
L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse
Publié le 26 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Luttes, Santé

Publié le 20 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé, Luttes
Publié le 19 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Tribune libre, Environnement

La ville de Coutances recevait samedi l’assemblée générale des maires de la Manche, avec un invité de marque le président du Sénat, en personne, y assistait également quelques députés.
La ville de Coutances recevait samedi l’assemblée générale des maires de la Manche, avec un invité de marque le président du Sénat, en personne, y assistait également quelques députés.
La lecture du compte rendu de cette réunion dans Ouest France de ce jour, qui ne manque pas d’humour, par moments, volontairement ou pas, vaut néanmoins le détour de lecture.
Bien évidemment ils se sont plaint des restrictions budgétaires décidées unilatéralement par l’empereur Macaron 1er.
Mais c’est dans leurs réactions que le papier devient par moments succulent.
L’un d’eux dit: « Nous sommes l’expression de la démocratie la plus avancée car nous sommes interpellés directement » Fichtre, mais tenez vous compte de ces interpellations ? À défaut point de démocratie, et quid justement de la mise en place de la démocratie participative dans vos communes ?
A propos du manque de formation, ce constat de la maire de Granville « nous devons faire un budget, répondre à tout et sur tout à nos concitoyens sans avoir appris ». Quel moment de lucidité soudain. Mais quand on ne sait pas il faut avoir l’humilité de le dire et ne pas risquer de dire une ânerie ! Mais cela en dit long sur l’incompétence des élus (quels qu’ils soient).
Quant à la maire de Torigny les Villes « Oui la nuit je dors comme un bébé… je me réveille toutes les heures et je pleure » sûrement sur les arbres abattus sur sa commune ?
Quant au président de l’union des maires du Calvados il a un problème avec les décisions intercommunales, ah cette formation des élus, notamment sur la démocratie et son exercice !
Quant au président du Sénat il a souligné trois points :
- Assouplir les règles de la coopération intercommunale.
- réajuster lesreprésentations des communes déléguées.
- revitaliser les centres villes et les centres bourgs.
J’aime bien la dernière proposition, car elle est tout à fait dans l’esprit des SCOT, qui comprend aussi la densification y compris en hauteur des centres bourgs, ce qui est le contraire de remplir les dents dites creuses qui en fait accentueraient encore un peu plus le mitage désastreux du territoire depuis des décennies.
Enfin cette assemblée n’a pu éluder la question de la loi Littoral.
Le pompon revient au maire de Gouville, inévitable interlocuteur de la presse locale quant il s’agit de la loi littoral qui déclare tout de go « Nous ne sommes pas pour bétonner, ni pour scléroser » ou l’inverse et son contraire en quelques mots.
Quant au président de la commission des lois au Sénat il affirme : « je pense qu’on va desserrer l’étau de cette loi, mais sans remettre en cause la protection du littoral ». Je pense qu’il va plutôt (le sénat) approuver avec délectation l’amendement dits « dents creuses » qu’il attend depuis longtemps et après le dépôt de deux projets de lois, non retenus.
Et la cerise sur la dune revient au député du Sud Manche qui ajoute : »il faut juste pouvoir bâtir dans les dents creuses à 4 ou 5 km du rivage ». C’est n’importe quoi, il suffit de regarder la carte de la côte, repérer les dénivelés pour savoir où il faut construire, mais sûrement pas dans les pseudos dents creuses issus de cet amendement, légèrement allégé, par l’assemblée, mais qui ne peut et doit en aucun cas être approuvé même sous cette forme.
Tout cela manque un peu de discernement et de réflexion, notamment sur les effets du réchauffement climatique, donc de l’élévation du niveau de la mer (entre 50 cm et 1 m d’ici la fin du siècle), donc de recul du trait de côte.
Et bien évidemment en tenant compte des Plans de préventions des risques Inondations, submersion marine, et des risques littoraux.
Monsieur le député, il serait opportun, d’organiser une réunion publique et contradictoire sur ce thème ? Allez Chiche !
