L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse
Publié le 17 Avril 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansLuttes, Services publics
Bonsoir à tous .
Mercredi matin 10h les cheminots tiendront une assemblée à 10 heure à la gare de GRANVILLE.
Apportons notre soutien par notre présence.un barbuc sera organisé.
D'autre part dans le cadre de la journée de manifs interpro de JEUDI nous vous donnons rendez vous à 9h30 au parking du stade pour nous rendre au rassemblement de ST LO prévu à 10h30 place de la GARE . Notre camarade actif SEBASTIEN du dépôt interviendra. Donc rendez vous mercredi 10h en gare de Granville et jeudi 9h30 au parking du stade pour ST LO.
RAPPEL SOLIDARITÉ FINANCIÈRE CHEMINOTS VOS DONS UNIQUEMENT PAR CHÈQUES DOIVENT ÊTRE LIBELLES A L'ORDRE DU SYNDICAT DES CHEMINOTS PAYS DE LA BAIE ET ADRESSE A L'UL CGT GRANVILLE RUE DE LA FONTAINE 50400 GRANVILLE. MERCI .
On peut lire sur les pancartes : "Madame la Prefete Livraison à la Pref" et "les gendarmes se sont radicalisés"
Les quelques jours que nous venons de vivre à la Zad ne s'expliquent pas simplement. Comme pour beaucoup de batailles politiques, il faut longuement décrire le tableau des forces en présences pour expliquer l'enchaînement soudain des événements. Car plus qu'une bataille militaire, c'est bien d'une bataille politique qu'il s'agit.
Le gouvernement n'avait pas besoin d'évacuer la Zad pour en récupérer les terres : la situation juridique complexe créée par l'abandon du projet d'aéroport laissait un an ou deux pour imaginer des solutions avant le retour des terres réquisitionnées à leur vocation agricole, et le dialogue avait fini par s'entamer entre le mouvement (zadistes compris) et l'État.
Le gouvernement avait besoin de cette opération policière spectaculaire sur la Zad, pour trois raisons politiques :
- D’abord, ne pas laisser une victoire totale aux opposants, après une bataille politique de 50 ans ! Tenter de tuer l'espoir qu'à fait naître la victoire à NDDL. La mobilisation ayant pris une ampleur nationale depuis la tentative d'évacuation de 2012, cette victoire redonne de l'énergie à toutes celles et ceux qui se battent contre la multitude de projets « inutiles et imposés » ; elle démontre que, même réprimée, une mobilisation contre l'État et les multinationales peut être victorieuse.
- Ensuite, ne pas laisser « s’enkyster » (le mot est de Valls) un mouvement. La Zad aurait joué le même rôle militant que le plateau du Larzac, avec cette différence fondamentale : elle est à 20 km de Nantes, une des villes historiquement les plus remuantes de France.
- Enfin et surtout, l'État doit montrer sa force, laver le camouflet policier de 2012 et démontrer qu'il peut intervenir partout. Cette opération policière est donc avant tout une démonstration politique, une opération de communication en somme. C'est un avertissement à tout le mouvement militant, au moment où les facs sont occupées, où les cheminots se lancent dans un mouvement périlleux pour le gouvernement.
« Karchériser les opposants »
Si l'on suit cette logique, le gouvernement a intérêt à « karchériser les opposants » (pour reprendre l'expression de Jacques Auxiette, ancien président PS de la région). Ne rien laisser subsister de cette expérience militante hors du commun.
D'où la débauche de moyens policiers (on ne peut employer le mot « militaire » car, s'il y a bien des fusils d'assaut et des blindés sur la Zad, le gouvernement ne peut pas se permettre la mort d'un opposant, comme celle de Rémi Fraisse en 2015).
D'où la main-mise de l'État sur l'espace médiatique : un service de presse de la gendarmerie, renforcé par 200 caméras personnelles, fournit des images choisies aux médias. Les journalistes sont largement dissuadés d'entrer sur la zone, les rédactions télévisées largement muselées.
Cette « option forte » du gouvernement ne tient pourtant pas compte de la profondeur du mouvement de NDDL.
