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L'Alternative Citoyenne de la Manche s'inscrit dans une démarche politique nouvelle. Elle se fixe comme objectif de faire en sorte que la Gauche gagne et réussisse

Effondrement du système bancaire: le compte à rebours vient de commencer.

Publié le 20 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Austérité et dictature financière

 

vu sur le site "à gauche pour de vrai ! "

dominos-banques-crise-capitalisme.jpg

Le métier principal de la banque est de prêter de l’argent qu’elle n’a pas. Alors, pour attirer à elle les fonds qu’elle louera à des emprunteurs, sous forme de loyers avec intérêts, elle rémunère les dépôts des épargnants. Il ne lui est pas nécessaire de disposer en fond propre l’équivalent de ce qu’elle prête. Car elle met dans la balance les loyers qu’elle perçoit sous forme de remboursement d’emprunts de ses débiteurs, pour rassurer ses créanciers. L’équilibre est donc précaire et tient aussi longtemps qu’elle donne le sentiment de disposer de plus d’argent qu’elle n’en prête, même si cette balance est purement virtuelle. Si bien que lorsqu’elle est dans l’incapacité de démontrer que ses revenus couvrent les prêts qu’elle a consentis, le système vacille.

 

En 2008, les principales banques spéculatives américaines avaient abondamment prêté à des débiteurs qui ne pouvaient plus honorer leurs crédits, en particulier immobiliers. Paulson, chef du trésor américain de l’administration Bush et ancien patron de Goldman Sachs, a donc imaginé et mis en place un plan pour empêcher l’écroulement du système. Les états ont renfloué le système bancaire par milliards de milliards afin de remettre à niveau l’équilibre fragile de la balance virtuelle du système bancaire mondial. Mais le système a impérativement besoin de l’épargne “populaire”, car cette épargne est l’une des composantes essentielles de la garantie offerte aux créanciers des banques. C’est pourquoi, pour vendre le plan Paulson aux opinions publiques, il a été promis aux épargnants que leurs économies d’une vie de travail ne seraient pas affectées, mieux, qu’elles étaient garanties à hauteur de 100 000 € par épargnant. Car il était hors de questions que ces derniers retirent leur argent du système financier au risque de le voir totalement s’écrouler.

 

Mais le rêve absolu de la finance est de ne plus à avoir à rémunérer l’épargne. Ce qui lui permettrait d’accroître considérablement ses profits. C’est d’ailleurs d’ores et déjà le cas depuis quelques décennies. Le taux de rémunération de l’épargne tourne autour de 2%. Le taux d’intérêts des prêts avoisine les 3,5% et l’inflation est inférieure à 2%. Si bien que le taux d’intérêt réel est de + 1,5% en faveur des banques. Dans les années 70, le taux d’intérêt était proche des 10%. La rémunération de l’épargne quelque part autour de 8 et surtout, l’inflation taquinait les 12%. Si bien que le taux d’intérêt réel était favorable à l’épargnant car le coût de ses crédits diminuait de 4% chaque année. On l’aura compris, la “lutte contre l’inflation”, qu’a imposé partout dans le monde le courant néo libéral monétariste de l’école de Chicago à la fin des années 70, dont Paulson est un des héritiers, n’avait d’autre objectif que d’accroître la rémunération spéculative, c’est à dire le coût de l’argent sur les marchés en fabriquant de la dette. On commence à comprendre pourquoi, depuis le début des années 80, la machine économique réelle est grippée et pourquoi la machine financière s’emballe.

 

L’étape suivante consistait finalement à faire payer l’épargne plutôt que de la rémunérer. Et c’est désormais chose faite. Car depuis ce lundi 18 mars 2013, les épargnants chypriotes devront payer entre 6,75 et 10% du montant de leurs dépôts en banque. Ce précédent majeur brise tous les tabous que le plan Paulson de 2008 était sensé dissimuler. L’épargne populaire n’est plus garantie et elle finance désormais directement les exigences de rendements des fonds spéculatifs. Le seul mérite de ce hold-up incroyable est la franchise. Son inconvénient: il rend payant l’épargne de manière visible et non plus déguisée.

 

La suite logique de cet incroyable hold-up sera un retrait massif des épargnants du système bancaire. Et pas seulement à Nicosie. Car selon la thèse des avantages comparatifs des libéraux, mieux vaudra rembourrer son matelas de billets réels que de laisser en banque une épargne “payante”. Or, sans l’épargne populaire, les banques sont condamnées à une mort rapide car incapables de garantir leurs débits auprès de leurs créanciers avides. Or, Chypre fait partie de l’Union Européenne. Or, Chypre est intégrée à la zone Euro. Voilà pourquoi les bourses européennes s’affolent, dévissent, voient rouge. Tout simplement parce que l’effet “dominos” est déjà en marche.