Joël BELLENFANT
Publié le 19 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Santé, Environnement, Tribune libre

Vendredi matin, l’édition du journal Ouest France, nous apprenait, que les producteurs de carottes de Créances, ne participeraient pas à la fête de la carotte cette année !
Mais pourquoi donc ? Eh bien le ministre de l’agriculture Travert n’a toujours pas signé la dérogation d’utilisation du « Dichloropropène » produit interdit par l’Union Européenne depuis 2009 permettant de lutter contre un ver, nommé « nématode » qui provoque des malformations, rendant ladite carotte invendable !
Sauf que le docteur Joël Spiroux, président du CRIIGEN (Comité de recherches et d’informations indépendantes sur le génie génétique) voit « ce produit possiblement cancérigène, pouvant provoquer une toxicité rénale hépatique, des troubles cutanés, pulmonaires » et il rajoute « utiliser ce produit c’est qu’on privilégie l’économie sur la santé ».
Un rapport de l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) de septembre 2017 a soulevé pour ce produit des risques de toxicité, de mutagenèse, de cancer, de perturbateur endocrinien . De ce fait Patrick Dehaumont, directeur de la direction générale de l’alimentation, a dit ne pouvoir accorder la dérogation.
Pourtant comme le déclare Céline Gentil, de l’association des producteurs de carottes de France, le produit est « utilisé dans des conditions strictes, afin de protéger les producteurs et les consommateurs » et elle rajoute « la carotte de Créances a le label rouge ce qui est une preuve de qualité ».

Bon sang mais c’est bien sûr, le label rouge signe de qualité, certes, mais aspergé de dichloropropène, il est bon de se demander pourquoi ce label a été décerné pour la carotte de Créances.
Petite question insidieuse, il y a d’autres produits phytosanitaires et engrais chimiques d’utiliser ?
Si oui merci de nous en communiquer rapidement la liste.
Les organisations professionnelles prétendent qu’on ne retrouve pas la molécule dudit produit dans la nappe phréatique, dans ce cas il faut sortir les analyses pratiquées par des laboratoires indépendants de la société fabricante.
Les mêmes affirment ne pas disposer de produit alternatif pour nettoyer les sols, mais alors très naïvement comment font les maraichers bio qui n’utilisent aucun produit chimique.
Il y a aussi le problème de la fréquence de culture, au lieu de pratiquer des rotations de cultures et des amendements afin de régénérer des sols appauvris par la monoculture permanente.
« Les nématodes se sont installés du fait d’une fréquence trop répétée des cultures de carottes » déclare Jean Santerre de la Chambre d’Agriculture de la Manche.
Eric Andrieu, président de la commission spéciale sur les pesticides au parlement européen, déclare que la France est championne d’Europe des dérogations d’utilisation de pesticides au nombre de 58 pour l’année 2016.
Qu’attends donc sur cette lancée le ministère de l’agriculture pour lancer une campagne d’envergure pour lancer la transition de l’agriculture productiviste et pesticidée vers l’agriculture biologique ?
Malgré tout le maire de Créances, Monsieur Lemoigne précise « Nous allons tout de même organiser un rendez vous autour des produits du terroir (sigle propre à la FDSEA) à la même date.
Eh bien bon appétit.
Joël BELLENFANT
Publié le 18 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Environnement, Jupiter, Europe
Histoire d’une forfaiture politique
Le 7 février dernier, le gouvernement Philippe, après avoir fait savoir en automne 2017 qu’il ne trouvait rien à redire au principe, a donc acté la privatisation du secteur hydroélectrique français. D’ici 2022, 150 des plus grands barrages (plus de 20 mètres de haut) devraient être vendus, pour une puissance totale de 4,3 GW équivalant à celle de trois réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Le reliquat du parc public, sauf effondrement global, sera mis à l’encan avant 2050. EDF, société détenue à 83,5 % par l’État, gère 85 % des 433 concessions du pays (une concession représente un ou plusieurs barrages raccordés à une même centrale électrique). Engie et des structures régionales comme la Compagnie nationale du Rhône ou la Société hydroélectrique du Midi se partagent les 15 % restants.