Certes, l'aéroport est abandonné, et beaucoup de soutiens maintenant veulent passer à autre chose : le mouvement a perdu des forces. S'il était aisé de s'unir contre l'aéroport, il est plus difficile de s'unir pour quelque-chose (la Zad et les expériences sociales qui y naissent).
Mais les « zadistes » ne sont pas les « black blocks » nomades que les gouvernements nous présente à travers la mise en scène médiatique de la répression. Ce sont d'abord de jeunes (et moins jeunes) écolos qui aspirent à un autre mode de vie, appelés par des paysans en 2009 à occuper une zone laissée libre. De cette alliance improbable est née une multitude de projets agricoles ou artisanaux. En 10 ans, des liens se sont noués, des projets partis de rien ont grandi. La formidable solidarité populaire de 2012 contre l’évacuation était fondée sur le refus de l'aéroport et le refus d'une répression jugée illégitime contre « les jeunes ». En 2018, la Zad s'est fait largement connaître pour ce qu'elle est : beaucoup connaissent la ferme de Bellevue, le « non-marché » du Gourbi ou la bibliothèque du Talu. Le mouvement a volontairement fait connaître la Zad depuis trois ans, pour contrer l'image de violence véhiculée par les médias et certains zadistes eux-mêmes.
Coup de tonnerre sur « Les 100 Noms »
Les jours précédents, et jusqu'au début de l'intervention, les déclarations sont variées : des appels à l'unité certes, mais aussi des reproches adressés publiquement à certains des zadistes, qui empêchent la réouverture de la fameuse « route des chicanes », offerte au gouvernement par le mouvement, en cadeau de bienvenue, pour ouvrir les négociations et démontrer sa capacité à « gérer » la Zad.
Des reproches publics aussi car la grande majorité des occupants refuse de déclarer individuellement leurs projets agricoles, ainsi que l'exige l'État. C'est que cette déclaration individuelle, liée à une parcelle agricole précise, est inappropriée sur la Zad, où les projets sont collectifs, et pas toujours strictement localisés. C'est précisément ce que le mouvement tente de négocier : conserver les caractères collectifs et originaux des projets paysans et artisanaux de la Zad.
Chacun sur la Zad et autour s'attendait à ce que l'État détruise divers lieux de vie (qu'il appelle « squat ») sans projet agricole défini, qu'il détruise les habitats des plus radicaux ou des plus précaires, qu'il chasse quelques tentes et caravanes. L'objectif aurait été de diviser les zadistes eux-mêmes, entre celles et ceux qui participent à un projet collectif (paysan ou artisanal) acceptables par le gouvernement, et les autres, plus marginaux ou simple militants. On pouvait penser qu'une fois ceux-ci chassés, on pourrait retourner à la table des négociations, et sauver une partie de la Zad.
Cette distinction entre « bons zadistes » (paysans et pacifiques) et « mauvais zadistes » (précaires et provocateurs) est une des querelles internes du mouvement d'opposition, un point faible sur lequel le gouvernement appuie depuis des années.
La fin du premier jour d'intervention policière sera un coup de tonnerre au milieu des lacrymogènes : l'Etat détruit la Ferme des 100 noms.
C'est des lieux les plus emblématiques de la Zad : une ferme collective, très appréciée des zadistes, une bergerie, un jardin maraîcher qui produit des semences pour les autres lieux, qui nourrit largement alentour, un projet soutenu par les paysans alentour. Un des lieux les plus légitimes aux yeux du mouvement. Cette destruction cristallise aussitôt le mouvement, et semble effacer toutes les divisions de la veille. L'État touche au cœur même du projet de la Zad, et anéantit tout espoir de négociation (« l'État n'a pas de parole ! »).
Bataille dans l'espace médiatique
Les militants, aguerris par des années de lutte politique, sauront présenter aux médias cette destruction comme elle doit l'être : avec le cœur. Les larmes sont vraies devant les caméras. L'agnelle dans les bras d'une jeune femme est bien mort sous les décombres de la Ferme des 100 noms.
C'est ainsi que le mouvement répond au gouvernement, à cette opération de communication autant que policière. Il perce le brouillard médiatique. L'écho est immédiat : les plus modérés se rallient à la défense de la Zad. Comme en 2012, la légitimité de l'intervention policière bascule un peu du côté de la Zad, cristallise les réactions politiques, et oblige dans les jours suivants chaque organisation, associative, syndicale ou politique à se positionner.