 

      

NATIXIS                                                          -1.61%                3.23€

CREDIT AGRICOLE                                         -3.45%                6.94€

SOCIETE GENERALE                                      -4.39%              28.66€

BNP PARIBAS                                                -3.55%              42.43€

                       

 

Comme en 2008, le pari de la finance est de miser sur les états pompiers. A une différence de taille. Les épargnants sont directement mis à contribution sans passer par des mécanismes complexes et incompréhensibles comme le MES ou autre TSCG. On touche directement au porte monnaie de l’Européen, on se sert dedans et pas qu’un peu. Car, jusque là, on lui demandait de payer pour obtenir un prêt. Maintenant on lui demande de payer pour prêter son argent à sa banque. En 2008, l’épargnant risquait de perdre son épargne. Alors il s’est résigné aux promesses de sauvetage. En 2013 on lui promet de voler son épargne pour rémunérer la finance mondiale. Et quand on n’a plus rien à perdre…

Sydne93

 

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Allocations familiales : un droit universel à étendre

Publié le 19 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Vu sur le Web

Vu su regards.fr par Benoît Borrits 20 février 2013

Sous couvert de lutte contre le déficit, le gouvernement cherche à remettre en cause le caractère de droit universel des Allocations familiales. Derrière un débat apparemment technique et comptable se cache le type de société que nous voulons.

 

alloc famL’affaire semble entendue : la branche famille de la Sécurité sociale aura en 2013 un déficit de l’ordre de 2,6 milliards d’euros pour environ 80 milliards de budget et si rien n’est fait, ce déficit continuera et la situation deviendra insoutenable. A la fin du mois de janvier, le gouvernement a mandaté Bernard Fragonard, président délégué du Haut Conseil de la famille, pour faire des propositions de réforme de cette branche. Celui-ci devra présenter « plusieurs scénarios pour engager, avec un infléchissement significatif dès 2014, une trajectoire de retour à l’équilibre financier de la branche s’achevant au plus tard en 2016. »

Il faudrait cependant trouver plus de 2,6 milliards d’économies, car le gouvernement veut aussi engager des dépenses nouvelles, qui sont rappelées dans la lettre de mission : lutte contre la pauvreté des enfants, nouvelles places en crèche, etc. Cette lettre précise aussi que « les dépenses fiscales qui ont pour objet de prendre en compte les charges de famille » seront intégrées dans la réflexion, faisant clairement référence au quotient familial, dont le plafonnement a été abaissé dans le budget 2013. Des propositions devront être faites avant la fin du mois de mars pour que des « décisions puissent être prises au printemps ».

Avant la sortie de ce rapport, Didier Migaud, Premier président de la Cour des Comptes a évoqué l’idée de fiscaliser les Allocations familiales. Cette prestation est la seule de la branche famille de la Sécurité sociale a avoir un caractère universel : elle est versée à toute famille composée au minimum de deux enfants quel que soit le niveau de revenu. C’est un des éléments de la politique familiale de la France qui pourrait expliquer, entre autres, le dynamisme de sa démographie comparée à celle de ses voisins. En 2009, la DRESS avait évalué à 800 millions d’euros, l’effet d’une fiscalisation de ces revenus : ce n’est qu’une petite partie de ce que recherche le gouvernement. Mais la sortie de Didier Migaud, par ailleurs membre du PS, a sans doute un objectif bien précis : préparer l’opinion à une remise en cause du caractère universel de cette prestation. Il est même possible que ce qui sortira du chapeau de Bernard Fragonard ira au-delà de la simple fiscalisation des allocations familiales tant les sommes à trouver sont significatives : celles-ci pourraient être soumises à condition de ressources.

A l’appui de cette évolution, le discours se veut « gauche » : pourquoi accorder des allocations familiales à des ménages riches qui n’en ont pas besoin ? D’autant que cela s’accompagnerait d’une revalorisation éventuelle d’autres prestations pour des ménages à bas revenus. Derrière cette façade, ce qui se joue ici est la conception générale de la sécurité sociale : un socle de droits sociaux conférés à tous ou un filet de sécurité pour les laissés-pour-compte du libéralisme. Derrière cette question se profile le choix de société que nous voulons : une société dans laquelle une partie significative des revenus sont distribuées en fonction des besoins ou une société dans laquelle le marché détermine la distribution des revenus, une redistribution a posteriori, mais contestée en permanence, étant là pour la rendre « supportable » aux perdants...

Cela fait plusieurs fois que droite comme gauche au gouvernement cherchent à remettre en cause le caractère universel des allocations familiales. En 1987, Raymond Barre ouvrait la voie. En 1996, Alain Juppé a dû reculer sur un projet de fiscalisation de celles-ci. En juin 1997, Lionel Jospin annonçait que les allocations familiales allaient être mises sous conditions de ressources inférieures à 25 000 francs (3 900 euros) par foyer. En 1998, le plafonnement se mettra en place avec un plafond plus élevé - 32 000 francs (4 900 euros) – avant son abandon en 1999. Plus tard, Bruno Le Maire réclamait la fiscalisation alors que Xavier Bertrand demandait que les allocations soient supprimées pour les plus aisés.

Les allocations familiales sont un droit universel qu’il convient de défendre et même d’étendre. L’argument que les riches ne devraient pas en bénéficier nous amène à une conception restrictive de la sécurité sociale qui la limite à un rôle de filet social pour les plus pauvres. S’il est effectivement indispensable que les régimes de sécurité sociale soient à l’équilibre, une façon simple d’y pourvoir consisterait à augmenter les cotisations sociales de la branche famille à la charge exclusive des entreprises. Ce serait une façon directe de réduire les profit des entreprises et de faire ainsi payer les plus riches. Mais cela va à l’encontre de la politique d’un gouvernement qui a mis en place le Crédit d’Impôt Compétitivité aux bénéfices des entreprises.