Cela faisait dix ans que la Commission européenne réclamait cette privatisation, avec un acharnement spécial et suspect de la part de la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager depuis sa nomination en 2014. Macron et Philippe l’ont signée, sans l’ombre d’une hésitation. Il s’agit de mettre fin à l’abus de « position dominante » d’EDF. Non sans quelques incohérences flagrantes. Le secteur nucléaire, réputé stratégique mais en faillite, on n’y touche pas ; en revanche, le secteur hydroélectrique, très profitable mais réputé non stratégique par notre tandem, on peut le vendre à la découpe. Sous la mandature présidentielle précédente, certains avaient au moins fait mine de résister. Les ministres socialistes Delphine Batho et Ségolène Royal, par exemple, avaient tenté de trouver un moyen terme en proposant de créer des sociétés d’économie mixte pour opérer les petits barrages : la puissance publique y aurait conservé une minorité de blocage de 34 % pour encadrer les éventuels repreneurs privés. Le 16 mai 2014, un décret, le no 2014-479, avait même étendu à de nouveaux secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et de la santé publique les pouvoirs du décret no 2005-1739, qui portent sur la possibilité donnée au gouvernement de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques. Vains atermoiements. En juin 2015, la Commission européenne, pas dupe de ces manœuvres, a estimé qu’elles contrevenaient à son credo de la concurrence « libre et non faussée » et a sommé Paris « d’accélérer l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques ». Notons au passage que, dans la phraséologie néolibérale, la concurrence « libre et non faussée » ne s’applique qu’au secteur économique – avec les nombreuses exceptions que l’on sait – et pas à la compétition électorale, où les rabais arrangeants sont tolérés.Le gouvernement Philippe avait une arme pour s’opposer à la Commission, ce décret n° 2014-479. Il n’en a pas usé et a même appuyé sur l’accélérateur. Le scandale n’est pas tant que la France soit le seul pays d’Europe auquel on ait demandé de privatiser ses barrages, mais qu’un gouvernement français ait accédé à cette demande le plus servilement du monde, comme si le secteur hydroélectrique n’était pas lui aussi stratégique, ne fût-ce que pour honorer les engagements de la COP21. En Allemagne, les concessions sont déléguées aux Länder et la Slovénie a constitutionnalisé un « grand service public de l’eau ». Hors UE, en Norvège, qui tire 99 % de son électricité des barrages, les licences hydroélectriques ne sont accordées qu’à des opérateurs publics.
Poule aux œufs d’or et indispensable force d’appoint
Il faut dire que pour la concurrence si chère à Margrethe Vestager, les barrages français, avec leur excédent brut de 2,5 milliards d’euros par an, dont la moitié revient aux collectivités locales, leur masse salariale faible (21 000 salariés) et leurs installations amorties depuis des lustres, sont une proie de choix. La bête, de surcroît, a été techniquement affaiblie dès avant que la Commission ne revînt à la charge, par un certain… Emmanuel Macron : une de ses premières grandes décisions et son premier grand acte de trahison comme ministre de l’économie aura été d’autoriser l’investissement de l’Américain General Electric dans Alstom. General Electric est à présent actionnaire à 50 % de la branche énergie d’Alstom, qui ravitaille en pièces essentielles les centrales nucléaires (turbines Arabelle de Belfort) et les barrages… Dans l’usine GE-hydro de Grenoble, un plan social de 345 postes (sur 800) assombrit l’avenir du site. Depuis plus d’un siècle, forte d’un savoir-faire unique et mondialement reconnu, cette usine fabriquait sur mesure les turbines des grands barrages français et en assurait la maintenance. En plus d’avoir fourni 25 % de la puissance hydraulique installée dans le monde (dont le barrage des Trois gorges en Chine, qui n’est sans doute pas son meilleur motif de gloire) et permis l’essor industriel des Alpes françaises, ses carnets de commandes sont pleins. Oui, pleins ! La décision de GE et le silence du gouvernement sur ce dossier, Nicolas Hulot inclus (les couleuvres, à force, lui sortent par la bouche), sont incompréhensibles, à moins d’y voir une volonté délibérée, d’abord subreptice, désormais frontale, de saborder un secteur vital, de la manufacture aux usages.