Les 200 habitants sont bientôt rejoints par des centaines d'autres militants, de tous âges et de toutes sensibilités : environ 700 personnes seraient sur le site actuellement, des milliers d'autres sont attendus dimanche 15 pour une grande manifestation
L'État a t-il fait une erreur en détruisant Les 100 noms et d'autres lieux ?
Les opérations d'évacuations sont suspendues.
La Préfète Klein annonce maintenant vouloir rouvrir les « négociations » entamées avec l'ensemble des opposants, et fixe au passage un nouvel ultimatum : dans 10 jours, les projets agricoles individuels devront être déposés en préfecture.
Le message semble clair : l'État affirme qu'il a les moyens de détruire la Zad. Les moyens policiers, il les a très certainement. Mais la bataille politique n'est pas terminée.
Publié le 14 Avril 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansPolitique
Vous voulez la paix ; vous la voulez profondément. Toutes les classes dirigeantes de l’Europe, les gouvernements et les peuples la veulent aussi, visiblement avec une égale sincérité. Et pourtant, dans cet immense et commun amour de la paix, les budgets de la guerre s’enflent et montent partout d’année en année, et la guerre, maudite de tous, redoutée de tous, réprouvée de tous, peut, à tout moment, éclater sur tous. D’où vient cela ?
Au risque de vous paraître affligé de la plus cruelle monotonie, je dois dire ici tout d’abord quelle est, selon nous, la raison profonde de cette contradiction, de ce perpétuel péril de guerre au milieu de l’universel désir de la paix. Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possédera les grands moyens de production et d’échange, tant qu’elle possédera ainsi et gouvernera les autres hommes, tant que cette classe pourra imposer aux sociétés qu’elle domine sa propre loi, qui est la concurrence illimitée, la lutte incessante pour la vie, le combat quotidien pour la fortune et pour le pouvoir ; tant que cette classe privilégiée, pour se préserver contre tous les sursauts possibles de la masse, s’appuiera ou sur les grandes dynasties militaires ou sur certaines armées de métier des républiques oligarchiques ; tant que le césarisme pourra profiter de cette rivalité profonde des classes pour les duper et les dominer l’une par l’autre, écrasant au moyen du peuple aigri les libertés parlementaires de la bourgeoisie, écrasant ensuite, au moyen de la bourgeoisie gorgée d’affaires, le réveil républicain du peuple ; tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres armées entre les peuples. C’est de la division profonde des classes et des intérêts dans chaque pays que sortent les conflits entre les nations. [...]
Partout, ce sont ces grandes compétitions coloniales où apparaît à nu le principe même des grandes guerres entre les peuples européens, puisqu’il suffit incessamment de la rivalité déréglée de deux comptoirs ou de deux groupes de marchands pour menacer peut-être la paix de l’Europe. Et alors, comment voulez-vous que la guerre entre les peuples ne soit pas tous les jours sur le point d’éclater ? Comment voulez-vous qu’elle ne soit pas toujours possible, lorsque, dans nos sociétés livrées au désordre infini de la concurrence, aux antagonismes de classes et à ces luttes politiques qui ne sont bien souvent que le déguisement des luttes sociales, la vie humaine elle-même en son fond n’est que guerre et combat ?
Ceux qui de bonne foi s’imaginent vouloir la paix, lorsqu’ils défendent contre nous la société présente, lorsqu’ils la glorifient contre nous, ce qu’ils défendent en réalité sans le vouloir et sans le savoir, c’est la possibilité permanente de la guerre. C’est en même temps le militarisme lui-même qu’ils veulent prolonger.Car cette société tourmentée, pour se défendre contre les inquiétudes qui lui viennent sans cesse de son propre fonds, est obligée perpétuellement d’épaissir la cuirasse contre la cuirasse ; dans ce siècle de concurrence sans limite et de surproduction, il y a aussi concurrence entre les armées et surproduction militaire : l’industrie elle-même étant un combat, la guerre devient la première, la plus excitée, la plus fiévreuse des industries. Et il ne suffit pas aux nations de s’épuiser ainsi à entretenir les unes contre les autres des forces armées ; il faut encore - et ici je demande la permission de dire nettement ma pensée - que les classes privilégiées, possédantes, de tous les pays isolent le plus possible cette armée, par l’encasernement et par la discipline de l’obéissance passive, de la libre vie des démocraties.