"une façon simple d’y pourvoir consisterait à augmenter les cotisations sociales de la branche famille à la charge exclusive des entreprises." Une autre façon serait d’augmenter les salaires, et surtout de diminuer le chômage. Tout rentrerait dans le rang, y compris les impôts. La seule façon de faire est la croissance. Ce que démontre, mon bouquin qui vient de sortir "En finir avec les crises et le chômage" (Edilivre.com)

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La troïka fait les poches des citoyens de Chypre

Publié le 18 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Vu sur le Web

Vu sur le site l’Humanité.fr

Le Parlement de Chypre votera demain lundi le plan d’aide européen. En échange de 10 milliards d’euros de prêt, Nicosie doit instaurer une taxe sur les dépôts bancaires. C’est la première conséquence du retour de la droite au pouvoir.

 

chypreL’Union européenne (UE) instaure un impôt sur le patrimoine… des Chypriotes modestes. Tous les comptes en banque des résidents à Chypre devraient être taxés. À 6,75 % pour les dépôts inférieurs à 100 000 euros. À 9,9 % au-delà. Ces mesures, si elles sont validées lundi 18 mars par le Parlement, pourraient être la conséquence de l’accord trouvé dans la nuit de vendredi à samedi entre les ministres de l’Économie de la zone euro (Eurogroupe), en coordination avec le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

Elles sont la contrepartie exigée par les Européens pour que Chypre obtienne 10 milliards d’euros de prêt. Bien moins que les 17 milliards d’euros attendus par Nicosie. Ce prélèvement sur les comptes bancaire devrait rapporter 5,8 milliards d’euros : autant de moins à verser pour les fonds de secours européens.

Par ailleurs, un prélèvement à la source sur les intérêts sera réalisé. Selon le ministre des Finances, Michalis Sarris, les taxes sur le capital et les intérêts des dépôts seraient compensées par la distribution d’actions… Alors que le système bancaire chypriote, vérolé, doit être restructuré.

Car, c’est de ce dernier que vient le problème. Ses avoirs pèsent huit fois le PIB de Chypre. Les banques de l’île possédaient nombre de titres de dette grecque. Or une partie de cette dette a été annulée. Nicosie est victime de cet effacement. La dépréciation des bons du Trésor hellène représente 4,5 milliards d’euros pour les banques chypriotes, aujourd’hui en crise et qui se retournent maintenant vers l’État. S’il laisse une banque faire faillite, celui-ci aura à garantir les dépôts à hauteur de 100 000 euros pour respecter les directives européennes. Cela pousserait le pays à une quasi-faillite. 

« J’ai travaillé des années pour mettre cet argent de côté et maintenant, je le perds parce que les Néerlandais et les Allemands en ont décidé ainsi. Cela ne touche pas les Russes », se plaignait Andy Georgiou, samedi. 37 % des sommes déposées à Chypre le sont par des non-résidents, notamment russes.

« C’est du vol ! » confiait à l’AFP, Kyriakos, un trentenaire, samedi, qui, comme des dizaines d’autres Chypriotes, retirait de l’argent de son compte. Le Parlement doit voter l’accord avant l’ouverture des banques, mardi. Sinon, leurs coffres vont se vider.

Le Parlement devait examiner le texte dès aujourd'hui, mais le débat a été repoussé à demain lundi.

Élu président de la République le 24 février, face au candidat soutenu par les communistes, Stavros Malas (42,52 %), Nicos Anastasiades (57,48 %) n’a pas de majorité au Parlement, renouvelé en 2011. Son Rassemblement démocratique (Disy), centriste, ne dispose que de 20 des 56 sièges à la Vouli. Il aura besoin de l’apport des neuf voix du parti de droite Diko, qui examine encore les détails de l’accord.

Ce racket des épargnants chypriotes est la première conséquence de la perte de la présidence de la République par les communistes d’Akel qui comptent 19 députés dans leurs rangs. Le prédécesseur d’Anastasiades, Dimitris Christofias, qui ne s’était pas représenté, était pudiquement qualifié d’« obstacle politique » par les fonctionnaires européens. Le président communiste refusait un mémorandum à la grecque, qui aurait amené à la privatisations des entreprises publiques.

Gaël De Santis

 

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Les Pieux : Théâtre citoyen le 19 mars

Publié le 15 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Nucléaire

Avenir radieux,

Une fission française

De / par Nicolas Lambert

 

Un spectacle d’utilité publique à voir de toutes urgence, c’est du vrai théâtre, documentaire et citoyen. France culture, 23 11 2011 Léna Martinelli

 

 

Mardi 19 mars 2013

20h30 (ouverture à 20h)

 

Les Pieux

 

Espace culturel

 

Allée de la fosse

 

Tarif : 12€ (10€ si réservation)

Gratuit pour les scolaires jusqu’à16 ans

 

Réservez dès maintenant

 

02 33 52 45 59            Paulette ANGER

02 33 07 74 23  Christiane DURCHON

 

 

 

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Encore un peu plus de 4 ans à faire semblant !