Car le secteur hydroélectrique est vital, comme le rappelait Martine Orange en novembre 2015. Il représente 12,5 % de la production d’électricité française, 70 % des énergies renouvelables. C’est l’électricité la moins onéreuse : de 20 à 30 euros le MWh. Les centrales hydroélectriques fournissent 66 % de la capacité d’appoint rapide lors des pics de consommation (le reste est assuré par les centrales thermiques). Les barrages, par leurs réserves d’eau, compensent l’intermittence des autres énergies renouvelables et, inversement, en cas de surplus de production de ces dernières, reconstituent leurs stocks par pompage. Par ailleurs, certaines installations complexes, avec conduite forcée et vastes lacs de retenue, nécessitent des compétences particulières et un sens avisé de la coordination avec les collectivités locales bénéficiaires, et ne supportent pas l’amateurisme. Enfin, la bonne gestion du niveau des fleuves et rivières est essentielle pour le refroidissement des centrales nucléaires, implantées majoritairement sur des cours d’eau jalonnés de barrages. On ne peut « arrêter le nucléaire » comme on mouche une chandelle. On peut (on doit) geler la construction de nouvelles centrales, on peut (on doit) les faire démanteler par les nucléocrates, qui seraient malvenus de nous accuser de les envoyer à une mort certaine sans se récuser, mais on a l’obligation vis-à-vis des générations futures d’entretenir et de surveiller sur une échelle de temps inédite les sites de production et de stockage. Nous sommes condamnés à accompagner l’interminable agonie de l’industrie nucléaire et le secteur hydroélectrique est partie prenante de cette veillée cauchemardesque. Les deux secteurs sont donc liés stratégiquement et, en l’occurrence, puisqu’il y va de la sécurité collective et même globale, puisque les pollutions nucléaires ignorent les frontières, affaiblir le secteur des barrages est un crime contre l’avenir et contre les nations.

Planification d’un désastre
Philippe comme Macron ne peuvent ignorer les méfaits et les dangers mortels de l’immixtion de la concurrence dans les secteurs vitaux. Nous ne citerons que l’inquiétant précédent de la grève de la maintenance organisée par General Electric, justement, dans les centrales nucléaires françaises. C’était en février 2016. General Electric, par le moyen d’une grève « prenant en otage » (salauds de patrons !) toute une industrie sensible, sans que BFMTV ait daigné faire un micro-trottoir auprès des usagers et éventuels riverains que nous sommes, a cherché à obtenir et a obtenu d’EDF, après plusieurs centaines d’incidents, des conditions plus avantageuses (en termes de responsabilité financière en cas… d’incident). La course à la défausse était lancée. La « libre » concurrence libère en premier lieu ses adeptes du scrupule.