On ne nous a pas caché depuis vingt ans que c’était là aujourd’hui, en Europe, la conception des armées de métier. L’Assemblée nationale acclamait l’illustre rapporteur de la loi militaire disant : « Quand on parle d’armée, il ne faut plus parler de démocratie » ; et elle couvrait de huées le défenseur de Belfort, Denfert-Rochereau, réclamant contre le dogme de l’obéissance passive. Et au moment même où, de l’autre côté de la frontière, un empereur d’armée disait récemment à ses soldats qu’il avait désormais besoin surtout de leur fidélité contre l’ennemi intérieur et qu’ils devaient être prêts à tirer sans hésitation et sans faiblesse, sur leurs pères et sur leurs frères enrôlés par la démocratie sociale, à ce moment même où quelques jours après, dans cette discussion, on nous signifiait - et je remercie l’orateur du parti conservateur, comme je l’avais remercié l’autre jour, de sa sincérité et de sa franchise - on nous signifiait que l’armée était la grande sauvegarde au dehors et au dedans, nous avons compris ce que cela voulait dire.
[...] Et voilà comment, [mesdames], messieurs, vous aboutissez à cette double contradiction : d’une part, tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, et malgré tous les congrès de philanthropie internationale, la guerre peut naître d’un hasard toujours possible ; et d’autre part, alors que s’est développé partout l’esprit de démocratie et de liberté, se développent aussi les grands organismes militaires qui, au jugement des penseurs républicains qui ont fait notre doctrine, sont toujours un péril chronique pour la liberté des démocraties. Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme la nuée dormante porte l’orage. [Mesdames], Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir enfin la guerre entre les peuples, c’est d’abolir la guerre entre les individus, c’est d’abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie, qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille, un régime de concorde sociale et d’unité. [...]
Si nous poursuivons le capitalisme, c’est parce qu’il donne à l’homme prise sur l’homme ; si nous combattons dans cette force du capital la prolongation du vieil esprit de domination et de conquête, ce n’est pas pour subir ce vieil esprit de domination et de conquête sous sa forme la plus brutale, quand il fait ouvertement violence de la conscience des peuples et quand il coupe en deux par l’épée des âmes qui veulent rester unies. Si nous combattons le militarisme, ce n’est pas pour lui laisser son dernier trophée. Dans nos conflits intérieurs, dans nos grèves, dans nos luttes économiques, nous nous indignons quand le soldat de France est exposé à tirer sur ses frères. Mais à quoi donc sont exposés ceux qui sont enrôlés ailleurs par le militarisme impérial, sinon à tirer un jour sur des frères ? [...]
Ce n’est pas seulement le développement des libertés politiques, c’est surtout le développement de la justice sociale qui abolira les iniquités de nation à nation, comme les iniquités d’individu à individu. De même qu’on ne réconcilie pas des individus en faisant simplement appel à la fraternité humaine, mais en les associant, s’il est possible, à une œuvre commune et noble, où, en s’oubliant eux-mêmes, ils oublient leur inimitié, de même les nations n’abjureront les vieilles jalousies, les vieilles querelles, les vieilles prétentions dominatrices, tout ce passé éclatant et triste d’orgueil et de haine, de gloire et de sang, que lorsqu’elles se seront proposé toutes ensemble un objet supérieur à elles, que quand elles auront compris la mission que leur assigne l’histoire, que Chateaubriand leur indiquait déjà il y a un siècle, c’est-à-dire la libération définitive de la race humaine qui, après avoir échappé à l’esclavage et au servage, veut et doit échapper au salariat.