Publié le 15 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Enfumage

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8 Mars : Journée internationale de la femme

Publié le 8 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Liberté - Egalité - Fraternité

vu sur le site de Wikipédia

8womenday.jpg 

« Le 8 mars : un jour de rébellion des

 femmes travailleuses contre l'esclavage

 de la cuisine » (affiche soviétique de 1932)

 

La journée internationale de la femme, ou journée internationale des droits des femmes, est célébrée le 8 mars. Elle trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du xxe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant l'égalité des droits, de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Elle a été officialisée par les Nations unies en 1977, invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes.

La journée de la femme fait partie des 87 journées internationales initiées ou reconnues par l'ONU. C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de revendiquer l'égalité et de faire un bilan sur la situation des femmes dans la société. Traditionnellement les groupes et associations de femmes militantes préparent des manifestations partout dans le monde, pour faire aboutir leurs revendications, améliorer la condition féminine, fêter les victoires et les avancées.

Historique

En France, une légende veut que l’origine du 8 mars remonte à une manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n’a en réalité jamais eu lieu (aucun journal américain ne le relatant). Ce mythe est né en 1955 dans L'Humanité qui relate une manifestation de couturières new-yorkaises. Cette information est relayée chaque année par la presse militante du PCF, de la CGT et celle des « groupes femmes » du Mouvement de libération des femmes, puis reprise par les quotidiens nationaux. Il s'agit d'un clin d’œil des féministes américaines qui, dans les années 1950, veulent à la fois intégrer cette journée dans le contexte américain et rendre un hommage à Clara Zetkin, 1857 étant son année de naissance.

 

Selon l'hypothèse de l'historienne Françoise Picq, l'initiative en revient à Madeleine Colin, féministe et secrétaire confédérale de la CGT : la commémoration étant depuis son origine encadrée par le PCF et ses organisations satellites, elle souhaite l'affranchir de cette tutelle communiste pour en faire la lutte des femmes travailleuses. L’origine de cette journée s’ancre donc bel et bien dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du xxe siècle.

 

Par contre un événement historique s'est produit le 25 mars 19115 dans l'usine textile Triangle Shirtwaist de New York. Dans cette usine il y avait eu des grèves et des répressions en 1909, deux ans avant la tragédie où 146 personnes, la plupart des jeunes femmes d'origine italienne et juive de l'Europe de l'Est, y compris des filles de 12-13 ans, sont mortes à cause de l'incendie de l'usine, enfermées par les patrons, Max Blank et Isaac Harris, qui s'en sortirent en dédommageant 23 familles endeuillées de 75 $.

Cette histoire, officiellement rappelée par la ville de New York et par l'ONU, bien qu'elle ne soit pas à l'origine de la naissance de la journée internationale de la femme, fait partie des épisodes les plus tragiques d'exploitation des femmes ; c'est pourquoi elle a été citée ou commémorée dans les journées internationales des femmes, où l'on se réfère encore à la mémoire historique des luttes des femmes et du mouvement ouvrier international.

 

Une naissance dans la mouvance révolutionnaire et socialiste

En 1910, à Copenhague, lors de la deuxième conférence de l'Internationale socialiste des femmes, l'idée d'une « Journée internationale des femmes » est adoptée, sur une proposition de Clara Zetkin, représentante du Parti socialiste d'Allemagne, sans qu'une date soit avancée. Cette journée mondiale de manifestations s’inscrivait alors dans une perspective socialisteinternationaliste et révolutionnaire. Selon Françoise Picq, Clara Zetkin aurait souhaité aussi contrecarrer l'influence des « féministes de la bourgeoisie » sur les femmes du peuple.

Dès 1911, des manifestations sont organisées en Autriche-Hongrie, au Danemark, en Suisse, en Allemagne, puis les années suivantes en France, aux Pays-Bas, en Russie et en Suède. En mars 1911, un million de femmes manifestent en Europe. Le 8 mars 1913, des femmes russes organisent des rassemblements. Le 8 mars 1914, les femmes réclament le droit de vote en Allemagne. Le 8 mars 1915, à Oslo, des femmes défendent leurs droits et réclament la paix.

En Russie, la révolution de Février commence le 8 mars 1917 (le 23 février du calendrier julien alors en vigueur). À Saint-Pétersbourg, des ouvrières manifestent contre la vie chère : le pain d'un demi-kilogramme est passé de trois kopeks en 1913 à dix-huit kopeks. Pacifistes, elles réclament aussi le retour de leurs maris partis au front. Les événements s’enchaînant, le tsar Nicolas II abdique une semaine après, le 15 mars.

386px-Frauentag 1914 Heraus mit dem Frauenwahlrecht 

Poster allemand de 1914.

 

Ce qui aurait pu être le « quatorze juillet russe » et une commémoration de la Révolution, est décrété, le 8 mars 1921, par Lénine « journée internationale des femmes » . Lénine est contre le « féminisme » qu’il considère comme une survivance de la bourgeoisie, mais il ne cesse de rappeler l’égalité des hommes et des femmes, comme condition nécessaire du projet communiste. Ce qui est visé par le léninisme, n’est pas l’émancipation d’un groupe d’individus mais celle de toutes et de tous sans conditions et sans distinction de sexe, de race ou de condition sociale.

