Il faut plus de trains dans la Manche. C'est le positionnement du collectif citoyen de défense des axes sud Normandie qui pousse pour du rail plutôt que de la route pour acheminer les milliers de salariés attendus sur le territoire dans le cadre du projet nucléaire "Aval du futur".
"L'aval du futur". Ce projet de nouveau site de traitement de déchets nucléaires dans la Hague dans les décennies à venir est sur toutes les lèvres dans le département. Il anticipe le recrutement de 10.000 salariés sur le territoire à terme. Mais aujourd'hui, les projections des acteurs publics et d'Orano n'envisagent que des solutions routières pour les acheminer sur place. Le collectif citoyen de défense des axes ferroviaires sud Normandie et le syndicat CGT ont donc planché sur le sujet pour mettre en avant des solutions par le renforcement du rail.
Un nouveau tram-train et la relance d'une ancienne ligne ferroviaire
Le constat du collectif et du syndicat est simple : le "tout route" est une vision dépassée. Pour ces deux acteurs, il faut trouver des solutions ferroviaires aux problèmes de mobilité présents et à venir. Ainsi, le collectif propose de créer un tram-train, dispositif qui permet de rouler aussi vite qu'un train dans les zones rurales, mais avec la flexibilité d'un tramway en zone urbaine. Cela concernerait la liaison entre Valognes et Cherbourg, puis entre Cherbourg et La Hague. D'après les études réalisées, à raison de trajets tous les quarts d'heure, voire toutes les 10 minutes, plusieurs milliers de salariés pourraient ainsi être amenés à la Hague chaque jour.

Les propositions du collectif citoyen de défense des axes ferroviaires sud Normandie entendent développer le rail vers La Hague et Coutances. © Aucun(e) - Collectif citoyen de défense des axes ferroviaires sud Normandie
"Quand on sait que c'est déjà un problème aujourd'hui d'arriver au site Orano-La Hague, et qu'il est proposé des bus ou de grands parkings, qu'est-ce que cela veut dire ?", interroge Maxime Debout-Euvrie, secrétaire générale de l'union départementale de la CGT de la Manche. "Cela ne va rien changer au gabarit des routes." Et le représentant syndical le souligne, le projet de l'Aval du futur concerne toute la Manche, avec des pièces acheminées d'ateliers ailleurs sur le département. La solution à trouver doit donc selon lui mailler le territoire pour y répondre. C'est pourquoi le collectif propose également de rouvrir la ligne de Sottevast vers Coutances.
Des propositions viables, assure le collectif
Lorsque l'on aborde la question de telles infrastructures, vient rapidement celle des coûts. Le collectif l'assure, le train ne coûterait pas plus cher que les solutions routières. "On parle de 100 voire 150 millions d'euros pour le contournement ouest de Cherbourg," rappelle Philippe Denolle, président du collectif, "et en moyenne, il faut compter environ 2 millions d'euros le kilomètre lorsque l'on remet une voie ferroviaire entièrement en état." 19 kilomètres séparent Cherbourg et la Hague, soit 38 millions d'euros, en revanche vers Coutances, plus loin là, le calcul est moins avantageux. Mais il l'assure, le projet bénéficierait à plus de monde puisque tous les habitants de ces territoires pourraient emprunter ces lignes. Un avantage pour leur pouvoir d'achat, une mobilité accrue pour ceux qui n'ont pas de véhicule, et un progrès en matière de pollution pour le collectif et le syndicat.
Reste désormais à convaincre. Le collectif citoyen entend bien échanger avec les acteurs politiques locaux, surtout en période électorale, mais aussi nationaux et le directeur du projet Aval du futur.