Dans l’ivresse, dans la joie de cette grande œuvre accomplie ou même préparée, quand il n’y aura plus de domination politique ou économique de l’homme sur l’homme, quand il ne sera plus besoin de gouvernements armés pour maintenir les monopoles des classes accapareuses, quand la diversité des drapeaux égaiera sans la briser l’unité des hommes, qui donc alors, je vous le demande, aura intérêt à empêcher un groupe d’hommes de vivre d’une vie plus étroite, plus familière, plus intime, c’est-à-dire d’une vie nationale, avec le groupe historique auquel le rattachent de séculaires amitiés ? Et comme c’est la classe des salariés, comme c’est, en tout pays, la classe prolétarienne qui pressent le mieux l’ordre nouveau, parce qu’elle souffre le plus de l’ordre présent, comme c’est elle qui dès aujourd’hui prépare le mieux l’accord international des peuples par l’accord international du prolétariat, avec elle et comme elle nous sommes internationalistes pour préparer l’abolition des iniquités sociales, qui sont la cause des guerres, et l’abolition des guerres, qui sont le prétexte des armées. Jean Jaurès, le 7 avril 1895, à la Chambre des députés (1)
L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement. Le courage, aujourd’hui, ce n’est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée de la Guerre, nuée terrible, mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu’elle éclatera sur d’autres. Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage, dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit. [...] Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. Jean Jaurès, le 30 juillet 1903, Discours à la jeunesse (2)
Tout cela est bien dit, mais ces discours font partie de l’Histoire : Jaurès avait combattu, en vain, la guerre qui viendrait.
« Nous débarquions la nuit, sans prévenir... Dans la majorité des cas, les renseignements fournis par les informateurs irakiens étaient faux et nous n’avons rien trouvé. L’une des fusillades à laquelle j’ai participé a causé la mort de civils, car nous nous étions trompés de cible. J’en ai été très affecté. Peut-être aurais-je pu tolérer tout cela si j’avais cru en une guerre juste, mais ce n’était pas le cas. L’effet cumulé m’a convaincu que nous créions bien plus d’ennemis que nous n’en tuions. Il y a d’avantage d’islamistes radicaux dans le monde aujourd’hui qu’au moment du 11 septembre. Notre stratégie est clairement contre-productive. La politique américaine au Moyen-Orient depuis 2003 est un désastre complet, elle n’a servi qu’à générer le chaos et le conflit (Brian Van Reet, vétéran états-unien d’Irak, Humanité du 12 avril 2018).
Ce chaos, ces conflits, qui perdurent, ne sont pas inutiles, bien au contraire, car « le capitalisme porte toujours en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». Cette stratégie est contre-productive pour l’avènement de la paix, mais réaliste en période de crise de surcapacité : il n’y a pas de guerre juste, mais juste des guerres qui profitent à quelques-uns. Il n’y a, là, rien de nouveau...
Présentement, le deus ex machina, le Trumpion de service, participe à l’aventurisme, au bellicisme ambiant. Est-il encore temps de lui rappeler ? « La guerre est toujours la sanction d’un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? [...] Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’Occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. » (Villepin, 14 février 2003, Conseil de sécurité de l’ONU, cf. note 3)
Publié le 13 Avril 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansNucléaire
C’est à se demander si l’EPR n’est pas victime d’une véritable malédiction. Ou, plus prosaïquement, si EDF a bien maîtrisé son sujet en lançant le chantier de ce réacteur à eau pressurisée de nouvelle génération, il y a plus de dix ans, sur la centrale nucléaire de Flamanville (Manche). Onze ans après le début des travaux, l’électricien a annoncé ce mardi la découverte d’un autre problème de taille susceptible d’entraîner un nouveau retard dans la mise en service – normalement prévue tout début 2019 – de ce qui devait être le fleuron du nucléaire français. Après la robustesse de l’acier de la cuve du réacteur, c’est la qualité de sa tuyauterie qui est cette fois en question : «EDF a détecté des écarts de qualité dans la réalisation des soudures sur les tuyauteries du circuit secondaire principal de l’EPR de Flamanville» et va devoir lancer «des contrôles additionnels sur les 150 soudures concernées», a indiqué l’entreprise dans un communiqué circonstancié.
Quel gaspillage d'argent public ! Il aurait été plus utile de l'investir dans les Hôpitaux, les EHPAD, La justice, les universités, la SNCF, la SECU .......
