Une réforme scolaire décidée par le gouvernement.
Des enseignants qui s’insurgent, protestent, manifestent…
Une campagne de presse pour se lamenter du conservatisme de ces mêmes enseignants – plus soucieux de maintenir l’existant que de l’intérêt des élèves et de l’avenir de la société - , et dénonçant le corporatisme indécrottable de leurs organisations syndicales.
Des parents qui s’interrogent et s’inquiètent.
Et un pouvoir qui s’arc-boute : sa réforme est nécessairement bonne, donc elle s’appliquera !
L’observateur lointain dira : « Comme d’habitude ! Des enseignants, qu’on sait politisés à gauche, s’opposent au pouvoir… »
Pourtant le ministre est Vincent Peilllon, pédagogue averti et homme de concertation, le gouvernement est socialiste, et sa priorité est la refondation de l’école : 60 000 postes promis au nom d’une volonté de réussite de tous les élèves… De plus, la réforme des rythmes scolaires, élément clé de toute la politique de Vincent Peillon, risque d’être bloquée, alors que tout le monde est d’accord pour réinstaurer la semaine de 4,5 jours et alléger la durée de l’enseignement quotidien. Alors grand désarroi dans les rangs : où est le problème ? Les professeurs sont-ils devenus fous ?
Ce n’est sans doute pas l’explication. Ces professeurs constatent que s’ils vont travailler le mercredi matin (le samedi matin, autre possibilité, étant cantonné à d’éventuelles dérogations), elles/ils ne quitteront pas l’école plus tôt dans la journée, que la pause du midi va être parfois allongée pour assurer les heures de soutien. Le ministre a beau dire que les enseignants ne sont pas soucieux de voir améliorer leur salaire, ce n’est pas une raison pour, en l’absence de toute « compensation » (conditions de travail, temps de travail, salaire), accepter sans broncher un alourdissement de la charge de travail et une dégradation des conditions de son exercice. Ils et elles voient également le poids prépondérant que vont prendre les élus locaux dans l’organisation de la semaine scolaire.
Elles et ils considèrent qu’aujourd’hui les urgences dans les écoles, c’est de diminuer le nombre d’élèves par classe, de disposer de temps pour se réunir, pour rencontrer les parents… C’est aussi la réforme des programmes, la suppression de l’aide personnalisée, l’amélioration de l’accueil des élèves handicapés, le rétablissement des RASED…
En fait, dans une société qui généralise la désorganisation des horaires de travail des parents, toute réforme des rythmes scolaires se heurte à un problème majeur : l’adaptation des conditions de vie des enfants à celles de la société (aujourd’hui la plupart des élèves “subissent” 9 h 30 en collectivité par jour, soit 38 h /semaine, sans compter les centres de loisirs du mercredi)…
Quant aux collectivités locales, si elles rechignent et tergiversent à donner leur accord, c’est qu’elles voient que les moyens n’existent pas pour fournir le personnel d’encadrement des activités périscolaires, organiser les transports, l’entretien des locaux… Toutes choses qui vont aggraver l’inégalité entre communes et territoires.
Certes, Paris a décidé d’appliquer la réforme dès 2013. 8 500 professeurs et 200 000 élèves concernés (soit la moitié de ceux dont les villes ont annoncé l’application de la réforme dès 2013). Ce qui autorise Bertrand Delanoé, maire de Paris, à ne pas recevoir les enseignants parisiens, les premiers à s’être mobilisés massivement contre une réforme qui est annoncée devoir les assommer dès la prochaine rentrée.
Chers responsables socialistes, n’auriez-vous pas oublié qu’il ne serait pas totalement contraire aux valeurs que vous revendiquez (pour ne pas évoquer le simple bon sens) qu’en matière d’éducation il n’est pas inutile d’écouter celles et ceux qui sont en charge de cette mission, au plus près des élèves, en relation directe avec les parents, bref en proximité de la réalité ?
Ce week-end on pensait avoir tout vu, tout entendu en matière de mensonges, de calomnies et diffamations. Jean Quatremer accusait, sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon et l’ensemble du Parti de Gauche d’antisémitisme.
Détourner des slogans et affiches à la gauche progressiste de mai 68 à nos jours, pour faire défiler des catholiques, des militants UMP et Front National dans un vaste flou des messages, la « manif pour tous » de ce jour n’est plus un simple baroud d’honneur, c’est un grand n'importe quoi politique.
vu sur le site de l'Humanité.fr
Épilogue de l’affaire Baby-Loup, la Cour de cassation vient de casser la décision de la Cour d’Appel de Versailles qui avait validé le licenciement d’une salariée de cette crèche privée refusant d’ôter son voile musulman. Selon la Cour, il s’agit d’une discrimination religieuse, « le principe de laïcité et de neutralité », invoqué par les statuts de Baby-Loup, ne s’appliquant que dans les services publics, pas dans les entreprises ou associations privées.
Extraits de la revue de presse de LULU du 21 mars sur Regards.fr