On imagine fort bien à quels types de chantage les nouveaux propriétaires de barrages pourraient se livrer pour augmenter leurs gains au détriment des communs et de la sécurité : rétention jusqu’au seuil de la pénurie pendant les pics de consommation pour faire monter les prix (rien ne l’empêche juridiquement), fin des lâchers d’eau gratuits en fonction des besoins des vallées (loisirs, agriculture), entre autres exemples. Un opérateur privé va-t-il anticiper les sécheresses en réfléchissant à des plans de stockage sur le long terme ? Et quid de la maintenance ? EDF investit 400 millions d’euros par an dans l’entretien et le renforcement de ses barrages, dont certains ne sont plus tout jeunes et risqueraient, en cas d’économies de bouts de chandelle, de provoquer des catastrophes. Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, a déjà prévenu que certains investissements étaient obérés par l’incertitude pesant sur le destin des barrages français. Hors de question pour l’entreprise de lancer des travaux qui profiteraient à de futurs acquéreurs privés. Sauf que certains travaux sont, pour le dire sèchement, urgents. Voilà le genre de petit jeu malsain qu’alimente la concurrence « libre et non faussée ». Le témoignage de Jean-Louis Chauz, président du Conseil économique, social et environnemental d’Occitanie, illustre bien l’appréhension qui gagne peu à peu les collectivités : « En 2035, le déficit de stockage d’eau pour la nouvelle démographie de la région et les besoins de l’agriculture, des écosystèmes, de la préservation de la biodiversité, sera de 1 milliard de m3. EDF et Engie ont provisionné les budgets nécessaires pour engager les travaux pour le stockage d’eau. À l’heure où l’Occitanie est confrontée à un problème majeur de ressources en eau dans les années à venir, à même de compromettre son développement, voire sa sécurité sanitaire, il est incompréhensible et dangereux de chercher à complexifier une organisation de la gestion de l’eau… »
Et s’il ne fallait retenir de cette privatisation que le gain pour les caisses de l’État, là encore les comptables qui nous gouvernent seraient bien en peine de lui trouver quelque avantage. La Cour des comptes a calculé que si l’État en retirait 520 millions d’euros par an de redevances, ce serait Byzance. 520 millions d’euros, ce n’est jamais que cinq fois moins que l’excédent brut actuel…
Instruire le procès en haute trahison
Dans l’article 68 (révisé en 2007) de la Constitution, il est dit que « le président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». Pour un président de la République, la haute trahison, au sens de l’article 68 avant révision, se définit comme l’action volontaire d’aller contre les principes que la Constitution le charge de défendre ès qualités. Parmi ces principes, l’article 5 par exemple : « Le président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale et de l’intégrité du territoire. » Il me semble que cet article 5 englobe la question de l’approvisionnement énergétique. Le président Macron est donc coupable, sur ce dossier, de « manquement », conjointement avec le premier ministre. Le 6 décembre 2017, des députés et élus territoriaux de La France insoumise publiaient une tribune de protestation sur le site Reporterre. Il fallait aller plus loin, frapper plus fort, car un tel « manquement » déchire notre horizon et foule ostensiblement aux pieds la Constitution.
La privatisation des barrages apporte une énième fois la preuve que nous sommes dirigés soit par des aliénés en plein délire paranoïde[*], soit par des naufrageurs embarqués qui, après avoir ôté les derniers rivets de la carène, sabotent les pompes de secours. Eu égard à la Constitution et à ma conception de l’intérêt général, de même que le renoncement politique sur le glyphosate et plus globalement sur l’addiction française aux produits phytosanitaires, cette décision m’apparaît comme un crime contre les intérêts vitaux de la France et des pays voisins, et contre les générations futures, en tant qu’elle fait obstacle à la transition vers une économie décarbonnée, ajoutant une complexité inutile à une complexité déjà mortifère. Tout crime contre l’avenir relève de la haute trahison. Si un certain monde doit disparaître à l’issue des bouleversements climatiques et énergétiques qui ont commencé, il me semble essentiel d’identifier dès maintenant les saccageurs de ce qu’il reste des sociétés humaines, afin que la colère civique ne se déchaîne pas tous azimuts, qu’elle aille frapper au cœur de l’hydre, plutôt que d’en trancher sottement les têtes sans cesse renaissantes.
Damnatio memoriæ pour MM. Macron et Philippe, ainsi que pour leurs comparses, dès après leur mort politique.
Publié le 17 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage, Retraites

L’exécutif a donné le coup d’envoi, jeudi, à la réforme qui doit être présentée à la mi-2019, et selon laquelle « chaque euro cotisé doit donner les mêmes droits » à pension pour tous. Derrière se profile un régime par points qui prépare l’éclatement du système solidaire. Décryptage.