En 1924, la journée est célébrée en Chine.

En 1946, les pays de l'Est qui viennent de passer sous la coupe soviétique célèbrent la journée des droits des femmes. La « greffe » de cette commémoration russe passe souvent par la propagande. La radio tchécoslovaque décrit alors, avec emphase, pour les citoyens tchécoslovaques, à quoi ressemble la journée des droits des femmes à Moscou : « des avions apportent quotidiennement du mimosa, des violettes et des roses du Caucase et de Crimée […]. Les usines ont réservé des théâtres entiers uniquement pour leurs ouvrières. Les femmes sont des millions et des millions d’hommes, de pères, d’amants et de collègues de travail les couvrent de fleurs - littéralement - parce que la femme socialiste célèbre aujourd’hui sa fête, la fête de son émancipation. »

 

Internationalisation et officialisation à l’Ouest

En Occident, c’est une autre image de la femme et une autre façon de la célébrer qui a la cote : la fête des Mères y est le pendant « bourgeois » (pour utiliser un adjectif péjoratif utilisé entre autres par les communistes) de la journée internationale des droits des femmes. Elle naît à peu près en même temps, pour être adoptée aux États-Unis en 1908, en Angleterre en 1914, en France en 1929. C’est à l’aune de la guerre froide idéologique entre l'Est communiste et l’Ouest libéral qu’il faut voir la réappropriation américaine - qui date des années 1950 - du début historique de la journée des droits des femmes qui traverse opportunément l'Atlantique et gagne en antériorité pour désormais trouver sa source dans une grève à New York en 1857.

Le 8 mars 1947Léon Blum salue la place importante des femmes dans la Résistance. Dans les années 1960, les avancées du féminisme et la révolution sexuelle aidant, l’image des femmes change à l’Ouest, la journée de Droits des Femmes plutôt que celle de la Mère fait son chemin et rend largement acceptable, en dehors de la sphère communiste, la célébration de l’égalité des droits hommes-femmes. En 1971, La journée est célébrée au Québec. Le 8 mars 1977, l’Organisation des Nations unies adopte une résolution enjoignant ses pays membres à célébrer une « Journée des Nations unies pour les droits de la femme et la paix internationale » plus communément appelée par l'ONU « Journée internationale de la femme ». Le passage du pluriel au singulier est révélateur des divergences entre la conception socialiste-féministe et la conception onusienne. En faisant disparaître les femmes en tant que groupe social au profit de la femme comme genre, l'organisation internationale tente de gommer la dimension conflictuelle de l'événement d'origine. Le 8 mars 1982, le gouvernement socialiste de François Mitterrand donne un statut officiel à la journée en France.

 

Thèmes des Journées
Journée 2010

Donner la parole aux femmes déplacées

À l'occasion de la Journée internationale des femmes 2010, le Comité international de la Croix-Rouge met l’accent sur les épreuves endurées par les femmes déplacées. Les déplacements de population comptent parmi les conséquences les plus graves des conflits armés actuels. Ils touchent les femmes par bien des aspects. Mais loin d'être des victimes impuissantes, les femmes sont ingénieuses, résistantes et courageuses face aux épreuves.

Les femmes déplacées par un conflit armé — qui vivent souvent seules avec leurs enfants — sont fréquemment victimes de violences sexuelles, de discrimination et d’intimidations. Elles sont nombreuses à souffrir en outre de la pauvreté et de l’exclusion sociale. C'est pourquoi le droit international humanitaire comprend des dispositions qui protègent spécifiquement les femmes, par exemple lorsque celles-ci sont enceintes ou ont des enfants en bas âge.

Journée 2011

À l'occasion de la Journée internationale des femmes 2011, le Comité international de la Croix-Rouge a appelé les États et les autres entités à ne pas relâcher leurs efforts visant à empêcher les viols et les autres formes de violence sexuelle qui, chaque année, portent atteinte à la vie et à la dignité d’innombrables femmes dans les zones de conflit du monde entier.

Journée 2012

À l’occasion de la Journée internationale de la femme 2012, le Comité international de la Croix-Rouge lance un appel à de nouvelles actions visant à aider les femmes dont un proche est porté disparu, afin de leur permettre de retrouver dignité et espoir. Les personnes qui disparaissent dans le cadre d’un conflit armé sont dans leur grande majorité des hommes. Au-delà de l’angoisse dans laquelle les mères, épouses et les autres femmes membres de la famille vivent du fait qu’elles ignorent ce qu’il est advenu de leur mari, de leur fils ou d’un autre membre de la famille, les femmes et les jeunes filles qui sont dans cette situation sont souvent confrontées à des difficultés pratiques accablantes. Le CICR rappelle que les parties à un conflit sont responsables de rechercher les personnes portées disparues et d’informer les familles.

