentent pas visés personnellement ; on a l’illusion que cela concerne les autres, qui peut-être le méritent… Regardez le récent rapport du Défenseur des droits : dans l’ensemble, la population est satisfaite de sa police. C’est une minorité qui est victime des abus. C’est ainsi qu’on s’habitue, parce qu’on n’est pas directement affecté. Par exemple, qui s’indigne qu’aujourd’hui, dans les manifestations, la police confisque le sérum physiologique comme si c’était une arme ? C’est l’envers d’une autre réalité : l’utilisation systématique des gaz. Il y a ceux qui s’indignent qu’on parle de « gazer » en oubliant de s’indigner de la réalité que désigne ce mot ; de même pour « rafles ». Il faut des violences policières lors du 1er Mai, soit une manifestation familiale, pour qu’on commence à se demander : et moi, serai-je toujours épargné ?
Eric Fassin
Sociologue et professeur à Paris-VIII.
Entretien réalisé par Mehdi Fikri
Mercredi, 21 Juin, 2017
L'Humanité
Entretien réalisé par Mehdi Fikri
Mercredi, 21 Juin, 2017
L'Humanité
Entretien réalisé par Mehdi Fikri
Mercredi, 21 Juin, 2017
L'Humanité
Le sociologue Éric Fassin dénonce les dangers des dispositifs qui se mettent en place au nom de l’état d’urgence, qui s’apparentent à un « coup d’État légal ».
Avec l’entrée de ce texte dans le droit commun, nous évoluons vers un état d’urgence permanent. Qu’est-ce que cela dit de notre société ?
Éric Fassin En premier lieu, cela pointe une chose importante de notre régime politique. L’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun, c’est-à-dire de l’exception dans la règle, manifeste une contradiction profonde. D’un côté, on nous parle constamment de protéger la démocratie des menaces qui pèsent sur elle – que ce soit le terrorisme ou, on l’a vu à l’occasion de l’élection présidentielle, le Front national. D’un autre côté, les dirigeants néolibéraux n’ont de cesse de saper les fondements de la démocratie, à commencer par les libertés publiques. On songe à la phrase d’un militaire états-unien pendant la guerre du Vietnam : « Il fallait détruire ce village pour le sauver. » Pour sauver la démocratie du terrorisme, on est prêt à renoncer aux droits démocratiques les plus élémentaires. Le problème n’est pas de savoir si l’on fait confiance (ou pas) à nos dirigeants : pour conserver la démocratie, il ne faut pas compter sur la vertu républicaine de nos dirigeants, mais sur la solidité de nos institutions. Et si le FN arrivait au pouvoir en 2022 ? Il aurait déjà à sa disposition tous les outils légaux pour imposer son ordre…
Vous parlez de coup d’État légal. Qu’est-ce que cela signifie ?
Éric Fassin L’état d’urgence, ce n’est plus seulement un cadre juridique. C’est un état d’esprit. On respecte les formes du droit, mais on vide la démocratie de tout contenu. En Grèce, le coup d’État ne se fait plus avec des tanks, mais des banques ; au Brésil, non plus avec des bottes, mais des votes ; en France, ce sont le 49-3 ou les ordonnances. Le coup d’État légal se fait même au nom de la démocratie – comme en Turquie, où Erdogan justifie ainsi sa prise des institutions. C’est en ce sens qu’on peut parler de « coup d’État démocratique ». Après la chute du mur de Berlin, on nous disait que marché et démocratie allaient de pair. Or aujourd’hui, le marché à tout prix, c’est aussi au prix de la démocratie. L’État n’est pas forcément du côté de la démocratie – bien au contraire. Par exemple, l’état d’urgence est instrumentalisé à des fins politiques dans les conflits sociaux : il y a un pouvoir discrétionnaire d’interdire telle manifestation ou d’autoriser telle autre. Et les violences d’État, policières ou judiciaires, menacent le droit de manifester – comme on vient de le voir à Rennes.
De quelle manière s’opèrent les violences policières à la faveur de l’état d’urgence ?
Éric Fassin Depuis longtemps, les « jeunes », c’est-à-dire les hommes des quartiers populaires, souvent d’origine étrangère, sont victimes de violences policières. Jusqu’à récemment, c’était le plus souvent dans l’indifférence générale – sauf en cas d’émeutes, comme en 2005. Ce qui a changé avec la répression du mouvement contre la loi travail, c’est que la violence policière s’est étendue des banlieues aux centres-villes, des classes populaires aux classes moyennes, des « racisés » aux « Blancs ». Les banlieues ont donc servi de laboratoire à une répression d’État qui ne vise plus seulement les gens pour ce qu’ils sont (leur apparence), mais aussi désormais pour ce qu’ils font (politiquement).
Il semble parfois délicat de s’opposer politiquement à ce coup d’État légal…
Éric Fassin Pourquoi un tel recul des libertés ne provoque-t-il pas une résistance voire une révolte démocratique ? C’est que la plupart des gens ne se sentent pas visés personnellement ; on a l’illusion que cela concerne les autres, qui peut-être le méritent… Regardez le récent rapport du Défenseur des droits : dans l’ensemble, la population est satisfaite de sa police. C’est une minorité qui est victime des abus. C’est ainsi qu’on s’habitue, parce qu’on n’est pas directement affecté. Par exemple, qui s’indigne qu’aujourd’hui, dans les manifestations, la police confisque le sérum physiologique comme si c’était une arme ? C’est l’envers d’une autre réalité : l’utilisation systématique des gaz. Il y a ceux qui s’indignent qu’on parle de « gazer » en oubliant de s’indigner de la réalité que désigne ce mot ; de même pour « rafles ». Il faut des violences policières lors du 1er Mai, soit une manifestation familiale, pour qu’on commence à se demander : et moi, serai-je toujours épargné ?