Emmanuel Macron en avait fait un de ses slogans de campagne pour l’élection présidentielle : « Un euro cotisé (doit) donne(r) les mêmes droits » à la retraite pour chacun. La formule, séduisante car elle renvoie à une apparence d’égalité parfaite, a été explicitée par Jean-Paul Delevoye à l’occasion du lancement, hier, d’une « consultation citoyenne » sur la future réforme des retraites, qui doit être présentée à la mi-2019. Le haut-commissaire nommé pour préparer ce chantier confirme qu’il s’agit bien de passer à un « système par points ». « L’objectif est qu’à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique », a-t-il déclaré dans un entretien publié dans le Parisien-Aujourd’hui en France. L’égalité, à revenus et carrières comparables, donc. Mais comme, dans la vie, les carrières et les salaires ne sont pas les mêmes pour tous – et encore moins pour toutes –, les capacités contributives de chacun, dans ce nouveau système « à la carte », seront très différentes d’un individu à l’autre. « Dire que pour un euro, on aura la même valeur de retraite, c’est passer outre le fait que certain-es gagnent beaucoup d’euros et d’autres beaucoup moins », a fait ainsi valoir le syndicat Solidaires. Quant à la CGT, elle a réagi hier en estimant que « les problématiques et les questions posées (dans la consultation – NDLR) sont orientées et les réponses attendues téléphonées », et en dénonçant une volonté de « casser notre système de retraite par répartition et solidaire » et de « poursuivre la baisse des pensions ».
De fait, dans le système à points, quand certains gagneront à peine de quoi cotiser à un taux minimal, d’autres pourront y consacrer une large part de leurs revenus. En clair, plus on est aisé, plus on pourra partir tôt à la retraite et avec une meilleure pension. Ce nouveau système va donc en réalité reproduire, voire amplifier, les inégalités au détriment des salaires les plus faibles et des parcours professionnels les plus chaotiques. Les femmes, les ouvriers, les chômeurs, les malades en seront les premières victimes. « L’argument selon lequel un euro cotisé donne les mêmes droits, va à l’envers du principe qui veut que la retraite compense un peu les inégalités de salaires et de carrière, relève Henri Sterdyniak, membre des Économistes atterrés. Dans le système actuel, quand vous ne cotisez pas parce que vous êtes malade ou au chômage, vous avez quand mêmes des droits. » Prévenant les critiques, Jean-Paul Delevoye le promet : « Cette réforme maintiendra et consolidera les solidarités qui seront les piliers du nouveau système. » La majoration pour enfants, la prise en compte des périodes d’invalidité et de chômage, les minima contributifs et la pension de réversion (pension du conjoint décédé versée au conjoint survivant) seront donc conservés dans le nouveau système, mais ces correctifs pourraient être financés par l’impôt, c’est-à-dire par la « solidarité nationale » et non par les cotisations. À l’instar de « la majoration pour enfants (qui) est une politique de caractère familial », prévient Jean-Paul Delevoye : logique, d’une certaine manière, puisque ces politiques de solidarité contredisent le principe posé des « mêmes droits pour chaque euro cotisé ». Ce qui réintroduit un peu de justice dans des carrières fondamentalement inégalitaires pourrait ainsi ne plus relever de la responsabilité sociale des entreprises, à l’exemple de certains avantages sociaux « déjà payés par le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), donc en partie par la CSG qui le finance, souligne Henri Sterdyniak, et par l’excédent de la branche famille », dont les ressources sont à 40 % fiscalisées (CSG et autres impôts et taxes) en 2018.