 

Particularités locales

Au Burkina Faso, au Cambodge, en Algérie (la demi-journée est accordée aux femmes actives toutefois cette pratique a tendance à se perdre), au Laos, en Russie, en Ukraine, en Moldavie, en Azerbaïdjan, en Arménie, en Ouzbékistan, au Kirghizistan et en Biélorussie, la Journée internationale de la femme est décrétée jour férié. Ce jour-là on fête toutes les femmes en leur envoyant cartes postales spéciales, fleurs et en leur téléphonant pour leur souhaiter une bonne fête.

En Tunisie, le 13 août, c’est la fête des femmes. Cette date est capitale puisqu’elle correspond à l’anniversaire du Code du statut personnel (CSP), promulgué le 13 août 1956, soit un an avant la proclamation de la République, et juste quelques mois après l'indépendance. La journée du 13 août est aussi décrétée jour férié.

Perçue plus comme une survivance communiste que comme une véritable émanation du mouvement féministe, la journée de la femme est abolie, en tant que jour férié, en République tchèque, en 2008, sans que la société civile, ni les associations féministes ne réagissent. Seul le Parti communiste de Bohême et Moravie a exprimé son opposition au projet de loi.

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Cherbourg le 15 mars : Meeting Front de gauche

Publié le 7 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Front de gauche

meeting-1.jpg

Attention : changement de lieu : 

grand salon de la mairie de Cherbourg

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Mélenchon : "Chavez, c'est l'idéal inépuisable de l'espérance humaniste, de la révolution"

Publié le 6 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Liberté - Egalité - Fraternité

venezuela-chavez-what-is-next.jpeg4-1280x960.jpgLes drapeaux vénézuéliens, français et du Front de Gauche étaient en berne, dans les anciens locaux de campagne du Front de gauche aux Lilas. Jean-Luc Mélenchon y a exprimé son émotion, en ce jour de deuil, mais aussi sa colère envers les commentaires indignes à l’encontre de Chavez.

"Ce jour est un jour de deuil pour nous et pour de très nombreux peuples et militants. Nous nous sentons liés de cœur", a déclaré Jean-Luc Mélenchon, visiblement très ému et fatigué. "Chavez a été la pointe avancée d'un processus large dans l’Amérique latine qui a ouvert un nouveau cycle pour notre siècle, celui de la victoire des révolutions citoyennes. (…) 
Ce qu'est Chavez ne meurt jamais. C'est l'idéal inépuisable de l'espérance humaniste, de la révolution", a martelé le coprésident du Parti de Gauche, précisant "il n'a pas seulement fait progresser la condition humaine des Vénézuéliens, il a fait progresser d'une manière considérable la démocratie".

L’ancien candidat du Front de gauche s’en est pris également aux nombreux commentaires fallacieux et réjouis qui ont déferlé depuis l’annonce du décès d’Hugo Chavez. "Les Européens si prétentieux, arrogants, méprisants, l'infecte social-démocratie qui depuis 24 heures se répand en injure contre les figures progressistes d'Amérique latine feraient bien de se souvenir qu'au Venezuela contrairement à la France (...) on a fait reculer la pauvreté de manière spectaculaire, éradiqué ce qui est classé comme extrême pauvreté (...) l’analphabétisme a été éradiqué (...) on est parvenu à faire progresser de 70% la scolarisation des enfants. Voilà le bilan que nous portons fièrement à l'heure où l'image d’Hugo Chavez va se retirer. J'ai honte pour nous tous en Europe du niveau lamentable des commentaires que j'ai vus. Comment pouvez-vous être aussi infâmes et aussi bas? Comment pouvez-vous être devenus à ce point aussi insensibles à ce que représente le progressisme latino-américain dans ces moments de l'histoire pour avoir pour tout commentaire des insultes ?". 
Jean-Luc Mélenchon a conclu avec émotion, "les cendres de Chavez sont chaudes, sont brûlantes, et nous avons au cœur non seulement l'idée que nous continuons ce combat mais la haine intacte que nous avons contre les puissants et les puissances qui même à l'heure de la mort sont incapables du respect qu'ils manifestent pour tant d'autres qui le méritent moins".

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Coutances, 22 mars : Assemblée citoyenne

Publié le 6 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Front de gauche

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ANI : Précarité générale non, merci

Publié le 6 Mars 2013 par Alternative Citoyenne de la Manche dans Résistance

Article publié dans la NVO du 22 février 2013.

 

13-03-06-Hollande-Parisot.jpgVanter et renchérir. Telle pourrait être la devise de la patronne des patrons à la veille du renouvellement de la direction du Medef. Car Laurence Parisot ne bouderait pas une prolongation de son contrat à la tête de l’organisation patronale quitte, pour assurer un troisième mandat, à en faire réformer les statuts. Probablement trop rigides à son goût… Elle vante donc son bilan. Non seulement les réformes que lui a servies l’ancien locataire de l’Elysée, dont celle, phare, des retraites, mais aussi les cadeaux que lui octroie l’actuel gouvernement. Ainsi du crédit d’impôts de 20 milliards d’euros aux entreprises, cédé sans contrepartie au nom de la compétitivité qu’il serait censé doper. Ainsi, également, du projet de transposition dans la loi de l’accord national interprofessionnel (ANI) que le patronat a obtenu le 11 janvier d’organisations syndicales pourtant minoritaires. Accusant la rémunération du travail de pénaliser la compétitivité des entreprises, exigeant que les patrons puissent flexibiliser ce travail sans recours possible des salariés, Laurence Parisot défend donc une traduction exacte de l’ANI dans la loi, dans l’esprit comme dans la lettre.