Publié le 13 Avril 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansEnvironnement, Nucléaire
EDF vient de présenter en conseil d’administration sa stratégie énergétique long terme. Alors que le coût du solaire et de l’éolien baisse chaque année – il est déjà moitié moins cher que le nouveau nucléaire -, que la Belgique confirme sa sortie du nucléaire en 2025 et que le Portugal a couvert en mars plus de 100 % de ses besoins en électricité par des sources renouvelables, EDF défie son actionnaire principal, l’Etat, et s’entête dans le tout nucléaire. Le groupe confirme ne pas avoir l’intention de fermer de réacteur nucléaire, hormis ceux de Fessenheim, avant 2029, mettant en péril sa rentabilité et sa viabilité avec des surplus d’électricité qui vont faire chuter les prix de vente pour les producteurs. Par cet entêtement il met également en péril les emplois des filières des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique et risque d’accentuer le retard de la France dans ces activités d’avenir. Alternatives économiques Anne Bringault Membre du réseau pour la transition énergétique et du réseau action climat 12/04/2018
L’Etat a démontré son incapacité à faire évoluer EDF
Depuis plus de 10 ans, l’Etat a démontré son incapacité à faire évoluer le groupe EDF. Déjà en 2007, le Grenelle de l’environnement, avec son modèle original de concertation entre collèges d’acteurs, avait permis de sortir du dialogue fermé avec quelques lobbies défendant leur pré carré et de donner un cap vers un futur davantage orienté vers l’intérêt général. Son engagement n° 62 marquait un tournant : « Les programmes de maîtrise de la demande d’énergie et de développement des énergies renouvelables entraîneront une baisse mécanique de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique français ». Face au risque de « l’effet falaise », avec la fin de vie en même temps de nombreux réacteurs nucléaires construits à la même époque, la loi sur la transition énergétique a fixé un cap à la baisse du nucléaire avec 50 % de la production d’électricité à l’horizon 2025. Elle a ainsi a donné une nouvelle ambition pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.
Une faillite annoncée
Mais EDF ne l’entend pas de cette oreille. En difficultés financières avec une dette qui a quasiment triplé en dix ans, un excédent brut d’exploitation au plus bas depuis 2006 et un mur d’investissements à venir de près de 160 milliards d’euros sur dix ans1, l’entreprise s’entête dans une stratégie suicidaire : prolonger le plus possible les réacteurs nucléaires. Il n’y a pas de débouchés pour cette production d’électricité alors que la consommation décroît en France depuis plusieurs années et que les renouvelables se développent ? EDF invente le mythe des exportations massives vers les pays voisins !
EDF s’entête dans une stratégie suicidaire : prolonger le plus possible les réacteurs nucléaires
Ces pays n’envisagent pas d’importer cette électricité, d’où un risque de surcapacité en France qui entraînerait un effondrement du prix de marché de l’électricité mettant en péril la rentabilité des producteurs d’électricité, en premier lieu EDF2 ? Pas de souci, l’Etat renflouera EDF qu’il ne peut pas laisser s’écrouler. Les contribuables paieront. EDF va même jusqu’à proposer la construction de trois nouveaux EPR, ces réacteurs nouvelle génération qui font régulièrement parler d’eux par des défauts de fabrication et des coûts et délais sans cesse croissants.
Nous n’avons pas besoin d’EPR produisant une électricité deux fois plus chère que celle d’origine renouvelable. L’enjeu n’est pas là, l’objectif est seulement d’avoir des « EPR-témoins » pour tenter d’en exporter vers des pays émergents. L’argent serait mieux investi dans des solutions moins coûteuses et plus rapides à mettre en œuvre comme l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables ? Oui, mais EDF serait alors face à des concurrents qui ont déjà pris de l’avance sur ces marchés et le groupe s’engage à commencer à investir dans le solaire en France… mais seulement en 2020.