Jean-Paul Delevoye abat franchement ses cartes sur un aspect : « Dans un système à points, la notion de durée (de cotisation pour partir à la retraite – NDLR) disparaît. C’est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel. » Adieu, les 43 annuités exigées pour des générations nées à partir de 1973. Désormais, chacun fera « un arbitrage personnel » en fonction du nombre de points collectés. Dans les faits, ce choix sera là encore réservé aux plus aisés, qui auront les moyens de cotiser vite et beaucoup. Les autres devront arbitrer entre une pension réduite ou la poursuite du travail… à condition d’être épargnés par le chômage. Conséquence, fixer un âge de la retraite n’aura plus de sens. « L’âge actuel de 62 ans devrait être conservé », prétend pourtant Jean-Paul Delevoye. Mais il s’agit surtout d’un « seuil en dessous duquel (les gens) ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse » dans les comptes, précise le haut-commissaire. « C’est injuste pour les travailleurs manuels aux carrières longues et pénibles qui ne peuvent pas se maintenir au travail jusqu’à 60-62 ans », estime Henri Sterdyniak. Pour tous les autres, cet âge légal « ne garantit aucunement qu’on parte à 62 ans », souligne encore l’économiste.
« Dans le système par points, le niveau des retraites n’est pas garanti par un taux de remplacement (le taux de la pension calculé par rapport au salaire de référence-NDLR) comme dans le système actuel », poursuit Henri Sterdyniak. C’est même tout l’inverse : alors que le système actuel est dit à « prestations définies », c’est-à-dire qu’« il garantit un niveau de pension au moment du départ à la retraite », explique la CGT, le système par points renverse la logique, puisqu’il s’agit d’« un régime à cotisations définies (qui) garantit un plafond de cotisation ». Dès lors, ce ne sont plus les actifs qui supportent les aléas financiers du système grâce au réglage de paramètres comme l’âge de départ, la durée de cotisation, le salaire de référence ou encore le taux de cotisation, mais les retraités eux-mêmes, pour lesquels « le niveau des prestations (...) est imprévisible à long terme », poursuit le syndicat. En d’autres termes, le niveau de pension peut baisser en cours de retraite en cas de choc économique ou démographique. « Dans les systèmes envisagés, on saura ce qu’on paiera chaque année, mais on ne saura qu’à la fin ce qu’on aura comme retraite », résume l’union syndicale Solidaires.
Le système à la suédoise qui fait la part belle à la capitalisation, « ce n’est pas du tout notre philosophie », jure le haut-commissaire, qui se prononce pour le « maintien d’un système de répartition par cotisation couvrant un maximum d’actifs ». En apparence, l’essentiel est sauf, et les fonds de pension ne sont pas pour demain. En apparence seulement… Car « la question se pose pour les plus gros salaires qui excéderaient un certain plafond », concède Jean-Paul Delevoye. Ceux qui gagnent 120 000 ou 160 000 euros annuels ou davantage pourraient être éligibles à une « épargne individuelle, éventuellement en capitalisation ». Même si cela ne concerne que « 200 000 à 300 000 personnes », le problème serait alors que ces très hauts revenus ne voient plus l’intérêt de cotiser au « système universel » à partir du moment où ils tireraient l’essentiel de leur retraite des fonds de pension. « La grande idée, c’est d’attirer les traders de Londres en fixant un plafond au-delà duquel ils seront exonérés de cotisation. Le risque est alors que s’instaure un système à deux vitesses, avec l’abaissement progressif de ce plafond, qui permette à de plus en plus de gens de sortir du régime universel », commente Henri Sterdyniak.
« Il est urgent d’aboutir avant 2019 », expliquait, fin mars, Claude Tendil, vice-président du Medef. En somme, détaillait le Monsieur social de l’organisation patronale, il suffit d’ « inciter les assurés à partir plus tard que l’âge légal » en instaurant « une nouvelle décote suffisamment forte ». De son côté, Jean-Charles Simon, candidat à la succession de Pierre Gattaz, estime qu’il faut carrément supprimer les cotisations Agirc/Arrco au-delà de 3 310 euros de salaire brut mensuel. En clair, exonérer les plus riches de la solidarité et alléger, encore, les entreprises de cotisations. Une « économie » qu’il chiffre à 25 milliards d’euros. Quant aux favoris, Alexandre Saubot et Geoffroy Roux de Bézieux, s’ils entendent conserver le système des complémentaires, ils se laisseraient bien tenter par un financement par fonds de pension.