Le Medef sur tous les fronts

Avant même la transmission lundi 11 février de la copie gouvernementale au Conseil d’Etat, la patronne du Medef est montée au créneau. Elle s’est par exemple insurgée contre l’hypothèse d’une généralisation de la complémentaire santé alors que l’ANI renvoie ce dossier à une future négociation. De même s’oppose-t-elle à l’éventuelle mise en place obligatoire de droits rechargeables pour les chômeurs, alors que l’ANI la conditionne à une étude préalable d’impact. Elle met aussi en garde en ce qui concerne la désignation éventuelle de salariés susceptibles d’intervenir dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Et sur les conditions d’homologation administrative des plans dits de sauvegarde de l’emploi -qui n’auraient pas été validés préalablement par les syndicats. Elle réfute en outre l’idée de nécessaire cession des sites rentables. Si la loi obligeait les directions à vendre un site rentable plutôt que de le fermer avec des dizaines ou des milliers de chômeurs à la clé, « ce serait de nature à nous faire retirer notre signature », dit-elle… On comprend que la patronne des patrons insiste :« Nous sommes très, très, vigilants » à ce que le texte respecte « à la virgule » l’accord.

Vanter, mais renchérir, aussi. Forte de la négociation de l’ANI du 11 janvier qui substitue la flexibilité aux perspectives de sécurité de l’emploi, la présidente du Medef veut s’attaquer au financement du régime d’assurance chômage. Elle en réclame« une réforme profonde ». Elle prévient : « La vraie question que nous sommes en train de nous poser, c’est : "est-ce que nous devons aborder l’assurance chômage dans la deuxième partie de 2013 ou dès maintenant ?" Nous avons déjà échangé avec Laurent Berger [CFDT], et nous sommes tous les deux d’accord sur le fait de mettre vite en place au minimum un groupe de travail paritaire pour reposer toutes les grandes questions de l’assurance chômage ». Un nouvel enjeu pour le patronat comme pour les salariés et tous les privés d’emploi, alors que la convention d’assurance chômage arrive à échéance fin 2013. Au-delà, elle réclame des réformes structurelles sur le régime général des retraites, sur les retraites complémentaires et sur le régime d’assurance maladie. Reconduction de mandat ou pas, ses challengers éventuels, à commencer par Frederic Saint-Geours, l’actuel directeur de PSA, ne disent pas autre chose…

Un accord sur mesure pour le patronat

« Je lutterai contre la précarité qui frappe avant tout les jeunes, les femmes et les salariés les moins qualifiés », avançait François Hollande durant sa campagne électorale. En jeu, l’emploi et la justice sociale. Pourtant, le président de la République a demandé au ministre du Travail de transcrire « fidèlement »l’accord du 11 janvier. Le ministère a transmis au Conseil d’Etat l’avant-projet de loi, officiellement sur la sécurisation de l’emploi. Et, avant même sa présentation au Conseil des ministres, le 6 mars, puis le débat au Parlement en vue d’une promulgation fin mai, le ministre du Travail, Michel Sapin, a appelé la majorité à respecter le contenu de l’accord. Un contenu qui précarise pourtant davantage les salariés, fait la part belle aux seuls intérêts patronaux, et met en cause non seulement le droit du travail, mais aussi la philosophie même du droit du travail. Ainsi par exemple (voir les précédents numéros de la NVO), en cas d’accord signé dans une entreprise sous pression d’un chantage à l’emploi, l’entreprise pourrait « moduler » le temps de travail et les salaires (sauf ceux compris entre 1 et 1,2 Smic). Censé engager l’entreprise à ne pas licencier (sur une période définie), un tel accord permettrait à l’entreprise (licenciant pourtant 10 salariés, ou plus, refusant ces changements), d’éviter un plan social et toutes les garanties afférentes pour les salariés. L’ANI permettrait en ce cas à l’employeur de n’avoir plus à justifier, dans la plupart des cas, d’une « cause réelle et sérieuse » aux licenciements. Il n’y aurait plus de consultation des institutions représentatives du personnel, de reclassement, d’indemnités particulières, d’aide à la formation... De la même manière, le texte valide le principe de mobilité interne (changement de poste ou de lieu de travail) des salariés, laquelle serait obligatoire pour tous en cas d’accord d’entreprise et quel que soit le contrat de travail, qui ne serait plus opposable. En cas de refus, le licenciement aurait lieu pour « motif personnel ». Un accord dit de « maintien dans l’emploi » primerait sur le contrat de travail signé, même si le texte intégrait, donc, des dispositions plus défavorables que le contrat en question. L’OIT met pourtant en garde, actant, entre autres, qu’un salarié ne saurait être licencié sans motif valable (« lié à son aptitude ou conduite » ou « fondé sur les nécessités de fonctionnement de l’entreprise ») et que, s’estimant injustement licencié, il a le droit « de recourir contre cette mesure devant un organisme impartial tel qu’un tribunal, un tribunal du travail, une commission d’arbitrage ou un arbitre. »