Publié le 21 Juin 2017
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansNucléaire
Plus que 6 jours pour dire NON à l’EPR !
Depuis 2005, L’Autorité de Sûreté Nucléaire savait que les procédures de fabrication de la cuve de l’EPR de Flamanville comportent de graves manquements. Or, la cuve est une pièce maîtresse d’un réacteur nucléaire. L’ASN avait à l’époque averti EDF et Areva des risques encourus, mais ces derniers ont tout de même lancé sa construction.
Le gendarme du nucléaire doit rendre un avis définitif sur la question en septembre prochain mais subit une pression considérable de la part d’EDF, d’Areva, de l’État français et même de la Commission Européenne dans l’optique de faire homologuer cette cuve défectueuse. C’est dans 6 jours que se réunit le prochain groupe d’experts mandaté par l’ASN.
Empêchons les intérêts de l’industrie nucléaire de l’emporter sur la sécurité de chacun.e d’entre nous, interpellons l’ASN pour qu’elle refuse d’homologuer cette cuve !
Emmanuel Macron a donc sa majorité, moins large qu’annoncée. L’opposition est en miettes. La gauche est à reconstruire. Quant au nouveau président, il n’est pas au bout de ses peines. Sa légitimité est bien fragile, quand elle repose sur un socle citoyen si ténu…
Crise politique, crise démocratique
Une part réduite de l’électorat a conduit à une majorité parlementaire absolue. Le second tour a donc modulé les résultats du premier. Plusieurs sondages enregistraient qu’une majorité des personnes interrogées ne souhaitait pas que le Président élu s’appuie sur une majorité à sa botte dans la future Assemblée. La tactique d’En marche qui pouvait s’avérer ravageuse – je mobilise les électeurs de droite pour éliminer la gauche ; je mobilise la gauche pour éliminer la droite – a de fait moyennement fonctionné.
Les électeurs de gauche et de droite ne se sont pas mobilisés en faveur de Macron. Au plus grand bonheur des équipes locales qui ne voyaient pas d’un bon œil la Macronie débarquer localement. Anne Hidalgo pourrait en témoigner ! Les Français ont ainsi moins voté en faveur de la République en marche que ne le laissaient entendre les augures de l’entre-deux-tours. Mais, avec un tiers des suffrages au premier tour, le nouveau Président a sa majorité (la sixième en importance depuis 1958). Toutefois, ladite majorité a ses limites.
Publié le 20 Juin 2017
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansLégislatives 2007
Lundi, 19 Juin, 2017 L'Humanité
Elle court, elle court, la proportionnelle… Toujours pas mise en place, celle-ci permettrait pourtant de mieux représenter les opinions politiques des citoyens à l’Assemblée nationale.
Ce n’est pas l’Assemblée nationale qui a été élue hier… Mais celle qui aurait pu l’être (avec les projections des votes du premier tour) si les élections législatives s’étaient faites au scrutin proportionnel au lieu du scrutin majoritaire.
Publié le 19 Juin 2017
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansLégislatives 2017
Déclaration du PCF
Ce soir, les français peuvent compter sur 11 député-e-s communistes qui ont été élu-e-s, Jean-Paul Dufrègne (03), Pierre Dharréville (13), André Chassaigne (63), Fabien Roussel (59) et Alain Bruneel (59), Jean-Paul Lecoq (76), Sébastien Jumel (76) et Hubert Wulfranc (76), Elsa Faucillon (92), Marie-George Buffet (93), Stéphane Peu (93) et sur les député-e-s qui formeront, avec eux, un groupe parlementaire d'opposition au gouvernement pour permettre à cette voix libre et combative de servir les intérêts populaires. Les députés communistes travailleront dès cette semaine à constituer ce groupe et agiront sans attendre en faveur des propositions alternatives qu'ils ont élaborées durant leurs campagnes.
Le groupe PCF – Front de Gauche (GDR) est le seul groupe parlementaire qui progresse. La cote d'alarme démocratique est une fois encore dépassée, avec une nouvelle baisse de la participation.
Le Parti communiste français demande d'urgence l'ouverture d'un débat national sur le changement de nos institutions, à commencer par l'instauration de la proportionnelle. Tout doit être repensé pour sortir progressivement de la présidentialisation à outrance et pour mieux représenter nos citoyens dans leur diversité.
Les résultats confirment par ailleurs que le Président de la République va disposer d'une majorité écrasante de députés. Le paradoxe est qu'elle ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés, ni chez les jeunes et les privés d'emplois qui aspirent à une sécurité d'emploi et de formation pour une vie digne.
C'est inquiétant. Nous appelons à une riposte immédiate la plus large possible pour empêcher que l'été soit celui des mauvais coups.
En effet, dès cet été, les députés d'En Marche ! vont être sommés d'obéir au doigt et à l’œil au Président et au 1er ministre pour leur donner les pleins pouvoirs, au service des milieux financiers et du MEDEF, pour casser le Code du Travail par ordonnances et liquider des acquis que le mouvement progressiste et populaire a gagnés dans notre pays de haute lutte.
Au-delà, les résultats appellent les forces de transformation sociale à ouvrir un immense chantier de reconstruction politique.
Le Parti communiste français prendra pour sa part des décisions dès son Conseil national des 23 et 24 juin.