Publié le 10 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Environnement

Publié le 9 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Environnement, Santé

Le rejet de plusieurs amendements gravant dans la loi l’engagement présidentiel d’interdire l’usage du glyphosate, cet herbicide soupçonné d’avoir des effets cancérigènes, d’ici à 2021 est le signe le plus spectaculaire de cette pusillanimité. Mais il n’est que l’arbre qui cache une forêt de renoncements.
L’interdiction de diffuser des publicités pour l’alimentation transformée, facteur d’obésité chez les enfants ? Rejetée. L’interdiction des élevages hors sol de poules pondeuses en cage, autre promesse de campagne d’Emmanuel Macron ? Rejetée. L’interdiction des pratiques brutales dans la production animale, la castration à vif, le broyage de poussins vivants ? Rejetée. La vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, qui permettrait de protéger autant les personnels, soumis à des cadences intenables, que les animaux ? Renvoyée à des expérimentations. Même l’interdiction des épandages de pesticides à proximité des lieux de vie a été écartée. Tout comme le projet d’établir, sur un autre dossier, un Fonds d’indemnisation des victimes des produits phytosanitaires. Même l’interdiction de l’épandage aérien des pesticides est remise en cause – au mépris du droit européen.
Les artisans du projet de loi peuvent mettre en avant quelques avancées, comme la séparation des activités de vente de pesticides et de conseil technique sur leurs usages, ou la libre commercialisation des semences paysannes. Mais celles-ci pèsent bien peu face au manque d’ambition général du texte.
Pourtant, les alertes des scientifiques se multiplient, qui dénoncent le modèle agricole dominant comme un facteur majeur d’érosion de la biodiversité, de dégradation de l’environnement et de l’émergence de sérieux problèmes sanitaires. Le gouvernement et le Parlement n’en ont cure, à l’évidence. Or c’est, précisément, ce modèle qui a contribué à décourager les agriculteurs, à vider les campagnes et à dévitaliser les territoires.
Les lobbys de l’agro-industrie ont donc, jusqu’à présent, très efficacement défendu leurs intérêts. Leur succès entérine, en quelque sorte, la défaite de Nicolas Hulot, ministre d’une transition écologique et solidaire de plus en plus évanescente. Mais il témoigne aussi du grand écart entre les déclarations du président de la République (du tonitruant « Make Our Planet Great Again » au cri d’alarme lancé, le 24 mars, sur l’érosion catastrophique de la biodiversité) et la politique effective du gouvernement.
Publié le 6 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Société

Le cycle de Ciné Débat Granville « En mai, vois ce qu’il te plait » se termine !
Jeudi 7 juin 2018 à 20h30
Cinéma Le Sélect
GRANVILLE
GRANDS SOIRS ET PETITS MATINS
Film de William Klein
(France 1978)
Mai 68 au Quartier latin.
Pavés de bonnes intentions, rumeurs et révélations, rêves et discours les plus fous, analyses correctes et aberrantes, coups de théâtre, complots et confessions, crises de conscience, déclarations de foi, tripes et psychodrames...
Tous ceux qui, en temps habituels, ne se parlent pas, à présent causent, causent jusqu’au délire. Garçons de café, retraités, illuminés, immigrés, ménagères, étudiants, syndicalistes, touristes venus des beaux quartiers, cadres en mal de bonne conscience, enragés de tout poil et de toutes tendances, forment partout des tables rondes ambulantes...
Au jour le jour, un témoignage complice, parfois amical de ce que fut Paris au mois de mai.
La projection sera suivie d’un débat avec la salle
Le mai parisien son contenu, les idées, les acteurs ...,
Y-a-t-il un avant et après-mai ?
L’année 1968 ouverture dans le Monde.
Invités :
Thierry Fagart, avocat
Yann Le Pennec, éducateur et auteur
Soirée conduite par Yann Le Jossic, historien
Rappel : tarif à 5,50 € pour les adhérents CDG
Publié le 5 Juin 2018 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Annonces, Résistance, Services publics