Le texte met aussi en place la possibilité de recours au « CDI intermittent », alternant périodes travaillées et non travaillées. Il prévoit des temps partiels d’un minimum de 24h par semaine, mais ceci sauf dérogations et cas des particuliers. Il entérine le principe de droits rechargeables pour les chômeurs, mais dans des conditions et avec des limites qui seront définies lors de la renégociation de la convention assurance-chômage. De même que la possibilité de « majorer ou minorer » les cotisations chômage selon les contrats, l’âge du salarié ou la taille de l’entreprise… « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? », demandait il n’y a pas si longtemps Laurence Parisot. Elle ajoutait, on se le rappelle : « La liberté de penser s’arrête là où commence le code du travail »… Medef, CGPME, UPA, CFDT, CFE-CGC, et CFTC, signataires de l’accord du 11 janvier, jugent en tout cas la copie gouvernementale fidèle. Pour le Medef, « les zones d’écart ont été corrigées ». Patrick Pierron (CFDT) se dit « satisfait », de même que Marie-Françoise Leflon (CFE-CGC) et Joseph Thouvenel (CFTC). Le projet de loi doit reprendre « l’accord, tout l’accord, rien que l’accord », insiste Laurent Berger (CFDT).

On comprend que ce ne soit pas le cas des organisations syndicales représentatives de la majorité des salariés. CGT et Force Ouvrière ont ainsi réaffirmé ensemble « leur opposition résolue aux principales dispositions contenues dans l’accord interprofessionnel sur l’emploi du 11 janvier 2013 », et soulignent : « Cet accord refusé par deux des trois grandes confédérations syndicales organise une plus grande flexibilité pour les salariés, un recul de leurs droits individuels et collectifs au bénéfice des employeurs. La lutte contre le chômage appelle une rupture avec les politiques d’austérité et de rigueur préjudiciables à l’emploi en qualité et en quantité. » Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche le 9 février, Thierry Lepaon, dirigeant de la CGT, commente : « Le gouvernement s’était engagé à ce que le CDI redevienne la norme, à favoriser l’accès des jeunes à l’emploi, à sécuriser le travail. Mais avec cet accord, les employeurs ont sécurisé les licenciements, les salariés n’ont aucune garantie sauf celle de voir leur salaire baisser et de renoncer aux recours juridiques ».

Gouvernement et élus face à un choix

Le président de la République qui, durant sa campagne, promettait de respecter le dialogue et la démocratie sociale, défendra-t-il un texte adopté par les organisations patronales et les syndicats minoritaires ? Les élus s’aligneront-ils sur les exigences du Medef ? Les campagnes patronales amèneront-elles des organisations de salariés à croire qu’il n’y aurait d’autre alternative que d’aménager les exigences du Medef en renonçant à toute perspective de défense des salariés et de conquête sociale, puis des parlementaires à renier leurs engagements tant économiques que sociaux et démocratiques ?

Au cœur de cette logique, une obsession répétée jusqu’à l’outrance pour la banaliser comme une évidence : le travail serait un coût qu’il faudrait réduire. Depuis des mois, le patronat réclame, pour sauver l’industrie française, un « choc de compétitivité », qu’il rend synonyme de baisse massive du coût salarial, parallèlement à une réduction des cotisations sociales (autant que fiscales). Il veut une nouvelle évolution du partage de la valeur ajoutée au détriment des seuls salariés, à ajouter aux dispositifs d’aides publiques aux entreprises que la CGT évalue (outre les nouveaux crédits d’impôts) à plus de 200 milliards d’euros soit 10 % du Pib. Lesquels n’ont pourtant amélioré ni l’investissement productif, ni l’emploi et sa rémunération, ni la recherche-développement, ni la compétitivité… Et c’est bien cela, pourtant, qui est en cause. Et non le « coût du travail »…

Mobilisations le 5 mars

Certes, François Hollande vient de confirmer son intention de présenter, à l’été, une loi sur la nécessaire cession de sites rentables. Le président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée, lui, met en avant « la complexité du sujet ». Une grande majorité de nos concitoyens souhaitent en réalité une telle loi pour limiter les fermetures d’usines, selon un sondage Tilder/LCI/Opinionway. Car l’explosion du chômage et de la précarité frappent cruellement les salariés et les privés d’emploi. Il est temps de mettre aujourd’hui en œuvre le changement promis. Et non d’accélérer les politiques d’austérité, auto-génératrices d’austérité encore accrue, comme le FMI a dû le reconnaître. Et non d’accéder aux vœux patronaux d’une flexibilté plus grande des salariés. Mais bien de relancer l’industrie, le travail et de sa reconnaissance. Le texte de l’ANI est de ce point de vue à contre-sens. Aussi, pour faire entendre raison tant au gouvernement qu’aux élus de la République, la CGT et Force Ouvrière ont appelé les salariés à se mobiliser, notamment le plus largement possible le 5 mars, contre le projet de loi dit sur la sécurisation de l’emploi, lequel sera présenté le lendemain en Conseil des ministres. La FSU et Solidaires se sont associées à cet appel

 

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