Schizophrénie gouvernementale
Que répond le gouvernement ? Tiraillé entre son rôle de pilote de la transition vers un modèle énergétique d’avenir et celui d’actionnaire majoritaire d’EDF, il semble incapable de parler d’une voix forte et unique et propose, comme ses prédécesseurs, de reporter à plus tard les décisions. Emmanuel Macron se fait pourtant l’avocat de la modernité en déclarant : « Ne pas freiner le changement car il est en marche (…) mais essayer d’être à l’avant-garde de ce changement (…). Le changement peut détruire des emplois à très court terme, mais en créer parallèlement de nouveaux dans d’autres secteurs. » Beau discours… malheureusement contredit dans les faits.
Le ministère de la transition écologique et solidaire a déjà fait son choix sur le nucléaire
Le ministère de la Transition écologique et solidaire a ainsi déjà fait son choix sur le nucléaire, sans même avoir précisé ses orientations en matière d’évolution de la consommation d’énergie ou de développement des énergies renouvelables : dans le dossier qu’il a remis au débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie, il précise que le gouvernement sera à l’écoute des retours du public sur les variantes des scénarios de RTE appelés « Volt » et « Ampère », ceux qui prévoient le moins de fermetures de réacteurs nucléaires (seulement 9 ou 16 réacteurs fermés sur les 58 actuels d’ici 2035) et des exportations massives d’électricité équivalentes à la production de 20 réacteurs nucléaires.
Les Français préfèrent les renouvelables au nucléaire
Les Français sont pourtant clairs. Selon un récent sondage BVA, ils sont très majoritairement favorables à des sources d’électricité renouvelables (à 90 % au solaire et à 84 % à l’éolien par exemple), mais en revanche défavorables au nucléaire à 57 %. Prolonger des réacteurs nucléaires, avec les risques et déchets associés, uniquement pour exporter hypothétiquement de l’électricité vers des pays voisins n’est donc pas une option acceptable. D’autant que les difficultés à exporter notre surplus d’électricité nous amèneraient à freiner le développement des énergies renouvelables et les économies d’énergie, investissement pourtant les plus utiles et sans regret.
Le gouvernement ne peut pas laisser EDF ramener la France en arrière
Alors que le débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est en cours, le gouvernement ne peut pas rester sourd aux attentes des Français et laisser EDF ramener la France une décennie en arrière. La baisse de la puissance nucléaire installée est inéluctable pour laisser la place aux alternatives plus durables et plus compétitives comme les énergies renouvelables.
Elle devra être actée dans la PPE dès 2023 avec une trajectoire chiffrée pour éviter des investissements inutiles dans la prolongation de réacteurs amenés à être fermés prochainement. Elle devra aussi préciser les moyens d’engager cette baisse du nucléaire comme une fiscalité sur le combustible nucléaire, ce qui permettra par ailleurs de dégager des moyens financiers pour accompagner les salariés et les territoires concernés par les fermetures de réacteurs vers des activités d’avenir. Alors que la Chine et l’Inde prennent le leadership dans les énergies renouvelables, la France d’Emmanuel Macron va-t-elle aggraver son retard en regardant sans cesse avec nostalgie vers son passé ?
1.Investissements entre 2018 et 2027 pour Hinkley Point, grand Carénage, Plan Cap 2030, EPR de Flamanville, réseau, gestion des actifs à l’étranger, plan solaire.
Publié le 11 Avril 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansAnnonces
Avec ses hauts, ses bas, sa tendresse, son humour, et sa virulence, Jean-Luc Mélenchon est un vrai personnage de film. Qu'il soit haï ou adulé, il ne laisse personne indifférent. Sa campagne présidentielle de 2017 n'a ressemblé à aucune autre dans le paysage politique contemporain. C'est durant ces moments intenses de sa vie, et de celle de la France, que Gilles Perret l'a accompagné au plus près. Une période propice à la découverte des côtés moins connus d'un homme indissociable de sa pensée politique
Publié le 10 Avril 2018
par Alternative Citoyenne de la Manche
dansMonarchie Jupitérienne
“Nous espérons que les choses se passeront du mieux possible”, a déclaré Gérard Collomb sur Europe 1, ce lundi 9 avril. Si 2500 gendarmes ont été déployés pour évacuer les occupants “les plus radicaux” de la ZAD, il assure que le gouvernement a toutefois donné des “consignes de retenue”.
Malgré cela, plusieurs affrontements entre les forces de gendarmerie et les zadistes ont éclaté. Les média interdites !